Rieux (Morbihan)

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Rieux
L'église Saint-Melaine.
L'église Saint-Melaine.
Blason de Rieux
Héraldique
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Bretagne
Département Morbihan
Arrondissement Vannes
Canton Allaire
Intercommunalité Communauté de Communes du Pays de Redon
Maire
Mandat
André Fontaine
2014-2020
Code postal 56350
Code commune 56194
Démographie
Gentilé Rieuxois, Rieuxoise
Population
municipale
2 917 hab. (2011)
Densité 105 hab./km2
Population
aire urbaine
52 758 hab.
Géographie
Coordonnées 47° 35′ 55″ N 2° 06′ 21″ O / 47.5986111111, -2.1058333333347° 35′ 55″ Nord 2° 06′ 21″ Ouest / 47.5986111111, -2.10583333333  
Altitude 27 m (min. : 0 m) (max. : 81 m)
Superficie 27,78 km2
Localisation

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Liens
Site web Site officiel de la Municipalité de RIEUX

Rieux [ʁijø], est une commune française, située dans le département du Morbihan en région Bretagne.

Géographie[modifier | modifier le code]

Situation

Rieux est situé sur la rive droite de la Vilaine et à la confluence de l'Oust, à six kilomètres au sud de Redon (Ille-et-Vilaine) et à la limite de la Loire-Atlantique.

Les communes limitrophes sont Redon en Ille-et-Vilaine, Saint-Nicolas-de-Redon et Fégréac en Loire-Atlantique, Théhillac, Saint-Dolay, Allaire et Saint-Jean-la-Poterie dans le Morbihan.

Selon le classement établi par l'Insee, Rieux est une commune urbaine, une des 4 communes de banlieue de l’unité urbaine de Redon, qui fait partie de l’aire urbaine de Redon et de l’espace urbain de Nantes-Saint-Nazaire (cf. Communes de la Loire-Atlantique).

Divers

La commune possède un petit port de plaisance sur la Vilaine, avec un camping à proximité.

Il s'y déroule un championnat international de pêche au coup, qui a lieu près de son ancien château-fort.

Histoire[modifier | modifier le code]

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le nom de la commune en breton est Reoz.

Rieux vient du nom gallo-romain « Duretie », de « duro ritum » (gué fortifié). Rieux est mentionné sous la forme « Reus » en 862, « Reux » en 1281 et « Rieux » en 1453.

Antiquité[modifier | modifier le code]

Une occupation est attestée dès l’époque gallo-romaine : la ville de Durétie s’étendait sur les deux rives de la Vilaine, sur les territoires actuels de Rieux et de Fégréac. C'est l'endroit où la voie romaine Vannes-Blain traversait la Vilaine. Les réalisations de cette époque ont été détruites lors des invasions barbares, mais il en reste de nombreux vestiges.

La ville de Rieux est connue sous le nom de Durétie depuis l'époque gallo-romaine. Elle est un important poste militaire, défendu naturellement par la rivière et les marais voisins, et commande le passage de la voie romaine de Vannes à Blain, qui favorise l'enrichissement de Rieux.

Moyen Âge et Temps modernes[modifier | modifier le code]

La fondation de l'abbaye de Redon par Saint Conwoïon en 832 amorce toutefois le déclin de l'activité commerciale. La légende populaire des « méchantes lavandières de Rieux chassant un petit enfant (Jésus) presque nu monté sur sa barque légère mais qui, ne perdant pas courage, remonta jusqu'à Redon où il fut bien accueilli » tente de justifier à sa manière l'appauvrissement de Rieux au profit de la ville de Redon.

Au IXe siècle, Alain le Grand, puissant chef breton et comte de Vannes ou de Broherec, établit sa résidence sur la motte castrale de Rieux. Alain est nommé roi de Bretagne et surnommé le Grand, après avoir vaincu les Normands à Questembert en 888. Les normands ruinent le château au Xe siècle, mais les descendants d'Alain le Grand le restaurent et prennent le nom de Rieux. Ils se donnent, avec raison, comme princes du sang de Bretagne, et ils prennent rang avant les plus anciens barons du pays. Leurs armes sont : d'Azur à dix besants d'or. Après l'acquisition de la seigneurie de Rochefort, en 1374, ils portent habituellement un écartelé de Rieux et de Rochefort. Leur devise est : « A tout heurt bélier, à tout heurt Rieux ».

La famille de Rieux est très puissante : Alain, sire de Rieux, est au siège de Dol (en 1065), à côté du duc Conan II. Jean II de Rieux, maréchal de France à la fin du XIVe siècle, se rend célèbre par ses faits d'armes et surtout par son expédition en Angleterre. Pierre de Rieux, son fils, maréchal de France après lui, dès l'âge de 28 ans, est l'un de ceux qui contribuent à l'expulsion des Anglais de France. Jean IV de Rieux, maréchal de Bretagne, est le tuteur de la duchesse Anne de Bretagne. La famille des Rieux s'éteint lors de la Révolution, avec la mort de Louis de Rieux dans les fusillades du Champ des Martyrs.

Le château de Rieux, habité jusqu'au milieu du XVIe siècle, est abandonné après les guerres de la Ligue. Il reste aujourd'hui quelques ruines touristiques au bord de La Vilaine.

Les seigneurs de Rieux ont la haute justice sur leurs sujets, les prééminences dans les églises de leur territoire, et tous les autres droits féodaux.

La seigneurie des Rieux couvre 16 paroisses en 1761 : Rieux, Allaire, Saint-Gorgon, Béganne, Saint-Jacut-les-Pins, Saint-Gravé, Saint-Congard, Saint-Martin, les Fougerêts, Glénac, Cournon, Peillac, Saint-Vincent, Saint-Perreux, Fégréac et Avessac. En dehors de ce territoire héréditaire, ils possèdent à diverses époques, Rochefort, Largoët, Donges, Ancenis, Harcourt, Aumale, etc. Les branches cadettes de Rieux possèdent également de belles seigneuries. Il suffit de nommer Asserac, la Feuillée, l'Île-Dieu, Ouessant, Châteauneuf, la Hunaudaye, Sourdéac, etc.

Saint-Jean-des-Marais, devenue Saint-Jean-la-Poterie était une « trève » de la paroisse de Rieux. L'église Saint-Melaine de Rieux ne semble être que l'ancienne chapelle du prieuré de ce nom et Saint-Jean-des-Marais qui lui est antérieure fut la première église de Rieux avant que l'érection du château de Rieux ne l'abaisse au rang de trève. En 1850, la Poterie, se détache de Rieux pour s'ériger en commune et former ainsi Saint-Jean-la-Poterie.

XXe siècle[modifier | modifier le code]

Les premières années du XXe siècle sont marquées par le problème religieux. La paroisse de Rieux, avec sa population très majoritairement catholique et conservatrice, supporte mal la politique de laïcisation de l'État menée à cette époque par les radicaux. Suite de la loi de séparation des Églises et de l'État (1905), la journée des inventaires du 4 mars 1906 se déroule avec une vive résistance de la population, comme dans nombre d'autres communes françaises.

À la fin de la Première Guerre mondiale, la commune compte 55 victimes auxquelles s'ajoutent de nombreux blessés.

Dans les années 1920, l'activité ralentie par la guerre reprend grâce à la proximité de Redon : usine Garnier[Lequel ?], entrepôts frigorifiques, scieries, etc. Cette poussée économique bénéficie à Rieux.

La Seconde Guerre mondiale marque profondément la commune qui accueille 490 réfugiés sur les 30 000 que compte le Morbihan. La commune est fortement touchée par des épisodes dramatiques de cette période (déportation, résistance et victimes civiles). Aussi, le 28 août 1944, une patrouille allemande franchit la Vilaine et fait sauter le clocher provoquant l'incendie de l'église. La véritable libération de Rieux est à dater du 11 mai 1945, jour de la capitulation allemande à Saint-Nazaire.

Une fois la guerre finie, il faut reconstruire l'église. C'est l'œuvre du recteur, le chanoine Alphonse Thommerot, passionné d'architecture, soutenu par la municipalité et grâce à l'aide de la population communale. L'évêque de Vannes, Monseigneur Le Bellec, consacre le sanctuaire le 10 août 1952, puis le clocher en 1956.

Après la guerre, Rieux connaît une forte expansion économique. La construction du pont de Cran sur la Vilaine en 1966 désenclave la commune vers le sud. Les activités de la Vilaine se développent à nouveau (navigation touristique et commerciale, parcours de pêche, etc.). Mais surtout, de grands aménagements fonciers ont lieu, à l'exemple du remembrement de terres et des marais. La construction du barrage d'Arzal, qui se termine en 1970 permet le re-profilage du bassin de la Vilaine et supprime le phénomène de la marée afin d'éviter les crues. Dans le même temps, l'urbanisation et le réseau routier se développent.

Les effets négatifs de ces aménagements sont nombreux mais peu publiés. Par exemple, la mise en culture des marais n'a pas été un succès (quelques essais de culture de maïs ont échoué), la production traditionnelle de foin a beaucoup baissé, la pêche professionnelle ou de subsistance a disparu, remplacée par une pêche de loisir, plus urbaine, les espèces de poissons habituelles des fleuves atlantiques ayant beaucoup de mal à passer le barrage d'Arzal. Les marais se sont partiellement asséchés, ne remplissant plus que partiellement leur rôle écologique d'épuration des eaux. La population de Rieux a changé sa vision singulière de la Vilaine, qui était un fleuve nourricier, mystérieux avec ses marées dangereuses, cette vision a été transformée en une attitude classique comme envers une rivière d'eau douce continentale, matée et fief de la navigation de plaisance. L'image de la rivière rebelle qu'était la Vilaine a disparu dans les esprits. En 2010, une restauration des marais comme zone humide de haute qualité environnementale est lancée sur l'ensemble de la zone[1].

Jusqu'en 1980, il est très fréquent que les habitants de Rieux aient une double activité : un travail salarié aux maigres revenus dans les usines de Redon et une activité agricole de subsistance. Dans les années 1960 à 1980, de nombreux Rieuxois participent activement aux événements sociaux (grèves et fermetures d'usines) qui enflamment le pays de Redon et particulièrement la ville de Redon. Certains comme Joseph Rouxel 19242003 marquèrent leur passage par un militantisme syndical consensuel[2].

Les habitants de Rieux aiment se rappeler le passé et ancrer leur histoire dans la tradition. À partir des années 1980, des spectacles d'envergure ont amené la foule sur cette petite commune et ont été des facteurs de cohésion des Rieuxois. De 1982 à 1990, une « création collective populaire », « Si Rieux m'était conté » retrace les grands moments de l'histoire de Rieux au Moyen Âge avec la participation bénévole de 150 comédiens et l'implication du metteur en scène Christophe Rouxel, natif de Rieux[3].

XXIe siècle[modifier | modifier le code]

Rieux a affirmé son volet de commune périphérique de Redon avec une population vieillissante (plus 6 % de retraités en sept ans au début du XXIe siècle). Malgré cela, le solde naturel est positif et compense seulement partiellement un solde migratoire en baisse importante comparée aux autres communes du Pays de Redon[4].

Blasonnement[modifier | modifier le code]

Blason Blasonnement :
Commentaires : Les armoiries de Rieux se blasonnent ainsi :

D’azur à dix besants d’or ordonnés 4, 3, 2, et 1. Sur le blason on peut lire la devise : "A tout heurt Rieux, tout en un".

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1790 1791 Augustin Péniguel de la Chataigneraye    
1791 1792 Joseph Perrin    
1792 1797 Thomas Beuve    
1797 1797 Julien Gogué    
1798 1804 Julien Heinleix    
1804 1806 Julien Gogué    
1806 1805 Nicolas Papot    
1815 1830 Comte Charles de Forges    
1830 1838 Vincent Rouxel    
1838 1840 Jacques Rouxel    
1865 1872 Jean-Marie Robert    
1872 1874 Jean-Marie Sauvourel    
1874 1879 Charles Houget    
1879 1884 Pierre-Marie Sauvourel    
1884 1892 Melaine Lemasson    
1892 1912 Vincent Gaudin    
1912 1919 François Perrin    
1919 1925 Jean-Marie Sauvourel    
1925 1942 François Perrin    
1942 1945 Jean Béniguel    
1945 1959 Pierre Rouxel - Agriculteur
1959 1977 Jean Thaumoux - Secrétaire de mairie
1977 1989 Joseph Rouxel PS Ouvrier
1989 2008 Michel Maheas - Notaire
2008 2014 Patrick Le Villoux DVG Cadre de Mutuelle retraité
2014 en cours André Fontaine DVD Médecin
Les données manquantes sont à compléter.

Autres élus[modifier | modifier le code]

De 1976 à 1982, Joseph Rouxel est conseiller général du Morbihan. Il sera maire de Rieux en 1977 à 1989.

Démographie[modifier | modifier le code]

En 1850, Saint-Jean-la-Poterie est constituée à partir d'une fraction de la commune de Rieux.

En 2011, la commune comptait 2 917 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
2 178 2 153 2 261 2 503 2 859 2 763 2 794 2 948 1 645
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
1 601 1 663 1 794 1 853 1 843 1 813 1 846 1 865 1 817
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
1 874 1 881 1 885 1 639 1 682 1 610 1 658 1 611 1 692
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2004 2006 2009
1 846 2 015 2 263 2 522 2 717 2 781 2 740 2 763 2 880
2011 - - - - - - - -
2 917 - - - - - - - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[5] puis Insee à partir de 2004[6].)
Histogramme de l'évolution démographique


Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Église Saint-Melaine

Les principaux monuments de Rieux :

  • l'église paroissiale Saint-Melaine

À l'extérieur de l'église, la réalisation la plus spectaculaire est le clocher, considéré comme un chef-d'œuvre de l'art néo-roman breton du XXe siècle. Il est le symbole de la commune. Après la destruction du clocher par les Allemands pendant la guerre, il a été décidé à la Libération de reconstruire le bâtiment. La première pierre de l'église Saint-Melaine est posée le 6 novembre 1949. Les travaux sont dirigés par l'abbé Alphonse Thommerot lui-même, sur les derniers plans de l'architecte Guy Caubert de Cléry. Une grande partie de la population de la paroisse s'est mobilisée pour participer aux travaux de construction de la nouvelle église, qui se termine en 1956. La particularité de l'église de Rieux est de concilier le meilleur de la bâtisse ancienne avec une nouvelle réalisation de style Roman breton. L'église est longue de 45 mètres, et large de 16 mètres. Elle dresse sa voûte à 9,5 mètres de hauteur. Les murs sont de moellons apparents et irréguliers, contrastant avec la voûte de pierres roses, à nervures de briques rose foncé. Les arcades et les embrasures des ouvertures sont de granite blanc, tandis que les colonnes monolithiques sont de granit bleuté. Les vitraux modernes, en dalle éclatée, ajoutent à l'atmosphère recueillie du temple par leurs teintes chatoyantes. Le maître-autel est en granit blanc, tandis que la table d'autel, le gradin et le tabernacle, avec son crucifix, sont de granit rose poli. Une grande grille en fer forgé entoure l'autel. Dans le transept, deux autels sont dédiés respectivement au Sacré-Cœur au nord et à Saint-Vianney au midi. Au bas de la nef, il reste deux autels de l'ancienne église, les autels de Notre-Dame-du-Rosaire et de Sainte-Anne, patronne des Bretons. L'un et l'autre ont un retable orné de copies de toiles de maîtres italiens, réalisées en 1644, et restaurées en 2007.

  • le château féodal ou château de Rieux (IXe siècle), édifié sur un éperon rocheux.

Ce château construit vers 1280 remplace un oppidum commandant le passage de la Vilaine. Propriété des seigneurs de Rieux jusqu'au XVIe siècle. Le fief appartient successivement aux familles Reus (Reus puis Rieux), Sainte-Maure (en 1548), Coligny (en 1567), Lorraine (en 1605), Guénégaud de Plancy (en 1657), Danycan (en 1697) et Rieux. Le château est dévasté par les Français en 1488 et le maréchal Jean IV de Rieux obtient d'Anne de Bretagne (sa pupille), en 1490, une indemnité de 100 000 écus d'or, pour l'aider à réparer cette forteresse, ainsi que celle d'Elven, de Rochefort et d'Ancenis. Il est assez difficile de restituer le plan de ce château à la fin du XVe siècle. Les pans de mur, côté Ouest, et les traces de deux autres murs perpendiculaires au premier, semblent indiquer trois côtés d'un carré. Une quatrième ligne, parallèle à la Vilaine, achève la clôture et donne à l'ensemble la figure d'un trapèze. Quant aux tours, on ne connaît pas leur place d'une manière certaine et ce n'est que par approximation qu'on en place une à chaque angle, une autre sur les deux plus longues courtines, et le donjon à l'extrémité orientale. La porte d'entrée à l'Ouest est alors munie d'un pont-levis, et on voit encore dans la douve un pilier de pierre qui lui servait de point d'appui.

Lorsque la branche aînée de la famille de Rieux s'éteint (1567), le château est presque complètement abandonné. Pendant la Ligue on en démolit quelques portions. En 1629, le cardinal de Richelieu en fait prescrire la démolition complète, et dix sept paroisses sont convoquées pour le renverser. Mais la construction en est si solide, que tous ces efforts n'aboutissent qu'à renverser les tours et quelques pans de murs dans les douves. Le donjon, ébranlé par la mine, perd son aplomb, mais ne tombe pas et c'est un tremblement de terre qui fait écrouler le donjon en 1799. Délaissé, il n'est plus qu'un tas de ruines aujourd'hui. Les vestiges du château sont convertis au XIXe siècle en un jardin anglais.

La poterne d'entrée du pont-levis (IXe siècle) rappelle encore la puissance de ce château. De chaque côté, sur le devant de la poterne, subsistent des meurtrières. Il avait autrefois un port et un bassin au nord du château. Les seigneurs de Rieux avaient un droit de coutume sur les bateaux qui montaient ou descendaient la Vilaine avec des marchandises. Pour traverser la Vilaine, en suivant la vieille voie romaine, il y avait autrefois, au sud du château, un pont de bois, appartenant au seigneur. Le droit de passage qu'on y percevait était employé à son entretien.
En 1281, Guillaume de Rieux obtint du duc Jean Ier la restitution de ce pont, que son père lui avait abandonné, et il obligea, par sentence judiciaire de 1288, l'abbaye de Redon de payer sa part des frais de restauration. Ce pont était coupé au milieu et muni d'un tablier mobile, pour laisser passer les navires. Il s'en allait de vétusté en 1543, et il fut, vers cette époque, remplacé par un bac.

  • la chapelle Saint-Sébastien de Tréfin (1475-1520).

Les portes sont à voussures en tiers-point et les fenêtres du chevet à réseau flamboyant. Le tabernacle de la fin de la Renaissance, possède des colonnettes latérales et un dôme surmonté d'un clocheton ouvert entouré de balustres et de trois statuettes. Dans le chœur, une statue de Saint-Sébastien troué de flèches date du XVe siècle. Les armes des seigneurs fondateurs (les Rieux) se trouvent sur le tabernacle et sur la verrière du chevet. L'édifice de forme rectangulaire a été rénové entre 1980 et 1983. La chapelle n'est pas ouverte aux visites. Elle est toutefois accessible lors de deux événements : la messe annuelle dédiée à saint-Sébastien tous les 20 janvier, et lors de la messe du « jour des Rogations ». La tradition locale veut aussi que la cloche de la chapelle sonne vingt coups lors d'un décès de l'un des membres de la « fratrie de Tréfin » (population du village et de son entourage).

Il faut aussi citer parmi les lieux ayant une valeur historique particulière :

  • le château de La Boucelaye ou Bousselaie (XVIIIe siècle), reconstruit au XVIIIe siècle afin de remplacer un manoir du XIVe siècle.
  • le couvent (XIIIe siècle), fondé non loin du château par Jean Ier en 1345. Ce couvent comprenait jadis le logement des moines, un cloître, une chapelle et des dépendances. Les moines sont chassés durant la Révolution ;
  • l'ancien presbytère (XVe ‑ XVIe siècle) ;
  • la croix du Perron (XVIe siècle) ;
  • la croix du Val (XVIe siècle). La chapelle du Val a été rasée en 1950. Sur le fût sont gravées les armes des seigneurs de La Boucelaye ;
  • l'ancien prieuré Saint-Melaine (XVIe siècle) ;
  • la fontaine Saint-Melaine (XVIIIe siècle) ;
  • la maison Courberie (XVIIIe siècle), édifié par Péniguel de la Chataigneraye qui est le premier maire de Rieux en février 1790 et maire de Vannes en 1794 ;
  • la minoterie de La Boucelaye (1872), édifiée par les religieux tertiaires de Saint-François-d'Assise ;
  • une borne milliaire, située le long de l'ancienne voie romaine allant de Nantes à Vannes ;

Recteurs de la paroisse[modifier | modifier le code]

Liste des recteurs de la paroisse de Rieux, de la Révolution française à nos jours :

  • 1779 - 1820 : Louis Poisson ;
  • 1820 - 1821 : Louis Le Franc ;
  • 1821 - 1865 : Joachim Simon ;
  • 1865 - 1887 : Auguste Haumaitre ;
  • 1887 - 1911 : Alexis Guilloux ;
  • 1911 - 1919 : Joseph Gautier ;
  • 1919 - 1945 : François Portier ;
  • 1945 - 1959 : Alphonse Thommerot ;
  • 1959 - 1967 : abbé Le Gal ;
  • 1967 - 1980 : Jean Royer ;
  • 1980 - 1989 : Alexis Thétiot (recteur de Rieux et de Béganne) ;
  • 1989 - 2008 : Guy Eveno (dernier recteur en titre de Rieux et de Béganne - décédé en 2009) ;

Depuis 2008, selon la décision prise par Mgr Raymond Centène, évêque de Vannes, la paroisse de Rieux est désormais rattachée au doyenné d'Allaire, avec comme curé-doyen en titre, Georges Le May, puis Olivier Lorne à partir de 2012.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

  • Georges Le Cler, Rieux, un demi-siècle de mutation, 1994
  • Henri Le Breton, Le Pays de Rieux, 1957

Bibliographie et études sur la commune de Rieux[modifier | modifier le code]

L'histoire de la commune de Rieux dans le Morbihan est bien connue grâce aux recherches de l'historien Henri Le Breton, chanoine honoraire de Vannes, auteur d'un ouvrage intitulé « Le Pays de Rieux, Deux mille ans d'Histoire » (Imprimeries réunies, Rennes, 1957). Son ouvrage retrace la vie de la paroisse de l'époque gallo-romaine à la fin des années 1950. Ce travail a été constitué grâce aux archives paroissiales et communales, aux différents registres paroissiaux, et aux archives diocésaines et départementales du Morbihan. L'histoire religieuse de la paroisse y est particulièrement analysée. L'œuvre de Henri Le Breton avait été dans les années 1960-1970 un « best seller » éditorial, très diffusé en Bretagne, contribuant fortement à faire connaître le passé de la paroisse.

À la demande de la municipalité, une suite de ses travaux a été proposée en 1994 par Georges Le Cler, journaliste, avec pour titre Rieux, Un demi-siècle de mutations (Éditions communales, Allaire), qui évoque la période 1945-1994. Très inspiré par les modèles de la méthodologie historique des années 1970 en matière d'étude régionale, l'auteur privilégie surtout la double démarche économique et sociale, mais aussi l'enquête sociologique, dans la rédaction de son histoire du « temps présent » de la commune, avec l'utilisation de témoignages oraux. Cette œuvre « de commande » municipale insiste en particulier sur les innovations en matière d'équipement qui ont marqué les habitants au cours de cette dernière période, avec de nombreuses indications quantitatives.

En 2007, le Groupement Culturel Breton du Pays de Vilaine a publié un album intitulé Le Recueil de Rieux, album photographique dans la collection « Petit patrimoine rural », cofinancé par l'Union européenne, dans le cadre du programme LEADER +. Il reprend les iconographies et les photographies de tous les lieux touristiques de la commune.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Institution d'Aménagement de la Vilaine/
  2. Vies ouvrières en Pays de Redon 1930-1980, éditions Mémoires vives en Pays de Redon, 2006 (ISBN 2-9528273-0-0[à vérifier : isbn invalide])
  3. Christophe Rouxel au Théâtre contemporain
  4. Statistiques locales de l'Insee
  5. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  6. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2004, 2006, 2009, 2011

Liens externes[modifier | modifier le code]

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