Guerre des castes

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Vers la fin de 1867, au Mexique, commença la guerre des Castes[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

Fondement de la guerre des castes au Yucatan[modifier | modifier le code]

L'attitude du président mexicain fut à l'origine de la seconde déclaration d'indépendance du 1er janvier 1846 par l'Assemblée Départementale du Yucatán. Le Yucatán connaissait plusieurs conflits internes, à côté du conflit avec le Mexique. D'un côté, les partisans de Mérida dirigés par Miguel Barbachan et de l'autre, il y avait les partisans de Campeche dirigés par Santiago Méndez. À cela s'ajoute un troisième conflit entre le gouvernement local et les « indigènes », servant de chair à canon dans la guerre contre le Mexique et payant les impôts excessifs nécessaires pour celle-ci.

Mérida contre Campeche et l'invasion nord-américaine

Le 25 septembre 1846, le gouvernement mexicain dénonce les lois du 21 février et reconnaît les traités de 1843 entre le Mexique et le Yucatán, la Constitution mexicaine de 1824 est rétabli et le pays retrouve un caractère fédéraliste.

À Mérida, la nouvelle fut bien reçue et ils étaient prêts à une réincorporation dans la « Fédération mexicaine » le 2 novembre 1846. En réaction, à Campeche, le conseil Municipal se prononce contre la réincorporation sachant que le Mexique était en conflit avec les États-Unis. L'invasion américaine aura lieu quelques mois plus tard en 1847.

La rivalité entre les caudillos Méndez de Campeche et Barbachano de Mérida ira à un tel niveau qu'à partir de 1847 le Yucatán se retrouve avec un gouvernement à Campeche et un autre à Mérida.

Suite au déclenchement de la guerre américano-mexicaine, la United States Navy prend la ville de Carmen en octobre 1846, affectant les exportations de Campeche. Les habitants de Campeche choisissent de rester neutres dans la guerre contre les États-Unis afin de récupérer le contrôle de ses ports; Campeche se prononce contre le gouvernement de Mérida le 8 décembre 1846, Campeche va utiliser les indigènes pour prendre le contrôle de la péninsule ce qui suscite la terreur et la consternation le long des côtes de l'État. Le 21 février 1847, la capitale se retrouve à Campeche et le gouvernement de la péninsule aussi sous la direction de Santiago Méndez. Washington

Le gouvernement de Campeche envoie une délégation conduite par le magistrat José Rovira à Washington pour éviter le blocus du reste des ports de la péninsule. Elle met en avant la position de neutralité du Yucatán pendant la guerre mexicaine contre les États-Unis, et que le Yucatán n'avait pas à appuyer le Mexique du fait des nombreuses injustices commises contre les Yucatèques par les gouvernements mexicains centralistes, le commerce avec le Golfe du Mexique étant fondamental pour la survie du Yucatán. Elle va jusqu'à proposer l'annexion de la région par les États-Unis.

La Guerre des castes :

Les Mayas étaient exaspérés de leur situation et le 30 juillet 1847 s'étaient soulevés contre la population blanche et métisse. En 1848, la guerre des castes s'était développée dans toute la région et était en passe d'être gagnée par l'extermination de la population blanche et métisse.

Le gouvernement de Santiago Méndez ne pouvait pas contrôler la situation et une commission à Washington fit une offre formelle afin que le Yucatán fut annexé par les États-Unis. Le président Polk accepta l'idée et proposa le « Yucatan Bill » au Congrès, qui la rejeta. Le soulèvement indigène était tellement puissant que la population non-indigène risquait de disparaitre. Méndez offrit la souveraineté yucatèque en échange d'un soutien militaire au gouverneur de l'île de Cuba, à l'amiral de Jamaïque, aux ministres d'Espagne et du Royaume-Uni, mais aucun ne répondit à l'offre. Réincorporation définitive au Mexique

Méndez décida de se retirer du gouvernement Yucatèque et en avril 1848, Miguel Barbachano prit le relai. Le premier acte de Barbachano fut d'informer le gouvernement mexicain, qui se trouvait dans la ville de Santiago de Querétaro, de la situation catastrophique du fait de la guerre des castes et il sollicita une aide militaire et économique. Le président mexicain, José Joaquín Herrera, vit d'un bon œil le geste de Barbachano et le 14 juillet 1848 offrit 150 000 pesos aux Yucatèques (des 3 millions que les États-Unis avaient offert pour indemnisation au Mexique du fait de la guerre). Le gouvernement mexicain envoya armes et munitions. Il envoya également le message suivant à Barbachano : « il est inutile, M. le Gouverneur, qu'après avoir exposé à V.E. les souhaits de la nation, les sentiments des représentants, et la conduite du Gouvernement en ce qui concerne le Yucatán, je m'étende pour vous convaincre de l'intérêt important que suscite cet État, et de la décision du Gouvernement de le sauver. Pour l'administration actuelle, tous les malheurs passés ne doivent être remémorés, sinon comme une sévère leçon qui pointe à tous le devoir de réparer une telle infortune. Monsieur le Président ne voit dans le Yucatán qu'une partie très intéressante de l'Union ; et dans ses citoyens, des frères livrés à la furie implacable de sauvages. »

Toutefois, ces événements engendrèrent des incidents et des révoltes tout au long de la seconde moitié du 19e siècle, sans trouver de fin. Les derniers révoltés mayas finiront massacrés, en 1908 à la veille de la révolution mexicaine, dans les ruines de l'ancienne cité de Tulum (Yucatan oriental, actuel État de Quintana Roo)

Épisode de la guerre des castes au Chiapas[modifier | modifier le code]

Un indigène Pedro Díaz Cuscat avait fabriqué une idole de terre cuite qui simulait la parole par un système de caisse de résonance. Il parvint ainsi à attirer un public crédule et nombreux. Il fit passer cette idole pour un dieu descendu du Ciel pour vivre parmi les indigènes. Sa compagne et complice Agustina Gómez Checheb se fit elle passer pour la mère du dieu ... Ils furent bientôt rejoints par une foule énorme venue adorer cette idole. Le jour du Vendredi Saint de 1868, une assemblée pagano-chrétienne présidée par le couple crucifia un enfant et le laissa mourir sur la croix. Le gouvernement fut averti de cet acte de barbarie et fit incarcérer deux instigateurs à San Cristóbal de las Casas[2].

Là intervint un aventurier mi-escroc mi-illuminé nommé Ignacio Fernandez de Gabindo qui avec sa compagne, une diseuse de bonne aventure nommée Luisa Quévedo, proposèrent au couple Pedro-Agustina de l'aider à s'échapper et à se libérer des blancs. Une armée d'indigènes fanatisés par les paroles de l'idole se forma et prit comme centre de commandement le village de Zontehuitz. Cette armée indigène se souleva en 1869 contre les autorités du Chiapas[3]. Elle attaqua des villages, des haciendas, des fermes, des personnes isolées, tuant tous les blancs et les ladinos (les ladinos sont des indigènes qui ont adopté le mode de vie des créoles, ils sont détestés des autres indigènes). Cette armée arriva près de San Cristóbal de las Casas et menaça de piller et d'incendier la ville si Pedro Diaz Cuscat et ses acolytes n'étaient pas libérés. Le gouverneur céda partiellement en ne libérant que Diaz Cuscat. Il garda Fernandez de Galindo et sa compagne en garantie de la sauvegarde de la ville. Mais Diaz Cuscat, le 21 juin 1869, à la tête de ses troupes attaqua quand même la ville. La multitude enragée égorgea tous ceux qui tombèrent en son pouvoir. Le gouverneur José Pantaleón Dominguez opposant une résistance opiniâtre réussit à mettre en déroute les assaillants. Le gouverneur fit exécuter publiquement Fernandez de Galindo et sa femme. Ce qu'il restait des insurgés fut poursuivi jusqu'à San Juan Chamula où ils se retranchèrent, mais mal commandés ils furent rapidement mis en déroute le 30 juin 1869. Les autres indigènes abusés par ces escrocs se dispersèrent et ne firent plus parler d'eux. Les derniers insurgés se rendirent en octobre 1870[4].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. pour tout l'article : Rocío Ortiz Herrera - Pueblos indios, Iglesia católica y elites políticos en Chiapas de 1824 a 1901 - Conculta - Chiapas - México - Prudencio Moscoso Pastraña - Rebeliones indígenas en los Altos de Chiapas - UNAM - México 1992 - Enrique Florescano - Etnía estado y nacíon - Ed. Aguilar México 1996
  2. pour tout l'article et García de León - Resistencia y utopía, memorial de agravios y crónica de revueltas y profecías acaecidas en la provincia de Chiapas durante los últimos quinientos anõs de su historia - Editorial ERA - México -1985
  3. (es) Milenarismo Y Mesianismo En La Guerra De Castas De Chiapas, 1867-1870
  4. Zebadua, E., Una Breve Historia de Chiapas, Fondo de Cultura Economica, Mexico DF, 2002

Liens externes[modifier | modifier le code]