Camion-restaurant

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 Ne doit pas être confondu avec Friterie ou Restauration rapide.
Un camion bar situé près d'un lycée à la Réunion.

Un camion-restaurant est un véhicule équipé d'installation pour la cuisson et/ou la préparation et la vente d'aliments et de boissons.

De manière générale, il existe de nombreux dispositifs de restaurations mobiles, proposant une large gamme de produits, sandwichs, glaces, beignets, et dénommés de façon diverses (camion snacks, camions sandwichs, camion-pizza, camion friterie, camion-glacier, etc.).

Synonymie[modifier | modifier le code]

Un camion-restaurant peut prendre diverse appellation en fonction du lieu de son usage.

Les termes suivants ont cours :

  • camion-cantine,
  • food truck,
  • camion gourmand[1],[2],[3] qui est utilisé au Québec,
  • restaurant ambulant[4],
  • camion restaurant[5],
  • camion bar qui est utilisé principalement à la Réunion.

Histoire[modifier | modifier le code]

Les débuts de la restauration mobile[modifier | modifier le code]

Le concept a été mis au point par Charles Goodnight sous le nom du chuckwagon durant la Guerre de Sécession[6]. Ce type de wagon est historiquement utilisé pour le transport du bétail et du matériel de cuisine du Texas vers le nord des États-Unis afin de restaurer les migrants. Les premiers food trucks apparaissent par la suite à la fin du XIXe siècle sous le nom de « lunch wagons ». Elles rencontrent un franc succès auprès des travailleurs de nuit des grandes cités et s’amplifient à partir du siècle suivant[7]

Le restaurant mobile en France[modifier | modifier le code]

En Provence, la ville de Marseille voit apparaître dans les années 1960 des camions-pizzas, équipés pour à la fois produire et servir cette spécialité importée par la communauté italienne locale[8].

Dans le nord de la France et en Belgique, des camions-friterie servent des frites[9] et des sandwiches et spécialités locales comme la fricadelle.

Enfin, il existe en Bretagne, une importante tradition de restauration mobile proposant des galettes-saucisses ou des crêpes et proposés souvent également en camion restaurant[10]

Les food truck[modifier | modifier le code]

Le food truck « Claire et Hugo » près de la Gare de Troyes

Une nouvelle génération de camion-restaurant, surnommé food truck d'après les médias, apparaît durant les années 2010.

Nicolas Nouchi, directeur du CHD Expert, définit le food truck en opposition aux autres types de camion restaurants existant en France, comme un restaurant qui « se prend comme dans les baraques à frites et les camions à pizzas, sauf qu'il s'agit de denrées plus haut de gamme. »[11]. Cette tendance à la qualité (comprenant des produits plus haut de gamme, d'origines « fermier », bio, ou préparés « à la main »[12]) est également revendiquée par Fabrice Willot (président de Belgian Food Truck Association) qui lors d'une interview accordée a Euromonitor définit le food truck comme étant « un véhicule proposant une gastronomie urbaine artisanale et qualitative à l'opposée des véhicules proposant une cuisine composée de produits industriels, ou semi-industriels »[13]. Cette génération de camions mobiles veule ainsi se reprocher davantage d'un restaurant ordinaire, et conquérir un groupe d'habitants issus des milieux urbaines et aisés souhaitant une alternative nutritionnelle plus saine comparé aux fast-foods et street food[14].

Néanmoins, ce terme est aujourd'hui est de plus en plus considéré au sens le plus large de sa définition. C'est-à-dire un concept de restauration mobile avec un véhicule et ce quel que soit le véhicule (food bikes, food carts, food trailers, triporteur, bus[15],[16]...)».

Selon Marc Mousli d'Alternatives économiques, l'investissement initial d'un food truck en 2013 coûte moins de 100 000 € pour un chiffre d’affaires mensuel qui peut monter jusqu'à 70 000 € pour les meilleurs emplacements et conditions météorologiques[4].

Position[modifier | modifier le code]

Un camion bar de la Réunion

Les camions bar sont généralement sur les routes ou stationnés. Plutôt que de se concentrer sur un type de produit spécifique comme une baraque à frites ou un camion pizza, ils proposent une plus grande diversité de produits.

Ces véhicules sont principalement stationnés ou établis à des endroits stratégiques où l'on trouve le plus de monde : en bord de mer, près des plages, près des établissements scolaires, etc. Le marché de ces camions bar, attirent différents publics : des locaux, des touristes, des vacanciers, des travailleurs ou des écoliers. Ce sont des lieux où les personnes, qui peuvent être d'âges et de sexes différents, se retrouvent pour manger.

Équipement[modifier | modifier le code]

Dans ces camions bar, on retrouve généralement des fours de cuisson pour les sandwiches, des friteuses, des appareils pour cuire les paninis, diverses boissons (locales ou autres) et différentes sauces pour assaisonner sa commande.

Perspectives[modifier | modifier le code]

Des camions bar évoluent pour devenir des pizzerias, des camions où l'on vend des pizzas tandis que d'autres se transforment en restaurants où l'on sert des barquettes à emporter.

Les villes agissent pour réglementer et au nom de l'esthétique interdire les camions bar, en vue de les remplacer par des locaux en béton ou en bois.

De manière générale, les emplacements réservé à ce type de restauration sont donnés sur autorisation municipales[17], leur installation pouvant générer parfois des conflits avec les restaurateurs sédentaires[18].

Camions restaurants reconnus[modifier | modifier le code]

"Le Bistrot qui roule"[modifier | modifier le code]

"Le Bistrot qui roule" est un foodtruck créé à Grenoble par 2 chefs cuisiniers et pâtissiers en 2014. www.lebistrotquiroule.fr. Depuis la création du projet ce concept de restauration rapide c'est spécialisé dans la restauration d'entreprise.

Le camion qui fume[modifier | modifier le code]

Le Camion qui fume est créé à Paris à l’initiative de l'américaine Kristin Frederick le 29 novembre. En 2012, le Camion qui fume a reçu la palme d’or du concept le plus innovant de l’année, décernée par le Leader’s Club de Lyon[19] , puis le prix d'honneur du Guide Fooding en 2013[20]. Il est suivi par Cantine California par Jordan Feilders[12].

Associations et syndicats[modifier | modifier le code]

Dès 1973, à Marseille, est créé le premier Syndicats de restaurateurs ambulants, aujourd'hui dénommé Fédération Nationale des Artisans Pizza en Camion Magasin, pour regrouper et défendre les intérêts des restaurateurs mobiles.

Plusieurs associations ont vu le jour dans les années 2010 :

  • Canada : L'association des restaurateurs de rues de Québec (2012) ;
  • Belgique : Belgian Food Truck Association (2013) ;
  • France : Street Food En Mouvement créé par Thierry Marx (2013) ;
  • Luxembourg : Luxembourg Food Truck Association (2014) ;
  • Europe : European Food Truck Association (2014).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Etats-Unis : Food Trucks, les camions gourmands », sur francetvinfo.fr (consulté le 11 août 2015)
  2. « Les camions gourmands qui font saliver : confidences d'un chef ambulant », sur 7sur7.be (consulté le 11 août 2015)
  3. « Les camions gourmands de Montréal », sur camionsgourmandsmontreal.blogspot.ca (consulté le 11 août 2015)
  4. a et b Marc Mousli, « Food trucks : la gastronomie rapide », sur Alternatives économiques,‎ (consulté le 5 décembre 2013).
  5. Sixtine Léon-Dufour,, « La gastronomie tombée du camion... », sur Le Figaro,‎ (consulté le 5 décembre 2013).
  6. (en) In the Driftway. (1928). [Article]. Nation, 126(3281), 589-590.
  7. Clio Weickert, « Street food : l'invasion des “foodtrucks” », sur Télérama,‎ (consulté le 5 décembre 2013).
  8. Les origines du metier, sur le site camionpizza.org, consulté le 17 décembre 2015.
  9. 27 friteries de type Friterie ambulante en France / Nord-Pas-de-Calais, sur le site les-friteries.com, consulté le 17 décembre 2015.
  10. Crêpes et galettes s'achètent dans sa camionnette - Fougères, sur le site ouest-france.fr du , consulté le 17 décembre 2015.
  11. Marc Mousli, « La « food truck », version branchée de la baraque à frites », sur Alternatives économiques,‎ (consulté le 5 décembre 2013)
  12. a et b Philippe Azoury et al., « Food culture, une nouvelle mythologie urbaine », Obsession, Le Nouvel Observateur, no 14,‎ , p. 72
  13. (en) « An Interview with Fabrice Willot, President of the Belgian Foodtruck Association », sur Euromonitor.com,‎
  14. Anne Laure-Pham, « Ça roule pour les food trucks! », sur L'Express,‎ (consulté le 5 décembre 2013).
  15. « Guide des food trucks à Paris : l'interminable liste des food trucks parisiens » (consulté le 17 juillet 2015)
  16. Axome, « Le nouveau Foodtruck Peugeot entièrement équipé Focal - Focal », sur www.focal.com (consulté le 17 juillet 2015)
  17. Réglementation du stationnement d'un camion de vente ambulante, sur le site senat.fr, consulté le 17 décembre 2015
  18. Les food truck freinés dans leur élan, sur le site wordpress.com du 17 octobre 2013, consulté le 17 décembre 2015
  19. Stéphanie Pioud, « Le Camion qui fume remporte la Palme d'or du Leaders Club », sur lhotellerie-restauration.fr,‎ (consulté le 5 décembre 2013).
  20. Boris Coridian, « Kristin Frederick, la camionneuse qui mitonne », sur Le site du quotidien Les Échos,‎ (consulté le 2 octobre 2014)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]