Colonies israéliennes

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Carte de la situation en 2014 : territoires administrés par Israël (en bleu clair) et par l'autorité palestinienne (en beige) ; colonies (magenta) ; barrière de séparation (en rouge)

Les colonies israéliennes, dénommées « implantations » par les Israéliens[Note 1], sont des communautés de citoyens israéliens qui ont été établies depuis la guerre des Six Jours en 1967 dans les territoires palestiniens occupés, dont Jérusalem-Est, ainsi que dans le Golan syrien occupé.

Elles totalisent aujourd'hui plus de 500 000 personnes (dont la moitié à Jérusalem-Est), réparties dans près de 150 implantations en Cisjordanie et une trentaine d'autres dans le Golan[1],[2],[3],[4]. Certaines colonies sont devenues des villes, comme Ma'ale Adumim qui compte près de 40.000 habitants ou Ariel qui en compte 20.000. De nombreuses ont été rattachées au territoire israélien par la barrière de séparation.

L'établissement de colonies et la judéisation de Jérusalem-Est a débuté dès 1967 mais s'est accélérée à partir de 1977 et l'arrivée de la droite nationaliste et des religieux au pouvoir. À la suite des accords de Camp David en 1982, celles du Sinaï furent évacuées et en 2005, la totalité de celles de la bande de Gaza furent démantelées.

Les colonies israéliennes ont été régulièrement condamnées dans le cadre de résolutions du Conseil de sécurité et sont illégales selon le droit international mais ce point est contesté par le gouvernement israélien.

Historique[modifier | modifier le code]

Contexte[modifier | modifier le code]

De 1948 au 5 juin 1967[modifier | modifier le code]

Carte d'Israël à la veille de la guerre des Six Jours.
Suite à la Guerre des six Jours, Israël contrôle le Sinaï, le détroit de Tiran, la bande de Gaza, le Golan, la Cisjordanie et Jérusalem-Est.

Après 30 ans de conflits entre les communautés juive et arabe, l'ONU vote le 30 novembre 1947 le plan de partage de la Palestine en vue d'y fonder un État juif et un État arabe, tandis que Jérusalem et les Lieux saints devaient devenir une zone sous contrôle international[5].

Il s'ensuit une guerre à l'issue de laquelle Israël est établie, avec Jérusalem-Ouest pour capitale, mais pas l'État arabe palestinien. Jérusalem-Est et la Cisjordanie sont annexées par la Jordanie et la Bande de Gaza passe sous contrôle militaire égyptien. Israël est reconnue internationalement dans ces frontières en 1949 et entre à l'Organisation des Nations unies.

Une autre conséquence de la guerre est l'exode massif de 750.000 Arabes palestiniens sur les 900.000 qui vivaient dans ce qui est devenu Israël et leur interdiction de tout retour à l'issue de la guerre et en définitive leur dépossession[6]. La majorité s'installe dans des camps de réfugiés au Liban, à Gaza, en Syrie, en Cisjordanie. La guerre chasse également 10.000 Juifs des territoires annexés par la Jordanie. Le drame palestinien (la « Nakba ») devient un enjeu pour monde arabe qui réclame justice et revanche. Côté israélien, bien que la guerre de 1948 se solde par une victoire (le territoire contrôlé est en définitive 50 % supérieur à celui prévu par le plan de partage), le fait d'avoir peut-être à jamais renoncé à la vieille ville de Jérusalem ainsi qu'à la « Judée » et la « Samarie » (la Cisjordanie) est perçu par David Ben Gourion comme une bechiya ledorot (« cause de lamentation pour des générations »)[7].

Durant les 20 années qui suivent, les Juifs du monde arabe fuient ou sont expulsés. Aujourd'hui, il n'y existe plus de présence autre que symbolique alors que les communautés juives y totalisaient près de 800.000 membres en 1948. En 1956, Israël intervient aux côtés des Français et des Britanniques lors de la crise de Suez. Dans le contexte de la guerre froide et sous l'impulsion de Nasser qui porte un projet de fusion du monde arabe, le Moyen-Orient se polarise. Les Arabes passent dans le camp soviétique et Israël devient le principal allié pro-occidental de la région.

À partir des années 1960, la tension monte. Des incidents de frontières de plus en plus fréquents se produisent entre Israël et la Syrie, qui signe en 1966 une alliance avec l'Égypte. Nasser appelle à la destruction d'Israël. Les forces de l'ONU sont évacuées du Sinaï et l'Égypte remilitarise sa frontière. Le monde se prépare à la guerre et l'angoisse est grande au sein de la population israélienne et des communautés juives à travers le monde.

En mai, Israël décrète la mobilisation générale et le 5 juin 1967 déclenche les hostilités de manière préventive. En quelques heures, les forces aériennes égyptienne et syrienne sont anéanties. En 6 jours, les forces égyptiennes sont balayées et repoussées jusqu'au canal de Suez, l'ensemble de la Cisjordanie est conquise jusqu'au Jourdain, Jérusalem-Est est « libérée » et les hauteurs du Golan depuis lesquelles les Syriens bombardaient la Galilée sont capturées.

La « victoire totale » de la Guerre des Six Jours[modifier | modifier le code]

9 juin 1967 : paracommando célébrant son mariage devant le Mur des Lamentations (à Jérusalem-Est), devenu « symbole de conquête [voire] objet d'idolâtrie chez les Israéliens[8] ».

La « victoire totale »[9] de 1967 va provoquer un bouleversement des esprits au sein du monde juif qui va impacter la suite des événements et l'issue du contentieux israélo-palesinien.

L'exaltation et l'émotion des Israéliens est extrêmement forte, unissant toute la société israélienne autour de sentiments religieux et nationalistes[10],[11]. Ce sont près de 250.000 Israéliens qui se rendent au Mur des Lamentations le 14 juin pour célébrer la fête de Shaouvot[11].

Pour les militaires, les territoires nouvellement conquis aux pays arabes (Golan, Sinaï) sont une « monnaie d'échange contre la paix » mais ils restent réticents à « se défaire d'une part quelconque de la terre biblique d'Israël » (Jérusalem, la Cisjordanie, Gaza)[12]. Des contacts seront pris en ce sens quelques jours après la guerre avec l'Égypte et la Syrie qui répondra par une fin de non recevoir. Le 8 juin, Moshe Dayan déclare :

« Jérusalem et les mont d'Hébron resteront à jamais entre nos mains[12]. »

Les activistes religieux voient cette victoire comme « miraculeuse » et la libération des territoires comme le début de la rédemption divine (at'halta dege'ula). Lors d'un sermon au Mur des Lamentations, le rabbin Zvi Yehouda Kook déclare :

« Par la présente déclaration, nous informons le peuple d'Israël et le monde entier que selon le commandement de Dieu, nous venons de rentrer chez nous. (...). Nous ne partirons plus jamais. »[12]

Selon Henry Laurens, tant au sein de la population israélienne qu'au sein des communautés juives principalement aux États-Unis et en France apparaissent ainsi deux « attitudes »[13]. Le monde extérieur est perçu comme « hostile dans sa globalité ». À l'angoisse de la destruction imminente par les Arabes, dernier chaînon dans une lignée d'ennemis plurimillénaire remontant à l'antiquité biblique, succède l'exaltation de la victoire ; cette dernière allant jusqu'à être perçue comme une « forme de réparation humaine ou divine de la catastrophe de la Seconde Guerre mondiale »[13]. Toujours selon Henry Laurens, apparaît également la « politique de l'arrogance » et le sentiment que l'ennemi est faible et « méprisable », qu'il ne comprend que la force, et que l'armée israélienne a pour vocation à la fois de dissuader tout ennemi de l'attaquer mais également de le forcer à accepter une solution dictée sur base des intérêts fondamentaux d'Israël[13].

Le lancement de la colonisation (1967-1977)[modifier | modifier le code]

Faits accomplis[modifier | modifier le code]

Dans un plan de partage qui a conservé son nom présenté au gouvernement le 27 juillet 1967[14], Yigal Allon prévoit l'annexion de Jérusalem et de toute la partie Est de la Cisjordanie ainsi que de zones stratégiques tout en créant deux enclaves pour la population palestinienne qui aurait été placée sous administration jordanienne.

Dès le deuxième jour de la guerre, le gouvernement israélien d'union nationale est conscient que la victoire est acquise et réfléchit aux actions à venir[15]. Yigal Allon envisage a minima l'annexion de certains territoires et la conservation des autres comme monnaie d'échange avec les États arabes. Menahem Begin et les membres du Parti national religieux voient les territoires conquis comme des « éléments historique de la Terre d'Israël » « libérés » et proposent d'annexer la Cisjordanie de la Bande de Gaza et d'en expulser les Arabes de « manière humaine »[15],[16].

Des « faits accomplis » sont mis en place durant la guerre et dans les semaines et mois qui suivent :

  • le 11 juin, Teddy Kollek, le maire de Jérusalem-Ouest fait raser le quartier maghrébin de Jérusalem-Est de manière à libérer l'accès au Mur des Lamentations, lieu saint du judaïsme et dont l'accès a été interdit aux juifs depuis la prise de contrôle jordanienne[15]. « Si l'on n'agit pas maintenant, rien ne sera possible ensuite[15]. » La majorité des 3.000 habitants arabes vivant dans ce qui avait été le Quartier juif de la vieille ville de Jérusalem sont également expulsés avant la fin de l'année pour être remplacé par des Juifs[17].
  • Le 29 juin, la Knesset étend la « juridiction administrative » de Jérusalem-ouest sur la partie arabe de la ville[18] et sur les régions cisjordaniennes au nord et au sud de celle-ci[16]. L'action est condamnée dès le 4 juillet à l'Assemblée générale des Nations unies[19]. Les murs en béton séparant les deux parties de la ville sont également abattus[16].
  • 250.000 Arabes palestiniens sont chassés des territoires conquis et 70.000 autres sont déplacés en leur sein[20];
  • les villages arabes du Golan sont systématiquement rasés après leur conquête[16] et à l'exception des 6 000 à 7 000 Druzes[21], l'ensemble des 120 000 résidents arabes sont chassés avant la fin 1967[22],[23],[24].

La colonisation en marche[modifier | modifier le code]

Dans la doctrine israélienne, les avant-postes du Nahal étaient des établissements militaires érigés le long des frontières ou dans des zones stratégiques des territoires occupés en vue d'assurer leur sécurisation, en accord avec la 4e Convention de Genève. Cependant, les « soldats » et leur famille sont restés sur place une fois leur période militaire terminée, y établissant des colonies israéliennes, illégales selon le droit international.

Au début, la colonisation est menée de manière discrète par l'État-major militaire en charge des Territoires occupés et à l'initiative d'activistes religieux qui plus tard se rassembleront au sein du Goush Emounim (le « Bloc des fidèles »). Ensuite, en l'espace de deux-trois ans, une « gigantesque entreprise de colonisation est mise sur pied »[16].

Au début du mois de juillet, le Cabinet israélien approuve la construction de « deux ou trois chantiers de travail temporaires » dans le no man's land qui séparait Israël et la Syrie avant la guerre[16]. Un kibboutz est fondé le 16 juillet dans le Golan pour prendre en charge le cheptel et les vergers « abandonnés »[25]. Le 27 août, le gouvernement donne l'autorisation aux Israéliens de cultiver les champs sur tout le plateau[16].

En août, l'État-major décide d'y établir une chaîne d'avant-postes du Nahal[16]. Il s'agit d'installations initialement militaires mais dans lesquelles ces derniers cultivent la terre aux alentours, puis s'y installent définitivement quand ils retournent à la vie civile. La première est fondée à Banias en septembre[16]. En janvier 1968, 2 avant-postes du Nahal sont établis dans le sud de la vallée du Jourdain puis dans la bande de Gaza[16].

En parallèle avec la colonisation militaire, des activistes religieux, convaincus que le gouvernement n'osera pas s'opposer à eux ou utiliser la force pour les déloger, bravent les interdits officiels et lancent des initiatives privées d'implantations[16]. En pratique, ils sont souvent soutenus sur le terrain par les militaires qui assurent leur sécurité face aux Palestiniens et qui les fournissent en électricité et les ravitaillent en eau.

Dans ce contexte, la première « colonie » mise en place est celle de Kfar Etzion, fondée sur le site d'un ancien kibboutz situé entre Bethléem et Hébron et qui avait été détruit par la Légion arabe en 1948[26]. Les opérations sont menées par Yossef Weiz, un tenant de l'expulsion des Arabes[25],[10] et le rabbin Hanan Porat (en) qui y avait passé son enfance[27]. En avril 1968, un groupe de religieux s'installe dans la périphérie d'Hébron[16]. Cette initiative donne naissance à la colonie de Kiryat Arba[16].

L'État finit par collaborer avec eux en leur fournissant des terres publiques (plus de 50 % du territoire cisjordanien est public à l'époque) ou en leur cédant des terres arabes expropriées pour « des raisons de sécurité »[16],[28]. Des aides sont même données aux candidats colons sous la forme de prêts immobiliers à faible taux d'intérêt, voire de subventions pures et simples[16],[28].

La colonisation est en marche :

  • un an après la guerre, le Golan compte 6 colonies ; en 1973, 19 et en 1977, ce sont 26 colonies qui ont été établies sur le plateau syrien[16].
  • En Cisjordanie, Israël possède 17 colonies en 1973 et 36 en 1977[16], dont Ma'ale Adumim à l'est de Jérusalem qui compte aujourd'hui[Quand ?] près de 40 000 colons et qui a été la première colonie israélienne à obtenir le statut de ville en 1992.
  • Dans la bande de Gaza et le long de la frontière égyptienne, 7 colonies se sont installées entre 1968 et 1973 et leur nombre est passé à 16 en 1977[16], dont Kfar Darom.
  • Dans le Sinaï, on compte 7 colonies israéliennes en 1977[16], dont Yamit.

Au total, 10 ans après la guerre, 11.000 Israéliens se sont installés dans les territoires conquis[16].

La colonisation intensive sous Menachem Begin (1977-1984)[modifier | modifier le code]

Menahem Begin, Jimmy Carter et Anouar el-Sadate célébrant les accords de Camp David en 1978

En 1970, Menachem Begin quitte le gouvernement d'union nationale en raison de l'acception par Israël de la résolution 242 et de la formule « terre contre paix ». Pour son parti le Herout, la Cisjordanie et la bande de Gaza sont « aussi juifs que Tel-Aviv » et ne peuvent en aucun cas être restitués aux Arabes[29]. En mars 1974, les différentes initiatives religieuses de colonisation se rassemblent au sein du Goush Emounim[12]. La victoire aux élections israéliennes de 1977 d'une coalition rassemblant différents partis de droite et de partis religieux autour du Hérout, du Likoud et du Parti libéral[29] va donner un nouvel essor à la colonisation[30].

Malgré les négociations de paix israélo-égyptienne qui demandent un gel de la colonisation, une centaine de nouvelles implantations voient le jour, en particulier des centres urbains à l'Est de Jérusalem (comme Beit El fondée en 1977) et de Tel-Aviv (comme Elkana (en) établie en 1977, Ariel en 1978 ou Beit Aryeh-Ofarim en 1981)[31].

Les colonies du Sinaï sont cependant évacuées (et rasées par les Israéliens) en même temps que les territoires conquis sur l'Égypte en 1967 lui sont restitués. Le mouvement des colons s'y oppose et des militants s'y réinstallent « illégalement ». À Yamit, Menachem Begin et Ariel Sharon, ministre de l'Agriculture, en charge de la colonisation, font intervenir l'armée israélienne : 20.000 soldats sont mobilisés pour déloger 1.500 « squatteurs ». L'opération se fait sans faire de blessés mais sous les yeux des télévisions. Selon Benny Morris, la motivation est double : il s'agit de montrer au monde « le coût des sacrifices concédés par Israël dans sa recherche de la paix » et de « montrer à la population israélienne l'atrocité de l'évacuation de colonies », afin de mettre en garde les citoyens Israéliens qui militent pour l'évacuation de la Cisjordanie et du Golan[32]

La détermination israélienne à ne pas restituer l'ensemble des territoires occupés se traduit également par deux décisions :

  • le 30 juillet 1980, le parlement israélienne (la Knesset) vote une « Loi fondamentale » faisant de Jérusalem réunifiée, la capitale d'Israël[33]. Cette annexion de Jérusalem-Est est immédiatement condamnée par les résolutions 476 et 478 du Conseil de sécurité en tant que violation du droit international[34] ;
  • le 14 décembre 1981, la Knesset vote la loi du plateau du Golan affirmant l'annexion du territoire par Israël. L'annexion est immédiatement condamnée par la résolution 497 du Conseil de sécurité qui la déclare « nulle et non avenue et sans effet juridique sur le plan international »[35].

Fin 1983, on compte 76.095 colons à Jérusalem-Est, 22.800 en Cisjordanie, 6.800 dans le Golan et 900 dans la bande de Gaza, soit un total de 106.595 dans l'ensemble des territoires occupés[36]. Le rythme de la colonisation s'est accéléré d'un facteur 10 par rapport à la période précédente.

Situation des Palestiniens dans les territoires occupés[modifier | modifier le code]

Le contrôle et la colonisation des territoires par les Israéliens eurent plusieurs impacts conséquents pour la population palestinienne.

Le développement des réseaux routiers et électriques nécessaires pour des raisons sécuritaires et pour desservir les colonies bénéficièrent également à la population palestinienne. Ainsi, en 1967 seuls 18 % des foyers gazaouites possédaient l'électricité. Ils étaient 89 % en 1981[37]. La population palestinienne put également bénéficier des services hospitaliers et des soins de santé israéliens, ce qui se traduisit par une chute importante du taux de mortalité à la naissance et à une augmentation conséquente de la population palestinienne, en particulier à Gaza[37].

Au niveau politique, selon Benny Morris, Israël se montra « tolérant »[37]. De nombreuses organisations citoyennes virent le jour comme des syndicats, des associations professionnelles, des comités estudiantins (7 universités virent le jours en Cisjordanie et à Gaza en 10 ans), des associations caritatives, des journaux, des instituts de recherche, des groupes féministes[37]... Les Israéliens autorisèrent même l'établissement d'institutions officielles militant pour l'autonomie et la résistance politique[37]. Par contre, Israël refusa de donner toute légitimité aux indépendantistes de l'Organisation de Libération de la Palestine (l'OLP) de Yasser Arafat, ce qui laissa place libre aux Frères Musulmans, sous le direction du Cheik Yassine qui distillèrent un discours intégriste dans la population[37].

Au niveau économique, sur les 15 ans qui suivirent la conquête des territoires, le revenu annuel par habitant dans la bande de Gaza passa de 80 à 1 700 dollars; et en Cisjordanie, il fit plus que tripler. Le nombre de voitures fut multiplié par 10, celui des tracteurs par 9 et celui des téléphones par 6. Chaque année entre 1968 et 1978, le PNB connut une croissance supérieure à 10 % dans la Bande de Gaza et en Cisjordanie, tandis qu'il augmentait de 5,5 %/an en Israël sur la même période[37].

Selon Zeev Schiff et Yaari Ehud, la politique gouvernementale israélienne dans les territoires occupés fut cependant subordonnée aux besoins économiques israéliens et étouffait le développement palestinien. Par exemple, la majeure partie des réserves d'eau furent détournées au profit d'Israël et des colons[37],[38]. Ces derniers en utilisaient en moyenne douze fois plus que la population palestinienne et la superficie des terres arabes irriguées en Cisjordanie fut réduite de 30 % entre 1967 et 1987[37]. L'administration israélienne des territoires interdit aux Palestiniens d'installer des manufactures et réglementa à l'extrême les déplacements, l'importation de fonds ou de matériaux, la culture de certains produits agricoles... ce qui transforma les territoires en un vaste marché (et une « décharge ») pour les marchandises israéliennes[37]. Le gel des développements industriel et agricole palestiniens força une part importante de la main-d'œuvre des territoires occupés à chercher du travail en Israël, en particulier dans la construction ou l'agriculture, où elle se vit reléguée à des « tâches ingrates » et un « salaire de misère »[37].

Gouvernement de coalition (1984 - 1988)[modifier | modifier le code]

Les élections législatives israéliennes de 1984 voient les partis de gauche, réunis sous la bannière Alignement, remporter 44 sièges contre 41 pour le Likoud. Aucun des deux ne réussit cependant à rassembler suffisamment d'autres partis dans une coalition qui pourrait former une majorité à la Knesset. Shimon Peres et Yitzhak Shamir décident alors de gouverner alternativement, chacun occupant le poste de Premier ministre pendant 2 ans.

Durant cette période, si le nombre de colonies ne grandit pas sensiblement, leur population s'accroit considérablement en raison de leur expansion[39]. La population israélienne de Cisjordanie passe de 35 000 à 64 000 de 1984 à 1988[39]. En 1989, on compte 200 000 colons : 117 000 à Jérusalem-Est, 70 000 en Cisjordanie, 10 000 dans le Golan et 3 000 dans la Bande de Gaza[36].

L'administration des territoires est sous la responsabilité d'Yitzhak Rabin, ministre de la Défense. Il y instaure une politique de « répression continue » envers le nationalisme palestinien[39]. Les Palestiniens doivent faire face à une humiliation omniprésente[39]. Plusieurs dizaines de milliers d'habitants sont détenus plusieurs semaines ou mois d'affilée souvent sans jugement[39]. En parallèle, des groupes de colons s'établissent en « groupes d'autodéfense vengeurs » contre les Palestiniens[39]. En Israël, les représentants politiques de droite appellent régulièrement et ouvertement à l'expulsion (le « transfert ») des Palestiniens des territoires occupés vers la Jordanie[39].

C'est dans ce contexte que se déclenche le 9 décembre 1987 la Première intifada, la « révolte des pierres »[40].

De l'intifada aux accords d'Oslo (1988 - 1993)[modifier | modifier le code]

Articles connexes : Première intifada et Accords d'Oslo.

La révolte palestinienne s'exprime initialement par une désobéissance civile généralisée face à laquelle l'armée n'est pas préparée, tandis que les extrémistes des deux camps, Hamas et colons intégristes, prônent et usent de violence[41]. Devant la situation, Yitzhak Rabin ordonne à l'armée de réprimer durement la révolte. Il s'exprime à la télévision en affirmant qu'il faut « briser les os » des émeutiers. La répression provoque des dizaines de milliers de blessés au sein de la population civile palestinienne dont des milliers à vie. Au bout de trois ans, l'armée a procédé à plus de 15 000 arrestations administratives et 8 000 Palestiniens sont prisonniers en Israël[42].

Cette situation génère un éveil des consciences en Israël sur l'existence d'un « problème palestinien » et le renforcement du « mouvement pour la paix », ce qui va mener sous l'égide des États-Unis, à la signature en septembre 1993 des accords d'Oslo entre Israël et l'OLP[43]. Ces accords reconnaissent la souveraineté de l'Autorité palestinienne sur la Cisjordanie et Gaza et annoncent le retrait progressif d'Israël des territoires occupés[44].

Durant cette période, la population de colons passe de 200 000 à 282 000 (+45 000 en Cisjordanie et +35 000 à Jérusalem-Est)[36], malgré l'annonce en 1992 par le gouvernement israélien d'un « gel de la colonisation »[45].

Des accords d'Oslo à la seconde intifada (1993 - 2000)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : avant-poste israélien.
Bâtiment de l'avant-poste d'Amona fondé en 1995 sur des terres privées palestiniennes, près d'Ofra au centre de la Cisjordanie.
Division de la Cisjordanie en 3 zones suite à l'accord interimaire de 1995 (accord de Taba).

Après 1993, le retrait israélien ne se produit cependant pas et la colonisation s'intensifie contrairement aux accords d'Oslo.

Le mouvement des colons établit des « avant-postes » dans les territoires occupés en infraction théorique avec la loi israélienne[46],[47]. En pratique, bien qu'ils ne soient pas ouvertement reconnus par le gouvernement, les autorités israéliennes les soutiennent dans leur établissement et développement[48]. Selon Shalom Archav, une cinquantaine sont établis entre 1993 et 2000[49].

Les extrémistes des deux camps expriment également dans le terrorisme leur opposition au processus de paix[50]. Le 25 février 1994, Baruch Goldstein, un colon de Kyriat Arba et adepte de Meir Kahane, perpètre le massacre d'Hébron au cours duquel 29 Palestiniens sont tués et 125 autres blessés. En représailles, le Hamas commet un attentat-suicide à Afula, tuant 8 Israéliens. De nombreux autres suivront sur l'ensemble du territoire israélien jusqu'à la fin 1998[50]. Le 4 novembre 1995, Yitzhak Rabin alors Premier ministre, est assassiné par Yigal Amir, un juif orthodoxe néosioniste[51].

Le 24 septembre 1995, l'accord intérimaire sur la Cisjordanie et la bande de Gaza scinde la Cisjordanie en 3 zones[44] :

  • la zone A (3 % du territoire[Note 2] et 20 % de la population palestinienne) placée sous le contrôle de l'Autorité palestinienne. Cette zone regroupe les grandes villes palestiniennes, à l'exception de Jérusalem-Est (annexée en 1980) et de Hébron ;
  • la zone B (27 % du territoire et 70 % de la population palestinienne) placée sous administration civile palestinienne mais où Israël reste responsable de la sécurité ;
  • la zone C (70 % du territoire et 10 % de la population palestinienne) qui reste sous contrôle israélien et où se trouvent l'essentiel des colonies.

Selon les points de vue, les accords de Taba sont vus soit comme la possibilité future d'instaurer un État palestinien ou soit comme un découpage de la Cisjordanie en enclaves mal connectées dans le réseau des colonies israéliennes[44].

En mai 1996, la droite israélienne revient au pouvoir avec la victoire du Likoud aux élections, ce qui ralentit le processus de paix[52]. Néanmoins, le 7 février 1999, Benjamin Netanyahou et Yasser Arafat signent les accords de Wye Plantation qui transfèrent 13 % de la zone C vers les zones B (12 %) et A (1%) ainsi que 14 % de la zone B vers la zone A en échange de mesures à prendre par les Palestiniens dans la lutte contre le terrorisme[53]. Ehud Barak lui succède en 1999.

Sur les 8 ans entre la signature des accords d'Oslo et le déclenchement de la seconde intifada, la population des colons est passée de 280 000 à 390 000 avec une augmentation principalement en Cisjordanie où elle s'accroit de 70 % (+ 80 000)[36].

Situation des Palestiniens dans la Bande de Gaza[modifier | modifier le code]

En 2001, la Bande de Gaza compte 1 500 000 habitants dont 1 070 000 réfugiés vivant sur 6,3 km2 et 8 000 colons vivant sur 70 km2[54].

La Bande de Gaza fait 45 km de long et 12,5 km dans sa partie la plus large (au sud-ouest) et 5,5 km dans sa partie la plus étroite (au centre). Environ 50 % de la zone est désertique, 20 % dédiés aux colonies et 15-20 % dédiés à la sécurité et à des installations ou des camps militaires[54].

Au moment du déclenchement de la seconde intifada, 125 km2 sur les 360 sont sous contrôle israélien. La zone compte 13 villes, 8 camps de réfugiés et 21 colonies[54]. La population totalise 1 500 000 personnes dont 1 070 000 de réfugiés (~ 71,5 %) et 8 000 colons israéliens (~ 0,5 %). L'armée israélienne y stationne également une brigade[54]. La densité de population est en moyenne de 4 167 personnes au km² et de 74 706 dans les camps de réfugiés. Elle est de 110 personnes au km² dans les colonies[54].

La Bande de Gaza connaît également un grave problème d'approvisionnement en eau : 96 % de la nappe aquifère a été vidée de ses réserves ; elle est également polluée et son taux de salinité est élevé. La consommation en eau des colons s'élève à 584 litres par personne et par jour, soit 7 fois plus que la moyenne de la population palestinienne de Gaza (~ 80 litres par jour) tandis que l'OMS préconise une disponibilité de 100 litres par jour et par personne pour répondre aux besoins de base[55].

Seconde intifada (2001 - 2005)[modifier | modifier le code]

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Article connexe : Seconde intifada.
Tracé de la barrière, tel qu'il était établi en juillet 2011.

Le déclenchement de la seconde intifada coïncide avec la visite de l'esplanade des Mosquées/mont du Temple par Ariel Sharon le et la mort de Mohammed al-Dura. Il s'ensuit des émeutes générales dans tous les territoires occupés auxquelles se joint la population arabe israélienne. La répression militaire israélienne fait plus de 100 morts en quelques jours[réf. nécessaire]. Les groupes terroristes palestiniens se lancent fin octobre dans une vaste campagne d'attentats-suicides faisant plus d'un millier de morts, auxquels l'armée répondra par des opérations militaires.

Les événements vont avoir un impact conséquent sur la développement des colonies.

En 2002, suite à la vague d'attentats, Israël lance la construction d'une barrière de séparation israélienne en territoire palestinien[56]. Seuls 15 à 20 % suivent le tracé de la Ligne verte[57],[56] ; le reste empiète dans le territoire cisjordanien[58],[59]. À terme la barrière intégrerait la majeure partie des colonies israéliennes à forte démographie ainsi qu'une partie des puits[60]. À un endroit elle s'écarte de plus de 23 kilomètres pour inclure la colonie d'Ariel.

En 2003, Ariel Sharon annonce un futur retrait millitaire et civil, unilatéral et intégral de la Bande de Gaza. Entre les 17 et 22 août 2005, les 21 colonies de la Bande de Gaza sont démantelées et 8 000 habitants israéliens sont évacués dont 7 000 par la police et l'armée israéliennes. Le 12 septembre, l'armée évacue à son tour la bande de Gaza. 4 colonies de Cisjordanie seront également démantelées.

Selon les critiques du Meron Rapoport, le retrait unilatéral « vise à geler le processus de négociation. Et, en gelant le processus de négociation, vous empêchez la création d’un État palestinien et vous empêchez la discussion sur la question des réfugiés. (...) Le désengagement comporte la bonne dose de formol nécessaire pour qu’il n’y ait pas de processus de négociation avec les Palestiniens »[61].

Sur les 5 ans de la seconde intifada, la population des colonies passe de 390 000 à 460 000 avec l'accroissement localisé presque entièrement en Cisjordanie[36].

La droite israélienne au pouvoir (2006 - aujourd'hui)[modifier | modifier le code]

En 2006, le Premier ministre, Ehud Olmert, décide de démanteler certains avant-postes illégaux. Le , Amona est ainsi évacuée puis détruite par la force. Plus de 250 personnes sont blessées dont 2 gravement. Au printemps 2006, Ehud Olmert déclare que le retrait unilatéral israélien de Judée et Samarie était inéluctable[62].

Le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou accepte plusieurs gels de la construction de nouvelles colonies durant plusieurs mois, sous la pression des États-Unis[63]. Et en 2010, il accepte un moratoire des constructions contre la reconnaissance par l’Autorité palestinienne d'Israël en tant qu'État « juif » ; Mahmoud Abbas et la direction palestinienne rejettent cette demande[64].

En mai 2011, Benyamin Nétanyahou affirme admettre que certaines colonies pourraient se retrouver, à terme, en territoire palestinien, de façon à atteindre une « paix historique »[65].

Évolution démographique[modifier | modifier le code]

Sur base de différentes sources[66],[67],[68],[69],[70],[71],[72],[73],[74], l'évolution démographique des colonies dans les territoires occupés est la suivante :

Settler population 1948 1972 1977 1980 1983 1993 2004 2007 2010 2014
Cisjordanie (Jérusalem non inclus) 480 (Gush Etzion) 1,182 3,200[75]

-4,400[76]

17,400 22,800 111,600 234,500 276,500[77] 314,100[66] 400,000[67]
Bande de Gaza2 30 (see Kfar Darom) 700 900 4,800 7,826 0 0 0
Golan 0 77 6,800 12,600 17,265 18,692 19,797 21,000[74]
Jérusalem-Est 2,300 (Quartier juif de Jérusalem, Neve Yaakov) 8,649 76,095 152,800 181,587 189,708 198,629 300,000-350,000
Total 2,810 10,608 106,595 281,800 441,178 485,170 532,526 721,000-771,000

Situation juridique[modifier | modifier le code]

Position internationale et résolutions du Conseil de Sécurité[modifier | modifier le code]

Israël a adhéré aux Nations unies en 1949. En tant que membre de l'organisation, les décisions du Conseil de Sécurité sont contraignantes à son égard. Elle est également tenue au respect de la IVe Convention de Genève et aux décisions de la Cour pénale internationale.

Selon le droit international, l'établissement des colonies israéliennes dans les territoires occupés par Israël depuis 1967 est illégal[78],[79],[80],[81].

La plus récente résolution du Conseil de sécurité des Nations unies, la résolution 2334 du 23 décembre 2016 « [r]éaffirme que la création par Israël de colonies de peuplement dans le Territoire palestinien occupé depuis 1967, y compris Jérusalem-Est, n’a aucun fondement en droit et constitue une violation flagrante du droit international et un obstacle majeur à la réalisation de la solution des deux États et à l’instauration d’une paix globale, juste et durable ». De plus, elle demande à tous les États, compte tenu du paragraphe 1 de la (...) résolution, de faire une distinction, dans leurs échanges en la matière, entre le territoire de l’État d’Israël et les territoires occupés depuis 1967[82].

Le Conseil de sécurité des Nations unies et l'Assemblée générale[83] ont également voté de nombreuses résolutions condamnant les « colonies de peuplements israéliennes » dans les territoires palestiniens occupés, y compris Jérusalem-Est et le Golan syrien occupé [84].

La résolution 2253 déplore les actions israéliennes qui altèrent le statut de Jérusalem dès l'issue de la Guerre des six jours[85] La demande est réitéré par la résolution 2254 [86] de l'Assemblée générale et les résolutions 237[87], 242, 252[88] et 298[89] du Conseil de sécurité. La résolution 242 du 22 novembre 1967 du Conseil de sécurité des Nations unies souligne « l'inadmissibilité de l'acquisition de territoires par la guerre » et demande à Israël de se retirer de (ou des) territoires occupés (« from occupied territories »)[90].

La résolution 446 du Conseil de sécurité des Nations unies votée le 22 mars 1979, « considère que la politique et les pratiques israéliennes consistant a établir des colonies de peuplement dans les territoires palestiniens et autres territoires arabes occupés depuis 1967 n`ont aucune validité en droit et font gravement obstacle à l'instauration d'une paix générale, juste et durable au Moyen-Orient ». Elle « demande une fois encore à Israël, en tant que Puissance occupante, de respecter scrupuleusement la Convention de Genève (...) de ne pas transférer des éléments de sa propre population civile dans les territoires arabes occupés »[91],[92],[93],[94].

Une large partie de la communauté internationale juge également que l'article 49 de la quatrième convention de Genève sur la protection des civils en temps de guerre s'applique aux territoires palestiniens occupés. Cette dernière position est soutenue par le CICR, diverses entités et la Cour internationale de justice dans un avis consultatif. La Cour suprême d'Israël reconnait en 2004 qu'Israël occupe la Cisjordanie (occupatio bellica)[80].

Sanctions[modifier | modifier le code]

Dans un message commun émanant des ministères de l'Économie des États membres de l'Union européenne, il est affirmé que l « Union européenne et ses États membres considèrent que les colonies israéliennes sont illégales au regard du droit international, qu’elles constituent un obstacle à la paix et rendent impossible la solution à deux États visant à résoudre le conflit israélo-palestinien ». Il est mis en garde « aux risques liés aux activités économiques et financières dans les colonies » du fait du statut incertain du droit au sol et des ressources utilisées ainsi que du non-respect des droits de l'homme et des risques quant à la réputation qui pourraient résulter du fait de « participation à des activités économiques et financières dans des colonies »[95].

Point de vue israélien[modifier | modifier le code]

Les positions des gouvernements israéliens successifs sont que les communautés israéliennes autorisées sont entièrement légales et en accord avec le droit international. Israël ne reconnait pas l'application de la quatrième convention de Genève, mais en applique les provisions pour des raisons humanitaires[96] ainsi que les conventions de la Haye.

Israël reconnaît la situation comme une dispute territoriale, du fait qu'il n'existe pas de frontières définies de jure, pas d'arrangements diplomatiques ni de légitimité légale évidente. Un autre argument est que le territoire peut être occupé seulement si un autre état souverain le revendique. De plus le terme d'occupation est péjoratif, dans le contexte où le territoire a été conquis dans l'exercice de l'autodéfense au cours d'une guerre imposée par la Jordanie[97].

Divers juristes appliquent le concept de « vide juridique de la souveraineté » (sovereignty vacuum) pour décrire la situation légale succédant à la guerre des Six Jours. Julius Stone affirme que la présence d'Israël dans les zones en attente de fixation des frontières est entièrement légal. Il considère absurde la thèse selon laquelle le gouvernement israélien serait contraint par l'article 49 de la Convention de Genève, de s'assurer (par force si nécessaire), que ces zones associées à la vie juive depuis des millénaires deviennent à jamais Judenrein[98]. Eugene V. Rostow reconnaît les droits accordés aux Juifs par le mandat britannique comme irrévocables juridiquement[98]. Stephen Schwebel reconnaît que la prise par Israël, par le principe d'autodéfense, d'un territoire qui était sous occupation illégale a meilleur titre légal.

Bien que tous les secteurs en question aient été capturés par Israël pendant la guerre de 1967, l'annexion éventuelle de chacun d'eux est l'objet d'argumentations particulières :

  • Jérusalem a été divisée par une ligne d'armistice et occupée illégalement par les forces jordaniennes. Jérusalem est réunifiée, étant la capitale déclarée d'Israël qui permet l'accès aux lieux saints.
  • Le Golan aurait été cédé illégalement par le Royaume-Uni au mandat français de la Syrie et est incorporé à Israël, sans préjudice d'un futur traité de paix avec la Syrie.
  • Tant que l'Égypte et la Jordanie occupaient Gaza et la Cisjordanie, il n'y avait aucun projet de créer un État palestinien. En outre le territoire fait partie du territoire destiné à l'installation du peuple juif par les accords de San Remo de 1920.
  • La péninsule du Sinaï fait partie de la continuité territoriale d'Israël et a été transféré à l'Égypte en 1906. Le Sinaï n'est pas annexé, et est rendu lors de la signature des accords de paix en 1979.

Israël affirme que la construction serait légale en vertu des accords d'Oslo II qui lui accorderaient le droit de construire à l'intérieur de la zone C[citation nécessaire][99], partie du territoire de Cisjordanie sous contrôle exclusif israélien en attendant son transfert à l'autorité palestinienne[100],[101],[102]. La Cour suprême d'Israël a cependant jugé en juin 2005 que ni la Cisjordanie ni Gaza ne faisaient partie du territoire national[réf. souhaitée].

Point de vue des habitants des colonies[modifier | modifier le code]

Les communautés juives des implantations défendent leur droit inaliénable à vivre sur leur terre ancestrale qui est le berceau historique et culturel du peuple juif et le cœur de leur vie religieuse. Au plan juridique, elles soutiennent que le territoire appartient au foyer national juif[103].

Les habitants juifs des implantations affirment leurs droits à s'installer librement et volontairement au-delà de la ligne verte. Ils rejettent la criminalisation de leurs communautés qui résulte selon eux d'une interprétation du droit international que fait le CICR[104].

En outre selon les positions des représentants des implantations, le territoire est contesté et aucune autorité légitime ne pourrait interdire l'existence de communautés juives, en sus, par leur respect du principe de la propriété privée[réf. souhaitée]. Ces représentants réfutent l'idée selon laquelle leur existence constituerait un obstacle à la paix[réf. souhaitée]. Ils contestent l'objectif politique d'un « transfert des Juifs israéliens », qui constituerait une violation des droits de l'homme. Ils affirment que l'opposition de leur droit à la propriété privée en fonction de leur identité juive est assimilable à de la discrimination raciale. Et que le conflit politique avec les Palestiniens ainsi que divers opinions politiques, ne devraient en rien engendrer la réduction de leurs droits légitimes. L'idée selon laquelle les Juifs (ou les israéliens) ne pourrait vivre en Cisjordanie du fait du préjudice et de l'hostilité à leur encontre est perçu par ceux-ci comme une autre mesure discriminatoire[104].

Selon un autre argument, le territoire ayant été peuplé par des Juifs durant plus d'un millénaire, le droit des Juifs à y habiter ne peut avoir été invalidé par l'occupation illégale de la Jordanie[105].

Les communautés religieuses de Yesha croient au droit du peuple juif à la possession de la terre d'Israël d'après la promesse divine de la Bible. Le peuplement de ce territoire est un droit et un devoir pour ces communautés religieuses[106].

Points de vue des pays arabes et de l'Autorité palestinienne[modifier | modifier le code]

L'Autorité palestinienne soutient que les colonies israéliennes sont illégales au regard du droit international. Les positions des responsables politiques palestiniens sont qu'elles doivent être démantelés pour permettre la formation de l'État palestinien[réf. souhaitée]. Les pays arabes se rallient à la position de l'ONU et de l’Autorité palestinienne.

D'après une étude menée par l'organisation La Paix maintenant en novembre 2006, sur la base de documents officiels obtenus de l'administration civile israélienne, 32% des colonies de Cisjordanie seraient construites totalement ou partiellement sur des terres privées palestiniennes[107].

Politique, administration et sociologie[modifier | modifier le code]

Débat politique[modifier | modifier le code]

Un certain nombre de thèmes sont évoqués de part et d'autre : D'un côté, les partisans du peuplement israélien des territoires occupés considèrent que la terre d'Israël appartient de droit au peuple juif ou à l'État d'Israël, en avançant des raisons religieuses (« terres données par Dieu »), idéologiques (sionisme), historiques et sécuritaire (sécurité nationale). Certains partisans invoquent une importance stratégique, car les colonies gêneraient les activités de terrorisme palestinien. D'autres s'opposent au transfert de population et à la destruction d'habitations, qui résulterait du démantèlement d'colonies.

D'un autre côté, certains opposants arguent que les colonies elles-mêmes sont un vol de terres qui appartiendrait de droit aux Palestiniens. L'ONU, les divers gouvernements européens arguent qu'elles violent le droit international en rendant la vie difficile aux Palestiniens des secteurs concernés[Lesquels ?]. Une minorité israélienne considèrent que les avant-postes implantés en profondeur au sein des populations arabes posent trop de problèmes sécuritaires (difficultés à les défendre et provocation à l'encontre des Palestiniens). Ils considèrent également que la conservation de territoires implique la naturalisation de plusieurs millions de Palestiniens en majorité hostiles à Israël. Pour ces deux motifs, ce courant de l'opinion se montre assez favorable au démantèlement des avant-postes. Mais l'attachement aux grands blocs de colonies reste également majoritaire[réf. souhaitée].

Selon un rapport de Jeffrey Helmreich de 2003, moins de 2 % de la Cisjordanie est composé de constructions israéliennes (1,36 % selon B'tselem). Ce qui ne constituerait pas un pourcentage suffisant pour empêcher la création d'un État palestinien ou la poursuite du processus d'Oslo, selon un point de vue israélien datant de la même époque. Les colonies ne seraient ainsi pas un obstacle pour un accord de paix parce qu'un nombre conséquent de leurs habitants seraient prêts à être relocalisés en cas d'accord. Plus de 80 % de la population des colonies vivent dans des zones contiguës à la ligne verte et une autre partie vivent dans des zones qui ne sauraient, pour des raisons de sécurité, être évacuées[108].

La terminologie israélienne[modifier | modifier le code]

La diplomatie israélienne francophone et certains auteurs utilisent plutôt le terme « implantations israéliennes » comme traduction du terme anglophone settlement[109],[26],[110],[111].

Organisation administrative[modifier | modifier le code]

L'administration des colonies israéliennes en Cisjordanie est répartie entre 4 villes, 13 conseils locaux et 6 conseils régionaux.

Villes Conseils locaux Conseils régionaux
  • Ariel (18 089 habitants), fondée en 1978 qui obtient le statut de ville en 1998.
  • Betar Illit (44 927 habitants), fondée en 1985 qui obtient le statut de ville en 2001.
  • Ma'aleh Adumim (37 138 habitants), fondée en 1975 qui obtient le statut de ville en 1991.
  • Modiin Illit (60 046 habitants), fondée en 1993 qui obtient le statut de ville en 2008.
  • Alfei Menashe (7 583 habitants), fondée en 1983 devenue un conseil local en 1987.
  • Beit Aryeh-Ofarim (4 322 habitants), fondée en 1981 devenue un conseil local en 1989.
  • Beit El (5 899 habitants), fondée en 1977 devenue un conseil local en 1997.
  • Efrat (7 912 habitants), fondée en 1983 devenue un conseil local la même année.
  • Elkana (3 871 habitants), fondée en 1977 devenue un conseil local la même année.
  • Giv'at Ze'ev (14 349 habitants), fondée en 1982 devenue un conseil local en 1984.
  • Har Adar (3 757 habitants), fondée en 1982 devenue un conseil local en 1995.
  • Immanuel (3 115 habitants), fondée en 1983 devenue un conseil local en 1985.
  • Karnei Shomron (6 560 habitants), fondée en 1977 devenue un conseil local en 1991.
  • Kedumim (4 174 habitants), fondée en 1975 devenue un conseil local la même année.
  • Kiryat Arba (7 166 habitants), fondée en 1968 devenue un conseil local en 1979.
  • Ma'ale Efrayim (1 098 habitants), fondée en 1978 devenue un conseil local en 1981.
  • Oranit (7 626 habitants), fondée en 1983 devenue un conseil local en 1990.

Sociologie[modifier | modifier le code]

Pour Stéphanie Valdmann[26], si la plupart des colons se considèrent comme « sionistes religieux », certains sont « pratiquants » et respectent « les règles fondamentales du judaïsme et les fêtes les plus importantes » et les autres sont « ultra-orthodoxes » et « pratiquent les commandements du judaïsme de façon jusqu’au-boutiste ». Ces philosophies différentes dictent leur choix d'une colonie ou d'une autre.

Les colonies de Samarie et de Mateh Binyamin sont peuplées de sionistes traditionalistes venus s'installer en des lieux évoqués dans la Bible hébraïque. Ce sont des « sionistes de la première heure [...] venus coloniser la terre de leurs ancêtres ». Deux colonies représentatives de ces régions sont celles de Shilo (Mateh Binyamin) (en) et d'Ariel. Les colonies proches de Jérusalem, dans le Goush Etzion sont celles des ultra-orthodoxes qui pensent que pratiquer assidûment le judaïsme et respecter ses six-cent-treize commandements doit favoriser et accélérer la venue tant attendue du Messie. Toujours selon Stéphanie Valdmann, Maaleh Adounim, tout près de Jérusalem, attire ses habitants plus par le prix bas de l'immobilier de 15 % inférieur à celui de Jérusalem que par l'idéologie. Les colonies d'Hébron et de Kiryat Arba attirent des ultra-orthodoxes nourris d’idéologies religieuse et historique, parfois extrémistes. Quant aux colonies de la vallée du Jourdain, ce sont d'anciens avant-postes de Nahal qui pratiquent maintenant une riche agriculture sur les terres alluviales le long du fleuve[26].

Contexte récent[modifier | modifier le code]

Avant-poste israélien[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Avant-poste israélien et Colonies de Nahal.

Situation économique[modifier | modifier le code]

Elles sont construites de manière à offrir à leurs résidents de bonnes conditions de vie. La qualité des services offerts (qui vont de la taille des logements à l'éducation ou autres services publics) ainsi que les besoins sécuritaires induisent un transfert de capitaux du gouvernement israélien vers les colonies[112].

Du fait de la disponibilité de la main d'œuvre palestinienne et des hauts salaires (généralement plus de deux fois supérieurs)[113], des dizaines de milliers de palestiniens travaillent dans les colonies[114],[115].

Les accords d'Oslo divisent aujourd'hui la Cisjordanie en plusieurs zones. La barrière de séparation, les routes protégées pour relier Israël aux colonies, et les barrages et points de passages militaires, entravent la liberté de circulation des Palestiniens en Cisjordanie et interdisent la continuité territoriale du territoire palestinien.

En Cisjordanie comme dans le Golan, l'utilisation des ressources naturelles par Israël se fait au détriment de la population arabe. Par ailleurs, le quota d'eau alloué aux israéliens, contribuent à réduire l'égalité des chances et la libre concurrence[Information douteuse] [?].

Le mouvement BDS (Boycott, désinvestissement et sanctions) qui vise entre autres à la suppression des colonies peut menacer la production industrielle de ces colonies et l'emploi qu'elles offrent aux Israéliens et aux Palestiniens[116].

La vie économique et sociale de la population syrienne du plateau du Golan était basée sur l'agriculture mais la confiscation par Israël de certaines terres, les déracinements d'arbres et la destruction de semis ainsi que les privilèges accordés aux Juifs d'accès à l'eau et d'obtention des permis de construire[réf. nécessaire] ; Malgré le démantèlement des colonies de la bande de Gaza, l'ONU considère toujours ce territoire sous occupation israélienne ; le Conseil des droits de l'Homme tient Israël pour « responsable de ses actes en ce qui concerne Gaza au regard du droit international humanitaire et des droits de l’homme »[117].

Violence[modifier | modifier le code]

Barrière de séparation à Jérusalem Est.

Les habitants des colonies israéliennes sont la cible d'attaques de groupes palestiniens. Ainsi, à Itamar, en mai et juin 2002, neuf personnes dont une femme et ses trois enfants sont assassinés[118] et le 12 mars 2011, toujours à Itamar, un couple et ses trois enfants sont égorgés[119]. Le 18 avril suivant, la police israélienne déclare avoir arrêté dans un village voisin deux suspects et cinq complices présumés[120]. Le 1er octobre 2015, un jeune couple israélien est assassiné dans sa voiture devant leurs enfants près de l'implantation d'Itamar[121]. Le 21 juillet 2017, trois Israéliens sont poignardés à mort par un Palestinien(Attaque à l'arme blanche de Halamish (2017) (en)) dans l'implantation de Halamish[122].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  • Notes
  1. Agnès Dufour, dans sa traduction de l'ouvrage de Benny Morris, Victimes. Histoire revisitée du conflit arabo-sioniste, 2003, p. 679 utilise le terme « implantations israéliennes » et en p. 705 elle utilise le terme « colonies juives ». Les textes de l'ONU et la presse francophone y font généralement référence en termes de « colonies israéliennes ». Elles sont également qualifiés d'« agglomérations » quand leur taille est conséquente
  2. Les proportions relatives vont évoluer au cours des années. L'accord intérimaire prévoit une évacuation israélienne graduelle.
  • Références
  1. Gérard Chaliand, op. cit., pp. 80.
  2. Bureau International du Travail, op. cit. pp. 20.
  3. Oudat, Basel.Shouting in the hills, Al-Ahram Weekly, 12–18 June 2008. Issue No. 901.
  4. Statistical Abstract of Israel, no. 60, Israel Central Bureau of Statistics, (lire en ligne), « Population by District, Sub-District and Religion ».
  5. Dominique Vidal, 1948 : la Palestine des archives aux cartes, Le Monde diplomatique, 18 février 2018.
  6. Benny Morris, Victimes. Histoire revisitée du conflit arabo-sioniste, Éditions Complexe, 2003, p. 277.
  7. Benny Morris, 1948; A History of the First Arab-Israeli War, Yale University Press, 2008, p. 315.
  8. Tom Segev, 1967. Six jours qui ont changé le monde, Denoël, 2005, p. 480.
  9. Annie Duprat, dans Révolutions et mythes identitaires: Mots, violences, mémoire., Nouveau monde édition, 2011 s'interroge sur l'explication à donner à cette « victoire totale » [sic] israélienne sur 3 puissantes armées et ce, en 6 jours seulement. De son point de vue, la raison est la puissance physique, l'intelligence et le courage des sabras (les Juifs nés en Israël) et leur volonté de se sacrifier pour la collectivité. Elle indique que cette « victoire miraculeuse » poussa également la presse israélienne à vénérer ses militaires pendant des années.
  10. a et b Tom Segev, 1967. Six jours qui ont changé le monde, Denoël, 2005, pp. 475-8.
  11. a et b Henry Laurens, La Question de Palestine - Tome 4 : le rameau d'olivier et le fusil du combattant, Fayard, 2011, pp. 36.
  12. a, b, c et d Benny Morris, Victimes. Histoire revisitée du conflit arabo-soniste, Éditions Complexe, 2003, pp. 360-66.
  13. a, b et c Henry Laurens, La Question de Palestine - Tome 4 : le rameau d'olivier et le fusil du combattant, Fayard, 2011, p. 32.
  14. (en) Yehuda Lukacs, Israel, Jordan, and the Peace Process, Syracuse University Press, (lire en ligne), page 9
  15. a, b, c et d Henry Laurens, La Question de Palestine - Tome 4 : le rameau d'olivier et le fusil du combattant, Fayard, 2011, p. 35.
  16. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n, o, p, q, r, s et t Benny Morris, Victimes. Histoire revisitée du conflit arabo-sioniste, Éditions Complexe, CNRS, 2003, p. 360-66.
  17. Stacie Goddard, Indivisible Territory and the Politics of Legitimacy, Cambridge University Press, 2009, p. 151.
  18. Henry Laurens, La Question de Palestine - Tome 4 : le rameau d'olivier et le fusil du combattant, Fayard, 2011, p. 37.
  19. Henry Laurens, La Question de Palestine - Tome 4 : le rameau d'olivier et le fusil du combattant, Fayard, 2011, p. 43.
  20. Henry Laurens, La Question de Palestine - Tome 4 : le rameau d'olivier et le fusil du combattant, Fayard, 2011, p. 34.
  21. (en) Howard Sachar, A History of Israel. From the Rise of Zionism to our Time, Knopf, 2007, p. 667.
  22. Henry Laurens, Paix et guerre au Moyen-Orient, Armand-Collin, 2005, p. 241.
  23. Morris (2001), p. 327: "Another eighty to ninety thousand civilians fled or were driven from the Golan Heights.".
  24. Yigal Kipnis, The Golan Heights: Political History, Settlement and Geography since 1949, Routledge, p. 56.
  25. a et b Henry Laurens, La Question de Palestine - Tome 4 : le rameau d'olivier et le fusil du combattant, Fayard, 2011, pp. 57-58.
  26. a, b, c et d Stéphanie Valdmann, « Approches de la diversité des colonies israéliennes », Hérodote, no 103,‎ (lire en ligne)
  27. (en) Ethan Bronner, « Hanan Porat, Jewish Settlement Leader, Dies at 67 », sur New York Times
  28. a et b Catherine Gouëset, « Israël: comprendre la colonisation des territoires occupés », L'Express,‎ (lire en ligne).
  29. a et b Benny Morris, Victimes. Histoire revisitée du conflit arabo-sioniste, Éditions Complexe, 2003, pp. 485.
  30. Hervé Amiot, Les implantations israéliennes en Cisjordanie, Les clés du Moyen-Orient, 25 septembre 2013.
  31. Benny Morris, Victimes. Histoire revisitée du conflit arabo-sioniste, Éditions Complexe, 2003, pp. 615.
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  33. (en) Bernard Reich et David H. Goldberg, Historical Dictionary of Israel, Scarecrow Press, (lire en ligne)
  34. Texte des résolutions 476 et 478 du Conseil de Sécurité.
  35. « Résolution 497 (1981) », sur un.org,
  36. a, b, c, d et e Israel Settler Population 1972-2006, Foundation for Middle East Peace, 2008. (Consulté le 10 février 2019.)
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Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Neve Gordon, Israel's Occupation, University of California Press, (lire en ligne)
  • Antoine Mansour, Palestine: une économie de résistance en Cisjordanie et à Gaza, Vol. 8 Bibliothèque du développement, L'Harmattan, 1983, 232 p. (ISBN 9782858023141)