Marek Halter

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Marek Halter

Description de cette image, également commentée ci-après

Marek Halter à Strasbourg (2010).

Activités Écrivain
Naissance (78 ans)
Varsovie
Langue d'écriture français
Distinctions Officier de la Légion d'honneur

Marek Halter, né le à Varsovie, est un écrivain français. Juif d'origine polonaise, naturalisé français en 1980, il aborde dans ses livres beaucoup de sujets liés à l'histoire du peuple juif.

Jeunesse et guerre[modifier | modifier le code]

Marek Halter est né en 1936 à Varsovie, en Pologne, d'une mère poétesse yiddish et d'un père imprimeur.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, Marek Halter et ses parents fuient en 1940 (ou en 1941, les sources divergent) le ghetto de Varsovie créé par les occupants allemands. Ils passent dans la partie Est du territoire polonais occupée par l’Union soviétique.

À la suite de l'invasion de l'Union soviétique par l'Allemagne nazie le , Marek Halter, et ses parents qui se trouvent alors à Moscou sont évacués en République socialiste soviétique d'Ouzbékistan à Kokand, une ville de 300 000 habitants où se trouvent un million de réfugiés. Bérénice, la petite sœur de Marek âgée de trois ans, y meurt de faim et ses parents sont frappés par la dysenterie. Marek Halter fait alors tout pour sauver ses parents.

En 1945, c'est au titre de délégué des pionniers de la République socialiste soviétique d'Ouzbékistan que Marek Halter alors âgé seulement de neuf ans se rend à la fête de la victoire à Moscou sur la place Rouge pour offrir des fleurs au dirigeant soviétique Joseph Staline.

Retour en Pologne et départ pour la France[modifier | modifier le code]

En 1946, à l'âge de dix ans, le jeune Marek retourne en Pologne, où il réside avec sa famille jusqu'à son départ pour Paris en 1950.

À quinze ans, il est mime dans la compagnie de Marcel Marceau, puis il est reçu à l'École nationale des beaux-arts. En 1954, il est lauréat du Prix international de peinture de Deauville et lauréat de la Biennale d'Ancone. Sa première exposition a lieu en 1955 à Buenos Aires où il reste deux ans et se lie d'amitié avec le président Juan Perón.

En 1957, Marek Halter revient en France. Il publie des articles, milite, intervient auprès des hommes d'État pour le respect des droits de l'homme, contre le racisme et l'antisémitisme et pour la paix au Proche-Orient.

En 1967, à la veille de la guerre des Six Jours, il lance un appel international en faveur de la paix au Proche-Orient. Après la fin de la guerre des Six Jours, il fonde le Comité international pour la paix négociée au Proche-Orient et est à l'origine des premières rencontres entre Israéliens et Palestiniens.

En 1968, il fonde la revue Éléments dirigée par son épouse Clara Halter. C'est la première publication à laquelle collaborent à la fois des Israéliens, des Palestiniens et des Arabes.

En 1972, il crée un comité pour la libération de l'écrivain juif soviétique Edouard Kouznetsov (en) (Эдуард Кузнецов) et lance plusieurs campagnes internationales en faveur des juifs d'URSS.

En 1976, Marek Halter publie son premier livre Le Fou et les Rois, prix Aujourd'hui relatant ses expériences au Proche-Orient. Celui-ci devient un best-seller.

En 1978, il fonde un comité pour la libération du journaliste argentin Jacobo Timerman, lance un appel pour le boycott de la Coupe du monde de football à Buenos Aires contre le régime des généraux en Argentine et crée un mouvement international de solidarité avec les mères de la Place de Mai.

En 1979, il crée Action internationale contre la faim avec Françoise Giroud, Bernard-Henri Lévy, Alfred Kastler (prix Nobel de physique), Guy Sorman, Robert Sebbag, ainsi qu'un certain nombre de médecins, journalistes, écrivains.

En 1981, il crée un comité Radio-Kaboul libre. En 1982, il est élu président de l’Institut Andréï Sakharov, puis en 1984, préoccupé par la montée du racisme et de l’antisémitisme en France, il participe à la création du mouvement SOS Racisme.

Après six années de recherches, il termine La Mémoire d'Abraham, roman deux fois millénaire d’une famille juive – en partie la sienne – qui paraît en France en 1983. Cet ouvrage est vendu à plus de cinq millions d’exemplaires à travers le monde. Il obtient en France le prix du Livre Inter et reste pendant huit semaines sur la liste des best-sellers du New York Times.

En 1991, il crée deux collèges universitaires français en Russie, l’un à Moscou et l’autre à Saint-Pétersbourg, dont il est président.

En 1992, ami de Yitzhak Rabin, Shimon Peres et Yasser Arafat, il participe activement à l’organisation de rencontres secrètes entre Israéliens et Palestiniens, d’abord à Paris puis à Oslo.

En 1993, à la suite d'une plainte de l'AGRIF, Marek Halter est condamné en appel pour une tribune publiée dans Le Figaro sur le carmel d'Auschwitz qui mettait en cause la responsabilité du catholicisme[1].

En 1994, il termine son film : Les Justes, qui ouvre en 1995 le Festival du cinéma de Berlin.

Marek Halter a publié une vingtaine de livres, romans et essais. Il collabore à une douzaine de journaux et magazines à travers le monde dont Libération, Paris Match, Die Welt, VSD, El País, The Jerusalem Post, The Forward, La Repubblica, Expressen.

En 2008, il est nommé officier de la Légion d'honneur.

En 2013, il est décoré au Kremlin (Moscou) du prix Fiddler on the Roof par la Fédération des communautés juives de Russie[2].

Critiques[modifier | modifier le code]

L'autobiographie de Marek Halter a été séverement critiquée notamment par l'ancien résistant juif polonais Michel Borwicz qui avance que celle-ci est « bourrée d'inventions pures et simples », que celui-ci n'aurait jamais vu le ghetto de Varsovie qui sera construit (2 octobre 1940) après son départ avec sa mère pour la zone d'occupation soviétique. Il récuse l'affirmation que son père aurait tenté de rejoindre le maquis, ainsi que celle de la participation de son grand-père dans le journal clandestin du ghetto Yedièss. Selon Michel Borwicz, l'anecdocte concernant la visite à Moscou et Staline n'aurait pas plus de véracité historique[3].

Selon les magazines Le Point et Le Nouvel Observateur, de nombreuses autres anecdotes racontées par Marek Halter seraient fausses ou inexactes[4],[5].

Œuvres[modifier | modifier le code]

Cette œuvre existe chez les éditions Thélème en livre audio, lu par Lou Saintagne.

Cette œuvre existe également en livre audio chez les éditions Thélème, lu par Lou Saintagne.

Participation

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Marek Halter et Le Figaro condamnés pour “diffamation publique et raciale” », Le Monde, 15 décembre 1993.
  2. « Marek Halter célébré au Kremlin », in Le Figaro, encart Culture, jeudi 28 novembre 2013, page 35.
  3. Michel Borwicz, Le cas Marek Halter. Jusqu’où est-il tolérable d’aller trop loin, Paris, 1984
  4. L'homme qui a tout vécu..., Le Point, 17 janvier 2007.
  5. Les mensonges de Marek Halter, Le Nouvel Observateur, 6 décembre 2008.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]