Nogent (Haute-Marne)

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Nogent
La mairie
La mairie
Blason de Nogent
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Champagne-Ardenne
Département Haute-Marne
Arrondissement Arrondissement de Chaumont
Canton Canton de Nogent
Intercommunalité Communauté de communes du Bassin Nogentais
Maire
Mandat
Anne-Marie Nedelec
2014-2020
Code postal 52800
Code commune 52353
Démographie
Gentilé Nogentais
Population
municipale
3 953 hab. (2011)
Densité 72 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 01′ 49″ N 5° 20′ 46″ E / 48.0302777778, 5.34611111111 ()48° 01′ 49″ Nord 5° 20′ 46″ Est / 48.0302777778, 5.34611111111 ()  
Altitude Max. 410 m
Superficie 54,63 km2
Localisation

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Liens
Site web www.villedenogent52.com

Nogent est une commune française, située dans le département de la Haute-Marne en région Champagne-Ardenne.

Habitants[modifier | modifier le code]

Gentilé : Nogentais(es). Anecdotiquement, les habitants de la ville haute sont surnommés les Fouéroux et les habitants de la ville basse les Balibeux.

Géographie[modifier | modifier le code]

Bâtie sur un plateau rocheux, à 400 m d'altitude, la ville haute domine la vallée de la Traire, affluent de la Marne. Aujourd’hui, Nogent, ville industrielle de 3985 habitants (4e ville du département), se trouve à proximité des autoroutes A31 et A5. Dans un cadre boisé, calme et verdoyant, elle n’est plus qu’à 2 heures et demie de Paris, Lyon, l’Allemagne et la Suisse. Cette situation favorable place le bassin nogentais en pleine modernisation, en excellente position dans l’Europe.

Climat[modifier | modifier le code]

Nogent est soumis, comme la Haute-Marne et plus spécialement le plateau de Langres, à un climat semi-océanique avec de sensibles influences continentales. Les précipitations sont abondantes : entre 810 et 1070 mm par an, qui se répartissent assez régulièrement tout au long de l'année. Elles sont toutefois plus marquées de novembre à mars et en mai. On compte de 150 à 180 jours de précipitations dont 20 à 30 jours avec chutes de neige. La température moyenne annuelle est fraîche, elle se situe autour de 9 °C, avec 70 à 85 jours de gel, dû à l'altitude relativement élevée de Nogent (environ 400 mètres, sur un plateau rocheux). La durée d'insolation totale annuelle est voisine de 1750 heures, mais ne dépasse pas 170 heures en moyenne de novembre à janvier. Les vents modérés en moyenne, dominent des secteurs Sud à Ouest, avec une composante de Nord-Est non négligeable en hiver.

Les étés sont chauds, parfois caniculaires, avec des températures avoisinant quelques fois (et de plus en plus souvent) les 35 °C. Ils sont aussi orageux. Les hivers ont tendance (mais malgré tout de moins en moins) à être longs et froids, avec des températures descendant sous les -15 °C, parfois bien moins (-18 °C début 2007, -20 °C en mars 2006) ; le record de la région est pour Langres (à 20 km de Nogent) où il a fait -33 °C le 9 décembre 1879.

Histoire[modifier | modifier le code]

L’existence de mégalithes (dolmens, notamment celui de la Pierre Alot) prouve son origine fort ancienne. À l’époque romaine le site se trouve sur le passage de la voie qui mène de Langres à Trèves. Ce n’est qu’en 610 que l’histoire fait mention de Nogent pour la première fois : Nogentum. On peut donc penser que la forteresse avait déjà une place importante à cette époque. On ne sait pourtant pas qui gouvernait alors. Des seigneurs ? Si c’est le cas, il ne nous est resté aucune trace de leurs actes et de leurs noms.

D’après un historien, Roger Ier de Blois, fils d’Eudes Ier, comte de Blois et petit-fils de Thibaut Ier, comte de Champagne, aurait hérité de Nogent par son père et mourut en 1024. Il fut repris par des membres de la famille, puis le seigneur de Broyes et Beaufort eut une fille qui pour son mariage apporta en dot la seigneurie de Nogent. De cette union naquit Renier qui fut témoin avec Milon de Chaumont, d’une transaction passée entre le duc de Bourgogne et l’abbaye de sainte Bénigne de Dijon. Il refusa de reconnaître la suzeraineté de Robert de Bourgogne, évêque de Langres (fils de Henri de Bourgogne), qui était alors un des plus riches seigneurs du royaume. C’était compter sans les alliances. En effet, Hugues Ier, Comte de Champagne, en épousant Élisabeth de Bourgogne était devenu le cousin de l’évêque de Langres et prit son parti, tous deux vinrent mettre le siège devant le château de Nogent. Ainsi qu’il résulte de la charte suivante, les vainqueurs donnèrent alors à l’abbaye de Saint Bénigne de Dijon l’église saint Jean, l’église saint Germain et une petite chapelle qui se trouvait dans les habitations seigneuriales. Cette charte se trouve désormais dans les archives départementales ; en français : « Moi Robert, par la grâce de Dieu, évêque de Langres, j’ai donné à Dieu et à saint Bénigne, patron de l’église de Dijon, la chapelle de Nogent, les églises et tout ce qui dépend de cette chapelle. […] cela s’est fait dans le temps que j’assiégeais le château de Nogent ».

Une fois cette donation accomplie, l’abbaye de Dijon envoya aussitôt un prieur pour administrer. L’église Saint-Germain était alors l’église mère et la cure de Nogent y était attachée ; l’église Saint-Jean n’était que la succursale. La construction de l’église saint Germain, faite par les soins de l’abbé Guillaume de Volpiano, le réformateur de l’église saint Bénigne, remonte à la fin du Xe siècle. Sa charpente élégante que masque aujourd’hui un vulgaire plafond, indique bien cette date ; mais l’église paraît avoir été presque totalement reconstruite au XVe siècle car les fenêtres du chœur appartiennent à la dernière période de l’architecture ogivale. Cette église est dédiée à saint Germain l’auxerrois évêque d’Auxerre au Ve siècle.

C’est à cette époque ainsi que nous l’avons expliqué que la coutellerie s’implanta à Nogent et le nombre d’habitants dut s’accroître considérablement puisque l’église saint Jean devient l’église mère et saint Germain la succursale.

S’ensuivit une période calme jusqu’à ce que Thibaut V, comte de Champagne qui avait déjà de grandes propriétés dans le Bassigny voulut s’accaparer de toute la région. Tous les seigneurs se liguèrent contre lui et le sire de Nogent également. Thibaut n’avait point de forteresse pour défendre ses domaines sur la frontière de l’est c’est pourquoi il avait tout intérêt à occuper la forteresse de Nogent. Après quatre années de combats acharnés, le sire de Nogent, Rénier IV succomba à une attaque et ses fils signèrent en 1235 une transaction par laquelle ils abandonnèrent la terre et le château de Nogent au comte de Champagne. Et comme l’année précédente Thibaut avait hérité du royaume de Navarre, Nogent fut appelé Nogent-le-Roi. Son premier soin fut de réparer et d’agrandir les fortifications puis il confia la garde du château à un gouverneur. Il aimait beaucoup Nogent qu’il venait souvent visiter et s’attira l’affection et l’estime de tous en affranchissant, en juin 1235 les habitants du pays, qui jusque là soumis aux lois du servage étaient attachés aux terres qu’ils cultivaient moyennant redevance et étaient vendus avec elles.

En 1285, Nogent, avec la Champagne, est intégré au domaine royal. Durant la guerre de Cent Ans (1337-1453), les Anglo-Bourguignons s’emparent de la ville en 1417. En 1486, par suites des guerres, il n’y avait plus à Nogent que 92 chefs de famille.

Arrivèrent ensuite les guerres de religion. Après quoi, Richelieu arriva au pouvoir et fit détruire la plupart des forteresses. Les châteaux de Montigny et de Coiffy quoiqu’appartenant à la couronne, furent rasés. Toutefois, le château de Nogent qui devait subir le même sort, échappa à cette destruction. Les habitants demandèrent qu’on le conservât et l’ordre de démolition fut retiré, à la condition qu’ils se chargeraient seuls de le garder (à cette époque, 50 villages des environs devaient fournir les subsistances nécessaires à la garnison du château et y faire le service militaire) sous le commandement d’un gouverneur nommé par le roi.

C’est à ce moment que de grands malheurs vinrent frapper la population. D’abord la guerre commença avec l’empire d’Allemagne et Nogent, ville frontière, a rudement à souffrir de toutes ces horreurs ; puis la peste, suite inévitable de la guerre apparut en 1637 et fit plus de 500 victimes en moins de 60 jours. En 1639, il n’y avait plus que 120 habitants à Nogent le Haut tandis que la population de Nogent le Bas n’atteignait que le tiers de ce chiffre.

Quant à la forteresse de Nogent, depuis Richelieu, elle ne se rattache plus à aucun événement historique ; comme tous les anciens châteaux forts, son rôle est terminé. Les remparts existaient encore intégralement au commencement du XVIIIe siècle mais comme depuis longtemps on n’y faisait plus de réparations, ils s’écroulèrent bientôt et aujourd’hui, il n’en reste plus que des ruines. Seule subsiste aujourd’hui une tour d’angle, reconstruite au XIXe siècle.

Au XVIIIe siècle, la coutellerie prend son essor et atteint son apogée à la fin du XIXe. L’activité industrielle est prospère : des usines se créent et le bassin nogentais compte alors 6000 couteliers. La renommée de la fabrication nogentaise est si bien établie vers la fin du XVIIIe siècle et le patriotisme de ses habitants si bien connu que le 10 septembre 1793, le Comité de Salut Public ordonne au citoyen Pradier, inspecteur et contrôleur général des armes blanches à l’assemblée nationale, de se transporter à Nogent pour y monter des fabriques de sabres à l’usage de la cavalerie. Le 25 septembre, l’assemblée de la ville de Nogent rédige une proclamation qui porte que les ouvriers aient à cesser leur travail ordinaire pour ne s’occuper que de celui propre à l’utilité de la chose commune. Les maîtres couteliers soumissionnent en commun une fourniture de 15 000 lames de sabres. Si les sabres arment la cavalerie, les baïonnettes manquent à l’infanterie. Dans le mois de floréal an III (avril 1795), la Convention ayant demandé d’ajouter la fourniture des baïonnettes, la Société populaire de Nogent réunit tous les ouvriers en ciseaux, les encadre par des ouvriers couteliers et livre les baïonnettes demandées. Ces armes ont été fabriquées pour la plus grande partie à l’usine des étangs qui depuis a été transformée en une imprimerie et dans l’église Saint-Germain qui fut transformée en manufacture de sabres pour les besoins de la cause.

Au cours de la Révolution française, la commune, alors nommée Nogent-le-Roi[1], porta provisoirement le nom de Nogent-Haute-Marne[2].
En 1890, la commune a laissé le nom de Nogent-le-Roi pour celui de Nogent-en-Bassigny[2].
En 1972, la commune a absorbé celles voisines de Donnemarie, d’Essey-les-Eaux et d’Odival et, dans le même temps, changé son nom en Nogent simplement[2].

Économie[modifier | modifier le code]

L’activité économique de Nogent s’appuie sur une longue tradition coutelière et la fabrication des couteaux de toutes sortes a occupé autrefois la majorité des ouvriers au point que Nogent a été surnommé, au XIXe siècle : « Nogent-les-Couteaux ».

Depuis plusieurs décennies, les entreprises nogentaises ont adapté et diversifié leurs techniques de fabrication en développant la maîtrise de leurs savoir-faire pour servir les marchés modernes, de plus en plus exigeants : Automobile, Aéronautique, Instruments de chirurgie, Prothèses, Forge, Estampage et Usinage, Traitements de surface, Outillage à main, Coutellerie et Cisellerie…

Nogent, capitale historique de la coutellerie, a pris désormais un engagement important pour l'avenir au travers de son SPL NOGENTECH : plus de 2000 salariés offrent des prestations de haute qualité dans les métiers de la mécanique et de la transformation des métaux avec une spécificité dans les instruments chirurgicaux et prothèses.

Nogent est également le siège du Pôle Technologique de Haute-Champagne qui abrite une antenne du CRITT-MDTS et de l'UTT et est labellisé Pôle d'Excellence Rurale par la DIACT depuis 2006.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Tendances politiques et résultats[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
2008 en cours Anne-Marie Nedelec Divers droite Professeur d'histoire-géographie, conseillère générale
Les données manquantes sont à compléter.

Conseil municipal en 2008 : 1er adjoint : Daniel Voillequin (industriel retraité), 2e adjoint : Patrice Logerot (industrie), 3e adjoint : Marie-Jeanne Conreaux (infirmière retraitée), 4e adjoint : Daniel Prenat (professeur retraité), 5e adjoint : Marie-Claude Bournot (professeur retraitée), 6e adjoint : Raymond Ruelle, 7e adjoint : Danièle Coulon.

La commune dépend de la préfecture de Chaumont. C'est aussi un chef-lieu de canton.

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

Évolution démographique[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 3 953 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
1 821 1 949 1 989 2 076 2 602 2 807 2 979 3 007 3 098
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
3 255 3 640 3 550 3 576 3 655 3 365 3 422 3 400 3 428
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
3 364 3 486 3 577 3 405 3 568 3 682 3 315 3 335 3 697
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2004 2006 2009
4 208 4 723 5 265 5 318 4 754 4 343 4 113 4 075 3 989
2011 - - - - - - - -
3 953 - - - - - - - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[2] puis Insee à partir de 2004[3].)
Histogramme de l'évolution démographique


Pyramide des âges[modifier | modifier le code]

Héraldique[modifier | modifier le code]

Armes de Nogent

Les armes de Nogent se blasonnent ainsi :

D'azur au lion d'argent.

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Deux églises : église Saint Jean, gothique, à Nogent-le-Haut et église Saint Germain, romane, à Nogent-le-Bas dont l'abside est classée aux Monuments de France.

Maison natale de Bernard Dimey.

Dolmen de la Pierre-Alot (près du hameau de Mauvaignant).

Place de l'Hôtel de Ville remarquable (place Charles-de-Gaulle), avec sa fontaine et la façade de la mairie (à gauche de laquelle se trouve une cloche ancienne mais hors d'usage), place qui est assez souvent rénovée ou améliorée.

Riche musée de la Coutellerie (place de l'Hôtel de Ville).

La crypte, située sous la place de l'Hôtel de Ville, accessible seulement aux Journées du Patrimoine.

Tour à créneaux des anciens remparts de Nogent, reconstituée au XIXe siècle. Elle surplombe la vallée de la Traire, affluent de la Marne.

Personnalités[modifier | modifier le code]

Anecdote[modifier | modifier le code]

Dans le film La Bête humaine de Jean Renoir tourné en 1938, Roubeau interprété par Fernand Ledoux s’exclame « Mais c’est un nogent ! » à propos d'un couteau.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. À ne faut pas confondre avec l'actuelle ville du même nom située en Eure-et-Loir.
  2. a, b, c et d Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui, « Notice communale - Nogent », École des Hautes Études en Sciences Sociales (EHESS) (consulté le 6 janvier 2013)
  3. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2004, 2006, 2009, 2011