Vaurien

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Vaurien
(avec le plan de voilure 2009)
Vaurien avec le plan de voilure 2009
Vaurien avec le plan de voilure 2009
Symbole de classe
Symbole de classe

Équipage 2
Gréement bermudien
Longueur hors-tout 4,08 m
Maître-bau 1,48 m
Voilure Grand-voile 7,6 m², Foc 2,9 m², Spi 9,4 m²
Déplacement 73 kg (coque seule)
Architecte Jean-Jacques Herbulot
Vaurien
(avec le plan de voilure initial)
Vaurien avec le plan de voilure initial (1952)
Vaurien avec le plan de voilure initial (1952)

Équipage 2
Gréement bermudien
Longueur hors-tout 4,08 m
Maître-bau 1,48 m
Voilure Grand-voile 5,6 m², Foc 2,5 m², Spi interdit
Déplacement 95 kg (poids total)
Architecte Jean-Jacques Herbulot

Le Vaurien est un dériveur léger monotype de série internationale depuis 1957 et dessiné en 1951 par Jean-Jacques Herbulot pour l'école de voile des Glénans.

Histoire du Vaurien[modifier | modifier le code]

En 1950, le comité de coordination des écoles de voile émet son besoin de voir arriver sur ses plans d'eau un bateau d'initiation à la voile qui soit bon marché et robuste. C'est en 1951 que Jean-Jacques Herbulot, architecte, navigateur et champion, très porté par la démocratisation de la voile, dessine et construit avec Philippe Viannay pour sa célèbre école de voile des Glénans, un dériveur monotype baptisé « Vaurien » (en souvenir d'un chien de Philippe Viannay) pour remplacer l'Argonaute (autre création Herbulot datant des années 1940 et peu pratique car doté d'une quille fixe).

Doté d'un accastillage minimaliste, il est conçu pour être réalisé dans une seule feuille de contreplaqué marine de 4,10 m, avec le minimum de chutes. À sa sortie, il est cinq fois moins cher que les dériveurs équivalents et crée un « choc culturel » dans le milieu des yacht clubs traditionalistes avec l'arrivée en masse de pratiquants issus de classes moins fortunées.

Le premier prototype du Vaurien (N°001), qui devait s'appeler originellement "l'Embroche"[1] fut construit par Maurice Mène et Jean-Pierre Gendre durant l'hiver 1951-1952 dans l'appartement de Philippe Viannay à Paris transformé pour l'occasion en chantier naval. Il fut ensuite testé durant l'été 1952 à l'école de voile des Glénans.

Un second prototype (N°01) fut construit à la demande du journal Les Cahiers du yachting par le chantier nantais de Baptiste Aubin pour être présenté au Salon nautique des berges de Seine en octobre 1952[2]. Ce prototype fut ensuite présenté par Herbulot et essayé au Cercle de la Voile de Paris à Meulan durant l'hiver qui suivait où son accueil fut très enthousiaste[3].

Conséquemment l'enthousiasme général fut tel en France pour ce bateau que l'école de voile des Glénans décida et pris surtout le risque de faire construire, début 1953, une centaine de Vaurien par le Chantier Louis Costantini à La Trinité-sur-Mer. Ces Vaurien furent tous immédiatement vendus au printemps 1953, ce qui conduisit l'école de voile des Glénans à relancer une deuxième fabrication immédiate d'une centaine de bateaux chez le même constructeur.

Cavale et Vaurien, deux des plans de Jean-Jacques Herbulot

Alors qu'il y avait déjà 200 Vaurien sur l'eau, l'été 1953 vit la création de l'AS Vaurien pour la surveillance de la classe à l'initiative de deux des premiers propriétaires, Roland Garros (neveu du célèbre aviateur) et Jacques Derkenne (Journaliste créateur avec Pierre Lavat du magazine "Bateaux" en 1958). Cette association de classe ainsi que le lancement en série d'un bateau constituaient une double première en France à une époque où ceux-ci se construisaient principalement à l'unité sur commande du propriétaire.

200 autres Vaurien furent ensuite construits durant l'hiver 1953-1954 et plus de 500 autres exemplaires jusqu'en 1955. Le phénomène « Vaurien » était lancé à travers la France et le Monde, et en ce Herbulot et Viannay venaient de réussir la démocratisation de la voile et sans le savoir de préparer une génération qui fera de la France un pays majeur de ce sport et de la construction nautique dans le Monde.

Des flottilles entières de Vaurien sont achetées par le Touring Club de France, des Comités d'entreprise, des clubs sont créés de toutes pièces sur d'anciennes sablières nées avec le boom immobilier (environs de Paris, de Lyon, de Rouen notamment) et contribuent à un développement important de la voile populaire qui restera sans précédent jusqu'au phénomène de la planche à voile des années 1980.

Fait significatif, il est vendu dans la grande distribution de l'époque, en dehors du réseau traditionnel des shipchandlers, notamment par des magasins comme le Bazar de l'Hôtel de Ville à Paris. D'un coût de fabrication très faible (le double du prix d'une bicyclette à l'époque), ce bateau construit à près de 36 000 exemplaires a contribué à la formation de nombreux navigateurs, y compris parmi les plus célèbres, comme Pierre Fehlmann[4] (champion du monde en 1962[Note 1]), Philippe Poupon[5], Isabelle Autissier[6] et Jean Le Cam[5],[7].

Les tentatives dès 1965 de passer du bois au plastique, qui nécessite moins d'entretien, seront au début assez laborieuses, la reproduction des formes du bateau à l'identique (fond plat, bouchains vifs, structure en creux, etc.) n'étant pas adaptée et peu logique du point de vue industriel et nautique. Les réalisations suivantes en fibres verront l'apparition des caissons latéraux qui permettront un moulage et une construction plus facile. Les caissons latéraux remplacent alors les flottaisons en mousse ou gonflables peu pratiques, et permettent au Vaurien de devenir un dériveur redressable, grâce à un volume de flottabilité supérieur, comme le souligne la presse nautique de l'époque[8].

Son concurrent le plus direct fut le Mousse créé de façon similaire en contreplaqué marine par l'architecte Eugène Cornu à la demande du Yacht Club de l'Île-de-France en 1953 et dont 3 500 exemplaires furent construits jusqu'en 1966. Concurrencé ensuite principalement par le 420, puis le 470, le ZEF dès 1962 en écoles de voile et dans une certaine mesure par la vague naissante de la planche à voile, qui remit la France sur l'eau, le Vaurien déclinera sérieusement en France à partir des années 1980.

Face au 420 en fibre dès 1958, le Vaurien avait pour défauts d'être sous-toilé, doté d'une dérive sabre, de ne pas être équipé de trapèze et surtout de ne pas représenter la modernité de la voile de compétition face à ce nouveau dériveur performant.

Renouveau de la série[modifier | modifier le code]

Un esprit de renouveau flotte depuis les années 2000 sur le monde du Vaurien européen et après avoir failli totalement disparaitre dans les années 1980, les activités nautiques en Vaurien se sont maintenues pendant les deux dernières décennies grâce à l'action des associations nationales de la classe Vaurien et de constructeurs de Vaurien tels que Roga, X nautica et Faccenda.

Les Italiens, les Hollandais et les Espagnols tirent aujourd'hui la série vers le haut en montrant un dynamisme certain avec comme postulat que le renouveau solide et durable du Vaurien passe par la modernisation du bateau en le rendant plus performant et dynamique pour attirer les jeunes compétiteurs.

Cette modernisation du Vaurien est adoptée en juin 2009, dotant le bateau d'un nouveau plan de voilure avec une grand-voile dite à corne offrant 3,8 m2 de plus au portant (+ 24 %), permettant un allègement du bateau à 73 kg coque nue ainsi que la modification du safran, qui peut être maintenant vertical, et de quelques éléments d'accastillage.

Ces principales évolutions ont donné un dériveur plus fun, permettant de retrouver une pratique de régate de très bon niveau. Avec cette augmentation des performances du bateau, le poids idéal de l'équipage en régate est passé de 110 kg à 130 kg.

Après quelques discussions habituelles entre les anciens et les modernes sur le bien-fondé de la nouvelle jauge 2009, cette évolution technique fait maintenant l'unanimité.

Depuis quelques années, le championnat du monde fait l'objet d'un regain d'intérêt, avec 60 bateaux en moyenne, notamment en raison du dynamisme technologique actuel et de la participation de jeunes équipages.

En France l'activité se partage entre régates sportives et rassemblements historiques ou amicaux centrés principalement sur la Bretagne. Le National est l'événement majeur de la saison avec 20 participants en moyenne dans les catégories « Jauge 2009 » (rating « VAU ») et « Classiques et traditions» (rating « VAUC »).

L'AS Vaurien qui œuvre pour le développement de la pratique du Vaurien en France a rencontré en 2013, et après la chute de 2012, une stabilisation de ses effectifs qui sont restés à 77, dont 65 coureurs qui ont régaté sur des Vaurien en 2013 lors des compétitions FFV.

Champions du Monde Vaurien[modifier | modifier le code]

Édition Année Ville Pays Vainqueurs Nationalité Nombre
d'équipages
1[Note 1] 1962 Royan France Fehlmann / Fehlmann Drapeau de la Suisse Suisse
2 1963 Alkmaar Pays-Bas Maes / Tchartorysky Drapeau de la Belgique Belgique
3 1964 Palamós Espagne Quevarec / Quevarec Drapeau de la France France
4 1965 Carnac France Quevarec / Quevarec Drapeau de la France France
5 1966 Orbetello Italie Gavazzi / Gavazzi Drapeau de l'Italie Italie
6 1967 Radolfzell Allemagne Behrens / Behrens Drapeau de l'Allemagne Allemagne 47
7 1968 Vilassar de Mar Espagne Quevarec / Quevarec Drapeau de la France France
8 1969 Neuchâtel Suisse Quevarec / Quevarec Drapeau de la France France
9 1970 Medemblik Pays-Bas Meijer / Van Oeveren Drapeau des Pays-Bas Pays-Bas
10 1971 Ostende Belgique Tans / Prop Drapeau des Pays-Bas Pays-Bas
11 1972 Brest France Quemeneur / Quemeneur Drapeau de la France France 62
12 1973 Lourenço Marques Portugal Marques / Bessec Routier Drapeau de la France France 51
13 1974 Premià de Mar Espagne Abascal / Lopez Drapeau de l'Espagne Espagne 58
14 1975 Livourne Italie Frijdal / Versloot Drapeau des Pays-Bas Pays-Bas
15[9] 1976 Monaco Monaco Pedro Campos / Juan Santana Drapeau de l'Espagne Espagne 60
16 1977 Kiel Allemagne Van Bladel / Van Bladel Drapeau des Pays-Bas Pays-Bas 64
17 1978 Casablanca Maroc Andrade / Andrade Drapeau de l'Espagne Espagne
18 1979 Saint-Sébastien Espagne Andrade / Andrade Drapeau de l'Espagne Espagne
19 1980 Póvoa de Varzim Portugal Roquette / Campos Drapeau du Portugal Portugal
20 1981 Medemblik Pays-Bas Fuchs / Montau Drapeau de l'Allemagne Allemagne
21 1982 Capodimonte Italie Duetz / Duetz Drapeau des Pays-Bas Pays-Bas
22 1983 Brest France Van Ek / Visser Drapeau des Pays-Bas Pays-Bas
23 1984 Hospitalet del Infante Espagne Pragt / Pragt Drapeau des Pays-Bas Pays-Bas
24 1985 Vada Italie Schurmans / Abma Drapeau des Pays-Bas Pays-Bas
25 1986 Vingelz Suisse Van der Meulen / Visser Drapeau des Pays-Bas Pays-Bas
26 1987 Medemblik Pays-Bas v.d. Meulen / Visser Drapeau des Pays-Bas Pays-Bas
27 1988 Viana Portugal Schurmans / Abma Drapeau des Pays-Bas Pays-Bas
28 1989 Überlingen Allemagne Faccenda / Cerri Drapeau de l'Italie Italie
29 1990 Nettuno Italie Faccenda / Cerri Drapeau de l'Italie Italie
30 1991 Laredo Espagne Faccenda / Cerri Drapeau de l'Italie Italie
31 1992 Piriac-sur-Mer France Faccenda / Ruberti Drapeau de l'Italie Italie
32 1993 Gravedona Italie Coello / Martinez Drapeau de l'Espagne Espagne
33 1994 Lipno République tchèque Diem / Kalkowski Drapeau de l'Autriche Autriche
34 1995 Setúbal Portugal Coello / Coello Drapeau de l'Espagne Espagne
35 1996 Hoorn Pays-Bas Coello / Coello Drapeau de l'Espagne Espagne
36 1997 Los Nietos Espagne Valverde / Valverde Drapeau de l'Espagne Espagne
37 1998 Radolfzell Allemagne Faccenda / Cerri Drapeau de l'Italie Italie
38 1999 Vilamoura Portugal Serrano / Foruria Drapeau de l'Espagne Espagne
39 2000 Loctudy France Serrano / Foruria Drapeau de l'Espagne Espagne 98
40 2001 Follonica Italie Albaladejo / Albaladejo Drapeau de l'Espagne Espagne 90
41 2002 Póvoa de Varzim Portugal Belzunce / Alvarez Drapeau de l'Espagne Espagne 71
42 2003 Stavoren Pays-Bas Barrionuevo / Sanchez Drapeau de l'Espagne Espagne 80
43 2004 Punta del Este Uruguay Porto / Martin Drapeau de l'Espagne Espagne 43
44 2005 Sanxenxo Espagne Porto / Martin Drapeau de l'Espagne Espagne 49
45 2006 Vada Italie Porto / Martin Drapeau de l'Espagne Espagne 76
46 2007 Laredo Espagne Serrano / Foruria Drapeau de l'Espagne Espagne 58
47 2008 Matosinhos Portugal Faccenda / Galassini Drapeau de l'Italie Italie 49
48 2009 Bizerte Tunisie Faccenda / Galassini Drapeau de l'Italie Italie 29
49 2010 Liptovský Mikuláš Slovaquie Cerri / Meini Drapeau de l'Italie Italie 58
50 2011 Dümmersee Allemagne Baran / Baran Drapeau de la Slovaquie Slovaquie 66
51 2012 Douarnenez France Leiros / Leiros Drapeau de l'Espagne Espagne 69
52 2013 Sanxenxo Portugal Zampacavallo / Armengot Drapeau de l'Italie Italie 60

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes
  1. a et b À l'origine championnat d'Europe, cette édition est à présent considérée comme championnat du monde.
Références
  1. Vignes Jacques, « Les 20 ans du Vaurien », Bateaux, no 171,‎ août 1972, p. 103-105 (lire en ligne)
  2. Paul Elvstrôm, Maîtrise de la voile, Robert Laffont (lire en ligne)
  3. G. de Lavalette, « Le Vaurien a bien marché », le Yacht,‎ novembre 1952 (lire en ligne)
  4. « Pierre Fehlmann », TSR - Sous la loupe,‎ 27 mars 1983 [vidéo]
  5. a et b « 1985 : un beau duel Poupon-Le Cam », Solitaire du Figaro,‎ 30 juin 2009 (consulté le 25 août 2011)
  6. Marie Guichoux, « Isabelle Autissier, 42 ans. Seul skipper féminin du Tour du monde en solitaire », Libération,‎ 2 février 1999 (consulté le 25 août 2011)
  7. Philippe Hillion, Jean Le Cam (lire en ligne)
  8. [PDF] Banc d'essai du Vaurien plastique Cahiers du Yachting (no 95 - Novembre 1970)
  9. Résultats du championnat du monde 1976

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]