Pléiades (satellite)

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Pléiades (satellite)

Caractéristiques
Organisation CNES
Domaine Télédétection civile et militaire
Masse 980 kg
Lancement 17 décembre 2011 pour Pléiades-1A, 2 décembre 2012 pour Pléiades-1B
Lanceur Soyouz, depuis le centre spatial guyanais
Durée de vie 5 ans
Localisation Orbite héliosynchrone, 694 km
Télescope
Type Korsch
Diamètre 650 mm[1]
Longueur d'onde Visible, proche infrarouge

Pléiades est un couple de deux satellites optiques d'observation de la Terre. Les satellites Pléiades 1A et Pléiades 1B opèrent en véritable constellation sur la même orbite, à 180° l’un de l’autre. Parfaitement identiques, ils fournissent des produits optiques en très haute résolution dans un temps record, avec une capacité de revisite quotidienne. Les produits Pléiades sont distribués par Spot Image, filiale d'Astrium.

Le projet Pléiades[modifier | modifier le code]

En matière d’observation de la Terre, l’évolution des enjeux civils et militaires européens plaide aujourd’hui en faveur de l’accès à plusieurs niveaux de résolution d’image. Les images obtenues par le système optique Spot 5 présentent l’avantage de balayer un champ géographique large (60 km), avec une résolution inférieure à 3 m. L'objectif du programme Pléiades quant à lui, est de fournir une nouvelle génération d'images mieux résolues (détection d'objets inférieurs à 1 mètre) sur des superficies plus réduites allant d’une cinquantaine à plusieurs centaines de km2 [2].

Ainsi, la complémentarité des systèmes SPOT et Pléiades permettra aux utilisateurs civils (cartographes, vulcanologues, géophysiciens, hydrologues, urbanistes etc.) et militaires d’accéder à une gamme d’images plus riche, et mieux adaptée à la variété de leurs besoins.

D’autre part, au travers d’une coopération franco-italienne, le système optique Pléiades a été développé sous l’égide du CNES en parallèle du système radar Cosmo-Skymed, sous la responsabilité de l’agence spatiale italienne. Les utilisateurs accéderont ainsi à un choix encore plus riche d’images : optique et radar, haute et moyenne résolution, couverture géographique plus ou moins vaste etc.

Système Pléiades[modifier | modifier le code]

  • Initiateur : CNES (maître d'œuvre de l'ensemble du système Pléiades)
  • Origine : Programme ORFEO (Optical and Radar Federated Earth Observation) de coopération spatiale franco-italienne, régi par le traité du Turin
  • Statut : premier satellite lancé en décembre 2011
  • Opérateur civil : Spot Image / Astrium GEO-Information Services
  • Participants : Agences spatiales française, suédoise, belge, espagnole et autrichienne, les ministères des défenses française, espagnole et italienne
  • Objectifs : Couvrir l’ensemble des besoins européens civils et militaires dans la catégorie de la résolution submétrique.
  • D’une masse d’une tonne, ils évoluent en orbite héliosynchrone à 694 km d’altitude avec une capacité d’acquisition utile pouvant atteindre 600 images par jour. Ces satellites, construits autour d’un télescope central, sont dotés de capacités de manœuvre exceptionnelles du fait de la position de leur centre de gravité et de l'utilisation d'actionneurs gyroscopiques (CMG).

Mission[modifier | modifier le code]

Pour répondre aux besoins de cartographie fine, notamment en zone urbaine et en complément de la photographie aérienne, Pléiades doit offrir de fortes capacités d'acquisition stéréoscopique instantanées et la capacité de couvrir des zones étendues. Pour des applications telles que la sylviculture, la géologie et l'environnement marin, Pléiades doit, de par ses caractéristiques spectrales et ses possibilités de caractérisation tridimensionnelle des surfaces, compléter les informations fournies par d'autres capteurs, tels que ceux de Spot-5, en fournissant des informations mieux résolues spatialement[3].

Domaines d’application[modifier | modifier le code]

Le système Pléiades est conçu pour répondre aux applications de télédétection en Très Haute Résolution (THR), par exemple :

  • Aménagement : détection et identification d’éléments inférieurs à 1m² : véhicules mobiliers urbains, réseaux de voirie, buisson isolés.
  • Agriculture : gestion des espaces et de la production agricole, repérage de zones de maladies des cultures
  • Urbanisme et démographie : localisation de constructions individuelles
  • Défense : recueil de renseignements dérivés des images et planification tactique
  • Sécurité civile : prévention, assistance durant les crises et évaluation post-crise notamment en cas de séisme
  • Hydrologie : topographie et études des pentes des bassins versants
  • Forêts : déforestation illégales et gestion de la production sylvicole
  • Mer et littoral : reconnaissance de navires et pollutions
  • Génie civil : tracés routiers, ferrés et oléoducs.

Réalisation des satellites[modifier | modifier le code]

Le contrat final est signé en octobre 2003 pour un montant de 314 M€[4]. Le programme étant civil et militaire, le financement est en partie assuré par le ministère de la Défense qui le finance à auteur de 165 M€, transféré au CNES via le Budget civil de recherche et de développement. Il s'agit alors de deux satellites de 1 tonne, capables d'une résolution de 70 cm (GSD) en mode panchromatique et 2,8 m en mode multispectral. Ils fourniront des produits rééchantillonnés à 50 cm (noir et blanc) et 2 m (bandes couleurs).

Ce programme prévoit d'exploiter conjointement les satellites Pléiades (optique) et Cosmo/Skymed (radar), dont les quatre satellites ont été lancés entre 2007 et 2010. Chaque pays a droit, pour des utilisateurs civils et militaires, à un accès au système de son partenaire.

Maîtrise d'œuvre du segment spatial[modifier | modifier le code]

EADS Astrium Satellites assure la maîtrise d'œuvre dans son usine de Toulouse.

Le satellite, pesant finalement 980 kg, est d'une très grande agilité. Grâce à trois senseurs stellaires de Sodern, un central avec quatre gyroscopes à fibre optique (FOG) d'IXSEA et Astrium, quatre actionneurs gyroscopiques à contrôle de moment (CMG) et un récepteur Doris du CNES, les images sont localisées à mieux que quelques mètres et la capacité de basculement est de 60° en moins de 25 secondes. Ces actionneurs gyroscopiques sont une première en Europe. Les gyroscopes à fibre optique de Pléiades sont également une première en Europe et se trouvent également sur les satellites Aeolus et Coms.

Le programme est mené en coopération avec la Suède (3 %), la Belgique (4 %), l'Espagne (3 %) et l'Autriche (0,4 %).

La Suède fournit le calculateur de bord (Saab Ericsson), l'Autriche apporte la carte d'interface du calculateur, la Belgique fournit la structure du bus (Sonaca) et le boîtier de distribution (Etca) quant à l'Espagne, elle est présente au travers d'EADS Casa, de Thales Alenia Space-Espagne, de Rymsa (antenne bande S) et de Sener (mécanisme d'obturateur). En outre, les batteries Li-lon proviennent de chez ABSL (Royaume-Uni), le magnétomètre et le magnéto-coupleur d'IAI (Israël), etc.

Le satellite a une durée de vie nominale de cinq ans et une puissance à bord de 1,5 kW, fournie par trois panneaux solaires fixes, le satellite basculant rapidement vers le Soleil pour les recharger dès sa sortie d'éclipse, ou avant de rentrer de nouveau en éclipse, pendant une dizaine de minutes. La mémoire embarquée a été portée à 600 Gbits et la retransmission au sol à 450 Mbit/s.

Instrument[modifier | modifier le code]

C'est Alcatel Space (devenu maintenant Thales Alenia Space) qui réalise les instruments de Pléiades, dans l'établissement de Cannes :

  • Le premier modèle est livré en juillet 2008 à EADS Astrium pour son intégration sur la plate-forme, l'ensemble devant être livré à Kourou quinze mois plus tard[4].
  • L'instrument de Pléiades-1B est livré en novembre 2009 chez Astrium pour un lancement devant intervenir quelques mois après celui de Pléiades-1A[5].

L'instrument, pesant 200 kg, comprend de nombreuses innovations[1] :

  • la structure est en carbone-carbone,
  • les miroirs de Thales SESO en Zerodur[6],
  • le miroir primaire a un diamètre de 0,650 m
  • le plan focal de Sodern,
  • l'électronique vidéo hautement intégrée, les barrettes CCD d'e2v (Royaume-Uni) comprend cinq barrettes de 6 000 points chacune, soit 30 000 points par ligne. De plus, ces CCD sont du type TDI (Time Delay Intégration) amincis.
  • la résolution est 0,7 m en mode panchromatique et 2,8 m en mode multispectral.
  • un dispositif original de refocalisation thermique, avec une précision en température de l'ordre du dixième de degré.
Caractéristiques du radiomètre Pléiades[7]
Mode Canal Bande spectrale
Multispectral 1 430 – 550 nm (bleu)
2 490 – 610 nm (vert)
3 600 – 720 nm (rouge)
4 750 – 950 nm (proche infrarouge)
Panchromatique P 480 – 830 nm (noir & blanc)

Résultats[modifier | modifier le code]

Les caractéristiques des produits après traitements sont[7] :

Échantillonnage des produits PAN 50 cm (acquisition à 70 cm rééchantillonnée à 50 cm), Combinée: 50 cm PAN (acquisition à 70 cm rééchantillonnée à 50 cm) & 2 m MS
Trace au sol 20 km largeur
Mosaïque en simple passage jusque 100 km × 100 km

Segment sol[modifier | modifier le code]

Le segment sol comprend :

  • le centre de contrôle et de commande réalisé par CS ;
  • les centres utilisateurs pour Spot Image, opérateur civil avec une délégation de service public, la défense française, les partenaires institutionnels (IGN, scientifiques, etc.) ;
  • les équipements de sécurité assurant la protection des communications avec le satellite ainsi que celle des images que celui-ci fournit sont réalisés par Thales Communications.

Spot Image utilise les stations de Kiruna et de Toulouse, la défense française celle de Creil, l'Italie dispose de la station de Pratica di Mare et l'Espagne a celle de Torrejón de Ardoz près de Madrid (distincte de celle de l'Union européenne).

Lancements[modifier | modifier le code]

Pléiades-1A est lancé du Centre spatial guyanais, par un lanceur Soyouz, le 17 décembre 2011[8]. Pléiades-1B est lancé avec succès depuis le Centre spatial guyanais, par un lanceur Soyouz, 2 décembre 2012 à 02h02 UTC[9].

Exportation[modifier | modifier le code]

Émirats arabes unis[modifier | modifier le code]

Le 22 juillet 2013, Les Émirats arabes unis (EAU) signent un contrat de plus de 700 millions d'euros pour deux satellites militaires d'observation basés sur Pléiades, avec Jean-Loïc Galle, PDG de Thales Alenia Space et François Auque, PDG d'Astrium, en présence de Jean-Yves Le Drian, ministre de la Défense française[10].

En juillet 2014, le contrat n'étant toujours pas mis en oeuvre, Airbus Space Systems et Thales Alenia Space sont à nouveau proche de conclure, ayant réglé les problèmes dus aux clauses, notamment celles portant sur les composants américains (réglementation ITAR)[11].

Maroc[modifier | modifier le code]

Le Maroc a aussi reçu en 2013, deux satellites espion de type Pléiades en phase (1+1) en 2013, secrètement pour la somme de 500 millions d'euros[12].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b L'instrument optique sur le site du CNES
  2. « Une nouvelle génération d'images optiques terrestres pour mieux répondre aux enjeux civils et militaires européens » Pléiades sur le site du CNES
  3. Principales caractéristiques de la mission sur le site du CNES
  4. a et b Christian Lardier, « Le satellite Pléiades-1 sort de ses difficulté », Air et Cosmos, no 2133,‎ 11 juillet 2008, p. 60-61 (ISSN 1240-3113)
  5. Jean-Pierre Largillet, « Thales Alenia Space livre "l'œil de lynx" du satellite d'observation Pléiade », dans WebTimesMedia, 19 novembre 2009, en ligne www.webtimemedias.com
  6. « Thales Alenia Space va livrer à Astrium l’instrument optique à très haute résolution pour Pléiades », 9 juillet 2008, communiqué de presse online www.thalesgroup.com
  7. a et b Produits Pléiades CNES
  8. Lancement du 1er Pléiades sur le site du CNES
  9. Voir le lancement sur le site du Forum de la Conquête spatiale
  10. Véronique Guillermard, « Satellites d'observation : La France a la meilleure technologie », dans Le Figaro, 22 juillet 2013, en ligne sur les site www.lefigaro.fr
  11. Michel Cabirol, « Satellites espions : la France à nouveau proche de conclure aux Emirats Arabes Unis », dans La Tribune, 18 juillet 2014, Satellites espions : la France à nouveau proche de conclure aux Emirats Arabes Unis
  12. http://www.latribune.fr/entreprises-finance/industrie/aeronautique-defense/20140203trib000813365/armement-la-france-a-vendu-deux-satellites-espions-au-maroc-en-2013.html

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]