Arabes israéliens

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Les panneaux routiers israéliens sont aussi bien écrits en hébreu qu'en arabe.

Les Arabes israéliens sont les Arabes détenteurs de la citoyenneté israélienne vivant en Israël. Ils s’identifient comme « Palestiniens » ou Arabes d'Israël[1]. Ils sont aussi parfois désignés par les Arabes des autres pays comme « Arabes de 48 ». Les réfugiés juifs des pays arabes ne sont pas comptés parmi les Arabes israéliens.

Lors du conflit judéo-arabe de 1947-1949, environ 27 %, soit environ 250 000 des 900 000 arabes de la population de la Palestine mandataire restèrent chez eux, d'autres furent déplacés à l'intérieur d'Israël. Ils reçurent la citoyenneté israélienne.

Les Arabes israéliens représentent en décembre 2015 environ 20,7 % de la population d’Israël, soit environ 1 757 600 personnes[2]. Selon les principes fondamentaux de la démocratie israélienne, ces citoyens ont les mêmes droits que les autres Israéliens. Toutefois, des discriminations sont dénoncées contre ces populations, soupçonnées par leurs concitoyens de soutenir la cause palestinienne ennemie aux dépens de l'existence de l'État d'Israël[réf. nécessaire]. La majorité des Arabes israéliens ne sont pas appelés à servir l'armée de défense israélienne, Tsahal[3].

Origine[modifier | modifier le code]

La majorité des Arabes israéliens (incluant 170 000 Bédouins) sont des descendants des 250 000 Arabes qui restèrent dans les frontières de l'État d’Israël après le Conflit judéo-arabe de 1947-1949 ainsi que des arabes Palestiniens de la région de Wadi-Ara lorsque cette région fut donnée à Israël dans le cadre des accords d'armistice israélo-jordaniens de 1949. 200 000 Arabes supplémentaires de la bande de Gaza et de Cisjordanie furent autorisés à immigrer en Israël dans le cadre de regroupements familiaux et obtinrent la citoyenneté israélienne.[réf. nécessaire]

Enfin, le nombre de Palestiniens vivant illégalement en Israël était estimé autour de 170 000 en 2004[4].

Évolution de la population arabe[modifier | modifier le code]

Année[5] Population arabe[2] Évolution
2008 1 499 900
2009 1 535 800 + 2,39 %
2010 1 573 100 + 2,43 %
2011 1 609 800 + 2,33 %
2012 1 647 200 + 2,32 %
2013 1 683 200 + 2,19 %
2014 1 720 300 + 2,20 %
2015 1 757 600 + 2,17 %

Diversité religieuse[modifier | modifier le code]

Parmi la population arabe israélienne, les citoyens se définissent de façons très différentes selon leurs sensibilités aux nationalismes arabes, palestinien, leur rapport au territoire de la Palestine avant la création de l’État d’Israël, à la citoyenneté israélienne et à leurs liens avec l'État[6]. Ces sensibilités varient également selon leur identité religieuse (musulmane ou chrétienne). Ces citoyens mettent en avant un ou plusieurs de ces éléments lorsqu'ils se définissent : Arabes israéliens, ou Arabes palestiniens, ou Palestiniens, ou Palestiniens israéliens, ou Chrétiens d'Israël ou encore Israéliens arabo-palestiniens.

D'un point de vue religieux, les Arabes israéliens sont à 84,5 % musulmans (incluant les Bédouins), 7,9 % druzes et 7,5 % chrétiens, d'après le bureau des statistiques israélien (chiffres de 2014).

Arabes musulmans[modifier | modifier le code]

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Les Arabes musulmans non bédouins constituent environ 70 % de la population arabe israélienne. Ils vivent en majorité dans le nord du pays et à Jérusalem-Est, même s'ils sont aussi présents dans des villes du sud d'Israël. Ils ne sont pas obligés de servir l'armée nationale mais peuvent se porter volontaires.

Les Musulmans israéliens dans leur ensemble ont le taux de natalité le plus élevé des populations israéliennes : 3,3 enfants par femme en 2014 contre 3,1 pour les Juifs israéliens (voir l'article Démographie d'Israël). En 2004, un enfant sur 4 qui nait en Israël est musulman et cette population est très jeune (42 % ont moins de 15 ans, à comparer au chiffre de 26 % dans la population juive). L'âge moyen des musulmans israéliens est 18 ans, contre 30 ans pour les juifs israéliens. 3 % des musulmans ont plus de 65 ans, contre 12 % pour les juifs israéliens.

Les projections estiment que la population musulmane représentera plus de 2 millions de citoyens israéliens, soit 24-26 % dans les 15 prochaines années. Elle représentera alors 85 % des Arabes israéliens vers 2020, soit 3 points de plus qu'en 2005[7].

Cependant, depuis 2000, la démographie musulmane israélienne connaît un net fléchissement. L'indice de fécondité, stable à 4,7 pendant toutes les années 1990, est tombé à 4,3 en 2004, 4 en 2005[8] puis 3,3 en 2014. Le même phénomène a touché Druzes et Arabes chrétiens dans les années 1990 et leur indice de fécondité est maintenant inférieur à celui des Juifs. Cela devrait conduire à réviser les projections démographiques. Le changement est essentiellement la conséquence du plus haut niveau d'éducation des jeunes femmes musulmanes, qui sont aussi de plus en plus nombreuses à travailler.

La croissance démographique de cette population musulmane n'est pas sans poser des débats dans la vie politique israélienne. Dr Wahid Abd Al-Magid, éditeur de Al-Ahram's Arab Strategic Report estime que « …Les Arabes de 1948 (i.e. les Arabes israéliens) pourrait devenir majoritaires en Israël vers 2035 et le seront certainement en 2048 ». Ce type d'analyse et de projection a amené certains politiciens israéliens[Qui ?] à proposer un échange de territoires avec la Cisjordanie [Quand ?] pour garantir que la majorité de la population reste juive en Israël[réf. nécessaire]. L'un de ces plans propose d'associer les populations arabes du Wadi-Ara (à l'ouest de la ligne verte) à un futur État arabe palestinien, en échange des principaux blocs d'implantation juive de Cisjordanie[9],,[10]. Toutefois, certains critiquent ces propositions jugées insuffisantes car elles ne feraient diminuer que de 2 % environ le pourcentage d'Arabes israéliens dans la population totale[réf. nécessaire]. En réalité, aucune étude permet d'affirmer que les arabes israéliens seront majoritaire en 2048. Déjà Youssef Courbage parlait de « L’étonnant renversement des démographies israélienne et palestinienne 1948-2008 ».

Bédouins[modifier | modifier le code]

Le terme de « Bédouins » ou « Badaoui » en arabe désigne un ensemble de groupes ethniques, originellement nomades, vivant dans les zones désertiques du Sahara de l'Ouest au Moyen-Orient. Certains (les fellahin) se sont sédentarisés et travaillent la terre. La plus grande localité de Bédouins en Israël est la ville de Rahat. Le gouvernement israélien encourage les Bédouins à se sédentariser dans certaines villes en particulier, mais beaucoup vivent dans des villages non reconnus, malgré les vœux des autorités officielles et la moindre disponibilité de services sociaux[11].

Les Bédouins sont admis dans l'armée israélienne sur le principe du volontariat, mais seulement 4 % de ces citoyens se portent volontaires.

Arabes chrétiens[modifier | modifier le code]

Les Arabes chrétiens de nationalité israélienne sont environ 9 % de la population arabe israélienne et résident en grande partie dans le nord du pays, Nazareth étant la plus grande ville arabe chrétienne en Israël. Ils sont majoritairement de rite melkite (églises byzantines grecque-orthodoxe et grecque-catholique) avec une minorité qui est de rite latin (église romaine). Les chrétiens sont actifs dans la vie économique israélienne mais également dans la vie politique et civile. Un juge de la Cour suprême d'Israël est chrétien.

Druzes[modifier | modifier le code]

Les Druzes sont un groupe religieux présent principalement en Israël, en Syrie et au Liban. Les Druzes israéliens vivent essentiellement dans le nord du pays, notamment à Daliyat Al-Karmel près de Haifa. Des villes druzes existent également dans les hauteurs du Golan, territoire revendiqué par la Syrie.

La majorité des Druzes se définissent comme israéliens et doivent faire leur service militaire, à la demande de leurs dirigeants communautaires. Les Druzes israéliens, contrairement à leurs coreligionnaires syriens, refusent d'être qualifiés de musulmans. Certains d'entre eux refusent même d'être identifiés à des Arabes, revendiquant qu'ils ne partagent avec eux que la langue arabe. Toutefois, des personnalités druzes comme Salman Natur et Jamal Mu'addi se définissent comme des Arabes palestiniens.

Répartition géographique[modifier | modifier le code]

71 % de la population arabe vit dans 116 localités d'Israël, généralement à grande majorité arabe. Seules neuf de ces localités ont le statut de villes. 40 % des musulmans israéliens (soit 400 000 personnes) vivent dans des communautés du nord du pays, à forte majorité arabe. 24 % des Arabes vivent dans des villes à majorité juive, essentiellement Jérusalem, Haifa, Tel Aviv-Jaffa, Acre, Lod, Ramla, Ma'alot-Tarshiha, et Nazareth Illit. 4 % des Arabes vivent dans des communautés de Bédouins du Néguev et 1 % vivent dans des zones qui sont habitées quasi-intégralement par des Juifs.

Vie économique[modifier | modifier le code]

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Le pourcentage des personnes actives parmi les Arabes israéliens est évalué à 39 %, contre 57 % pour le reste de la population. Il présente des disparités entre la participation des actifs hommes (60 % mais caractérisé par une entrée jeune dans le monde du travail et peu d'emploi après 45 ans) et des actives femmes qui sont beaucoup moins présentes sur le marché du travail (17 % contre 55 % pour les Juives israéliennes). Les disparités selon les groupes ethniques, les sexes et les tranches d'âge, s'expliquent par des préférences personnelles, des pressions sociales, un manque d'opportunités et des différences d'éducation (surtout pour les plus âgés). Les Arabes ont été plus durement frappés par la récente récession vécue par le pays. En 1989, 68 % des hommes arabes étaient actifs (contre 62 % pour les hommes juifs) alors que le taux d'actifs est maintenant de 60 % pour les deux communautés. Les principaux secteurs d'activité des Arabes sont le bâtiment pour les hommes (25 %) et l'éducation pour les femmes (38 %).

Les Arabes gagnent en moyenne 69 % de ce que gagnent les Juifs israéliens. Le revenu horaire moyen des Arabes israéliens étaient de 29,5 shekels en 2003. Le revenu horaire moyen des femmes (30,3 shekels) était supérieur à celui des hommes (29,3 shekels), ce qui est particulièrement remarquable mais s'explique par le fait que les femmes sont principalement présentes dans des fonctions publiques comme l'éducation.

Les revenus des Arabes israéliens sont répartis en moyenne entre leurs salaires (76 % contre 77 % pour les Juifs) et des allocations (20 % contre 11 % pour les Juifs). Leurs dépenses principales sont alimentaires (le logement est la principale dépense des foyers juifs). Ces différences s'expliquent par des revenus plus faibles et par le fait que les Arabes soient plus souvent propriétaires de leurs logements (à 87 % contre 68 % chez les Juifs).

La principale donnée sur le développement économique des Arabes israéliens depuis 1949 est sa transformation d'une population agricole en une population plus ouvrière dans l'industrie. Plusieurs étapes ont marqué l'évolution économique de ces populations. Jusqu'en 1967, les Arabes sont prolétarisés. À partir de 1967, le développement économique est encouragé et une bourgeoisie arabe apparaît. Depuis les années 1980, les communautés arabes ont développé plus particulièrement leur potentiel industriel.

Santé[modifier | modifier le code]

Des améliorations des conditions de vie, de l'éducation et des soins ont permis de diminuer le taux de mortalité infantile des Arabes israéliens qui est passé de 32 pour mille naissances en 1970 à 8,6 pour mille en 2000. Parmi les Arabes, les populations musulmanes ont le taux de mortalité infantile le plus élevé, 9,1 pour 1 000 contre 46,1 pour mille en 1961[12]. Chez les chrétiens, le taux est passé de 42,1 en 1961 à 6,7 en 1996. Chez les Druzes, il est passé de 50,4 à 8,9 décès pour mille naissances.

L'espérance de vie de ces populations a progressé de 27 ans depuis 1948. Les causes principales de décès sont les maladies cardiaques et le cancer. Près de la moitié des hommes arabes fument, et environ 14 % ont été diagnostiqués avec du diabète en 2000[12].

Dans le budget 2002, le ministre israélien de la santé a alloué 1,6 millions de shekels aux communautés arabes, parmi les 277 millions du budget alloué au développement des services de santé[13].

Éducation[modifier | modifier le code]

Le nombre d'années de scolarisation des enfants arabes israéliens a augmenté entre 1961 et 1996, passant de 1,2 à 10,4 années. Le niveau d'éducation des Arabes israéliens est relativement plus faible que celui des Juifs israéliens, ce qui a un impact sur les niveaux de salaires.

Human Rights Watch pointait, dans un rapport datant de 2001[14], les inégalités entre les écoles publiques arabes et juives et l'investissement gouvernemental plus faible dans l'éducation des enfants arabes. Les classes étaient en moyenne, toujours d'après ce rapport, 20 % plus chargées chez les Arabes[15],[16].

Statut légal et politique[modifier | modifier le code]

Les Arabes israéliens sont des citoyens à part entière de l'État d'Israël, avec une protection égale devant la loi et les mêmes droits que leurs concitoyens. L'arabe est une des langues officielles de l'État.

Intégration[modifier | modifier le code]

Des réussites personnelles sont des signes ponctuels d'intégration des Arabes israéliens :

  • Neuf Arabes israéliens ont été élus au parlement, dans la 17e Knesset (sur 120 parlementaires). Lors des élections de la 20è Knesset de 2015, le nombre des députés arabes est passé à 14, la grande majorité réunis sous la "Liste Unie" composée des partis arabes, nationaliste et islamiste et du parti communiste (qui est un parti judéo-arabe).
  • Le , Abdel Rahman Zuabi (en) fut le premier arabe siégeant à la Cour Suprême. Il fut également nommé vice-Président de la cour du district de Nazareth. Lors de sa nomination, le ministre de la Justice Tzahi Hanegbi déclara que la nomination de Zuabi était un signe d'intégration réussie de la communauté arabe dans la vie du pays.
  • Un juge arabe, Salim Jubran (en), siège de façon permanente à la Cour Suprême d'Israël depuis . Il est originaire de Haïfa et né dans une famille chrétienne avec des racines maronites libanaises. Il est reconnu pour son expertise sur le droit criminel et connu pour sa sévérité face aux crimes sexuels ou liés à la drogue.
  • Le gouvernement de Ariel Sharon comptait, en 2001, un ministre arabe, Salah Tarif et Oscar Abou Razaq fut nommé Directeur Général du ministère de l'intérieur en .
  • D'autres personnalités ont accédé à la célébrité en Israël, comme le romancier Emile Habibi, le journaliste et écrivain Sayed Kashua, les réalisateurs Elia Suleiman et Hany Abu-Assad, les actrices Hiam Abbass et Clara Khoury, l'actrice et chanteuse Mira Awad, les acteurs Makram Khoury (père de Clara), Mohammed Bakri et son fils Saleh Bakri, Ali Suliman, Yousef Sweid, Shredy Jabarin et Mahmoud Shalaby, le prêtre et directeur de collège Emile Shoufani et quelques joueurs de football.
  • En 1999, une femme arabe est devenue Miss Israël pour la première fois de l'histoire du pays. Elle se déclara totalement israélienne. Cette élection de Rana Raslan, originaire de Haïfa, fit les titres des journaux en Israël et dans le monde.
  • Depuis , une arabe musulmane de 20 ans a gagné un show de la télé réalité israélienne[17],[18].
  • En , Azmi Nassar, arabe israélien, est devenu l'entraîneur la sélection de football association palestinienne pour 2 ans[19].
  • Fin , le député druze Majalli Wahaba, adjoint de la présidente par intérim Dalia Itzik et vice-président de la Knesset, a hérité du poste pendant une semaine, en raison d'un voyage de la présidente aux États-Unis. Il fut le premier membre de la minorité arabe d'Israël à occuper cette fonction[20].

D'autres positions anti-israéliennes se font également entendre :

  • En , un parlementaire arabe à la Knesset, Azmi Bishara, qui depuis a pris la fuite après avoir été accusé de trahison pour collaboration avec le Hezbollah, déclara à une assemblée au Liban que les Arabes israéliens étaient « comme tous les Arabes, mais avec une nationalité israélienne qui leur a été imposée… Rendez-nous la Palestine et emportez la démocratie avec vous. Elle ne nous intéresse pas[21], ynetnews.com, 18 décembre 2005. » Bishara a été critique par rapport à la démocratie israélienne qui, selon lui, n'est pas faite pour tous les citoyens mais pour certains groupes privilégiés.
  • En , un autre parlementaire arabe à la Knesset, Ibrahim Sarsur, a appelé à l'établissement d'un califat islamique sur ce qu'il appela « une terre arabe et musulmane » et a rejeté l'« israélisation » des Arabes d'Israël[22].
  • Le , les services du renseignement intérieur israélien ont démantelé une cellule de l'organisation État islamique sur le territoire israélien. Il s'agit de sept Arabes israéliens, dont un avocat originaire de Nazareth. Ils ont été arrêtés en novembre et en décembre 2014. Ils ont reconnu avoir réuni des armes et des fonds pour mener des attentats en Israel[23].

Par ailleurs, des témoignages existent sur la difficulté d'intégration des Arabes israéliens et si devant la loi tous les citoyens israéliens sont égaux dans les faits des discriminations existent notamment dans la possibilité de vivre dans une communauté juive.[réf. nécessaire]

Service militaire[modifier | modifier le code]

Selon la loi israélienne tous les citoyens israéliens sont soumis à la conscription. Cependant une politique de longue date exempte les Arabes israéliens de faire leur service militaire, toutefois les membres de certaines tribus bédouines servent dans Tsahal[24] ainsi que des citoyens arabes musulmans et chrétiens sur la base d'un engagement volontaire[25]. Alternativement, les jeunes Arabes israéliens ont la possibilité de faire un service civil ce qui leur accorde des avantages similaires à ceux dont bénéficient les soldats démobilisés[26].

Article détaillé : Armée de défense d'Israël.

Organisation politique[modifier | modifier le code]

Trois partis totalement ou majoritairement arabes occupent 11 des 120 sièges de la 18e Knesset, élue en 2009 :

Ghaleb Majadleh, membre du Parti travailliste et ministre de la Science et de la Culture et du Sport de 2007 à 2009, a repris en 2010 le siège laissé vacant par la démission de Yuli Tamir.

Shachiv Shnaan, un Druze, ancien membre du Parti travailliste et membre du Parti Indépendance créé en 2011 par Ehud Barak, a repris en 2012 le poste laissé vacant par la nomination de Matan Vilnai comme ambassadeur en Chine.

Cinq autres députés, majoritairement druzes, occupent des sièges dans les partis du centre-droit ou de droite, voire d’extrême droite[27] :

Il y a eu des députés arabes dans toute l’histoire de la Knesset. Parml eux, l’écrivain Emile Habibi, Tawfik Toubi (élu pendant plus de 41 ans entre la 1re et la 12e Knesset) et Taoufik Ziyad[27].

  • Mouvement islamique israélien, est un mouvement qui vise à promouvoir l'islam parmi les Arabes israéliens. Il opère dans les domaines de l'éducation religieuse islamique, l'aide sociale aux arabes israéliens et l'action politique nationaliste pro-Hamas et antisioniste appelant à la disparition de l’État d’Israël pour sa branche dite « du nord », dirigée par Raed Salah (en), maire de la ville arabe israélienne d'Umm al-Fahm qui a purgé une peine de deux ans prison de 2003 à 2005 pour récolte de fonds au profit du Hamas et intelligence avec un agent des services de renseignements étrangers. En février 2007 il fut condamné pour incitation à l’antisémitisme pour profération d'accusation de meurtre rituel contre les Juifs lors d'un sermon dans un quartier arabe de Jérusalem-Est[28],[29].

En 2015, la Liste arabe unifiée est créée en vue des élections législatives qui ont lieu la même année.

Discrimination[modifier | modifier le code]

Loi de la citoyenneté[modifier | modifier le code]

Comme il est expliqué dans le documentaire Love during wartime, le conjoint palestinien d'un citoyen israélien n'a pas le droit de vivre en Israël, officiellement pour des questions de sécurité mais aussi par crainte d'un afflux de Palestiniens en Israël.

En janvier 2012, la loi sur la citoyenneté et l’entrée en Israël a été confirmée par la Cour Suprême d'Israël, elle interdit aux Palestiniens mariés à des Israéliens d’obtenir la nationalité israélienne, et aurait empêché des milliers de couple mariés de vivre ensemble[32].

Adoptée en 2003 pendant la seconde Intifada, elle pointait un objectif de sécurité, mais aussi la volonté de garder le caractère majoritairement juif d’Israël. Amendée en 2005, elle permet aux femmes de plus de 25 ans et aux hommes de plus de 35 ans de demander des permis de séjour temporaires, mais non d’acquérir la nationalité, à de très rares exceptions près. En 2007, elle est étendue pour s’appliquer aux conjoints originaires d’Iran, d’Irak, de Syrie et du Liban[32].

Implications dans le conflit israélo-palestinien[modifier | modifier le code]

En , au début de la seconde Intifada, 12 Arabes israéliens sont tués par des policiers israéliens lors de la répression de divers manifestations.

Le , le procureur général de l'État d'Israël annonce l'abandon définitif des poursuites à l'encontre des policiers qui avaient tué les manifestants arabes en 2000[33]. Ahmed Tibi, un député arabe israélien, déclare par la suite à la radio militaire : « Il est inadmissible que des policiers assassins tirent en toute impunité sur des citoyens sans qu'ils soient poursuivis. C'est une preuve supplémentaire de la discrimination que subit la population arabe ».

Dans son rapport rendu public en , après deux ans et demi de travaux, la commission, présidée par le juge Théodore Orr, avait infligé un blâme sévère à la police israélienne, sans réclamer des poursuites judiciaires spécifiques[33]. Elle avait lié les violences d' en solidarité avec les Palestiniens à « l'incapacité des différents gouvernements israéliens à traiter de façon équitable la minorité arabe ».

Début , au cœur de l'opération Pluie d'été dans la Bande de Gaza, le député arabe israélien Wasil Taha (Balad) conseille aux Palestiniens sur le site Islamoline de kidnapper un soldat et de cesser les attaques contre les civils.

Il confirme cette affirmation à la presse israélienne et provoque des réprobations des autres députés de la Knesset. Le député Yoel Hasson dépose même une plainte contre Taha. D'autres proposent de retirer sa nationalité israélienne au député arabe voire de l'échanger contre Gilad Shalit.

Depuis la guerre de Gaza de 2008-2009 (opération Plomb durci), un fossé s’est creusé entre la population juive, majoritairement favorable à l’intervention, et la population arabe, qui avait souvent de la famille dans la bande de Gaza et a condamné son bilan humain[34].

Associations et sites web dédiés aux Arabes israéliens[modifier | modifier le code]

  • Adalah (de l’arabe عدالة (ʕadāla(t)) : « justice » ; en hébreu, עדאלה (ʕadālah)), est une association à but non lucratif basée à Haïfa, qui se définit comme « centre juridique des droits de la minorité arabe en Israël »[35].
  • Mossawa (de l’arabe مساواة (musāwā(t)) : « égalité » ; titre complet : Mossawa, The Advocacy Center for Arab Citizens of Israel), est une autre association à but juridique basée à Haïfa[36].
  • Le magazine en ligne Qadita.net, fondé par Ala Hlehel, est consacré à la littérature arabe et réserve une rubrique aux auteurs homosexuels, une exception dans le monde arabe[37],[38].
  • The Galilee Society (titre complet : The Galilee Society: The Arab National Society for Health Research and Services) est une association basée à Shefa Amr qui, au-delà de sa vocation première sur les questions de santé, se consacre à des questions environnementales et sociales[39].

Le collectif Ittijah (en) (de l’arabe إتجاه (‘ittijāh) : « direction, orientation » ; en anglais, Union of Arab Community-Based Associations), créé en 1995 à Haïfa, est un réseau d’associations de défense des droits des Arabes israéliens[40]. Il semble ne plus être actif en septembre 2012.

Culture[modifier | modifier le code]

Théâtre[modifier | modifier le code]

Musique[modifier | modifier le code]

Cinéma[modifier | modifier le code]

Depuis les années 2000, un nombre croissant de réalisateurs et d’acteurs arabes israéliens sont sortis des formations universitaires artistiques ou d’écoles des arts de la scène telles que Beit Zvi près de Tel Aviv.

Tawfik Abu Wael et Sameh Zoabi (installé aux États-Unis) font partie de la jeune génération des réalisateurs arabes israéliens. Leur aînée, l’actrice Hiam Abbass, installée en France de longue date, a tourné dans sa Galilée natale son premier long métrage, Héritage (Inheritance), sorti le .

Parmi les actrices, on trouve, outre Hiam Abbass, Raida Adon (également artiste plasticienne, de père juif et de mère musulmane[44]), Mira Awad (également chanteuse et compositrice), Ruba Blal, Khawlah Hag-Debsy, Clara Khoury, Salwa Nakkara, Ula Tabari (également réalisatrice, installée en France) et Lana Zreik.

Parmi les acteurs figurent Gassan Abbas, Yussuf Abu-Warda, Johnny Arbid, Mohammed Bakri et ses fils Saleh Bakri et Ziad Bakri, Ashraf Barhom, Salim Daw, Suhel Haddad, Amer Hlehel, Norman Issa, Imad Jabarin, Shredy Jabarin, Jamil Khoury et son père Makram Khoury, Tarik Kopty, Doraid Liddawi, Hussein Yassin Mahajne, Juliano Mer-Khamis (de mère juive, assassiné en 2011 à Jénine), Ayman Nahas, Kais Nashef, Khalifa Natour, Loai Nofi, Mahmoud Shalaby (également musicien), Razi Shawahdeh (installé au Canada), Ali Suliman, Yousef Sweid et Akram Tillawi (installé en Italie). Plusieurs d’entre eux sont également réalisateurs ou metteurs en scène.

Littérature[modifier | modifier le code]

Parmi les auteurs contemporains figurent Ala Hlehel et Sayed Kashua.

Ala Hlehel, écrivain, journaliste et scénariste, est aussi le fondateur du magazine en ligne littéraire Qadita.net cité plus haut.

Sayed Kashua écrit des éditoriaux satiriques en hébreu pour le journal Haaretz. Dans un style humoristique et ironique, il traite des problèmes que rencontrent les Arabes d’Israël, pris entre deux mondes. Il a créé la série télévisée Arab Labor, qui traite du même sujet, interprété entre autres par Norman Issa, Clara Khoury, Salim Daw, Salwa Nakkara et Mira Awad. En 2014, pendant l'opération Bordure protectrice dans la bande de Gaza, il annonce son départ pour les États-Unis[45].

Mariages mixtes[modifier | modifier le code]

Les mariages entre juifs et Arabes en Israël sont un sujet peu documenté, tabou au regard des traditions religieuses et communautaires et peu favorisé par les tensions entre les deux communautés et l’éternisation du conflit israélo-palestinien. Pourtant, ils existent. Le mariage civil n’existant pas en Israël doit être effectué à l’étranger (en général, Chypre) avant d’être validé en Israël.

Juliano Mer-Khamis (1958-2011), acteur, réalisateur, directeur de théâtre et militant politique, est l’un des enfants de mariages mixtes les plus connus ; sa mère Arna Mer-Khamis, était juive, son père, Saliba Khamis, Arabe chrétien. Engagé en faveur des réfugiés palestiniens via son Théâtre de la Liberté à Jénine, il est cependant assassiné dans cette ville par un Palestinien radical. L’actrice et plasticienne Raida Adon est de père juif et de mère musulmane[44].

C’est parmi les artistes qu’on trouve le plus de couples mixtes connus, tels l’acteur Yousef Sweid et la dramaturge Yaeli Ronen (divorcés en 2015), l'acteur Norman Issa et la dramaturge Gidona Raz, ou encore le dramaturge Amir Nizar Zuabi et l’actrice Sivan Sasson. On connaît aussi le couple formé par Evi Guggenheim Shbeta et Eyas Shbeta, qui habitent le village mixte de Neve Shalom - Wahat as Salam avec leurs filles.

Dans son documentaire Would you have sex with an Arab? sorti en 2012, outre Juliano Mer-Khamis auquel le film est dédié, Yolande Zauberman interviewe un jeune homme issu d’une famille mixte remontant aux grands-parents, qui espéraient déjà la conclusion du processus de paix.

Le cinéaste palestinien Michel Khleifi, né à Nazareth, a réalisé en 1996 un documentaire sur le sujet, Mariages mixtes en Terre sainte[46].

Sur un sujet proche, un documentaire suédois de Gabriella Bier, Love during wartime, explique le difficile combat contre la bureaucratie et les préjugés d’un couple marié, une danseuse juive et un sculpteur musulman de Cisjordanie ayant travaillé à Tel Aviv et parlant couramment hébreu, qui ont dû s’exiler en Allemagne puis en Autriche pour mener une vie normale[47].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Rosenthal, Donna. The Israelis. Free Press, 2003 (ISBN 0743270355)
  • White, Ben, Être palestinien en Israël[48], La Guillotine, 2015 (ISBN 9782954380612)

Sources[modifier | modifier le code]

  • Féron, Valerie, Palestine(s) : Les déchirures, Paris, Éditions du Felin, 2001 (ISBN 2866453913)
  • Kodmani-Darwish, Bassma, La Diaspora Palestinienne, Paris : Presses Universitaires de France, 1997 (ISBN 2130484867)
  • Schenk, Bernadette Druze Identity in the Middle East, in Salibi, Kamal, ed, The Druze: Realities and Perceptions, London, Druze Heritage Foundation, 2005
  • Orgad, Liav(PhD), IDC, Hertzlia, Internationalizing the issue of Israeli Arabs, Maariv, 19 mars 2006, page 7.
  • Dembik, Christopher et Marteu, Elisabeth, Sciences-Po Paris, La communauté arabe d'Israël, entre intégration et reconnaissance, Revue Averroès, Printemps 2009

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

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  2. a et b http://www.cbs.gov.il/publications16/yarhon0216/pdf/b1.pdf
  3. (en) Lecture delivered by Professor (Emeritus) Shimon Shamir, September 19, 2005 at Tel Aviv University
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  5. Au 31 décembre.
  6. H. Adan, V. Ashkenazi, B. Alperson, To Be Citizens in Israel - A Jewish and Democratic State - Civics Textbook for Upper Grades in General and Religious Schools, 2000
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  16. (en)« Rapport 2001 de Human Right Watch sur l’éducation des Arabes israéliens » (consulté le 18 septembre 2012)
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  19. (en) EURO 2008 News: Israeli Nassar appointed Palestine national coach
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  48. (fr) « Être Palestinien en Israël », sur La Guillotine (consulté le 29 janvier 2016)