Colonie israélienne

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Carte de la situation en 2014. Territoire administré par Israël (en bleu clair) et par l'autorité palestinienne (en beige). Les terrains des colonies (en magenta).

Le terme de colonie israélienne[Note 1](à laquelle Israël fait référence en tant qu'implantation israélienne[1],[2],[3],[4]) désigne les communautés juives israéliennes établies sur les territoires conquis lors de la guerre des Six Jours par Israël.

Elles comptent environ 500 000 habitants (dont la moitié à Jérusalem-Est), répartis dans près de 150 implantations en Cisjordanie, à Jérusalem-Est et dans environ une trentaine d'autres dans le Golan[5],[6],[7],[8].

La création d'implantations s'est accélérée en 1974 avec la création du Goush Emounim (bloc de la foi) proche du Parti national religieux et du Likoud, puis en 2000, avec le gouvernement d'Ariel Sharon[9].

À la suite des accords de Camp David en 1982, celles du Sinaï furent évacuées et en 2005, la totalité de celles de la bande de Gaza furent démantelées.

Historique[modifier | modifier le code]

Après la guerre des Six Jours de 1967, Israël conserve les territoires conquis : la péninsule du Sinaï et la bande de Gaza, la Cisjordanie et Jérusalem-Est et le plateau du Golan.

Le gouvernement israélien travailliste envisage l'annexion de certains territoires en vertu du plan Allon, visant à constituer des zones de protection et assurer la sécurité du pays et de ses frontières. Le plan prend en compte les considérations démographiques et cible les zones à faible densité de population, comme la vallée du Jourdain. Il comprend aussi l'annexion des régions du Goush Etzion et deHébron. Bien que le plan n'ait pas été accepté officiellement, les établissements ont été établis seulement dans les zones désignées en vertu de ce plan. Ces implantations restent cependant peu nombreuses[10]. D'autres zones sont destinées à servir de monnaie d'échange dans le cadre d'une future paix avec les États arabes voisins[réf. souhaitée]. D'autres communautés se sont établies sur l'emplacement d'anciennes communautés juives détruites, notamment en 1929 à Hébron et en 1948 dans le Goush Etzion.

Le kibboutz d'Ein Tzurim détruit au cours de la Guerre de 1947-1948 en Palestine mandataire.

La première colonie établie en Cisjordanie est la colonie de Kfar Etzion, qui a été reconstruite durant l'été 1967 sur les ruines du village détruit par la Légion jordanienne durant la Guerre d'Indépendance. Ensuite, d'autres communautés ont été établies sur le territoire de Goush Etzion, Rosh Tzurim et Alon Shvut, Elazar (1975) et Migdal Oz (1977). Kiryat Arba adjacente à Hébron est également établie.

Dans les années qui suivent la Guerre des six jours ont été mis en place la plupart des établissements de la vallée du Jourdain et du désert de Judée: Argaman, Mehola et Kalya en 1968[11], Yitav, Ma'ale Efrayim et Masua en 1970, Mitzpe Shalem en 1971, Gitit et Mekhora en 1973, Ma'ale Adumim et Petza'el en 1975, Netiv HaGdud et Ro'i en 1976, Almog, Kokhav HaShahar, Niran et Tekoa en 1977[11].

Kalya en 1920, reconstruite en 1968

Mevo Horon est construit en 1968 pour éviter que la poche de Latroun ne deviennent sujette à des négociations territoriales. Et dans la bande de Gaza, Kfar Darom est reconstruite en 1970 sur les ruines du village détruit lors de la Guerre de 1947-1948 en Palestine mandataire par l'armée égyptienne.

À la suite de la guerre du Kippour en 1974, apparaît le Goush Emounim, un mouvement défendant la souveraineté israélienne sur l'ensemble des territoires. Ofra et Kedumim en 1975 et Elkana en 1977 sont construits par le mouvement.

Telem près de Hébron.

En 1977, la droite israélienne (le Likoud) crée une alliance avec les nationalistes religieux. Certains de ses partisans souhaitent l'unité d'Eretz Israël (la terre d'Israël dans ses frontières bibliques). Menachem Begin soutient les création de nouveaux villages, mais le gouvernement hésite et seuls quelques établissements sont créés à côté de bases militaires : Beit Horon, Shavei Shomron et Beit El à côté des ruines de Béthel. En 1979, le gouvernement accepte la construction de villages sur les collines de Samarie dominant la plaine côtière ainsi que le long de la frontière jordanienne.

50 000 israéliens y résident en 1987, avant la première Intifada, 260 000 en 1993, avant les Accords d'Oslo et 440 000 en 2003, après la seconde Intifada[5]. Avant 1983, les terres palestiniennes sont largement achetées[réf. nécessaire][12]. À cela, il faut ajouter les quartiers juifs de Jérusalem-est. Après 1967, Israël a en effet réunifié Jérusalem. La partie annexée passe de plus de 6 km2 (dans ses limites jordaniennes), à 72 km2, par l'annexion de villages arabes et de zones non bâties. Des quartiers juifs sont construits dans les zones non peuplées. Ils comptent en 2005 environ 200 000 habitants juifs. Le quartier de Gilo appartient à la municipalité de Jérusalem.

Israël a cependant signé un traité de paix avec l'Égypte en 1979 et un traité de paix avec la Jordanie en 1994. De même, bien qu'il n'y ait pas de traité de paix signé avec le Liban, Israël reconnaît la frontière libanaise (à l'exception de la contestation sur la petite zone dite des « fermes de Chebaa »). Les Israéliens sont rapatriés de la péninsule du Sinaï après la signature des accords de paix avec l'Égypte et Yamit, notamment, est démantelé. Quelques petits villages sont construits en Samarie après le désengagement, mais ensuite les constructions sont mises en attente et seul Talmon est fondé en 1989. Dès lors, les constructions concernent uniquement l'élargissement de villages préexistants.

Deux types de peuplement apparaissent dans les années qui suivent : les petites villes (décrites comme des «blocs») avec des populations de 20 000 à 30 000 habitants, comme Emmanuel, Modi'in Illit (Modi'in la nouvelle) et Beitar Illit qui sont des agrandissements de villes situées près des lignes de cessez-le-feu de 1949 (la « ligne verte ») construits pour permettre à la population Haredi de trouver des logements bon marché, près de Bnei Brak et de Jérusalem, où ils résident principalement ; d'autre part, les villages, qui sont souvent peuplés de partisans du courant nationaliste religieux[13] et dont certains ne se composent que de quelques caravanes sur un sommet de colline.

Avec la mise en place du deuxième gouvernement d'Itzhak Rabin, le gouvernement agit pour en arrêter le développement. À la fin des années 90, compte tenu de l'interdiction de la construction, on voit aussi apparaître des établissements illégaux aux regard du droit israélien, généralement décrits comme des «avant-postes».

En 2003, Ariel Sharon annonce un retrait intégral de la Bande de Gaza. Entre les 17 et 22 août 2005, vingt-cinq colonies sont démantelées (dont quatre en Cisjordanie), et huit mille Israéliens sont évacués, dont sept mille par la police ou l'armée israélienne. Le 12 septembre, c'est l'armée qui quitte la bande de Gaza. Le traumatisme est fort. Israël détruit toutes les constructions à la demande de l'Autorité palestinienne, hormis certains édifices publics et des synagogues qui ont été complètement vidées. Des serres sont laissées en état afin d'aider l’économie palestinienne mais elles sont pillées[14]. Après le retrait, plusieurs synagogues sont incendiées et détruites[15]. À Neve Dekalim une croix gammée nazie a été peinte sur les murs de la synagogue tandis que les drapeaux du Hamas et du Jihad islamique ont été accrochés sur le toit[16]. Selon M. Weisglass: « le général Sharon a décidé de donner Gaza, qu’il n’a jamais considéré comme d’un « intérêt national », afin de sauver les implantations de Cisjordanie, et, plus important encore, d’empêcher tout accord négocié »[17]. Le Likoud éclate entre partisans (Kadima) et opposants (Likoud) du retrait en 2005.

En 2006, le Premier ministre, Ehud Olmert, décide de démanteler certains avant-postes illégaux. Le , Amona est ainsi évacuée puis détruite par la force. Plus de 250 personnes sont blessées dont 2 gravement. Au printemps 2006, Ehud Olmert déclare que le retrait unilatéral israélien de Judée et Samarie était inéluctable[18].

Le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou accepte plusieurs gels de la construction de nouvelles implantations durant plusieurs mois, sous la pression des États Unis[19]. Et en 2010, il accepte un moratoire des constructions contre la reconnaissance par l’Autorité palestinienne d'Israël en tant qu'État juif[20]. Mahmoud Abbas et la direction palestinienne rejettent cette proposition[21]. Saeb Erakat rejette la proposition et considère que « cette question n'a pas de rapport avec le processus de paix ni avec les obligations qu'Israël n'a pas remplies.»[22]. En mai 2011, Benyamin Nétanyahou admet que certaines colonies pourraient se retrouver, à terme, en territoire palestinien, de façon à atteindre cette « paix historique »[23].


Situation juridique[modifier | modifier le code]

La plupart des pays arguent que les peuplement israélien est une violation du droit international, notamment de la IVe convention de Genève. L'État hébreu ne reconnaît pas le territoire comme étant sous occupation et nie les accusations d'une violation des conventions de Genève en permettant à des Israéliens de s'installer en territoire conquis. Il déclare, qu'aucun traité de paix n'a établi de statut juridique sur ces territoires[24], que la présence de communautés juives à Hébron est plurimillénaire ou que leur création à Jérusalem ou en Samarie est attestée dès le mandat britannique sur la Palestine[25],[26].

Point de vue de la communauté internationale[modifier | modifier le code]

La BBC indique en 2009 qu'une large partie de la communauté internationale juge illégale l'occupation des Territoires par Israël depuis 1967 et que l'art. 49 de la quatrième convention de Genève sur la protection des civils en temps de guerre s'applique à la rive occidentale du Jourdain, à la bande de Gaza et aux hauteurs du Golan. Cette position est soutenue par le CICR, diverses entités américaines et la Cour internationale de justice. La Cour suprême d'Israël a déclaré en 2004 qu'Israël occupe ces régions à la manière d'un État belligérant (occupatio bellica)[27].

L'article 8,2,b, VIII du Statut de Rome de la Cour pénale internationale (1998) définit « le transfert, direct ou indirect, par une puissance occupante d'une partie de sa population civile, dans le territoire qu'elle occupe » comme un crime de guerre.

Sans distinguer celles qui étaient nouvelles ou rétablies (Hébron ou Goush Etzion), le Conseil de sécurité des Nations unies et l'Assemblée générale ont condamné plusieurs fois Israël pour la construction et l'agrandissement de ces colonies, notamment avec la résolution 2334 du Conseil de sécurité des Nations unies, adoptée en décembre 2016.

La résolution 242 (1967) des Nations unies demande à Israël de se retirer « des territoires occupés » (version officielle française) ou « from occupied territories » (version officielle anglaise). À partir de l'époque de Reagan, les États-Unis ont rejoint la position israélienne pour qui cette résolution demande de se retirer seulement « de territoires occupés ». La version en langue anglaise est favorable aux Israéliens qui disent que l'ONU ne leur a jamais demandé de se retirer de tous les territoires qu'occupe l'État hébreu ; la version en français est favorable aux Palestiniens qui disent que l'ONU a demandé aux Israéliens de se retirer de tous les territoires qu'occupe l'État hébreu[28].

Même si, en 1949, la fixation des frontières n'a pas été faite par l'ONU, mais par les lignes de cessez-le-feu nées de la guerre, l'ONU considère ces lignes comme constitutives de frontières de fait, sous réserve d'accords modificatifs entre les parties.[réf. nécessaire]

La Résolution 446 du Conseil de sécurité des Nations unies[29],[30],[31],[32], votée le 22 mars 1979, condamne le peuplement israélien des territoires occupés, comme un obstacle à atteindre une paix juste et durable.

La résolution 2334 du Conseil de sécurité des Nations unies, votée le 23 décembre 2016, condamne le peuplement israélien dans les territoires occupés et à Jérusalem-Est en demandant à l’État hébreu d’arrêter « immédiatement et complètement » les implantations. De plus, (5). Demande à tous les États, compte tenu du paragraphe 1 de la présente résolution, de faire une distinction, dans leurs échanges en la matière, entre le territoire de l’État d’Israël et les territoires occupés depuis 1967[33].

Point de vue israélien[modifier | modifier le code]

Pour les différents gouvernements israéliens, le Plan de partage de la Palestine de 1947 a été rendu caduc par son refus par les Arabes et en conséquence, il n'y aurait donc pas de frontières internes fixées à l'intérieur de l'ancienne Palestine mandataire. De plus, après la signature des accords d'armistice israélo-arabes de 1949, les lignes militaires établies ne sont alors pas considérées comme une frontière politique définitive. Israël défend aujourd'hui le point de vue que ses frontières peuvent donc évoluer.

Bien que tous les secteurs en question aient été capturés par Israël pendant la guerre de 1967, l'annexion éventuelle de chacun d'eux est l'objet d'argumentations particulières :

  • Jérusalem a été à l'origine envisagé comme secteur international sous l'administration de l'ONU dans le plan de 1947. Son annexion par Israël et son incorporation dans les limites municipales de Jérusalem reflètent l'abandon unilatéral du plan par la partie arabe.
  • Le Golan aurait été cédé illégalement par le Royaume-Uni au mandat français de la Syrie et est donc annexé par Israël, sans préjudice d'un futur traité de paix avec la Syrie.
  • Tant que l'Égypte et la Jordanie occupaient Gaza et la Cisjordanie, il n'y avait aucun projet de créer un État palestinien. C'est la preuve de l'abandon par tous, y compris la partie arabe, du plan de partage de 1947. Compte tenu de l'abandon du plan de partage, ces territoires peuvent être légitimement revendiqués par Israël.

Israël affirme que la construction serait légale en vertu des accords d'Oslo II qui lui accorderaient le droit de construire à l'intérieur de la zone C[citation nécessaire][34], partie du territoire de Cisjordanie sous contrôle exclusif israélien en attendant son transfert à l'autorité palestinienne[35],[36],[37]. La Cour Suprême d'Israël a jugé en juin 2005 que ni la Cisjordanie ni Gaza ne faisaient partie du territoire national[réf. souhaitée].

Points de vue des pays arabes et de l'Autorité palestinienne[modifier | modifier le code]

À l’origine, le point de vue des pays arabes est assez similaire au point de vue israélien : il n’y a pas de frontière légale et légitime interne à l’ancienne Palestine mandataire, dans ses frontières de 1922. Ce refus est par contre interprété dans un sens visant à la destruction de l’État d'Israël.

À compter de 1977, l’Égypte se rallie à la position de l'ONU, suivie par la majorité des pays arabes et par l’Autorité palestinienne dans les années 1990. Cette acceptation des frontières de 1949 ne signifie pas forcément la fin de l’état de guerre, compte tenu de l'occupation israélienne de la Cisjordanie et de la Bande de Gaza.

Administration et politique[modifier | modifier le code]

Débat politique[modifier | modifier le code]

Un certain nombre de thèmes sont évoqués de part et d'autre : D'un côté, les partisans du peuplement israélien des territoires occupés considèrent que la terre d'Israël appartient de droit au peuple juif ou à l'État d'Israël, en avançant des raisons religieuses (« Terres données par Dieu »), idéologiques (sionisme), historiques et sécuritaire (sécurité nationale). Certains partisans invoque une importance stratégique, car les implantations gêneraient les activités de terrorisme palestinien. D'autres s'opposent au transfert de population et à la destruction d'habitations, qui résulterait du démantèlement d'implantations.

D'un autre côté, certains opposants arguent que les colonies elles-mêmes sont un vol de terres qui appartiendrait de droit aux Palestiniens. L'ONU, les divers gouvernements européens arguent qu'elles violent le droit international en rendant la vie difficile aux Palestiniens des secteurs concernés[Lesquels ?]. Une minorité israélienne considèrent que les avant-postes implantés en profondeur au sein des populations arabes posent trop de problèmes sécuritaires (difficultés à les défendre et provocation à l'encontre des Palestiniens). Ils considèrent également que la conservation de territoires implique la nationalisation de plusieurs millions de Palestiniens en majorité hostile à Israël. Pour ces deux motifs, ce courant de l'opinion se montre assez favorable au démantèlement des avant-postes. Mais l'attachement aux grands blocs de colonies reste également majoritaire[réf. souhaitée].

Selon un rapport de 2003, moins de 2 % de la Cisjordanie est composé de construction israéliennes (1,36 % selon B'tselem). Ce qui ne constituerait pas un pourcentage suffisant pour constituer un obstacle à la création d'un État palestinien ou à la poursuite du processus d'Oslo, selon un point de vue israélien datant de la même époque. Les implantations ne seraient ainsi pas un obstacle pour un accord de paix parce qu'un nombre conséquent de leurs habitants seraient prêts à être relocalisés en cas d'accord, plus de 80 % de la population des implantations vivant dans des zones contigues à la ligne verte et une autre partie située dans des zones qui ne serait, pour des raisons sécuritaires, être évacués[38].

Depuis 1967, le problème a pris une nouvelle forme avec les revendications palestiniennes sur les territoires israéliens administrés depuis 1967 de la Bande de Gaza, de la Cisjordanie et de Jérusalem-Est. Ces revendications ont pris la forme de violences politiques palestiniennes puis de négociations avec l'État d'Israël au cours du processus de paix israélo-palestinien depuis 1991. La Jordanie a retiré toutes ses revendications sur la Cisjordanie et Jérusalem-Est.

Organisation administrative[modifier | modifier le code]

L'administration des colonies israéliennes en Cisjordanie est répartie entre 4 villes, 13 conseils locaux et 6 conseils régionaux.

Villes Conseils locaux Conseils régionaux
  • Ariel (18 089 habitants), fondée en 1978 qui obtient le statut de ville en 1998.
  • Betar Illit (44 927 habitants), fondée en 1985 qui obtient le statut de ville en 2001.
  • Ma'aleh Adumim (37 138 habitants), fondée en 1975 qui obtient le statut de ville en 1991.
  • Modiin Illit (60 046 habitants), fondée en 1993 qui obtient le statut de ville en 2008.
  • Alfei Menashe (7 583 habitants), fondée en 1983 devenue un conseil local en 1987.
  • Beit Aryeh-Ofarim (4 322 habitants), fondée en 1981 devenue un conseil local en 1989.
  • Beit El (5 899 habitants), fondée en 1977 devenue un conseil local en 1997.
  • Efrat (7 912 habitants), fondée en 1983 devenue un conseil local la même année.
  • Elkana (3 871 habitants), fondée en 1977 devenue un conseil local la même année.
  • Giv'at Ze'ev (14 349 habitants), fondée en 1982 devenue un conseil local en 1984.
  • Har Adar (3 757 habitants), fondée en 1982 devenue un conseil local en 1995.
  • Immanuel (3 115 habitants), fondée en 1983 devenue un conseil local en 1985.
  • Karnei Shomron (6 560 habitants), fondée en 1977 devenue un conseil local en 1991.
  • Kedumim (4 174 habitants), fondée en 1975 devenue un conseil local la même année.
  • Kiryat Arba (7 166 habitants), fondée en 1968 devenue un conseil local en 1979.
  • Ma'ale Efrayim (1 098 habitants), fondée en 1978 devenue un conseil local en 1981.
  • Oranit (7 626 habitants), fondée en 1983 devenue un conseil local en 1990.

Situation économique[modifier | modifier le code]

Elles sont construites de manière à offrir à leurs résidents de bonnes conditions de vie. La qualité des services offerts (qui vont de la taille des logements à l'éducation ou autres services publics) ainsi que les besoins sécuritaires induisent un transfert de capitaux du gouvernement israélien vers les implantations[39].

Du fait de la disponibilité de la main d'oeuvre palestinienne et des hauts salaires (généralement plus de deux fois supérieurs)[40], des dizaines de milliers de palestiniens travaillent dans les colonies[41],[42].

Les accords d'Oslo divisent aujourd'hui la Cisjordanie en plusieurs zones. La barrière de séparation, les routes protégées pour relier Israël aux implantations, et les barrages et points de passages militaires, entravent la liberté de circulation des Palestiniens en Cisjordanie et interdisent la continuité territoriale du territoire palestinien.

En Cisjordanie comme dans le Golan, l'utilisation des ressources naturelles par Israël se fait au détriment de la population arabe. Par ailleurs, le quota d'eau alloué aux israéliens, contribuent à réduire l'égalité des chances et la libre concurrence[Informations douteuses] [?]. le Bureau international du travail estime que « 80 % des colonies de Cisjordanie sont établies complètement ou en partie sur des terres palestiniennes privées »[43].

Le mouvement BDS (Boycott, désinvestissement et sanctions) qui vise entre autres à la suppression des colonies peut menacer sans succès important jusqu'à présent la production industrielle de ces implantations et l'emploi qu'elles offrent aux Israéliens et aux Palestiniens[44].


Violence[modifier | modifier le code]

Barrière de séparation à Jérusalem Est.

Les habitants des colonies israéliennes sont la cible d'attaques de groupes palestiniens. Ainsi, à Itamar, en mai et juin 2002, neuf personnes dont une femme et ses trois enfants sont assassinés[45] et le 12 mars 2011, toujours à Itamar, un couple et ses trois enfants sont égorgés[46]. Le 18 avril suivant, la police israélienne déclare avoir arrêté dans un village voisin deux suspects et cinq complices présumés[47].

Références[modifier | modifier le code]

  1. Voir par exemple cette Lettre de l'Ambassade d'Israël en France.
  2. Stéphanie Valdmann, « Approches de la diversité des colonies israéliennes », Hérodote 2001/4 (no 103) (ISBN 2707135925), p. 118.
  3. Michael Illouz et Jean-Marc Pilla, « Sémantique subtile en Israël », Libération, (consulté le 23 juin 2011).
  4. Selon Ilan Pappé, les sionistes qui utilisaient le terme « colony » jusqu'à la fin du XIXe siècle, utilisent plus tard le terme « settlement » pour éviter la référence à l'impopulaire colonialisme Ilan Pappé, « Soutenir le droit au retour des réfugiés, c’est dire NON au racisme israélien », (consulté le 3 juin 2011).
  5. a et b Gérard Chaliand, op. cit., p. 80.
  6. Bureau International du Travail, op. cit. p. 20.
  7. Oudat, Basel.Shouting in the hills, Al-Ahram Weekly, 12–18 June 2008. Issue No. 901.
  8. Statistical Abstract of Israel, no. 60, Israel Central Bureau of Statistics, (lire en ligne), « Population by District, Sub-District and Religion ».
  9. Gérard Chaliand, .Atlas du nouvel ordre mondial, Robert Laffont, Paris, 2003, 129 p. (ISBN 2-221-10039-5) p. 77.
  10. Catherine Gouëset, « Israël: comprendre la colonisation des territoires occupés », L'Express,‎ (lire en ligne).
  11. a et b Gordon 2008, p. 229
  12. Antoine Mansour, op. cit. p. 40-41.
  13. Dominique Vidal, Joseph Algazy, Le péché originel d'Israël: l'expulsion des Palestiniens revisitée par les "nouveaux historiens" israéliens, Éditions de l'Atelier, 2002, 222 p., (ISBN 9782708236158) p. 14.
  14. (en) http://www.msnbc.msn.com/id/9331863/
  15. (en) http://www.timesonline.co.uk/tol/news/world/middle_east/article565679.ece
  16. (en) http://www.news24.com/World/News/Jihad-flags-fly-from-synagogue-20050912
  17. . « Ce que nous avons fait vise à geler le processus de négociation. Et, en gelant le processus de négociation, vous empêchez la création d’un État palestinien et vous empêchez la discussion sur la question des réfugiés. [...] Le désengagement comporte la bonne dose de formol nécessaire pour qu’il n’y ait pas de processus de négociation avec les Palestiniens»Meron Rapoport (journaliste au quotidien Haaretz, Tel-Aviv), Quitter Gaza pour mieux garder la Cisjordanie, Le Monde diplomatique, août 2005.
  18. Olmert se déclare pour le retrait en Judée et Samarie
  19. (en)http://www.haaretz.com/news/netanyahu-declares-10-month-settlement-freeze-to-restart-peace-talks-1.3435
  20. Le gouvernement israélien considère en effet qu'une reconnaissance d'Israël qui n'est pas rattachée à sa judéité, est susceptible à terme de le dénaturer, en ouvrant ainsi la voie à un État binational ou même à plus longue échéance à un pays à majorité arabe, ce qui, selon le gouvernement israélien, aboutirait forcément à la fin d'Israël. Voir [1]
  21. Mahmoud Abbas précise que cette revendication n'a jamais été imposée à d'autres pays, y compris arabes, pour établir des relations de paix et que l'Autorité palestinienne reconnaît déjà l’État d'Israël. Voir « Colonies: Nétanyahou propose un gel contre la reconnaissance d'Israël "État juif", refus des Palestiniens », sur Le Point, AFP, (consulté le 20 décembre 2011)
  22. Saeb Erakat: « Nous la rejetons aussi bien en bloc que dans le détail ». Voir Nétanyahou échange un gel contre Israël "État juif", refus palestinien, lepoint.fr, 11 octobre 2010
  23. AFP, « Nétanyahou, entre concessions et fermeté », Le Journal du dimanche,‎ (lire en ligne).
  24. Antoine Mansour, Palestine: une économie de résistance en Cisjordanie et à Gaza, Vol. 8 Bibliothèque du développement, L'Harmattan, 1983, 232 p. (ISBN 9782858023141) p. 68.
  25. « Mode d'hébergement », sur Ministère du tourisme israélien
  26. (en) « Israeli Settlements and International Law », sur Ministère des affaires étrangères israélien,
  27. Document de la BBC sur la quatrième convention de Genève
  28. « Session ordinaire de 1996, document 7636 », sur Conseil de l'Europe, 23-27 septembre 1996, p. 18 & 19
  29. « Conférence Internationale du Travail - La situation des travailleurs des territoires arabes occupés », Bureau International du Travail, (ISBN 9789222195060), p. 19
  30. Assemblée parlementaire Documents de séance Session ordinaire 2002 (troisième partie), juin 2002, Volume VI, vol. VI, Conseil de l'Europe, , 259 p. (ISBN 9789287150868, ISSN 0252-0656, lire en ligne), p. 218.
  31. « Résolution 7/18 - Les colonies de peuplement israéliennes dans le territoire palestinien occupé, y compris Jérusalem-Est, et le Golan syrien occupé », Conseil des droits de l’homme, (consulté le 18 avril 2011).
  32. « La question de Palestine - Colonies de peuplement israéliennes en territoire palestinien occupé », ONU (consulté le 18 avril 2011).
  33. « Résolution à l’ONU sur les colonies israéliennes : un signal politique fort mais symbolique », sur Le Monde,
  34. «En zone C, c’est l’administration civile israélienne qui délivre les permis de construire et les ordres de démolitions.» dans http://merblanche.com/vivre-en-zone-c/ .
  35. Texte de l’accord intérimaire israélo-palestinien sur la Cisjordanie et la Bande de Gaza, Washington, le 28 septembre 1995.
  36. Oslo II ou les accords de Taba.
  37. L'importance stratégique pour Israël de la zone E-1 que lui dénient les nations.
  38. [2] Diplomatic and Legal Aspects of the Settlement Issue Jeffrey Helmreich, January 19, 2003
  39. Palestinian Refugees, Challenges of Repatriation and Development (International Development Research Centre), page 218.
  40. http://www.jpost.com/Middle-East/20000-Palestinians-working-in-settlements-survey-finds-323222
  41. http://www.al-monitor.com/pulse/originals/2014/02/settlements-palestinians-occupation-israel-sodastream.html
  42. https://www.theguardian.com/world/2010/jun/29/palestinian-boycott-israeli-settlement-goods
  43. Bureau International du Travail, op. cit. p. 22.
  44. David Horovitz, « Quand le BDS gagne, des employés palestiniens de SodaStream perdent leurs emplois », sur The Times of Israel,
  45. (en) « Itamar: Religious West Bank settlers », sur BBC, (consulté le 28 avril 2011)
  46. AFP, « Cisjordanie: une famille de colons israéliens tuée près de Naplouse », NouvelObs, (consulté le 28 avril 2011).
  47. AFP, « Deux Palestiniens arrêtés pour le meurtre d'une famille d'Israéliens », NouvelObs, (consulté le 28 avril 2011).

Notes[modifier | modifier le code]

  1. En français, elles sont également dénommées implantations israéliennes. Benny Morris dans Victimes. Histoire revisitée du conflit arabo-sioniste, 2003, p. 679 utilise le terme « implantations israéliennes » et en p. 705 il utilise le terme « colonies juives ». Les textes de l'ONU et la presse francophone y font généralement référence en termes de « colonies israéliennes ». Elles sont également qualifiés d'« agglomérations » quand leur taille est conséquente.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Neve Gordon, Israel's Occupation, University of California Press, (lire en ligne)