BlackBerry (société)

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BlackBerry

Description de l'image  Blackberry Logo.svg.
Création 1984
Fondateurs Mike Lazaridis
Forme juridique Publique
Action TSX : BB
NASDAQ : BBRY
Slogan Keep Moving
Siège social Drapeau du Canada Waterloo (Ontario(Canada)
Direction John S CHEN CEO
Mike Larazidis
Activité messagerie électronique sans fil
Produits BlackBerry
Effectif 13 000 (2010)
Site web blackberry.com
Chiffre d’affaires en diminution 6,8 milliards de $ (2013)[1]
Résultat net en diminution -5,9 milliards de $ (2013)[1]

Research In Motion Limited (RIM), renommée BlackBerry depuis le 30 janvier 2013, est une société canadienne spécialisée dans la conception, la fabrication et la commercialisation de solutions sans fil pour le marché de la communication mobile. De plus, elle opère un système de messagerie électronique sans fil, système dont la partie la plus visible est le BlackBerry.

Description[modifier | modifier le code]

Le siège social est situé à Waterloo, en Ontario, et compte des bureaux aux États-Unis en Angleterre et en Asie-pacifique.

BlackBerry commercialise différents appareils qui opèrent avec les protocoles de communication GSM, CDMA, UMTS et iDEN (en). Blackberry vend des composantes sans fil et développe ses propres logiciels en C++ et Java.

BlackBerry est le parrain d'un centre de recherches en astrophysique, le RIM Park (en), situé au nord de Waterloo.

Historique[modifier | modifier le code]

Logo de Research In Motion.

Débuts de Research In Motion[modifier | modifier le code]

Mike Lazaridis étudie à l'université de Waterloo, en Ontario. Intéressé par la communication sans fil (wireless) depuis son enfance, il continue d'y travailler à l'université. Avec Doug Fregin, un ami d'enfance également étudiant à UW, il fonde en 1984 la société Research In Motion. En 1992, l'entreprise recrute Jim Balsillie, jeune diplômé de la Harvard Business School, afin de gérer l'aspect administratif et financier. Il partage la fonction de directeur général avec Lazaridis. RIM collabore avec RAM Mobile Data (en) et Ericsson dans le but de transformer Mobitex, un système de transmission de données sans fil, en un réseau bi-directionnel de courriels et de notifications (paging)[2],[3].

La firme lance le RIM 900 Inter@ctive pager en 1996, puis deux ans plus tard le RIM 950, qui entre en concurrence avec SkyTel, un système bi-directionnel de notifications développé par Motorola. Le RIM 950, dont le clavier est utilisable avec les pouces (thumb keyboard), est le premier succès commercial de la firme canadienne. Il est adopté par de grandes entreprises comme BellSouth et IBM[2]. Research In Motion est côtée à la Bourse de Toronto en 1997, puis fait son entrée au NASDAQ deux ans plus tard[3].

Le BlackBerry[modifier | modifier le code]

RIM fait appel à Lexicon Branding afin de rebaptiser ses produits avec un nom plus accessible et mémorable. Inspirés par l'aspect du clavier des appareils, dont les touches leurs rappellent les akènes parsemant la surface des fraises, les responsables de la firme marketing proposent l’appellation Strawberry. Le nom Blackberry (en français : mûre) lui est finalement préféré. Le premier BlackBerry est commercialisé en 1999. Il utilise la même technologie que le RIM 950 et communique via le réseau Mobitex[2].

En 2001, le premier BlackBerry avec téléphone cellulaire est introduit. Premier appareil vendu en dehors de l'Amérique du Nord, il s'appuie sur les normes GSM et GPRS. Il est surnommé CrackBerry par ses utilisateurs en raison de son caractère addictif[4]. La même année, la société américaine TNP porte plainte contre Research In Motion pour violation de brevet. Le différend est réglé en 2006 par un accord négocié hors tribunal au terme duquel RIM verse 612,5 millions de dollars et NTP autorise la firme canadienne à exploiter ses brevets[5].

Research In Motion devient le quatrième fabriquant mondial de téléphones cellulaires durant le premier trimestre 2010, avec 10,6 millions d'unités vendues, devant Sony Ericsson avec 10,5 millions[6].

En juillet 2011, la société annonce qu'elle supprimera 2 000 emplois durant l'année. La tablette tactile BlackBerry PlayBook est lancée.

Projet de nouvelle plateforme[modifier | modifier le code]

En 2010, RIM fait l'acquisition de QNX Software Systems, filiale de Harman International Industries depuis 2004. La firme canadienne souhaite utiliser le système d'exploitation QNX comme base de sa nouvelle plateforme. Elle mène à bien une série d'acquisitions et rachète notamment The Astonishing Tribe, société spécialisée dans le design d'interfaces utilisateur pour appareils mobiles. Interrogé par des analystes financiers en mars 2011, Jim Balsillie avance que la nouvelle plateforme de RIM verra le jour au début de l'année suivante[7].

Thorsten Heins nommé directeur général[modifier | modifier le code]

En janvier 2012, Mike Lazaridis et Jim Balsillie, qui détiennent chacun 5 % du capital de l'entreprise, quittent leurs fonctions de directeur général et président du conseil d'administration. Ils conservent leur place au sein de ce dernier. Thorsten Heins (en), qui a rejoint RIM en 2007 avant de devenir en 2011 directeur des opérations, est nommé directeur général. Barbara Stymiest prend la direction du conseil d'administration[8],[9]. Fin mars 2012, Research In Motion annonce avoir essuyé une perte de 125 millions de dollars américains lors du dernier trimestre 2011. Son bénéfice net annuel est divisé par trois sur l'exercice achevé le 3 mars 2012. La part de marché des téléphones BlackBerry dans le monde est passée de 14 % à 8 % en un an. Sur la même période, l'action RIM a perdu 80 % de sa valeur. Jim Balsillie démissionne du conseil d'administration[10],[11].

Offre de rachat[modifier | modifier le code]

En janvier 2013, lors de la conférence de presse de lancement du système d'exploitation BlackBerry 10, Thorsten Heins annonce le changement de nom de la société. Elle est renommée BlackBerry et adopte le symbole « BB » à la Bourse de Toronto[12]. Les nouveaux modèles présentés plus tôt dans l'année n'ayant pas réussi à enrayer la chute des ventes et de l'action, le conseil d'administration de BlackBerry recrute la banque d'investissement JPMorgan Chase en août 2013 et forme un comité afin d'« explorer des options stratégiques ». Le conseil recherche des offres de partenariat, voire un acquéreur susceptible de racheter tout ou partie de la société[13],[14]. Au mois de septembre, la firme annonce une perte d'exploitation de près d'un milliard de dollars sur le trimestre achevé le 31 août, ainsi que la suppression de 4 500 emplois, soit plus du tiers de ses effectifs. L'entreprise confirme son déclin dans le marché mondial de la téléphonie mobile[15]. Son conseil d'administration reçoit une offre de rachat s'élevant à 4,7 milliards du groupe d'investissement Fairfax Financial, déjà détenteur de 10 % du capital[16],[17].

Implantation dans la région de Waterloo[modifier | modifier le code]

Siège de l'entreprise à Waterloo, au Canada.

Depuis la création de l'entreprise en 1984, son siège social est implanté à Waterloo, dans la province canadienne de l'Ontario. Il est situé près de l'université de WaterlooMike Lazaridis a poursuivi ses études. La firme dispose d'un campus d'une vingtaine de bâtiment comprenant une usine de 25 000 m2, dont la capacité de production s'élève à 5 millions d'appareils par an[18],[19].

En 2010, la région comprise entre Waterloo, Kitchener et Cambridge compte 530 000 habitants, dont 15 000 travaillent dans les 550 entreprises de haute technologie qui y sont implantées. Elle est surnommée « RIM valley », en référence à Research In Motion, l'ancien nom de l'entreprise BlackBerry[20]. En 2012, celle-ci emploie 9 000 résidents de Waterloo. La firme fait partie des principaux employeurs de la ville[21], elle est considérée comme un symbole de réussite et bénéficie d'un fort soutien dans la région[22].

Les responsables de Blackberry soutiennent financièrement plusieurs projets mis sur pied dans la région de Waterloo. Mike Lazaridis investit 150 millions de dollars canadiens dans un institut de recherche indépendant spécialisé en physique théorique, le Perimeter Institute for Theoretical Physics, ouvert en 1999. Il finance également une unité de recherche de l'université, l'Institute for Quantum Computing (ICQ), dédiée à la physique quantique. Jim Balsillie finance un think tank, dénommé Centre for International Governance Innovation, travaillant sur les politiques publiques[18],[19].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Résultats catastrophiques pour BlackBerry, qui mise désormais sur les logiciels, Le Monde 29 mars 2014
  2. a, b et c (en) Jesse Hicks, « Research, no motion: How the BlackBerry CEOs lost an empire », The Verge,‎ 21 février 2012
  3. a et b Laura Neilson, « Research In Motion (RIM) », L'Encyclopédie canadienne
  4. (en) Kevin Maney, « BlackBerry: The 'heroin of mobile computing' », USA Today,‎ 7 mai 2001
  5. « La fin de la bataille juridique pour RIM et NTP », ZDNet,‎ 6 mars 2006
  6. Le Blackberry devient l'un des cinq mobiles les plus vendus dans le monde - La Tribune, 30 avril 2010
  7. (en) Iain Marlow, « RIM's long road to reinvent the BlackBerry », The Globe and Mail,‎ 27 janvier 2013
  8. (en) Felix Gillette, « Thorsten Heins: Into RIM's Ring of Fire », BusinessWeek,‎ 5 avril 2012
  9. « Inquiétudes après la démission des fondateurs de RIM », La Tribune,‎ 23 janvier 2012
  10. « Blackberry à nouveau dans la tourmente », Le Monde,‎ 30 mars 2012
  11. Christophe Alix, « Des jours noirs pour Blackberry », Libération,‎ 2 avril 2013
  12. « RIM : nouveau nom, nouveaux produits, mais peu d'enthousiasme », Société Radio-Canada,‎ 30 janvier 2013
  13. (en) Will Connors, Sharon Terlep, « BlackBerry Puts Itself Up for Sale », The Wall Street Journal,‎ 12 août 2012
  14. Euan Rocha, « BlackBerry n'exclut pas de se vendre », Reuters,‎ 12 août 2013
  15. « Blackberry supprime un tiers de ses postes », Le Monde,‎ 21 septembre 2013
  16. François Desjardins, « BlackBerry reçoit une offre de 4,7 milliards de Fairfax Financial », Le Devoir,‎ 23 septembre 2013
  17. (en) Heidi Moore, « BlackBerry aims to go private in $4.7bn deal with Fairfax Financial group », The Guardian,‎ 23 septembre 2013
  18. a et b Christophe Alix, « Waterloo, une victoire signée BlackBerry », Libération,‎ 4 septembre 2008
  19. a et b Pierre-Olivier Rouaud, « Voyage au pays du Blackberry », L'Usine nouvelle,‎ 18 juin 2010
  20. Jacques Henno, « Le terreau fertile de la « BlackBerry Valley » », Les Échos,‎ 28 septembre 2010
  21. (en) Iain Marlow, « Is RIM, a Canadian national icon, at its breaking point? », The Globe and Mail,‎ 28 juin 2012
  22. (en) David Sax, « In RIM's Hometown, Optimism Trumps a Sales Implosion », BusinessWeek,‎ 2 avril 2012

Liens externes[modifier | modifier le code]

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