Catéchèse

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La catéchèse est une des quatre formes essentielles de la parole au sein de la communauté chrétienne sur sa foi. Les autres formes sont le kérygme (ou l'annonce brève du message chrétien), l'homélie (la prédication au cours de la liturgie) et la théologie (une explicitation documentée, rigoureuse et argumentée de la foi chrétienne).

Au sein de l'Église, la catéchèse désigne toute activité de parole sur la foi chrétienne et sur la manière de la vivre

  • qui est dialoguée,
  • inscrite dans un processus pédagogique réfléchi et balisé
  • ainsi que dans un dispositif institué et organisé
  • dans le but de permettre aux personnes (enfants, jeunes et adultes) ainsi qu’aux communautés de découvrir, de comprendre et de s’approprier librement, que ce soit de manière initiale ou approfondie, le message chrétien dans ce qu’il a de personnel sur le plan relationnel (la relation au Christ, à Dieu, aux autres), d'essentiel sur le plan de l’intelligence (le Credo) et d’organique sur le plan de la vie pratique (croire/vivre/célébrer - foi/espérance/charité)
  • et de contribuer ainsi à l’édification d’une communauté chrétienne vivante, rassemblée dans la foi pour en vivre, pour la célébrer, pour en témoigner et pour contribuer à l’édification d’une humanité fraternelle au nom de l'Évangile.

Différents aspects de la catéchèse[modifier | modifier le code]

  • La catéchèse est une activité de parole. Elle est de l’ordre du discours. Elle se distingue, en ce sens, de l’action ou de la célébration, tout en restant étroitement articulée à ces deux dimensions. L’objet de son discours est la foi (son contenu) ainsi que la manière de la vivre personnellement et communautairement.
  • La catéchèse est essentiellement dialoguée : elle s’inscrit dans un espace d’échange, d’interactivité entre les partenaires. L’étymologie du mot catéchèse (le verbe grec katechein signifie « faire résonner », « parler dans l’attende d’un écho, d’une réponse ») indique bien la nature dialogale de la catéchèse. Le catéchiste est témoin de la foi ; il l’enseigne et en rend témoignage devant les catéchisés. Mais c’est toujours à l’intérieur d’un espace dialogal qui ouvre le jeu de la conversation, suscite question et réponses par lesquelles les uns et les autres peuvent aussi bien donner que recevoir.
  • La catéchèse est un discours qui s’inscrit à l’intérieur d’une démarche pédagogique réfléchie et balisée. L’activité catéchétique s’efforce, en effet, de proposer des parcours avec des étapes distinctes, des méthodes variées, des objectifs différenciés, des contenus qui se construisent progressivement. Les catéchistes, en ce sens, doivent faire montre de qualités pédagogiques dans la manière de construire et d’animer un parcours catéchétique.
  • Si la catéchèse est une pédagogie, elle est aussi forcément un dispositif institué, avec ses lieux, ses moments, ses rythmes, ses formes, son organisation, ses animateurs, ses responsables, ses références, etc. Certes, il peut exister des catéchèses occasionnelles, mais, ordinairement, la catéchèse requiert une organisation et une programmation dans le cadre d’une pastorale catéchétique d’ensemble. C’est dire que les communautés sont appelées à se doter d’un dispositif varié, connu de tous, qui offre aux uns et aux autres, selon leurs besoins et leurs souhaits, la possibilité d’avancer dans leur démarche de foi.
  • Les destinataires de la catéchèse sont non seulement tous les chrétiens pris individuellement mais aussi les communautés chrétiennes comme telles. La catéchèse ne s’adresse pas seulement aux enfants et adolescents, mais aussi aux jeunes et aux adultes. C’est même la catéchèse des adultes qui est la forme principale de la catéchèse, parce que les adultes constituent les forces vives des communautés chrétiennes et que toute catéchèse a pour but de conduire à une foi adulte. Cette perspective ne diminue pas l’importance primordiale de la catéchèse des enfants ; mais situe celle-ci dans une dynamique de catéchèse permanente des communautés et de tous leurs membres.

Fonctions et but de la catéchèse[modifier | modifier le code]

Les fonctions de la catéchèse sont diverses selon les personnes dans leur rapport nouveau ou déjà prolongé à la foi. On peut distinguer trois grandes fonctions de la catéchèse : l’éveil, l’initiation et l’approfondissement. La catéchèse peut avoir une fonction d’éveil de la foi ; elle est alors liée à la première annonce et à l’entrée dans la foi. Cette fonction d’éveil n’est jamais achevée au sens où l’adhésion de foi, selon les circonstances de la vie, est toujours à reprendre. Deuxièmement, la catéchèse peut avoir une fonction d’initiation. Le catéchuménat est le modèle par excellence de l’initiation chrétienne : il consiste à accompagner, par étapes, des nouveaux croyants vers le baptême et leur pleine insertion dans la communauté chrétienne. Mais, plus généralement, l’initiation désigne aussi la catéchèse initiale de personnes déjà baptisées (enfants, adolescents et jeunes) mais qui sont toujours dans une démarche de découverte de la foi et de l’identité chrétienne. Cette initiation ne se réduit pas à un simple enseignement ; elle requiert des contacts avec une communauté, un bain dans l’expérience chrétienne en ses divers aspects (vie fraternelle, célébration, prière, engagement) et une réflexion sur cette expérience. À partir de l’expérience, l’initiation ouvre ainsi au sens de la foi tout en permettant aux catéchisés d’y adhérer librement, de construire leur identité de croyants et leur sentiment d’appartenance à la tradition chrétienne. Enfin, la catéchèse peut avoir une fonction d’approfondissement. Cette catéchèse s’adresse à des personnes déjà solidement ancrées dans la foi mais qui, au fil les circonstances personnelles ou communautaires, ou face à des questions ou défis nouveaux, souhaitent encore la revisiter et l’approfondir.

Le but de la catéchèse est d’aider les personnes et les communautés à comprendre la foi chrétienne, à la vivre et à se l’approprier de manière personnelle. Cette foi chrétienne proposée par la catéchèse est d’abord et avant tout une manière d’être et de se reconnaître en communion avec la personne de Jésus-Christ, avec le Dieu dont il est le témoin et, par là, avec les autres. La catéchèse, de ce point de vue, est essentiellement l’offre d’une mise en relation. Pour ce faire, elle ouvre à une intelligence articulée de ce mystère de communion en mettant en relief ce qui fait l’essentiel du contenu de la foi : le Credo, à cet égard, expression condensée de la foi et signe de reconnaissance des chrétiens, tient une place privilégiée dans la catéchèse. Mais la catéchèse ne se limite pas au déploiement du sens de la foi ; elle indique aussi la manière organique de la mettre en pratique (foi/espérance/charité) au sein de la communauté chrétienne qui croit, vit et célèbre. Elle contribue ainsi à faire émerger, dans la cité des hommes et pour eux, des communautés chrétiennes vivantes qui témoignent de la grâce inouïe de Dieu manifestée en Jésus-Christ, de l’espérance qu’elle autorise et de l’amour inconditionnel que les êtres humains sont invités à vivre en son nom.

Les compétences du catéchiste[modifier | modifier le code]

La catéchèse consiste en toute activité dialoguée, pédagogiquement organisée, qui a pour but d’aider les personnes et les communautés à s’approprier la foi et à la vivre en ses différents aspects. Ainsi la catéchèse est-elle au service de la transmission de la foi : de son éveil, de sa maturation ou de son approfondissement. Elle n’a pas le pouvoir de transmettre la foi, mais son rôle est de veiller à toutes les conditions – cognitives, relationnelles, communautaires, environnementales, etc. – qui la rendent possible, compréhensible et désirable.

L’activité catéchétique ainsi définie n’est pas simple. Elle requiert de la part des responsables de la catéchèse et des catéchistes un ensemble intégré d’aptitudes, de compétences. D’où, la nécessité d’une formation vivant l’acquisition et l’exercice de ces compétences. Schématiquement, on peut considérer que toute activité catéchétique réclame de la part des animateurs de catéchèse la mise en œuvre intégrée de cinq grandes compétences : théologique, culturelle, pédagogique, organisationnelle et spirituelle.


La compétence théologique[modifier | modifier le code]

Cette compétence fondamentale du (de la) catéchiste consiste dans l’aptitude à pouvoir parler de la foi de façon juste et cohérente, de manière dynamique et significative, avec clarté et simplicité, sans jamais tomber cependant dans le simplisme. Cette compétence théologique ne réclame pas de grande prouesse intellectuelle mais elle nécessite néanmoins un minimum de connaissances de base pour pouvoir distinguer l’essentiel de l’accessoire, pour pouvoir mettre en relation les différentes affirmations de la foi ainsi que les divers aspects de la vie chrétienne. La foi aujourd’hui doit pouvoir rendre compte d’elle-même au regard de la raison et dans le dialogue avec autrui. Même si elle dépasse la raison, elle est raisonnable. Et les catéchisés, de ce point de vue, ont besoin d’être nourris dans l’intelligence de la foi. D’où, pour le catéchiste, la nécessité d’acquérir la capacité de répondre à ce besoin. À cet effet, il devra se montrer capable de lire les Écritures avec à propos, de comprendre la dynamique de l’histoire du salut, de rendre compte des affirmations essentielles du Credo. Il lui faudra acquérir aussi une intelligence de la vie chrétienne en Église dans ses dimensions communautaire, liturgique, sacramentelle comme aussi dans ses dimensions éthiques et d’engagement pour un monde plus solidaire.

La compétence culturelle[modifier | modifier le code]

La compétence théologique ne suffit pas. Pour qu’il y ait catéchèse, il faut aussi qu’elle soit couplée avec une connaissance du milieu socio-culturel où cette catéchèse se déroule. Pour apprendre l’anglais à John, il faut non seulement connaître l’anglais, mais aussi John lui-même De même dans la catéchèse. Le catéchiste doit connaître ceux et celles à qui la catéchèse s’adresse : leur milieu de vie, leur histoire, leur questions, leurs références, leurs goûts, leurs aspirations. Cela suppose de la part du catéchiste une capacité de participer à la vie de la cité, de s’intéresser à tout ce qui intéresse les catéchisés, de s’inscrire dans leur conversation, à l’image de Jésus qui rejoint les disciples sur la route d'Emmaüs : « De quoi parliez-vous donc en chemin ? ». Ce que l’on peut attendre du catéchiste, à cet égard, c’est qu’il puisse parler de la foi ou la faire découvrir, non pas de manière abstraite et séparée de la vie, mais, au contraire, en s’appuyant sur tout ce qui fait le concret de l’existence, en faisant appel à toutes les valeurs et ressources culturelles du milieu. C’est ce qu’on appelle l'inculturation de la foi. Celle-ci est appelée à s’exprimer et à prendre forme en s’incarnant dans un contexte culturel, en recourant à toutes les ressources qui sont présentes dans la culture.

La compétence pédagogique[modifier | modifier le code]

Une troisième compétence est encore nécessaire au catéchiste. Le catéchiste est aussi un pédagogue. Son art, en effet, est de faire valoir la foi chrétienne d’une manière qui est pensée et organisée pédagogiquement. L’important, à cet égard, est que le catéchiste puisse recourir à un ensemble varié de démarches pédagogiques et de méthodologies pratiques. Selon les circonstances et les objectifs visés, il sera tantôt enseignant dépositaire d’un savoir, tantôt animateur distribuant la parole, tantôt facilitateur d’apprentissage apportant documents et méthodes pour que les catéchisés apprennent par eux-mêmes. A tel moment, il pourra jouer un rôle de maître. A tel autre moment, il sera plutôt un compagnon de route, ou bien un témoin, ou bien encore un médiateur qui fait découvrir le milieu ecclésial en tissant des liens avec celui-ci ou entre les générations. Il veillera surtout à faire faire des expériences – de prière, fraternité, de célébration, d’engagement – dont on tire les leçons ensuite, dont on se souvient après coup, qui marquent l’existence personnelle et contribuent à construire l’identité personnelle de chacun et son sentiment d’appartenance. C’est en ce sens que l’on parle aujourd’hui de pédadogie initiatique.

La compétence organisationnelle[modifier | modifier le code]

Le catéchiste n’est pas seulement un pédagogue. Il doit aussi faire montre d’une capacité d’organisation. La catéchèse, en effet, est une œuvre d'Église, qui s’inscrit dans le milieu ecclésial qui a ses lieux, ses temps, ses rassemblements, son fonctionnement. La catéchèse n’est pas isolée de tout cela. Elle n’est pas non plus l’œuvre d’une seule personne ou d’un groupe de catéchistes. Elle relève de la responsabilité de l’ensemble de la communauté et s’adresse à des personnes ou des groupes divers. D’où, l’importance pour la catéchèse de trouver une bonne organisation, claire, souple, variée. Trois verbes peuvent qualifier cette bonne organisation : diversifier, fédérer, intégrer. Diversifier, tout d’abord, car les personnes en catéchèse sont diverses selon les âges, selon les milieux de vie, selon les attentes, selon les étapes dans la maturation de la foi. C’est pourquoi il est nécessaire de prévoir des parcours catéchétiques divers en fonction des personnes, des objectifs poursuivis et des modalités pratiques (temps, lieux, durée) à mettre en œuvre. Fédérer, ensuite. La catéchèse n’est jamais le travail d’une seule personne. En fait, la catéchèse est toujours une œuvre collective qui réclame une concertation et une répartition des tâches dans un esprit de coresponsabilité. Intégrer, enfin. Le souci de la transmission de la foi concerne la communauté chrétienne tout entière. C’est elle qui finalement est catéchisée et qui, par son témoignage, est catéchisante. D’où, il importe que la communauté se dote d’une pastorale catéchétique d’ensemble, variée et, à la fois, unifiée.

La compétence spirituelle[modifier | modifier le code]

Les quatre compétences nommées plus haut requièrent encore l’apport déterminant d’une cinquième compétence : la compétence spirituelle. Cette compétence désigne l’aptitude à mener l’activité catéchétique dans un esprit évangélique. Que serait la catéchèse si elle n’était pas elle-même vécue dans un esprit évangélique ? Il est essentiel, en effet, que la catéchèse elle-même – et les catéchistes – soient habités par le souffle de l’esprit évangélique. Pas de catéchèse, en ce sens, sans charité, sans respect, sans attitude d’accueil. La foi et la transmission de la foi sont, de ce point de vue, inséparables de l’exercice de la charité et de toutes les valeurs évangéliques. Cela suppose que les catéchistes vivent non seulement de la spiritualité commune des chrétiens (la foi, l’espérance et la charité) mais qu’ils entretiennent des attitudes spirituelles spécifiques, propres à l’activité catéchétique : écoute de l’autre, respect de sa liberté, confiance en ses capacités, patience, esprit de service et d’entraide, etc. Il n’y aurait pas de catéchèse si celle-ci n’était pas un lieu d’expérience concrète de la vie dans l’esprit de l’Evangile.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Ouvrages fondamentaux[modifier | modifier le code]

Ouvrages pratiques[modifier | modifier le code]

Ouvrages de catéchèse pour les jeunes et les familles

Lien externe[modifier | modifier le code]

Directoire général de la catéchèse