Office national d'études et de recherches aérospatiales

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ONERA
Création 1946
Siège Châtillon
Pays France
Coordonnées 48° 47′ 51″ N 2° 16′ 58″ E / 48.7975, 2.2828 ()48° 47′ 51″ Nord 2° 16′ 58″ Est / 48.7975, 2.2828 ()  
Rattachement Ministère de la Défense
Disciplines mécanique des fluides, science des matériaux, optronique, traitement de l'information,...
Effectif total 2100 (2011)
Doctorants 258
Site web http://www.onera.fr
Souffleries de Modane-Avrieux

L’Office national d'études et de recherches aérospatiales (ONERA) est le principal centre de recherche français dans le domaine de l'aérospatiale. Il réalise des études à portée pratique soit à son initiative soit à la demande de l'industrie aéronautique et spatiale. Cet établissement public à caractère industriel et commercial (EPIC) emploie environ 2 100 personnes dont une majorité de chercheurs, ingénieurs et techniciens répartis sur 8 sites. L'ONERA dispose de moyens d'essais et de calcul importants notamment le plus important parc de souffleries d'Europe.

Le président de l'ONERA est nommé en conseil des ministres sur proposition du ministre de la Défense. De mai 2003 à août 2013, son président fut Denis Maugars[1].

Historique[modifier | modifier le code]

L'ONERA a été créé sous ce nom en mai 1946, peu après la fin de la Seconde Guerre mondiale, afin de relancer la recherche aéronautique restée en sommeil en France durant l'occupation allemande. Il est créé sous l'insistance de Frédéric Joliot-Curie par décret du ministre communiste de l'armement Charles Tillon qui nomme son directeur de cabinet René Jugeau comme premier directeur général de l'ONERA[2]. Cette création correspond à la décision du gouvernement de récupérer, en tant que prise de guerre, et de déplacer en France la grande soufflerie allemande d'Ötztal se trouvant dans la zone d'administration française. L'ONERA détient ainsi un parc diversifié de souffleries qui constitue un des atouts de l'ONERA et est le plus important d'Europe[3].

René Jugeau est remplacé par Maurice Roy en 1949 en raison de désaccord avec son autorité de tutelle sur le financement de l'organisme. Lucien Malavard prend la direction de l'ONERA en 1962, puis Paul Germain lui succède l'année suivante. Il est remplacé par Raymond Castaing en 1968[4]. Dans les années 1950 et 1960 l'ONERA participe à la mise au point des techniques nouvelles nécessaires à la mise au point des hélicoptères, des missiles et des moteurs en particulier dans le domaine de la propulsion supersonique et hypersonique. Il accompagne la forte croissance de l'industrie aérospatiale française qui donne naissance à cette époque aux chasseurs Mirage, au transporteur supersonique Concorde, aux avions du constructeur Airbus et aux lanceurs Ariane.

Jusqu'en 1963, ONERA est l'acronyme pour « Office national d'études et de recherches aéronautiques ». Le nom est ensuite changé pour « Office national d’études et de recherches aérospatiales ». En janvier 2007, pour répondre à une volonté de visibilité internationale plus grande, le centre de recherche adopte la dénomination « ONERA : The French Aerospace Lab » (en français : « ONERA : Le laboratoire aérospatial français ») et se dote d'une signature de marque : « Retour sur innovation ».

Missions[modifier | modifier le code]

La vocation de l'ONERA est de soutenir par la recherche et l'innovation l'industrie aérospatiale nationale et européenne. Parmi les clients-partenaires de l'ONERA, on trouve les grandes sociétés du secteur comme EADS (avec Airbus, Eurocopter, Astrium), Safran (avec Snecma, Herakles, Turbomeca, Sagem), Dassault Aviation, Thales… mais également les PME-PMI qui sont encouragées à profiter de l'expertise des ingénieurs de l'ONERA et à bénéficier d'opportunités en matière de transfert de technologies. L'ONERA mène également sur fonds propres des recherches dans un cadre plus prospectif, afin d'anticiper les besoins technologiques futurs. Il se consacre à la recherche scientifique, par exemple en aérodynamique pour des applications concrètes en aéronautique, pour la conception de lanceurs, ou pour de nouvelles technologies de défense (les drones). Dans le domaine spatial, l'ONERA effectue des recherches pour le compte des agences spatiales tant française (Centre national d'études spatiales) qu'européenne (Agence spatiale européenne) ainsi que dans le domaine de la défense, pour la Direction générale de l'armement. L'activité se répartit entre les débouchés civil (1/3), militaire (1/3) et mixte (1/3)[5].

Domaines de recherche[modifier | modifier le code]

L'activité scientifique de l'ONERA est organisée en 16 départements structurés en quatre branches :

  • Mécanique des fluides et énergétique étudie les phénomènes complexes associés aux écoulements internes et externes des fluides. Il intervient dans le domaine de l'aérodynamique, de la combustion (turboréacteurs, statoréacteurs, superstatoréacteurs, moteurs de fusées à propergols solides et à ergols liquides) et met au point des logiciels de simulation numériques. Son objectif est d'améliorer les performances des aéronefs et des systèmes propulsifs[6].
  • La branche matériaux et structures effectue des recherches sur les matériaux et structures utilisées dans les industries aérospatiales. Il s'intéresse à l'amélioration de matériaux utilisés, à son comportement ainsi qu'au développement de modèles numériques associés[7].
  • Physique intervient dans les domaines de l’électromagnétisme, de l’électronique et de l’optique pour des applications principalement militaires (radar, guerre électronique, systèmes laser, imagerie infrarouge) et des équipements de mesure embarqués (navigation inertielle,....)[8].
  • Traitement de l'information et systèmes s'intéresse aux applications aérospatiales des technologies du traitement de l'information : système informatique embarqué, développement d'outils de recette d'applications informatiques complexes, interface homme-machine[9].

Le département de la Prospective aérospatiale complète cette organisation, depuis 2011.

Sites[modifier | modifier le code]

L'ONERA est organisé en huit centres géographiques employant environ 2 000 personnes, dont 1 500 ingénieurs et scientifiques incluant 258 doctorants et post-doctorants ainsi que du personnel technique.

Trois centres situés en Île-de-France :

  • à Palaiseau, dans les bâtiments de l'ancien fort
  • à Châtillon (Hauts-de-Seine)
  • à Meudon, sur le site de l'ancien Établissement Central de l'Aérostation Militaire, créé en 1877

Un centre dans le nord de la France :

Deux centres en Midi-Pyrénées :

Deux centres dans le sud-est de la France :

Moyens[modifier | modifier le code]

L'ONERA dispose d'un ensemble de souffleries unique en Europe gérés par la Direction des Grands moyens techniques (GMT). Ces souffleries sont principalement implantées à Modane et au Fauga-Mauzac. Parmi celles-ci figure la soufflerie S1MA du site de Modane en Savoie, d'une puissance totale de 88 MW, qui est la plus grande soufflerie du monde de type sonique (nombre de Mach de 0,5 à 1). L'ONERA dispose également de nombreux types d'équipement de mesures et de bancs d'essais ainsi que de moyens de calcul importants (supercalculateur Stelvio ayant une puissance crête de 59,3 Tflops utilisé pour les simulations)[10].

Le budget de l'ONERA est de 244 millions € (2011) dont 59% sont fournis par des activités sur contrats avec des industriels et le solde provient d'une subvention annuelle de l'État.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Décès de Denis Maugars, Président Directeur Général de l’ONERAOnera, 11/08/2013
  2. Michel Pinault, Frédéric Joliot-Curie, Ed. Odile Jacob, 2000, p. 324
  3. « Histoire », sur ONERA (consulté en 23 février 2013)
  4. Un demi-siècle d'aéronautique en France dirigé par JM Weber. Ed. Histoire de l'armement (2008)
  5. « Mission et objectifs », sur Onera (consulté en 23 février 2013)
  6. « Mécanique des fluides et énergétique », sur ONERA (consulté en 23 février 2013)
  7. « Matériaux et structures », sur ONERA (consulté en 23 février 2013)
  8. « Physique », sur ONERA (consulté en 23 février 2013)
  9. « Traitement de l'information et systèmes », sur ONERA (consulté en 23 février 2013)
  10. « Les moyens de calcul intensif », sur Onera (consulté en 23 février 2013)

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sites des centres de l'ONERA