Ahmed Yassine

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Ahmed Yassine
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Informations générales
Naissance
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Al-Jura (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 66 ans)
GazaVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Formation
Activité
Parti politique
Titre

Ahmed Yassine, né le 28 juin 1937 et mort le 22 mars 2004 à Gaza[1],[2], était un imam et un résistant palestinien. Il fut le fondateur et dirigeant spirituel du Hamas.

À la suite de la destruction de son village natal par les bombardements israéliens durant la guerre suivant la création de l'État d'Israel il fut obligé de se déplacer lui et sa famille dans un camp de réfugiés où il grandit.

Presque aveugle, il était tétraplégique et se déplaçait en fauteuil roulant depuis un accident de sport survenu à l'âge de 12 ans[3]. Leader emblématique des mouvements de résistance en Palestine, son influence et sa popularité furent croissantes à partir des années 1980, et Yassine devint une personnalité aussi importante que Yasser Arafat parmi les personnalités palestiniennes de son temps.

Adversaire des accords d'Oslo et de toute solution négociée avec les israéliens, Yassine refusait fermement de reconnaitre l'État israélien et il fut pendant longtemps aux commandes directes de plusieurs opérations militaires et d'attentats contre Israel.

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Son année de naissance n'est pas connue précisément, mais lui-même indiquait 1936. Yassine est né dans le village d'Al-Goura près de la ville d'Ashkelon, mais il a grandi dans un camp de réfugiés de la bande de Gaza après la destruction de son village par les Israéliens durant la guerre israélo-arabe de 1948[réf. nécessaire] qui suivit immédiatement la création de l'État d'Israël.

Yassine étudie à l'université al-Azhar au Caire, en Égypte, après avoir suivi un collège d'enseignement général, malgré sa paralysie consécutive à un accident survenu à l'âge de 12 ans. Cette université étant une université centrale dans le domaine des sciences islamiques au sein du monde arabe, Yassine rejoint pendant ses études le mouvement des Frères musulmans.

Militantisme[modifier | modifier le code]

En 1987, Yassine va créer et enregistrer en Palestine le mouvement Al-Moujamma al-Islami auprès des autorités israéliennes, ayant alors pris la maîtrise d'une grande partie du territoire, ce qui servira de base institutionnelle au Hamas.

Yassine fonde le Hamas au début de la première Intifada en 1987, l'appelant à l'origine « l'aile palestinienne des frères musulmans ».

Yassine déclare alors régulièrement que « la terre de Palestine est consacrée pour les générations musulmanes futures jusqu'au jour du Jugement » et que « ce chemin de paix prétendu n'est pas la paix et il ne remplace pas le jihad et la résistance ».

En 1997, Yassine est libéré pour être échangé contre deux membres du Mossad emprisonnés en Jordanie à la suite de l'échec à Amman d'une tentative d'assassinat de Khaled Mechaal, autre dirigeant du Hamas. Yassine retourne à Gaza après plusieurs années d'incarcération.

Pendant les différentes étapes du « processus de paix » entre Israël et l'Autorité palestinienne, Yassine est à plusieurs reprises assigné à résidence par celle-ci. Mais, à chaque fois, il est finalement libéré, souvent à la suite d'importantes manifestations de ses partisans.

Mort[modifier | modifier le code]

Le , des sources israéliennes annoncent qu'Ahmed Yassine « n'est pas protégé » contre un éventuel assassinat ciblé de l'armée israélienne. Trois mois plus tard, le , des F-16 de l'armée de l'air israélienne lancent une bombe de 250 kg sur une habitation de la ville de Gaza. Ahmed Yassine, qui se trouvait à l'intérieur du bâtiment, est légèrement blessé par cette attaque. Les fonctionnaires israéliens confirmeront plus tard que Ahmed Yassine était la cible de l'attaque. L'échec de l'opération est dû à un désaccord entre le Shin Bet qui souhaitait utiliser une bombe d'une tonne et l'armée de l'air qui souhaitait annuler l'opération de peur de dommages collatéraux. Une solution de compromis fut finalement retenue par Ariel Sharon qui se révéla inefficace[4]. Ahmed Yassine fut soigné à l'hôpital Shifa, à Gaza.

Après cette attaque, Ahmed Yassine déclare aux journalistes : « Le temps prouvera que la politique d'assassinat ne détruira pas le Hamas. Les dirigeants du Hamas veulent être des martyrs et n'ont pas peur de la mort. Le Jihad continuera et la résistance continuera jusqu'à ce que nous ayons la victoire, ou nous serons des martyrs. » Plus tard, Ahmed Yassine déclare encore que le Hamas donnera « une leçon inoubliable à Israël », en représailles à cette attaque.

Finalement, Ahmed Yassine est tué[1] dans une autre attaque israélienne, le , alors qu'il quitte une mosquée pour la première session de prière du matin. Il est frappé par des missiles tirés depuis des hélicoptères de combat, et il est tué sur le coup ; neufs spectateurs ainsi que ses deux gardes du corps y perdent la vie. Deux de ses fils sont blessés. L'attaque suivait la déclaration de Yassine selon laquelle « la réponse d'Israël à l'attentat-suicide d'Ashdod était faible et qu'ainsi le Hamas gagnera en force ».

L'attaque fut considérée comme une vengeance israélienne contre les attaques-suicides commanditées par le Hamas. Ismail Haniyeh, alors porte-parole du Hamas, fit la déclaration suivante : « C'est la fin dont le cheikh Ahmed Yassine avait rêvé. » La direction du Hamas déclara qu'Ariel Sharon avait « ouvert les portes de l'enfer »[5].

La plupart des pays, à l'exception des États-Unis, ont fermement condamné l'assassinat d'Ahmed Yassine, critiquant son caractère extra-judiciaire[6].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]