Aliment industriel

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Un aliment industriel ou aliment transformé est un aliment conditionné et transformé par l'industrie agro-alimentaire à partir de produits agricoles comme les aliments simples (viande, légumes..) mais aussi d'additifs alimentaires.

Le terme d'aliment industriel fait référence au transformateur qui en est à l'origine : un industriel. Dans la famille des transformateurs d'aliments, on distingue :

  • Les agriculteurs producteurs fermiers : statut qui implique d'assurer une production agricole vivrière (c'est-à-dire un produit animal ou végétal alimentaire en maitrisant l'ensemble du cycle naturel de la plante ou de l'animal concerné) et d'en assurer également la transformation. Le statut de producteur fermier étant défini comme un agriculteur produisant à échelle humaine et transformant à la ferme et en personne sa production agricole par des moyens traditionnels.
  • Les artisans transformateurs : statut qui implique d'assurer une transformation d'aliments du commerce (produits agricoles et/ou aliments industriels). Ce sont des entreprises de moins de 10 salariés obligatoirement[1].
  • Les industriels : entreprises qui produisent des biens matériels par la transformation et la mise en œuvre de matières premières[2]

L'agroalimentaire est une expression caractérisant les produits agricoles conditionnés ou transformés par l'industrie[3]. Selon cette définition les légumes en boites, le pain, le fromage ou la charcuterie sont autant des aliments industriels que les pizza surgelées ou les soupes ; dès lors qu'ils sont produits dans une usine.

Histoire[modifier | modifier le code]

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Le développement des aliments industriels est étroitement corrélé avec celui des techniques de conservation et du système de distribution de produits alimentaires.

Ces produits se sont particulièrement développés depuis les années 1960-1970 avec la diffusion des réfrigérateurs et de l'industrie du surgelés (filière mise en place en France dans les années 1970), ainsi que de la grande distribution (1963 en France). Le four à micro-ondes a rendu leur utilisation encore plus pratique.

La consommation est également influencée par les évolutions sociologiques telle que le travail des femmes et la multiplication des ménages (au sens de la comptabilité nationale), notamment en milieu urbain (célibat tardif, divorces, etc.).

Économie[modifier | modifier le code]

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L'aliment industriel a provoqué des scandales tel que celui concernant la viande de cheval, ou l'introduction du lygomme ACH Optimum pour constituer la garniture des pizzas, lasagnes, cheeseburgers...

Produits[modifier | modifier le code]

La liste des produits alimentaires de l'INSEE comprend les "produits manufacturés" comestible par les humains, par les animaux ainsi que ceux utilisés comme produits de base dans la transformation dévolues à d'autres préparations alimentaires [4]. Cette liste fait apparaitre que parmi l'ensemble des aliments existant, presque tous, sinon tous, sont fabriqués par l'industrie.

Avantages et inconvénients[modifier | modifier le code]

Avantages[modifier | modifier le code]

  • L'alimentation industrielle a permis de baisser les prix de nombreux aliments désormais rendus accessibles au plus grand nombre, à la fois par l'optimisation des processus de transformation, de grandes capacités d'achat permettant de négocier les prix des produits agricoles, l'utilisation de produits qui n'auraient pas pu être vendus sous leur forme initiale (produits à maturité, sous-produits, dérivés, etc.).
  • L'alimentation industrielle a été un facteur de libération de la femme en réduisant le temps consacré à la préparation des repas.
  • L'alimentation industrielle a permis la diversification des pratiques alimentaires en faisant découvrir d'abord des plats utilisant des appellations culinaires régionales, puis, pour les consommateurs des pays développés occidentaux, des plats inspirés de cuisines étrangères (couscous, cuisine chinoise, cuisine indienne, etc.).
  • Ce segment de l'alimentation est également une grande source d'innovations primées chaque année, en France, par le Salon des industries alimentaires (Sial).
  • L'alimentation industrielle, à travers la standardisation de ses procédés, garantit un niveau de qualité des produits identique au fil de la transformation, ainsi que des conditions d'hygiène et de sécurité alimentaire contrôlées.
  • L'alimentation industrielle est de plus en plus attentive aux qualités nutritionnelles et d'hygiène de ses transformations. Des lignes allégées sont ainsi lancées.
  • L'alimentation industrielle offre une relative transparence sur la composition de ses transformations à travers l'étiquetage réglementaire (protides, lipides, glucides, fibres alimentaires, sodium, composition du produit, etc.).

Inconvénients[modifier | modifier le code]

Critiques sur l'industrie[modifier | modifier le code]

Les agriculteurs via les syndicats agricoles critiquent la puissance d'achat des industries agro-alimentaires.

Critiques sur les produits[modifier | modifier le code]

Ces critiques portent principalement sur :

  • les additifs : de nombreux additifs sont présents dans les transformations alimentaires industrielles (dont conservateurs, agents texturant, exhausteurs de goût, sels et colorants qui peuvent « tromper » le consommateur sur la fraicheur et la nature de ce qu'il mange réellement)
    Selon le nutritionniste Laurent Chevallier (auteur de « Impostures et vérités sur les aliments », Fayard, 2008), l’accumulation et l’association des additifs créent « des risques non maîtrisés pour la santé. »[5].
  • la présence excessive de sel (source d'hypertension), de sucre (source de différentes maladies) et de certaines graisses (sources de maladies cardiovasculaires) dans les plats est également soulignée.
    Le cuisinier Thierry Marx (auteur de Easy Marx, vers 2007) explique : « Les arômes, les sels que contiennent les plats préparés masquent souvent leur extrême médiocrité. Consommer ces produits ultra-transformés nuit au porte-monnaie, à l’environnement et à la santé. Songez que cette grillade de poisson, qu’une personne diabétique pourrait considérer, à première vue, comme idéale pour son régime, contient plus de sucre que sa quantité journalière autorisée ! »[6].
    La surconsommation de sel au XXIe siècle dans les pays développés serait essentiellement due aux plats cuisinés. « 75 % proviennent des aliments tout prêt », estime une enquête du magazine féminin français Elle, qui explique : "Retenant l’humidité, le sel augmente à faible coût le poids des aliments et relève les saveurs fades des préparations industrielles"[7]. Un exemple, les haricots verts en conserve contiendraient 300 mg de sel pour 100 g contre 4 mg pour 100 de haricots verts frais[7].
  • un manque de transparence : « La plupart des aliments transformés sont tellement transformés et contiennent tant d’additifs qu’il est quasiment impossible de savoir ce que l’on mange et, surtout, quelles seront les conséquences d’un tel type d’alimentation à moyen et long terme. »[8].
  • un manque de traçabilité : en théorie, la législation européenne garantit une traçabilité de la fourche à la fourchette, mais des fraudes à grande échelle (ex : Fraude à la viande de cheval de 2013) et un étiquetage incomplet ou peu lisible ne permettent pas dans les fait de savoir d'où provient le lait ou d'autres ingrédients de plats et produits industriels ; Des plus les restaurateurs n'affichent pas la part des produits frais ou des plats préparés industriels achetés et introduits dans le menu. Le consommateur peut difficilement savoir ce que les animaux d'élevage (poissons y compris) ont mangé. Suite à des fraudes récentes et à l'acceptation par la Commission européenne d'une réintroduction des farines animales pour la nourriture des poissons d’élevage, le Sénat a adopté, le 15 mai 2013 une proposition de résolution demandant à la Commission européenne d’améliorer la traçabilité et l’étiquetage des plats cuisinés (en indiquant notamment le pays d’origine de la viande utilisée comme ingrédient) dans le cadre du droit à l’information des citoyens selon l’intitulé du règlement européen no 1169/2011, visant « à la maîtrise et à la parfaite connaissance de son alimentation »[9], « Le Sénat se montre par ailleurs défavorable à un retour des farines animales pour les poissons d’élevage, saluant l’opposition de la France à ce sujet. Les sénateurs appellent à mettre en place un label « 100% végétal et poisson » certifiant l’absence des PAT, tout en exhortant la Commission à « ne prendre aucune nouvelle autorisation » pour d’autres espèces, leur retour dans l’aquaculture n’étant qu’une première étape avant leur extension à d’autres animaux d’élevage »[9].
  • une insoutenabilité de la production : par exemple les farines de poissons et l'huile de poisson qui nourrissent les porcs, la volaille ou les poissons de piscicultures contribuent aussi à la surpêche et il existe des risques d'y retrouver des poissons pollués ou radioactifs (après l'accident de Fukushima par exemple).
  • les OGM : la présence d'OGM ou de produits issus d'OGM est souvent discrète et ne nécessite pas d'étiquetage en dessous d'un certain seuil ;

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Insee - Définitions, méthodes et qualité - Artisanat », sur www.insee.fr (consulté le 20 janvier 2016)
  2. « Définitions : industrie - Dictionnaire de français Larousse », sur www.larousse.fr (consulté le 20 janvier 2016)
  3. « Définitions : agroalimentaire - Dictionnaire de français Larousse », sur www.larousse.fr (consulté le 20 janvier 2016)
  4. « Insee - Définitions, méthodes et qualité - CPF rév. 2.1, 2015 - Division 10 Produits des industries alimentaires », sur www.insee.fr (consulté le 21 janvier 2016)
  5. « Manger sain, plus facile à dire qu’à faire », in Le Monde, 23 janvier 2008
  6. Elle, 29 octobre 2007, page 110
  7. a et b Manger sain, c'est facile, in Elle, 11 février 2008, à partir notamment de Danièle Hermann, "Cuisinez moins salé ou sans sel, J-C Lattès.
  8. Manger sain, c'est facile, in Elle, 11 février 2008, résumant le livre de Catherine Ruchon-Vialard et Bernard Duran, « Achetons les bons aliments », Ed. Minerva, 2007.
  9. a et b Romain Loury (2013), Le Sénat pour un droit du consommateur européen, 22 mai 2013

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]