Deuxième livre des Rois

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Le deuxième livre des Rois est un livre de l'Ancien Testament classé parmi les livres des Prophètes dans la tradition juive. Il suit le Premier livre des Rois avec lequel il constituait, à l'origine un seul livre.

Résumé[modifier | modifier le code]

Les royaumes d'Israël et de Juda[modifier | modifier le code]

portrait fictif peint sur bois, du prophète Élisée
le prophète Élisée (icône russe du 18e siècle)

Dans le premier livre des Rois, sont évoqués la mort du roi David, la vie de Salomon, la partition du royaume en deux états : le royaume d'Israël et celui de Juda. La vie des rois des deux royaumes est présentée de façon synchronique mais est coupée par des chapitres consacrés aux prophètes qui viennent avertir les rois que la justice divine s'abattra sur ceux qui ne suivent pas deux commandements essentiels à savoir l'adoration de Yavhé, dieu exclusif, et le respect du temple de Jérusalem comme seul lieu de culte autorisé. Le deuxième livre continue cette histoire royale et sa condamnation constante des rois d'Israël qui sont coupables d'apostasie et qui ne reconnaissent pas la primauté du temple de Jérusalem.

À la fin du premier livre l'accession au trône d'Israël du roi Ochozias, fils d'Achab. Le second livre commence donc avec quelques versets (2R 1,1-18) concernant son règne qui est bref. Il meurt en effet d'une chute mortelle la deuxième année de son règne. Durant celui-ci, il s'était heurté violemment au prophète Élie qui lui reprochait d'adorer Baal-Zebub. À la mort d'Ochozias, son frère Joram le remplace sur le trône. Il n'adore pas Baal mais se comporte comme Jéroboam Ier et encours ainsi la colère de Yavhé. Élie, quant à lui, quitte la terre emmené sur un chariot de feu. Il est remplacé par le prophète Élisée qui opère de nombreux miracles [1],[2]. Le chapitre 3 est consacré à la guerre du roi Joram, allié aux rois de Juda et d'Édom, contre le roi Mesha. Bien qu'il remporte la victoire, Joram abandonne sa domination sur le royaume de Moab après que Mesha eut sacrifié son fils aîné. Les chapitres 4 à 6,23 racontent d'autres prodiges opérés par Élisée (résurecction d'un mort, guérison miraculeuse, etc.). À partir de 2R 6,24 le récit se porte sur la lutte de Joram contre Ben Haddad, roi d'Aram-Damas. Le royaume connaît la famine avant qu'un miracle divin chasse les armées d'Aram. Dans le chapitre 8 une autre famine touche Israël pendant sept ans et Élisée annonce à [[Hazaël]) qu'il deviendra roi d'Aram et combattra les Hébreux. Après ce récit le reste du chapitre s'intéresse au roi de Juda Joram qui délaisse les commandements divins et suit les voies mauvaises des rois d'Israël, influencé par sa femme, d'origine israélienne[3],[2],[4]. Durant son règne Édom parvient à reprendre son indépendance. Son fils, Ochozias lui succède mais ne règne qu'un an avant d'être assassiné par Jéhu. Celui-ci après avoir été oint comme roi d'Israël par un prophète disciple d'Élisée part tuer le roi d'Israël, Joram. Après l'avoir abattu il s'en prend à Ochozias qui était venu rendre visite à son parent Joram. Il fait aussi tuer Jézabel, mère de Joram, dont le cadavre est dévoré par les chiens comme le demandait la malédiction d'Élie. Jéhu suit les voies de Yavhé en faisant périr la maison d'Achab, y compris les frères d'Ochozias, roi de Juda, et les sacrificateurs de Baal[5],[6]. Après avoir raconté la mort de Jéhu, le livre retourne dans le royaume de Juda. Dans le chapitre 11 Athalie, mère d'Ochozias, fait assassiner toute la descendance royale pour pouvoir gouverner. Magré tous ses efforts, un enfant, Joas, lui échappe grâce à la protection de Yehoyada, prêtre de Yavhé. Alors qu'il a sept ans, Joas est porté sur le trône et Athalie est assassinée. Les chapitres 11 à 12 racontent le règne juste de Joas qui lutte contre les adorateurs de Baal. Après avoir régné 40 ans, il est assassiné par des officiers. Auparavant, il avait combattu Hazaèl, roi d'Aram qui victorieux avait exigé une rançon en or. Le chapitre 14 traite des règnes d'Amasias, roi de Juda, et de Jéroboam II, roi d'Israël. Le chapitre 15 parle de divers rois qui régnèrent en Israël et en Juda, souvent dans la méchanceté. Le chapitre 16 est consacré au règne d'Achaz, roi de Juda. Le chapitre 17 rapporte l'anéantissement du royaume d'Israël par les Assyriens[6] sous le règne d'Osée, et explique l'origine des Samaritains. Cet évènement est daté de -722.

Le royaume de Juda[modifier | modifier le code]

Après la chute d'Israël, le livre des rois est consacré seulement au royaume de Juda. Les chapitres 18 à 20 racontent la vie juste d'Ézéchias, roi de Juda, et du prophète Ésaïe. Le chapitre 21 raconte les règnes successifs de deux rois de Juda : Manassé et Amon. Manassé, responsable du martyre d'Ésaïe et Amon abandonnent YHVH et adorent des idoles. Après eux Josias montre au contraire qu'il est un roi juste et rétablit la loi divine parmi les Juifs (2R 22-23,30) après la découverte du livre de la loi dans le temple de Jérusalem. De 23,31 à 25,30 l'histoire de Juda se poursuit et les règnes de Joaqim, Joakin et Sédécias, tous coupables d'apostasie, sont évoqués. Cette persistance dans le mal amène le châtiment divin qui se concrétise par la prise de Jérusalem (datée de -586), et l'exil à Babylone qui s'ensuit[K 1]. Les derniers versets (2R 25,27-30) relatent l'histoire du roi Joachin qui de prisonnier devient un familier du roi babylonien[6].

Prophètes[modifier | modifier le code]

Plusieurs prophètes interviennent face aux rois pour leurs faire suivre les commandements divins[K 2] :

  • Élie Chapitres 1 et 2
  • Élisée 2-9 et 13, 14-21
  • Houlda 22,14-20

Interprétations[modifier | modifier le code]

Les derniers chapitres du livre des rois achèvent le texte de l'histoire deutéronomiste si on suit la théorie établit par Martin Noth. Selon ce dernier, l'auteur aurait terminé son récit par la réhabilitation de Joachin parce que c'était le dernier évènement dont il aurait eu connaissance. Cela permettrait de fait de dater la fin de la rédaction de cette histoire deutéronomiste en -561. Toutefois, les particularités des derniers versets, 2R 25,27-30, ont amené des auteurs comme Gerhard Von Rad ou Erich Zenger à lire dans ceux-ci un espoir messianique[R 1]. De plus, le sort de Joachin, tel qu'il est décrit, évoque celui de Joseph, le fils de Jacob. Tous deux sont prisonniers en terre étrangère puis s'élèvent en dignité auprès du roi du pays (les mêmes mots sont employés : le roi élève leur tête dans le chapitre 40 de la Genèse pour Joseph, en 2R 25,27 pour Joachin). Cependant, si symboliquement, les ossements de Joseph sont emmenés hors d'Égypte par Moïse pour montrer l'impossibilité pour les Hébreux de rester dans ce pays, Joachin reste à Babylone ce qui signifie l'intégration du peuple juif dans l'empire babylonien[R 2].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. 2R 2
  2. a et b Cogan 2011, p. 545
  3. 2R 8,16-24
  4. Cogan 2011, p. 547
  5. 2R 9-10
  6. a, b et c Thomas Römer, La première histoire d'Israël : l'école deutéronomiste à l'œuvre, Labor et Fides, coll. « Le Monde de la Bible » (no 56),‎ 2007, 216 p. (ISBN 9782830912272, lire en ligne), p. 17

Références bibliographiques[modifier | modifier le code]

  1. p. 384
  2. p. 386
  1. p. 288
  2. p. 292-293

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Thomas Römer, « La fin des livres de la Genèse et des Rois », dans Dieter Böhler, Innocent Himbaza, Philippe Hugo, L'Écrit et l'Esprit : études d'histoire du texte et de théologie biblique en hommage à Adrian Schenker, Saint Paul,‎ 2005 (lire en ligne)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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