Marie-Louise Arconati-Visconti

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Marie-Louise Arconati-Visconti

Description de l'image  Marie-Louis Peyrat, marquise Arconeti-Visconti.jpg.
Nom de naissance Marie-Louise Peyrat
Naissance 1840
Décès 1923 (à 83 ans)
Nationalité Drapeau de la France Française

Marie-Louise Peyrat, marquise Arconati-Visconti, née en 1840 et morte à Paris le 2 mai 1923, est une collectionneuse et mécène française.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines et mariage[modifier | modifier le code]

Fille du journaliste et homme politique Alphonse Peyrat[1] et de Marie Pauline Thérèse Risch[2], elle épouse en 1873 Gianmartino Arconati-Visconti, fils d'un sénateur italien. Le couple s'installe au château de Gaasbeek, près de Bruxelles. À la mort de son mari, dès 1876, elle s'installe à Paris et consacre la fortune qui lui échoit à l'achat d'œuvres d'art et au mécénat.

Études et intérêt artistique[modifier | modifier le code]

Passionnée d'histoire de l'art, elle suit des cours à l'École nationale des chartes et à l'École du Louvre[3]. Elle achète principalement des ouvrages de bibliophilie, des œuvres et objets d'art médiéval et d'art islamique.

Elle tient par ailleurs un salon littéraire où elle reçoit des personnalités progressistes comme Georges Clemenceau, Jean Jaurès et Léon Blum, à qui on donne le nom de « jeudistes » car cette société se réunissait le jeudi. La marquise prend fait et cause pour le capitaine Dreyfus.

Mécénat[modifier | modifier le code]

Son mécénat, qu'elle pratique avec plus d'assiduité à partir de 1892, porte essentiellement sur l'enrichissement de collections de bibliothèques et de musées, ainsi qu'en faveur de l'enseignement supérieur sous différentes formes. Dans le premier domaine, elle donne de nombreux livres à la Bibliothèque municipale de Lyon. Ses collections d'art sont majoritairement attribuées au Musée du Louvre, où il existe d'ailleurs une salle Arconati-Visconti[4].

Plaque de l'Institut d'Histoire de l'Art fondé par la Marquise Arconati-Visconti en souvenir de Raoul Duseigneur

Dans le domaine de l'enseignement supérieur, elle fonde un prix, à la mémoire d'Auguste Molinier, destiné à récompenser chaque année la meilleure thèse de l'École des chartes. Elle fonde aussi deux autres prix, l'un en sciences, l'autre en lettres et sciences humaines, décernés annuellement à des thèses de doctorat soutenues dans l'une des universités de Paris. Elle fait un don de deux millions de francs, complété ensuite d'un autre don d'un million, pour la création de l'Institut d'art et d'archéologie, sa principale œuvre, construite après sa mort sur les plans de Paul Bigot, rue Michelet, et destiné à accueillir les cours d'histoire de l'art de la Sorbonne[5]. Elle est aussi à l'origine de l'Institut de géographie de Paris, dont elle finance la construction à partir de 1914.

Elle rachète la bibliothèque du philologue Gaston Paris et la donne à l'État, pour qu'elle soit confiée à l'École pratique des hautes études[6]. Elle fonde par ailleurs, à Strasbourg, la Villa Arconati-Visconti, destinée à héberger les étudiants et gérée, en 2010, par le Centre régional des œuvres universitaires et scolaires de l'académie de Strasbourg. Dans le domaine social enfin, elle institue une fondation en faveur des familles de policiers tués en service.

Décès[modifier | modifier le code]

À sa mort en 1923, la marquise Arconati-Visconti lègue son château de Gaasbeek à l'État belge[4], et le reste de sa fortune à l'université de Paris. Elle est enterrée à Rives[7] auprès de son ami et compagnon Raoul Dusseigneur, avec cette seule inscription « Bobette Arconati » et ce vers de Villon : « Deux étions, n'avions qu'un cœur »[8].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  • C. Laforêt, « La marquise Arconati-Visconti », dans Mercure de France, no 204, 1939, p. 45-65.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Mention au fronton de l'Institut de géographie de Paris: "L'institut de géographie a été fondé par la marquise Arconati Visconti en souvenir de son père Alphonse Peyrat, homme de lettres, sénateur, MDCCCXII - MDCCCXC".
  2. Arlette Schweitz- "Les parlementaires de la Seine sous la Troisième République" II.Dictionnaire biographique p. 469 - Publications de la Sorbonne, 2001
  3. Les grands donateurs du musée des Arts décoratifs
  4. a et b Geneviève Bresc-Bautier, « La marquise Arconati-Visconti, « bienfaitrice professionnelle » », sur le site des amis du Louvre.
  5. Christian Hottin, « L'Institut d'Art et d'Archéologie », dans Christian Hottin (dir.), Universités et grandes écoles à Paris : les palais de la science, Paris, Action artistique de la ville de Paris, 1999 (ISBN 2-913246-03-6), p. 121-124, spécialement p. 121.
  6. Ursula Bähler, Gaston Paris et la philologie romane, Droz, 2004, p. 150-151.
  7. Ville de Rives - Histoire et patrimoine.
  8. Archives Henri Focillon, correspondance Marquise Arconati-Visconti/Henri Focillon.