Pancho Villa

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José Doroteo Arango Arámbula
Francisco Villa
Pancho Villa.
Pancho Villa.

Surnom El Centauro del Norte
Naissance
Río Grande ou San Juan del Río Durango
Drapeau du Mexique Mexique
Décès (à 45 ans)
Parral, Chihuahua
Drapeau du Mexique Mexique
Origine Mexique
Grade Général de division
Conflits Révolution mexicaine
Le colonel Francisco Villa après la prise de Ciudad Juárez, photographie du 10 mai 1911.
De gauche à droite : Candelario Cervantes, Pablo López, Francisco Villa, Francisco Beltrán et Martín López

José Doroteo Arango Arámbula, plus connu sous le pseudonyme de Francisco Villa, ainsi que sous le diminutif Pancho Villa car Pancho Page d'aide sur l'homonymie est l'hypocoristique mexicain de Francisco ( à Río Grande ou à San Juan del Río, Durango - à Parral, Chihuahua), hors-la-loi devenu général de l'armée fédérale au cours de la révolution mexicaine[1],[2].

Biographie[modifier | modifier le code]

Pour l'historien mexicain Enrique Krause (en) il est le fils d'Agustín Arango, lui-même fils illégitime de Jésus Villa[3]. D'autres sources donnent des versions différentes quant aux parents de Villa.

Orphelin à l'âge de douze ans, il dut subvenir aux besoins de sa famille en travaillant dans le ranch d’El Gorgojito, propriété de la famille López Négrete. Plus tard, le propriétaire du ranch, ou le fils de celui-ci ou peut-être son régisseur, tenta de violer Martina Arango; il défendit sa sœur à coups de pistolet. Arrêté, il s'évada en blessant son geôlier.

Dès 1891[3], il alterna les périodes de banditisme et de vie plus rangée. Il connut deux fameux bandits, Antonio Parra et Refugio Alvarado, qui lui apprirent à voler et à tuer.

Selon le docteur Ramón Puente, qui fut son secrétaire et qui écrivit une de ses biographies parmi les plus connues, Villa n'admit jamais que son changement de nom pût en quelque façon être un hommage à un bandit célèbre (dont actuellement on ne sait rien), mais simplement la reprise du nom de son grand-père maternel.

John Silas Reed, qui enquêta sur lui, nous dit qu'entre 1901 et 1909, Villa commit au moins quatre homicides, participa à dix incendies prémédités, à de nombreux vols et enlèvements pour la plupart perpétrés dans des fermes. Parallèlement à cette vie de bandit, il mène une vie d'honnête boucher. Les journaux de l'époque parlèrent beaucoup de lui[4]. En mai 1910, Villa et sa bande brûlent la mairie de Rosario, y volent le sceau officiel et l'utilisent pour fabriquer de faux documents légitimant la propriété du bétail volé dont Villa vend la viande dans sa propre boucherie. En mai 1910 il se présente au ranch de San Isidro en se faisant passer pour un acheteur de bétail. Lui et sa bande y tuent le propriétaire et son fils, encore enfant ; en juillet il tue d'un coup de poignard un des membres de sa bande qui l'avait dénoncé aux autorités[5]. En octobre 1910 il attaquera et pillera le ranch de Talamantes dans le district Jiménez (État de Chihuahua).

En 1910, il fait la connaissance d'Abraham González, gouverneur anti réelectioniste de Chihuahua.

Dans sa jeunesse, Villa ne buvait pas d'alcool et ne proférait jamais de jurons, habitudes qu'il conserva, sauf en ce qui concerne l'alcool sur les derniers moments de sa vie. Il était inculte et apprit à lire en captivité à Tlatelolco. Il fut toujours loyal à Madero. On l'appela le « Centaure du Nord ».

En 1910, le constitutionnaliste Francisco Madero, qui avait besoin d'hommes aguerris pour sa révolution, lui donna sa chance en le nommant colonel brigadier dans les forces irrégulières, et lui offrit le pardon de ses fautes passées. La prise de Ciudad Juárez décida du sort de Díaz, qui partit en exil en Europe, espérant éviter une guerre civile à son pays. Francisco Madero au pouvoir, Villa et sa brigade de 400 cavaliers passèrent sous les ordres du général de l'armée fédérale Victoriano Huerta, avec qui il apprit la discipline et les diverses tactiques militaires.

Huerta se rendit compte alors qu'il pourrait devenir un concurrent dangereux et il le fit arrêter pour un motif futile. Villa faillit être fusillé et ne fut sauvé qu'au dernier moment par Raúl Madero (en).

Il est assigné à résidence à El Paso jusqu'à l'assassinat du président Madero et du vice-président Pino Suárez en 1913, durant la décade tragique pendant laquelle Huerta prit le pouvoir. Faisant face à Huerta, Villa, pourvu de chevaux, d'équipement, d'armes et de munitions achetées aux États-Unis, obtint des victoires militaires importantes (aidé en cela dès 1914 par le général des troupes fédérales Felipe Angeles (en) artilleur qui avait étudié aux États-Unis et en France) dans le Nord du pays avec la prise des villes de Torreón, Ciudad Juárez, Chihuahua et Zacatecas qui provoquèrent la défaite de Huerta.

Pancho Villa, 1916

Au pouvoir à Chihuahua, Villa contrôlait des centres miniers et put faire frapper en 1914 des pesos d'argent pour payer ses troupes, ce qui lui permettait d'augmenter les effectifs, les soldes étant payées en monnaies d'argent et non en papier monnaie sans valeur ainsi que des pièces de cuivre. Il fit aussi imprimer des billets sans contre-valeur mais échangeables en argent métal dans les territoires sous son contrôle. Ce qui lui permit aussi de payer en argent métal les livraisons américaines de chevaux, de matériel, d'armes et de munitions[6].

Le 3 janvier 1914 Francisco Villa signe avec la compagnie cinématographique Mutual Film Corporation un contrat de 25 000 dollars (le double en pesos) lui donnant l'exclusivité de filmer ses combats. Ces films existent encore, on peut y voir la violence des combats et les nombreuses exactions commises de part et d'autre. Mutual Film payait aussi 500 dollars à Villa par exécution qu'elle filmait[7],[8]. Mutual Film tourne aussi le film The Life of general Villa avec Francisco villa dans son propre rôle, Raoul Walsh incarnant Villa jeune homme.

La victoire des constitutionnalistes dégénéra en une lutte fratricide entre révolutionnaires.

Plus tard, Villa à la tête de 800 hommes reprit la ville de Chihuahua et l'occupa pendant deux jours.

Déçu de la politique de Venustiano Carranza, il s'est allié avec Emiliano Zapata en 1915 (pacte de Xochimilco), a guerroyé jusqu'en 1920 quand, défait par Álvaro Obregón, il dut se retirer à Chihuahua.

En échange de sa reddition, le gouvernement révolutionnaire lui donna l'hacienda de Canutillo. Il y resta jusqu'à son assassinat par des tueurs au service d'Alvaro Obregón, qui le craignait toujours.[réf. nécessaire]

Il existe des milliers de photos et de nombreux films d'actualités d'époque où l'on voit le général Villa, son état-major et ses troupes (armée du Nord). Des combats ont été filmés où l'on voit les trains, les premiers avions en action.

Ruines de Columbus après le raid de troupes villistes

Attaque de la ville de Columbus[modifier | modifier le code]

Le 9 mars 1916 des forces villistes envahirent le territoire des États-Unis. Environ 400 cavaliers dirigés par le général Ramón Banda Quesada participèrent à l'attaque de la bourgade de Columbus au Nouveau-Mexique, incendiant divers immeubles, dont la poste et un hôtel. Villa ne participa pas à l'attaque. Le bilan fut de 14 soldats et 17 habitants de la ville tués et d'une centaine de morts du côté mexicain.

Une des raisons de cette attaque est que le Kaiser Guillaume II aurait promis 800 000 marks à Villa pour qu'il crée des problèmes avec les États-Unis, ceux-ci étant obligés d'envoyer une partie de leurs troupes au Mexique, alors qu'elles étaient destinées à la guerre en Europe. Villa y aurait consenti sans se faire payer, car il en voulait aux Américains de ne plus lui livrer d'armes, de fournitures, ni de chevaux ou de munitions nécessaires à ses troupes[9],[10],[11].

Les campagnes militaires et batailles[modifier | modifier le code]

Pancho Villa en uniforme de général de l'armée régulière à sa gauche en costume clair et chapeau, Raul Madero (es).
  • 1910 San Andrés, Santa Isabel, attaque d'un train, Bajío del Tecolote, Cerro Prieto.
  • 1911 Santa Rosalía et Camargo, Ciudad Juarez.
  • 1912 Parral (mars : tentative infructueuse de prise de Chihuahua).
  • 1913 Samalayuca, San Andrés, Santa Isabel, prise du train de Chavarria, Zacatecas, Durango. Torreon fut prise une 1re fois en octobre 1913.
  • 1914 San Andrés, Torreón, ville de Chihuahua, Ciudad Juárez, Tierra Blanca, Torreón, Ojinaga.
  • 1915 Saltillo, Monterrey, Irapuato, Celaya 1, Celaya 2, Guadalajara, León, Encarnación, Aguascalientes, Zacatecas, San Luis Potosi, Leon, Celaya, Querétaro, San Juan del Rio, Tula, Pachuca, Agua Prieta, Altamira, Guadalupe, San Ignacio, Villa Ahumada, Juárez, Ciudad Chihuahua, Casas Grandes.
  • 1916 Guérilla entre Chihuahua et Durango, Guerrero, escarmouches avec les troupes des États-Unis, ciudad Chihuahua, Santa Rosalia, Jiménez, Ciudad Chihuahua, Torreon.
  • 1917 Estación.
  • 1918 Guérilla.
  • 1919 Parral, Juarez, guérilla.
  • 1920 Sabinas.

Villa capitula avec les restes de la División del Norte (en) qui ne comptait plus que 651 hommes.

Villa et les femmes[modifier | modifier le code]

On ne sait exactement combien de fois Villa se maria, les historiens mexicains s'accordent sur le nombre d'environ 75[12]. Quelques femmes se sont fait connaître après sa mort comme ayant été officiellement mariées avec lui. Les plus connues sont :

  • Luz Corral
  • Juana Torres
  • Pilar Escalona
  • Asunción B.
  • Austreberta Rentería
  • María Amalia Baca
  • Soledad Seáñez Holguín
  • María Anaya

En 1946 le Congrès mexicain reconnut Soledad Seáñez Holguin comme épouse légitime de Villa, avec lequel elle s'était mariée en 1919[13].

Mais d'autres instances officielles mexicaines, dont la Présidence de la République, en reconnurent d'autres, telles que Manuela Casas ou Luz Corral[14],[15].

Numismatique[modifier | modifier le code]

Francisco Villa figurait déjà sur une pièce de 200 pesos de circulation courante frappée en 1985, aux côtés de Zapata, Madero et Carranza.

Une pièce de 5 pesos de circulation courante, à son effigie, a été frappée dans le cadre des commémorations du centième anniversaire de la Révolution de 1910.

Au temps de la guerre civile qui suivit la révolution, Villa fit émettre du papier monnaie, de la monnaie de cuivre et des pesos en argent.

En 1914 à Cuencamé, dans l'état de Durango deux généraux villistes, Ceniceros et Contreras, firent frapper une monnaie dit peso Muera Huerta, qui appelait à la mort du président Victoriano Huerta.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Luis Garfia M. Verdad y leyenda de Pancho Villa
  • Panorama Editorial - Mexico
  • Luis Garfias M : Compendio historico-politico-militar de
  • La revolucion mexicana. Panorama Editorial - Mexico
  • Jesus Silva Herzog (en) : La révolution mexicaine - Petite collection Maspero
  • Entre el Angel y el Fierro Francisco Villa - Enrique Krause - Biografia del poder
  • Fondo de Cultura economica - Mexico
  • John Reed Mexico Insurgente - editores mexicanos unidos - Mexico
  • Pancho Villa et la révolution Mexicaine - De Manuel Plana - Editions Casterman - Giunti.
  • Friedrich Katz (en) (es) Pancho Villa, Mexico, Ediciones Era, 1998 (4e réimpr. 2007), 2 tomes : tome 1 (ISBN 9789684114814) tome 2 (ISBN 9789684114838)

Filmographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (es) Víctor Ceja Reyes, Yo maté a Villa (« J'ai tué Villa »), Populibros La Prensa, Mexico, 1960
  2. (es) Luz Corral (sa veuve), Pancho Villa en la intimidad, Centro Librero, Chihuahua, México, 1976
  3. a et b (es) Enrique Krause, Francisco Villa : Entre el Angel y el Fierro, Fondo de Cultura Economica, Mexico, 1987 (ISBN 968-16-2285-5), page 7
  4. John Silas Reed - México insurgente
  5. (es) Enrique Krause, Francisco Villa : Entre el Angel y el Fierro, Fondo de Cultura Economica, Mexico, 1987 (ISBN 968-16-2285-5), page 12
  6. [1]
  7. (es) Caudillos mexicanos - El Universal, 16 novembre 2007
  8. (es) Enrique Krause, Francisco Villa : Entre el Angel y el Fierro, Fondo de Cultura Economica, Mexico, 1987 (ISBN 968-16-2285-5), page 27
  9. (es) Friedrich Katz, Alemania y Francisco Villa, Historia Mexicana, El Colegio de México, Centro de estudios históricos, Vol. 12, no 1, 1962, pp. 95-97
  10. (es) Ricardo Orozco, Flo Villa, Planeta Pub Corp, 2004 (ISBN 9-7037-0061-6)
  11. (es) Elías L. Torres, Vida Y Hechos De Pancho Villa, Epoca Editorial, México, 2001 (ISBN 978-9-6867-6905-0)
  12. (es) Sobre las tristes amores de Francisco Villa, el Hombre - Juan Zapata Pacheco, El Porvenir, 23 juin 2008
  13. (es) Soledad Seáñez Holguin, « Viuda de Pancho Villa », El País, article du 13 juillet 1996
  14. (es) Friedrich Katz, Pancho Villa, Ediciones Era, Mexico, 1998 (4e réimpr. 2007) tome 1 (ISBN 978-9-6841-1481-4), pp. 295-297 et p. 321
  15. (es) Francisco Ignacio Taibo, Pancho Villa biografía narrativa, Edit. Planeta, México, 2006 (ISBN 978-970-37-0334-0), page 14 et suivantes

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]