Centrale nucléaire de Forsmark

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Centrale nucléaire de Forsmark
Image illustrative de l'article Centrale nucléaire de Forsmark
Centrale nucléaire de Forsmark.
Administration
Pays Drapeau de la Suède Suède
Coordonnées 60° 24′ 12″ N 18° 10′ 00″ E / 60.4033, 18.1667 ()60° 24′ 12″ Nord 18° 10′ 00″ Est / 60.4033, 18.1667 ()  
Opérateur Vattenfall
Date de mise en service 1980
Réacteurs
Réacteurs actifs 3 réacteurs à eau bouillante
Puissance nominale 2 x 1010 MW
1 x 1190 MW
Production d’électricité
Divers

Géolocalisation sur la carte : Suède

(Voir situation sur carte : Suède)
Centrale nucléaire de Forsmark
Schéma du fonctionnement d'un réacteur.

La centrale nucléaire Forsmark est située dans la localité de Forsmark sur la côte est de l'Uppland, à 150 km de Stockholm, en Suède. C'est l'une des trois centrales nucléaires suédoises en fonctionnement : elle produit environ un sixième de l'électricité suédoise.

La centrale dispose de 3 réacteurs nucléaires du type réacteur à eau bouillante (BWR):

  • Forsmark-1 : 1011 MWe, mis en service en 1980 ;
  • Forsmark-2 : 951 MWe, mis en service en 1981 ;
  • Forsmark-3 : 1 190 MWe, mis en service en 1985.

La production annuelle s'élève à 23,5 TWh[1].

La Suède couvre environ 50 % (69,5 TWh(e)) de ses besoins électriques à partir de l'énergie nucléaire provenant des 3 centrales (Forsmark, Oskarshamn, Ringhals) avec au total 10 réacteurs nucléaires. Deux autres centrales avec 3 réacteurs ont déjà été arrêtées[2].

L'exploitant de Forsmark est la société Forsmark Kraftgrupp, une filiale du groupe Vattenfall.

Les principaux événements[modifier | modifier le code]

Découverte de la catastrophe de Tchernobyl[modifier | modifier le code]

C'est grâce aux capteurs de radioactivité situés dans la centrale nucléaire pour détecter les fuites locales, que Forsmark a été, le 27 avril 1986, le premier site en dehors de l'URSS où les conséquences de la catastrophe de Tchernobyl sont devenues apparentes. Lorsque des travailleurs de la centrale qui transportaient des particules radioactives ont été détectées, l'origine de la fuite a été examinée et il est apparu que la contamination venait de l'atmosphère plutôt que de la centrale locale.

Incident de juillet 2006[modifier | modifier le code]

Le 25 juillet 2006, le réacteur Forsmark-1 a été sujet à un incident (niveau 2 selon l'échelle INES), quand survint une panne de courant conjuguée à une indisponibilité partielle (selon un article de Libération[3]) ou totale (selon un article de Radio France internationale[4]) des générateurs de secours du système de refroidissement.

La cause de la panne électrique est attribuée à un court circuit hors de la centrale, sur le réseau d'évacuation d'énergie en 400kV[3],[5]. Les réacteurs de celle ci ont alors été mis à l'arrêt, nécessitant dès lors un refroidissement moindre.

Cependant, ce système de refroidissement qui aurait dû être assuré par quatre générateurs de secours n'a pas pu opérer normalement. Les comptes rendus divergent :

  • L'Autorité de sureté nucléaire suédoise précise dans le Rapport sur l'incident que le court-circuit apparu sur le réseau d'évacuation 400kV a mis hors service deux des quatre systèmes d'alimentation électrique sans interruption (UPS basées sur des batteries) qui à leurs tours ont empêché la connexion de deux des quatre générateurs de secours. Ces deux générateurs ont pu être reconnectés après 22 minutes. Les UPS sont utilisées pour démarrer rapidement les générateurs de secours. Si elles ne fonctionnent pas les exploitants peuvent démarrer les groupes en utilisant le réseau électrique de distribution en 20 minutes environ. Il est précisé dans le rapport que même si plus de deux UPS n'avaient pas fonctionné, il demeurait une large marge de sécurité avant la fusion du cœur.
  • Selon Libération, deux des générateurs ont fonctionné normalement et les deux autres n'ont pu être démarrés qu'au bout de 21 minutes et 41 secondes[3].
  • Selon RFI, aucun des quatre générateurs n'a fonctionné immédiatement et il a fallu une vingtaine de minutes pour démarrer deux d'entre eux[4].
  • Le Monde et le quotidien allemand TAZ adoptant des formulations plus ambigües[5],[6].

L'insuffisance de refroidissement d'un réacteur peut mener à terme à la fusion de celui ci.
Lars-Olov Höglund, un ingénieur qui a participé à la construction de la centrale de Forsmark et cité par TAZ, estime qu'il ne restait que 7 minutes avant la fusion du cœur[5],[note 1] L'inspection de la sûreté nucléaire suédoise (SKI) et le directeur de la centrale nucléaire de Forsmark rejettent cette analyse et déclarent que la description fournie par Höglund est incorrecte et qu'il n'y a pas eu de risque de fusion du cœur[7], tandis qu’une analyse de l'incident réalisée par KUS (Kärnkraftsäkerhet och Utbildning AB) explique que dans la pire des situations, soit le non-démarrage des quatre diesels et l'incapacité des opérateurs à les démarrer, la fusion du cœur aurait eu lieu dans les 8 heures[8],[note 2].

L'analyse de l'incident a mis en exergue le défaut d'un élément des générateurs de secours et deux autres réacteurs suédois ont été arrêtés temporairement à la Centrale nucléaire d'Oskarshamn (ainsi que d'autres dans d'autres pays) afin de changer la pièce incriminée[3].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. On remarque qu'il s'agit vraisemblablement d'une valeur théorique, 7 minutes (avant fusion) plus 23 minutes (d'indisponibilité -partielle ou totale- des générateurs selon l'article de TAZ qui le cite) donnant un chiffre rond de 30 minutes et cette personne n'ayant par ses fonctions aucune raison d'avoir été présente lors de l'évènement. Par ailleurs, l'article mentionne une destruction du réacteur précédant d'une heure et demie la fusion du cœur ce qui est une incohérence manifeste.
  2. La différence d'ordre de grandeur entre les estimations peut s'expliquer par le fait qu'Höglund a pu oublier de prendre en compte l'extinction du réacteur, qui abaisse la quantité d'énergie nécessaire à son refroidissement d'un ordre de grandeur de 97 %

Références[modifier | modifier le code]

  1. Vattenfall : Forsmark
  2. (en) AIEA: Power Reactor Information System, Select country: Sweden, Kingdom of
  3. a, b, c et d « La Suède refroidie par ses réacteurs », sur http://www.sortirdunucleaire.org,‎ 05/08/2006 (consulté le 19 mars 2011)
  4. a et b Colette Thomas, « Une panne nucléaire fait des remous en Europe », sur http://www.rfi.fr/,‎ 09/08/2006 (consulté le 24 mars 2011)
  5. a, b et c « Nur wenige Minuten vor dem GAU », sur http://www.taz.de,‎ 03/08/2006 (consulté le 19 mars 2011)
  6. Antoine Jacob, « Incident "sérieux" dans une centrale nucléaire suédoise », sur http://www.sortirdunucleaire.org,‎ 06/08/2006 (consulté le 24 mars 2011)
  7. Sveriges Television: SKI: Ingen risk för härdsmälta (Swedish)
  8. The Forsmark incident 25th July 2006 - Analysgruppen

Annexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]