Paix de Riga

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Page d'aide sur l'homonymie Cet article concerne la paix signée entre la Pologne et la Russie bolchevique en 1921. Pour le traité signé entre le gouvernement letton et la Russie soviétique en 1920, voir traité de Riga.
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Page 2 du traité

La paix de Riga est signée entre la Pologne et la Russie soviétique le . Elle met fin à la guerre soviéto-polonaise, qui avait opposé bolcheviks et Polonais. Les discussions avaient initialement commencé à Minsk (Biélorussie) le mais à cause d'un incident contre les négociateurs polonais, elles ont été déplacées à Riga (Lettonie).

Par ce traité, paraphé le 18 mars 1921, les trois belligérants : la Russie soviétique, la RSS d'Ukraine et la République de Pologne, confirment l'armistice du et proclament la fin des hostilités. Ces accords reconnaissent à la Pologne une forte indemnité de guerre et une extension considérable de ses frontières à l'est, qui répare les annexions effectuées lors des trois Partages de la Pologne par la monarchie des Habsbourg (région de Lemberg, aujourd'hui Lviv en Ukraine) et l'Empire russe (Volhynie et Podlesie).

Nouvelles frontières et questions ethniques[modifier | modifier le code]

Les frontières de la Pologne en 1922, au terme de la guerre soviéto-polonaise et de l'annexion de la République de Lituanie centrale.

La frontière polonaise s'étendait désormais bien plus à l'est de la Ligne Curzon : par endroits jusqu'à plus de 250 km à l'est de la ligne isoglosse conventionnelle du polonais[1],[2]. De vastes régions du nouvel état polonais étaient désormais peuplées majoritairement d’Ukrainiens ou Russes blancs. En Biélorussie, la population polonaise était minoritaire.

Toutefois les régions rattachées à la République de Pologne étaient aussi très hétérogènes du point de vue ethnique : tandis que les grandes villes, telles Lwow, étaient peuplées d'une majorité de Polonais, la population rurale était un mélange d'Ukrainiens, Biélorusses, Lituaniens, et Polonais pour ne citer que les principales ethnies, où aucune n'atteignait la barre des 50%[3].

Aspects économiques et financiers[modifier | modifier le code]

Les aspects économiques du traité étaient abordés dans une annexe tenue secrète du traité. La Pologne garantissait la liberté du trafic de fret à la Russie Soviétique vers la Lituanie[4], l'Allemagne et l'Autriche. En contrepartie, les autorités soviétiques acceptaient de reverser à la Pologne la contribution polonaise en or, matières premières et concessions à la banque centrale du tsar. Elle répondait en outre de la restitution à la Pologne réunifiée de tous les moyens de production industrielle démontés au cours de la Grande Guerre par le pouvoir tsariste[5]. La restitution concernait aussi les trésors artistiques et biens culturels confisqués depuis le partage de la Pologne en 1772. L'armistice est entré en vigueur le 18 octobre, mais il fallut encore attendre le 18 mars 1921 pour que la paix soit formellement conclue, car l'armée polonaise continuait entre-temps à apporter son appui aux partisans ukrainiens en lutte contre les Soviétiques.

Mise en application du traité[modifier | modifier le code]

Le plénipotentiaire polonais Jan Dąbski fut vivement critiqué par son pays au terme de la signature du traité. Plusieurs hommes politiques ressentaient comme une faute qu'on n'ait pas suffisamment pris en compte les intérêts de l’Entente alliée ; le général Piłsudski, pour sa part, s'en émouvait peu : il critiquait, lui, qu'en ouvrant la porte à la soviétisation de l’Ukraine on ruine ses projets de Fédération est-européenne (Fédération Międzymorze). De nombreux Catholiques n'admettaient pas la reconnaissance du régime soviétique.

De son côté, Lénine parvint, malgré les défaites militaires et l'abandon de la propagation de la révolution prolétarienne au reste de l'Europe, à faire passer le traité comme une victoire : cela fut d'autant plus facile à la propagande du régime soviétique que, dans le même temps, les derniers lambeaux de l'armée des Russes blancs commandée par Wrangel étaient écrasés.

Les autorités soviétiques reconnurent la Galicie comme faisant partie du territoire polonais, mais comme elle était aussi réclamée par l'Ukraine, la Pologne fut de facto contrainte de la restituer à la République populaire d'Ukraine.

Les puissances occidentales refusèrent de reconnaître d'emblée ce traité, que les belligérants avaient dressé sans les consulter[6] : leurs conférences d'après-guerre avaient arrêté la Ligne Curzon comme nouvelle frontière russo-polonaise, et voilà que le territoire polonais s'étendait à présent 250 km plus à l'est[1],[7]... L'approbation de la France joua finalement un rôle moteur dans l'évolution du consensus : reconnu dès le mois de mars 1923 par la France, le traité fut reconnu aussitôt par la Grande-Bretagne, l’Italie et le Japon, et enfin par les États-Unis au mois d'avril[6].

Voir également[modifier | modifier le code]

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Notes[modifier | modifier le code]

  1. a et b D'après Dennis P. Hupchick, Conflict and chaos in Eastern Europe, Palgrave Macmillan, (ISBN 978-0-312-12116-7), p. 210.
  2. D'après Michael Graham Fry, Erik Goldstein et Richard Langhorne, Guide to International Relations and Diplomacy., Continuum International Publishing Group, (ISBN 978-0-8264-7301-1), p. 203.
  3. Les trois principales ethnies slaves (Polonais, Ukrainiens et Biélorusses) ne représentaient au total qu'entre 80 et 85 % de la population à elles trois, le reste se répartissant ainsi : Juifs (env. 9 %), Ruthènes (Lemkos, Boykos, Houtsoules), Polacheks, Russes (moins de 1 %), Lituaniens, Tchèques, Allemands (jusqu'à 2 %) etc. Il faut aussi remarquer que les catégories ethno-nationales n'avaient, pour la plus grande partie de la population, que peu d'importance dans la mesure où les frontières linguistiques étaient instables ; les différences sociales et confessionnelles, au contraire, jouaient un grand rôle.
  4. Cette clause demeura sans effet, dans la mesure où la frontière entre la République de Pologne et la République de Lituanie resta fermée jusqu'à la chute de ces deux états. La Lituanie, en effet, refusa d’entériner l'annexion par la Pologne de la Lituanie centrale et la région de Vilnius.
  5. D'après J.C. Johari, Soviet Diplomacy 1925-41, Anmol Publications PVT. Ltd., (ISBN 81-7488-491-2), p. 42.
  6. a et b Cf. Michael Palij, The Ukrainian-Polish defensive alliance, 1919-1921: an aspect of the Ukrainian revolution, CIUS Press, (ISBN 978-1-895571-05-9), p. 165–168.
  7. Michael Graham Fry, Erik Goldstein et Richard Langhorne, Guide to International Relations and Diplomacy, Continuum International Publishing Group, (ISBN 978-0-8264-7301-1), p. 203

Articles connexes[modifier | modifier le code]