Waroch II

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Waroch II
Titre
Roi du Bro Waroch
577594
Prédécesseur Macliau
Successeur Canao II
Biographie
Titre complet Roi du Bro Waroch
Nom de naissance Gwereg
Date de décès 594
Père Macliau
Fratrie Jacob
Enfant(s) Canao II
Héritier Canao II
Roi du Bro Waroch

Waroch (mort en 594), fils de Macliau, est le souverain d’un royaume situé dans le sud de l’Armorique dans l'ancienne cité gallo-romaine de Vannes. Waroch régna entre 577 et 594 sur la région de Benetis (ancien nom de Vannes) qui deviendra le Bro Waroch (Broërec ou Bro-Erec), c'est-à-dire « territoire de Waroch », en son hommage ou celui de son aïeul Waroch Ier[1]. Les francs lui donnèrent le titre de comte. Par convention, pour le différencier de son grand-père, on le nomme Waroch II.

Patronymie[modifier | modifier le code]

Waroch est également appelé Weroc ou Guérech (Gwereg en breton)[réf. nécessaire]. Weroc est dérivé du nom proto-germanique wer signifiant homme. Waroch et Waroc'h sont des germanisations de Grégoire de Tours[2]

Biographie[modifier | modifier le code]

En 578 Weroc/Waroch s'empare de Vannes et impose sa domination sur le Bro-Waroch (Broërec)[3]; Chilpéric réagit et lève une armée en Touraine, Bessin, Maine, Anjou, Poitou. Les contingents saxons du Bessin sont battus par les Bretons sur la Vilaine aux environs du pont romain du Port-Neuf à Pléchâtel, alors frontière de la Bretagne. Waroch demande la paix et obtient Vannes moyennant le versement d'un tribut annuel, garanti par son fils donné en otage. Puis il envoie à Chilpéric l’évêque Eunius de Vannes pour dénoncer le traité, et ce dernier est exilé par le roi francs[4].

L’année suivante, Waroch envahit le pays de Rennes jusqu’à Cornut (Cornutium vicum)[5]Eunius, libéré, est envoyé à Angers pour négocier un accord. Le duc franc Beppolène ravage la Bretagne, ce qui provoque une nouvelle invasion des Bretons qui pillent le pays rennais et le Nantais, en s’appropriant la vendange. L’évêque Félix de Nantes tente vainement de s’interposer[4]

En 587 Waroch envahit de nouveau le pays nantais. Les rois Gontran et Clotaire II lui envoient des émissaires, dont Namatius, évêque d’Orléans, et Bertrand, évêque du Mans, et un accord est conclu. Les chefs Bretons Waroch et Iudmaël s'engagent à payer 1000 sous de dédommagement à chacun des rois ; mais Waroch s’empare de la vendange et emporte le vin à Vannes. Gontran menace d’envoyer une armée, mais n’en fait rien[4].

Waroch attaque de nouveau les pays rennais et nantais en 590. Cette fois, Gontran envoie des troupes dirigées par les ducs Beppolène et Ebrachaire, qui passent la Vilaine et marchent jusqu’à l’Oust. Frédégonde aurait envoyé au secours des Bretons des Saxons du Bessin contre Beppolène, qui est tué après trois jours de combat dans des marécages. Ebrachaire, avec le gros des troupes, avance vers Vannes. L’évêque de la ville Regalis lui ouvre les portes. Waroch tente de fuir par la mer, mais la tempête détruit sa flotte chargée de butin. Il se soumet à Ebrachaire, qui obtient d’autre part un serment de fidélité au roi franc de l’évêque et des habitants ruraux du Vannetais, qui semblent alors subir le joug des Bretons. Waroch donne son neveu en otage en gage de sa soumission au roi Franc, mais son fils Canao attaque l’arrière garde de l’armée franque en retraite (les « inférieurs et les pauvres ») au passage de la Vilaine. Ce qui ne sont pas tués sont réduits en esclavage. Plusieurs, par la suite, reçoivent de la femme de Waroch l’affranchissement par les cierges et les tablettes. Le reste de l’armée franque, qui craint les représailles des populations des pays qu'elle a ravagé à l’aller, rentre par l’Anjou jusqu’aux ponts de la Maine, puis met à sac la Touraine. Les survivants se justifient auprès de Gontran en accusant Ebrachaire et le comte Willichaire d'avoir vendu la retraite de l’armée à Waroch. Le roi chasse le duc quand celui-ci se présente et le comte préfère la fuite[4].

Waroch et son fils, peut-être à l'appel de Frédégonde, saccagent de nouveau les diocèses de Nantes et de Rennes vers 593. Childebert II envoie contre eux une armée qui leur livre en 594 une bataille dont l'issue semble avoir été favorable aux Bretons. Frédégaire est le seul à la mentionner pour dire : « les armées des Francs et des Bretons, en se faisant la guerre, subisse l'une et l'autre de très lourdes pertes au combat » [6]. Après cet épisode, Waroch et son fils ne sont plus mentionnés par les annalistes francs ou bretons[7].

Généalogie[modifier | modifier le code]

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Waroch Ier
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Conomor
Comte de Poher
 
Sainte Tréphine
 
Macliau
Évêque de Vannes
Roi du Bro Waroch
 
Canao Ier
Roi du Bro Waroch
 
Garçon
 
Garçon
 
Garçon
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Saint Trémeur
 
Waroch II
Roi du Bro Waroch
 
Jacob
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Canao
Roi du Bro Waroch (?)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Myles Dillon, Nora K. Chadwick Les royaumes celtiques, Fayard Paris 1974 (ISBN 2213000778) p. 83 .
  2. A.J. Raude L'origine géographique des Bretons armoricains Dalc'homp Sonj, Lorient 1996 p. 72
  3. Arthur de La Borderie Histoire de la Bretagne, Joseph Floch, Mayenne 1975, tome 1 p. 445
  4. a, b, c et d Ferdinand Lot, Naissance de la France, Librairie Arthème Fayard,‎ 1948, 864 p. (lire en ligne)
  5. Arthur de La Borderie op.cit p. 446
  6. Frédégaire Chroniques « Année 594 », éditions Brepols Turnhout Belgique 2001, (ISBN 2503511511) p. 77
  7. Prosper Jean Levot, Biographie bretonne, Cauderan,‎ 1857 (lire en ligne)

Bibliographie[modifier | modifier le code]