Institut national des radioéléments

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50° 27′ 02″ N 4° 32′ 06″ E / 50.45055, 4.5350415

L'Institut national des radioéléments (IRE) est une fondation d'utilité publique belge créée en 1971 et active dans le domaine de la chimie nucléaire.

Elle est implantée dans le site industriel situé à Fleurus, dans le Hainaut. Elle est surtout renommée pour l'élaboration d'isotopes radioactifs utilisés en médecine nucléaire à des fins de diagnostic (dépistage des tumeurs cancéreuses, analyse du fonctionnement des organes, dépistage de maladies cardiovasculaires) et de thérapie (traitement du cancer, soins palliatifs). La manière dont la médecine nucléaire se sert des radioisotopes est notamment expliquée par la scintigraphie (qui est une méthode en imagerie médicale basée sur les radioisotopes)

L'IRE produit aussi des équipements de mesure de la radioactivité, fait de la consultance en sécurité nucléaire et s'intéresse au stockage des déchets radioactifs. Sa filiale Transrad assure le transport des matières fissiles et radioactives en Belgique. l'IRE est le pendant wallon du SCK-CEN de Mol. L'entreprise ne dispose pas de réacteur nucléaire sur le site et fait appel au réacteur BR2 du SCK-CEN, au réacteur OSIRIS du CEA de Saclay et au réacteur HFR de Petten[1] aux Pays-Bas.

Isotopes à usage médicaux[modifier | modifier le code]

L'IRE produit :

  • du molybdène 99, isotope source du technétium 99 et du technétium 99m, qui sont indispensables pour la prévention de multiples formes de maladies cardiaques ou de cancers (de plus, de nombreuses recherches sur les maladies dégénératives du cerveau comme les maladies d'Alzheimer et de Parkinson sont effectuées avec ces radioéléments),
  • de l’iode 131 qui, associé à une molécule ou des anticorps spécifiques (qui feront office de vecteur) va être utilisée pour des applications thérapeutiques concernant des maladies thyroïdiennes ou d’autres cancers,
  • de l’yttrium 90 qui, combiné à un anticorps sert à la thérapie de cancers non hodgkiniens (voir Maladie de Hodgkin),
  • du xénon 133 et du rhénium 188.

Incidents et polémiques[modifier | modifier le code]

L'IRE est apparue plusieurs fois dans les médias. Le choix du site de Fleurus pour le stockage de déchets radioactifs a notamment été contesté à cause de la proximité d'une nappe phréatique et de l'instabilité des terrains engendrée par l'exploitation de la houille dans le sous-sol de la région par le passé.

Irradiation d'un travailleur chez Sterigenics en 2006[modifier | modifier le code]

Le 11 mars 2006, un ouvrier travaillant à l'irradiation des aliments chez Sterigenics a été fortement irradié par la source de rayonnement ionisant au Cobalt-60. Il est entré dans le local alors que la source n'avait pas été mise en sécurité et a reçu une forte dose, potentiellement mortelle, de 4,4 à 4,8 grays. C'est un incident INES 4. L'IRE avait un contrat de gestion de la sécurité dans l'entreprise[2],[3],[4].

Rejet d'iode radioactif en 2008[modifier | modifier le code]

Le 25 août 2008, l'IRE fait aveu d'un incident ayant provoqué un rejet d'iode-131, par une cheminée, estimée à 45 gigaBecquerel (incident provisoirement évalué à 3 sur l'échelle de l'INES). L'émission, longue, mais de faible intensité n'a pas été détectée par le réseau Telerad[5].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (nl) nl:Kerncentrale Petten
  2. Virginie Schrayen, « ACCIDENT RADIOLOGIQUE SURVENU À STERIGENICS, FLEURUS, EN MARS 2006... », Agence fédérale de Contrôle nucléaire (consulté le 14 septembre 2008)
  3. « ...premiers éléments de l'enquête sur l'accident d'irradiation d'un opérateur sur le site de Sterigenics à Fleurus », AFCN (consulté le 14 septembre 2008)
  4. Interpellation de Jean-Marc Nollet à la Chambre, le 3 mai 2006.
  5. Ph. Law, « Fleurus : Télérad aurait dû détecter la fuite d'iode », La Libre Belgique,‎ 2 septembre 2008 (consulté le 3 septembre 2008)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]