Silo (Canaan)

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32° 03′ 20″ N 35° 17′ 22″ E / 32.055556, 35.289528 Silo ou Siloh (en hébreu : šīloh, שילה) est un des plus importants lieux de culte d'Israël pendant la période des Juges. Il est situé au centre de la Samarie, au sud de Tirtza, l'ancienne capitale du royaume d'Israël.

Citations dans les textes anciens[modifier | modifier le code]

Mentions bibliques[modifier | modifier le code]

Ce site n'est pas mentionné dans d'autres documents anciens que la Bible. D'après l'archéologue I. Finkelstein, les références bibliques concordent avec l'archéologie et présentent de ce fait une trace de souvenirs anciens dans le texte biblique[1].

La première mention de Silo se trouve dans le Livre de Josué, c'est à cet endroit que les Israélites se répartissent les territoires qu'ils devront conquérir et occuper par la suite. Les villes refuges et les cités pour les lévites sont également attribuées depuis Silo. Ce lieu devient le lieu de culte principal et de gouvernement, l'endroit où les fils d'Israël se retrouvent pour les fêtes annuelles à l'époque des Juges (Juges 21.19).

L'Arche de l'Alliance y est placée un temps (1 Samuel 4,3), 369 ans selon des sources talmudiques (Talmud de Babylone Zevachim 118B[2]). Le tabernacle quitte Silo à la mort d'Eli. A au moins un moment durant son séjour, le tabernacle est remplacé par ou placé dans une structure, précurseur du temple (1 Samuel 3:15).

Eli instruit Samuel à Silo. Ce dernier prophétise et sert dans le tabernacle, mais pas comme un lévite car il n'est pas descendant d'Aaron.

Lorsque les Philistins battent les Israélites à Afek, une partie des Philistins emmène l'Arche en Philistie pendant qu'une autre partie marche sur Silo et détruit le sanctuaire. Cette destruction a un fort impact sur le peuple d'Israël, elle est citée plusieurs fois dans la Bible hébraïque (Psaumes 78,60, Jérémie 7,12). Le tabernacle est apparemment enlevé et transporté à Gibeon où il reste jusqu'au règne du roi Salomon. L'arche est rapidement rendue aux Israélites. Elle est alors conservée à Kiryat-Yéarim jusqu'au règne du roi David.

Le site est déserté, puis réoccupé pendant le règne de Jéroboam. Il est toujours mentionné à l'époque de la destruction du Temple.

Mentions plus tardives[modifier | modifier le code]

Après la période biblique Silo est mentionnée dans la littérature rabbinique ou dans les récits chrétiens des pèlerins.

Le site archéologique[modifier | modifier le code]

L'emplacement est bien connu pendant le Moyen Âge, et Robinson identifie sans problème le lieu avec Khirbeit Seilum en 1838.

Période de fouilles[modifier | modifier le code]

De 1926 à 1932 H. Kjaer dirige une expédition archéologique danoise, qui prend fin en 1932 en raison de sa mort accidentelle. En 1963, Holm-Nielsen entreprend de nouvelles fouilles. De 1981 à 1984, Israël Finkelstein effectue quatre saisons de fouilles sur le terrain.

Archéologie[modifier | modifier le code]

Bronze Moyen[modifier | modifier le code]

Buhl et Holm-Nielsen pensent que les premières occupations ont lieu au Bronze Ancien. Ce n'est pas l'avis d'I. Finkelstein qui fixe la première occupation au Bronze Moyen IIB. Les seules traces de cette époque sont des débris de poterie. Au Bronze Moyen IIC, le site est protégé par de grandes fortifications, d'au moins 8 mètres de hauteur et de 3 à 5 mètres d'épaisseur, entourées d'un glacis.

Une succession de salles forme un corridor à l'intérieur du mur côté nord. Elles servaient probablement de lieu de stockage, car l'on a trouvé de nombreuses jarres de grande taille (pithoi). Malheureusement, ces jarres furent perdues à la suite de l'arrêt brutal des fouilles en 1932.

Les récentes fouilles ont permis la découverte d'objets culturels, 3 haches de bronze d'un type retrouvé principalement en Anatolie et en Syrie, un large pendentif en argent avec le symbole cappadocien d'une divinité hittite, des poteries cultuelles dont une ayant la forme d'un taureau.

Le site était probablement déjà un lieu de culte à cette époque. Les objets retrouvés semblent l'indiquer, mais aussi la taille des fortifications, bien trop importantes pour avoir été construites par la population locale.

Silo est détruite pour la première fois à la fin du Bronze Moyen. On retrouve des traces d'incendie dans certaines salles et le haut des murs est renversé, enterrant parfois des salles entières, contenant des poteries de type "chocolat sur blanc", ce qui permet d'affirmer que le site n'a pas été détruit avant le XVIe siècle av. J.-C..

Bronze récent[modifier | modifier le code]

L'ensemble de la région d'Éphraïm autour du site, est moins peuplée qu'au Bronze Moyen. Le nombre de sites recensés passe de 60 à 5, et la taille de ceux qui reste diminue.

L'occupation reprend assez vite après la destruction de l'imposante cité du Bronze Moyen. Il n'y a à ce moment aucune occupation sédentaire du site, l'activité du site au Bronze récent se résume à un lieu de culte à l'intention de populations semi-nomade aux alentours, comme en témoigne la plus grande proportion de moutons et de chèvres parmi les animaux sacrifiés. Dans des articles parus en 1975, Yohanan Aharoni attribue les objets découverts à cette époque aux premiers israélites.

On retrouve des pots intacts de cendre et d'os. D'autres sont brisés volontairement et rassemblés sur le sommet avec des cendres et des os d'animaux, probablement sacrifiés.

La présence d'objets diminuant, il semble que l'activité du site décline puis s'arrête entièrement, peut-être avant la fin du bronze récent.

Fer I[modifier | modifier le code]

Après le délaissement progressif du site par les occupants pastoraux du Bronze récent, commence une occupation sédentaire au XIIe siècle av. J.-C.. Pour Israël Finkelstein, elle correspond à la sédentarisation des Israélites.

On retrouve sur tout le site de nombreux débris de poteries datant du Fer I (four collared-rim jar). La concentration de sites du Fer I autour de Silo est deux à trois fois plus importante que dans le reste du territoire d'Éphraïm, ce qui atteste de son importance pour la population locale.

Au XIe siècle, le site est détruit à nouveau, on retrouve des couches de cendres et des murs écroulés. Les archéologues s'entendent pour attribuer cette destruction aux Philistins, après la bataille d'Afek. Pour Israël Finkelstein, cet événement du XIe siècle est relaté dans la Bible, qui correspond pour lui sur ce point précis aux découvertes archéologiques[3]

Après sa destruction, Silo perd son importance et le centre de la population israélite se déplace au sud.

Ensuite[modifier | modifier le code]

Quelques traces d'occupation apparaissent au Fer I.

Le site verra une occupation romaine, et sera un lieu de pèlerinage pendant le Moyen Âge. Une large église byzantine est découverte, probablement construite entre 380 et 420.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. I. Finkelstein, Un archéologue au pays de la Bible, pp. 64-65 et 168-169
  2. Zevachim 118B
  3. A biblical history of Israël, Iain Provain, Philips Long, Tremper Longman, 2003, p.183

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • H. Kjaer, The Excavation of Shiloh, 1930
  • Buhl, Holm-Nielsen, Shiloh, 1969
  • I. Finkelstein, The Archaeology of the israelite settlement, 1988
  • I. Finkelstein, The Rise of Early Israel: Archaeology and Long-Term History, in S. Ahituv and E.D. Oren, The Origin of Early Israel

Liens externes[modifier | modifier le code]