Refuge de montagne

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Payerhütte dans le massif de l'Ortler (Italie).
Le refuge du Goûter situé sur le versant français du mont Blanc, plus haut refuge gardé d'Europe de l'Ouest[1].

Un refuge de montagne (ou cabane) est un bâtiment situé en montagne et destiné à fournir abri et éventuellement nourriture aux alpinistes et randonneurs.

En raison de la forte activité des sports de montagne dans les Alpes et de la densité des sentiers, les refuges y sont nombreux, ce qui n'est pas forcément le cas dans d'autres chaînes de montagnes.

Historique et typologie[modifier | modifier le code]

L’histoire des refuges suit l’histoire de l’alpinisme et de la conquête progressive des sommets.

Au début, on utilise les cabanes de bergers et les abris sous roche naturels. Peu à peu on aménage ces abris en construisant des murs de pierres prises sur place. Henry Russell fait construire dans les Pyrénées l’abri au pied du Cylindre, un simple mur adossé à la paroi rocheuse (1877). Plus tard, ennemi déclaré de toute construction qui, selon lui, défigure la montagne, il opte pour les grottes creusées dans la roche : les sept grottes Russell, dans le massif du Vignemale, resteront des exemples sans suite.

Pour faciliter son ascension du Mont Blanc en 1787, de Saussure fait construire au préalable deux rudimentaires cabanes de pierre sur l'itinéraire prévu. La deuxième cabane, édifiée sur les Grands Mulets, peut être considérée comme le prototype de tous les refuges alpins de haute altitude. Il faut attendre toutefois jusqu'en 1853 pour que les guides de Chamonix décident de construite une hutte de pierre et de bois sur les Grands Mulets[2].

On construit alors, à l’instigation de Léonce Lourde-Rocheblave, des refuges dits « ogivaux » en raison de leur forme, élevés avec les matériaux pris sur place, massifs, avec peu d’ouvertures, destinés avant tout à isoler du froid sans autre souci de confort.

Après la Seconde Guerre mondiale et l’essor de la randonnée de haute montagne, on construit alors des refuges qui ressemblent plus à des maisons ou des chalets, munis de grandes baies pour profiter du paysage.

Dans les années 1970, la tendance est à plus de légèreté dans la construction, les toits ont plus de pente et on utilise plus de matériaux naturels comme le bois, ou technologiques comme les panneaux métalliques.

Aujourd’hui l’hélicoptère permet d’amener facilement toutes sortes de matériaux et le souci écologique prédomine, avec une autonomie et un confort accrus par l’emploi des matériaux isolants, des panneaux solaires, etc.

Services[modifier | modifier le code]

En France, il existe plusieurs types de gestionnaire pour les refuges de montagne : certains parcs nationaux et parcs naturels régionaux, le club alpin français (FFCAM), la Société des touristes du Dauphiné (STD), des communes françaises et enfin les privés, gardiens ou non. Le couchage est fourni le plus souvent dans des dortoirs communs.

Traditionnellement d'un confort rustique (couchage et sanitaires), les refuges tendent à se rapprocher des hôtels au gré de leur rénovation ou des nouvelles constructions, au grand dam d'un Carlo Alberto Pinelli qui trouve que les refuges perdent alors leur âme[2].

Tout pratiquant de la montagne peut accéder aux refuges, les membres des clubs alpins obtenant le plus souvent une réduction sur le prix de la nuitée dans les refuges FFCAM.

Gardien de refuge[modifier | modifier le code]

Les refuges sont gardés par des gardiens, le plus souvent gérant pour le compte du gestionnaire (établissement public, association, commune, privé) durant la haute saison.

Règles de vie[modifier | modifier le code]

La Moscow Villa Hut dans les Alpes australiennes.

En raison de l'exiguïté des lieux, la vie dans un refuge impose certaines règles :

  • respect des autres et des lieux ;
  • respect des horaires ;
  • calme et silence ;
  • rangement, hygiène et propreté.

En France, il est préférable de réserver pendant les périodes de gardiennage et de prévenir en cas d'annulation. Pour certains refuges très fréquentés, notamment aux alentours du mont Blanc (refuge du Couvercle, des Conscrits, d'Argentièreetc.) ou des Écrins et du Glacier Blanc, il est conseillé de réserver longtemps à l'avance. La réservation dans les refuges du Nid d'Aigle, de Tête-Rousse et du Goûter fait l'objet d'une procédure particulière depuis juin 2019 : elle s'effectue sur internet et, surtout, elle est obligatoire et nominative contre délivrance d'un récépissé individuel afin de limiter la fréquentation de ces refuges et du sommet du mont Blanc[3],[4].

France[modifier | modifier le code]

Le refuge Wallon, Cauterets, Hautes-Pyrénées, France.

En France, le premier refuge des Alpes a été celui des Grands Mulets (massif du Mont-Blanc), appartenant alors à la Compagnie des guides de Chamonix, construit en 1853[5]. Le premier refuge des Pyrénées a été le refuge de Tuquerouye, en 1890, dans le massif de Gavarnie.

À partir de sa création en 1874, le Club alpin français entreprit la construction de refuges. Il gère presque un tiers des refuges ouverts au public, soit 105, principalement dans les Alpes et les Pyrénées[6].

Le refuge de la Vanoise, reconstruit à quelque distance de l'ancien en 2003 et situé à 2 346 mètres d'altitude, accueille jusqu'à 3 000 personnes par an, pour une cinquantaine de couchages disponibles chaque nuit[6].

Le décret no 2007-407 du 23 mars 2007 relatif aux refuges et modifiant le code du tourisme (partie réglementaire) est venu préciser les caractéristiques d'un refuge[7].

Suisse[modifier | modifier le code]

Le Club alpin suisse et ses nombreuses sections exploitent 153 cabanes dans les Alpes suisses[8]. En Suisse le terme cabane désigne les abris gardiennés de grande ou moyenne capacité d'accueil (comme la cabane d'Orny), tandis que le terme refuge ou bivouac désigne les abris sommaires, sans gardien (comme le refuge des Bouquetins (de) ou le bivouac du Dolent-La Maye (de)).

Italie[modifier | modifier le code]

Le Club alpin italien et ses sections exploitent nombre de cabanes et refuges de montagne[9].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Communiqué de presse : Le nouveau refuge du Goûter ouvre le 28 juin 2013 », sur ffcam.fr, Club alpin français, (consulté le )
  2. a et b (en) Carlo Alberto Pinelli, From the conquest of the Night to the defeat of the Day, Mountain Wilderness International, 24 novembre 2013.
  3. « Réservation nominative obligatoire dans les refuges pour accéder au mont Blanc par le Goûter », www.francebleu.fr, 21 mars 2019
  4. « Nouvelles modalités de réservation dans les refuges de la voie normale du Mont Blanc par Saint-Gervais et l'aiguille du Goûter à partir de la saison 2019 », www.mairie-saintgervais.com, consulté le 22 avril 2019
  5. Exposition « Refuges alpins. De l’abri de fortune au tourisme d’altitude. », Musée dauphinois, Grenoble, 2020-2021.
  6. a et b Baptiste Legrand, « Montagne. Travailler près des étoiles », L'Obs, no 2853,‎ , p. 48 à 48 (ISSN 0029-4713).
  7. Décret no 2007-407 du 23 mars 2007
  8. Club alpin suisse: cabanes
  9. Club alpin italien: recherche des rifugi