Yahweh
Yahweh ou Yahvé est une transcription utilisée depuis longtemps par l'Église catholique, obtenue en intercalant les deux voyelles « a » et « e » pour donner une forme prononçable aux quatre consonnes du tétragramme « YHWH », nom du Dieu des Hébreux dans l'Ancien Testament. Elle peut être corroborée par des témoignages de Pères de l’Eglise[1], comme Épiphane de Salamine qui cite iabe comme un des noms de Dieu[2] ou Clément d’Alexandrie qui donne jave [3].
Au Moyen Âge, apparait la transcription « Jéhovah »[4], obtenue en ajoutant les trois voyelles « e », « o » et « a », qui proviendrait des annotations vocaliques de textes massorétiques (versions juives de la Bible)[5]. Il s’agirait alors d’une erreur d’interprétation de la part des érudits catholiques, car ces annotations indiquent en fait le terme (p.ex. Adonai, « Seigneur ») qui doit être lu lorsque le tétragramme apparait dans le texte, et non la vocalisation du tétragramme proprement dit[6]. En effet, selon la tradition rabbinique[1], le judaïsme avait adopté à l’époque de Siméon le Juste l’interdiction de transcrire ou de prononcer le Nom divin. Selon Maimonide, seuls les prêtres le prononçaient lors de certains rituels[1].
Références et notes [modifier]
- Catholic Encyclopedia ,B.D. Eerdmans, "The Name Jahu", O.T.S. V (1948) 1-29
- Epiphanius, Panarion, I, iii, 40, in P.G., XLI, col. 685
- Clément d'Alexandrie, Stromata V, 6:34–35:
- Et quod est nomen tuum? YHWH (en caractères hébreux) Jehova, sive Adonay, quia Dominus es omnium in incunable de Pugio fidei, III.2.3, commentaire du Livre des Rois datant de 1270
- Geoffrey Wigoder (dir.), Dictionnaire encyclopédique du judaïsme, Cerf-Laffont, coll. « Bouquins », 1996, article « Dieu, Noms de »
- H. W. F. Gesenius, Gesenius's Hebrew-Chaldee Lexicon to the Old Testament, Grand Rapids, Michigan: Baker Book House, 1979 [1847], p. 337