Marc Ouellet

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Marc Ouellet
Image illustrative de l'article Marc Ouellet
Le cardinal est décoré de l'ordre Vasco Nuñez
Biographie
Nom de naissance Marc Armand Ouellet
Naissance 8 juin 1944 (70 ans)
à La Motte (Québec, Canada)
Ordre religieux C.S.S.P
Ordination sacerdotale 25 mai 1968 par
Mgr Gaston Hains
Cardinal de l’Église catholique
Créé
cardinal
21 octobre 2003 par le
pape Jean-Paul II
Titre cardinalice Cardinal-prêtre
de S. Maria in Traspontina
Évêque de l’Église catholique
Consécration épiscopale 19 mars 2001 par le
pape Jean-Paul II
Préfet de la Congrégation pour les évêques
Président de la Commission pontificale pour l'Amérique latine
Depuis le 30 juin 2010
Précédent Giovanni Battista Re
Archevêque de Québec
15 novembre 200230 juin 2010
Précédent Maurice Couture Gérald Cyprien Lacroix Suivant
Archevêque titulaire d'Acropolis
3 mars 200115 novembre 2002
Précédent Zenon Grocholewski Pedro López Quintana Suivant
Secrétaire du Conseil pontifical pour la promotion de l'unité des chrétiens
3 mars 200115 novembre 2002
Précédent Walter Kasper Brian Farrell Suivant

Blason
« Ut unum sint »
« Qu’ils soient un » (Jean, 17, 21)
(it) Notice sur www.vatican.va
(en) Notice sur www.catholic-hierarchy.org
(en) Articles sur www.cardinalrating.com

Marc Ouellet, né le 8 juin 1944 à La Motte (Québec, Canada), est un cardinal canadien-français, membre de la Curie romaine. Depuis juin 2010, il occupe les fonctions de préfet de la Congrégation pour les évêques et de président de la Commission pontificale pour l'Amérique latine. En 2003, il fut créé cardinal. Il fut primat du Canada et archevêque de Québec de 2003 à 2010. En plus du français, sa langue maternelle, il parle couramment cinq autres langues : l'allemand, l'anglais, l'espagnol, l'italien et le portugais[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Origine, jeunesse et formation[modifier | modifier le code]

Les Ouellet d'Amérique descendent du pionnier de la Nouvelle-France René Ouellet (nom orthographié aussi Hoélet ou Hoûallet), originaire de la paroisse Saint-Jacques-du-Haut-Pas à Paris et arrivé au Canada en 1663[2]. René Ouellet épouse le 8 mars 1666 en l'église Notre-Dame de Québec[3], Anne Rivet, une Fille du Roi originaire de Normandie. Parmi leurs enfants, nés à Sainte-Famille sur l'Île d'Orléans, Grégoire Ouellet est l'ancêtre du cardinal Marc Ouellet[4]. On peut aussi parmi ses ascendants le pionnier Pierre Tremblay (1626-1687), ancêtre des Tremblay d'Amérique[4].

Marc Armand Ouellet, fils de Pierre Ouellet (né le 31 janvier 1919 à Albanel) et de Graziella Michaud (née le 23 mai 1922 à La Motte), est né le 8 juin 1944 à La Motte en Abitibi-Témiscamingue au Québec au sein d'une famille de huit enfants[5]. Il fit ses études collégiales ainsi que deux ans de philosophie à l'École normale d'Amos de 1959 à 1964 à la fin desquelles il reçut un baccalauréat en pédagogie de l'Université Laval. Ensuite, il fit ses études théologiques au Grand Séminaire de Montréal de 1964 à 1968 pour recevoir une licence en théologie de l'Université de Montréal[6].

Prêtre[modifier | modifier le code]

Marc Ouellet a été ordonné prêtre dans sa paroisse natale de Saint-Luc dans le diocèse d’Amos le 25 mai 1968 et devint vicaire à la paroisse St-Sauveur de Val d’Or (1968-1970). Il partit ensuite pour l'Amérique du Sud, où il apprit l'espagnol et enseigna au Grand Séminaire de Bogota en Colombie pendant deux ans. En 1972, il s’est joint à la Compagnie des prêtres de Saint-Sulpice qui dirigeait le séminaire[6].

Il partit deux ans à Rome en Italie pour obtenir une licence en philosophie de l'université pontificale Saint-Thomas-d'Aquin en 1974. Il retourna en Colombie où il devint membre de la direction et professeur au Grand Séminaire de Manizales. En 1976, il revint au Canada pour devenir directeur et enseignant au Grand Séminaire de Montréal. En 1978, il recommença les études pour compléter un doctorat en théologie dogmatique qui lui fut remis par l'Université pontificale grégorienne en 1983[6].

En 1983, il retourna de nouveau en Colombie pour enseigner au Grand Séminaire de Cali pendant un an. De 1984 à 1989, il était le recteur du Grand Séminaire de Manizales. En 1990, il devint le recteur du Grand Séminaire de Montréal puis du Séminaire Saint-Joseph (en) d'Edmonton en Alberta en 1994. En 1996, il devint le titulaire de la Chaire de théologie dogmatique de l'Institut pontifical Jean-Paul II de l'université pontificale du Latran à Rome, poste qu'il occupa jusqu'en 2002[6].

Évêque[modifier | modifier le code]

Il est nommé évêque titulaire d'Agropoli (it) en Italie le 3 mars 2001 par le pape Jean-Paul II et est nommé à la Curie romaine en tant que secrétaire du Conseil pontifical pour la promotion de l'unité des chrétiens. Il est consacré évêque le 19 mars suivant par le pape Jean-Paul II en la basilique Saint-Pierre de Rome[5],[6].

Il est par la suite nommé consulteur pour les congrégations pour la doctrine de la foi et pour le clergé[6].

Le 15 novembre 2002, le pape Jean-Paul II le nomme archevêque de Québec et primat du Canada. Il prend possession de son siège le 26 janvier 2003[6].

Cardinal[modifier | modifier le code]

Marc Ouellet au printemps 2008

Lors du consistoire du 21 octobre 2003, il est créé cardinal par le pape Jean-Paul II avec le titre de cardinal-prêtre de Sainte Marie de Traspontine à Rome[7]. Il participe au conclave de 2005 qui élit le pape Benoît XVI.

En décembre 2007, il consacre solennellement son diocèse à Notre Dame de l’Immaculée Conception[8].

En 2008, le pape Benoît XVI le nomme rapporteur général de la XIIe assemblée générale ordinaire du synode des évêques[6]. Il célèbre le congrès eucharistique de Québec en juin de la même année. Également en 2008, il affirme que l'enseignement de la doctrine catholique au Québec doit rester au centre des programmes scolaires parce que le catholicisme est la religion de la majorité, estimant que la société québécoise est désorientée sur le plan spirituel[9].

Le 8 février 2008 il est nommé membre du conseil pontifical pour la culture[10].

En avril 2009, il dénonce l'ignorance et le manque d'information sur la religion et les traditions, surtout chez les nouvelles générations, et prône le retour de la catéchèse au lieu du cours d'éthique et culture religieuse. Il a également affirmé que l'Église catholique est persécutée au Québec parce qu'elle « dit la vérité[11]. »

En mai 2010, Marc Ouellet a effectué des sorties publiques pour se prononcer sur la question de l'avortement, dont trois importantes : il a fait une allocution devant la Fédération canadienne des sociétés de médecins catholiques à Montréal, il a participé à la Marche nationale pour la vie à Ottawa et il a été l'invité d'honneur de la Campagne Québec-Vie lors de la Journée internationale de la famille à Québec[12],[13],[14]. Ses déclarations ont soulevé une polémique au sein de la classe politique au Québec et plusieurs politiciennes dont Pauline Marois, Marguerite Blais, Christine St-Pierre, Josée Verner et Françoise David ont exprimé leur mécontentement face aux propos du cardinal[15],[16].

En quittant ses fonctions d'archevêque de Québec, en 2010, il exprime publiquement une demande de pardon, espérant pouvoir dire « au revoir dans la paix et la réconciliation » et en ajoutant que « Lors de certains débats publics ou à l’occasion de décisions pastorales, je suis conscient que plusieurs personnes ont pu être heurtées ou peinées : le message de la vérité n’est pas toujours bienvenu ; c’est une souffrance pour celui qui écoute et parfois pour le ministre qui l’exprime »[17].

Préfet pour la Congrégation pour les évêques[modifier | modifier le code]

Jason Kenney, Marc Ouellet et David Lloyd Johnston le 18 mars 2013 à la réception du Collège pontifical canadien de Rome en prépration pour l'inauguration du pape François

Le 30 juin 2010, Benoît XVI rappela Marc Ouellet à la curie et le nomma à la tête de la Congrégation pour les évêques et de la Commission pontificale pour l'Amérique latine en remplacement du cardinal Giovanni Battista Re qui a atteint la limite de 75 ans fixée par le droit canon (can. 401). Ce diacastère est l'un des plus importants au sein de la curie romaine, dans la mesure où se décide l'ensemble des nominations des évêques dans le monde. La nomination de Marc Ouellet est analysée comme étant due à sa proximité avec le pape Benoit XVI[18]. Il quitta l'archidiocèse de Québec en septembre 2010 afin de rejoindre Rome[17].

Le 16 octobre 2010, il fut nommé au sein de la Congrégation pour la doctrine de la foi par le pape Benoit XVI[19].

En juin 2012, à l'occasion d'une visite en Irlande, le cardinal Marc Ouellet demanda pardon au nom du pape contre les abus sexuels : « Le pape Benoît XVI m’a demandé, en tant que son représentant [...] de demander le pardon de Dieu pour les abus sexuels commis sur des enfants par des ecclésiastiques, non seulement en Irlande mais partout dans l’Église »[20].

En mai 2012, le cardinal fait paraître un livre d'entretiens : Actualité et avenir du Concile Œcuménique Vatican II. Interrogé par le Père Geoffroy de La Tousche, curé d'Elbeuf (Seine-Maritime), le cardinal Ouellet présente sa biographie et reprend les principales Constitutions du Concile Vatican II. Il conclut ainsi son ouvrage, spécialement à l'adresse des jeunes : "Comme disent les apôtres saint Paul et Saint Jean : Nous savons en qui nous avons cru. Et nous avons connu l'amour. Nous pouvons donc nous engager à fond dans l'amour pour fonder une famille, ou bien dans la vie consacrée ou dans la vie sacerdotale. Il vaut la peine de s'engager dans l'amour. C'est là que se trouve le bonheur, le sens de la vie. C'est là que nous allons trouver la lumière et apporter à d'autres le bonheur. Il ne suffit pas d'être heureux. Rendons les autres heureux, avec la grâce de Dieu." (p. 242).

Lors de la renonciation du pape Benoît XVI en février 2013, il est considéré par plusieurs vaticanistes et observateurs comme étant papable. Il avait d'ailleurs également été mentionné comme étant un successeur potentiel du pape Jean-Paul II. Il participe au conclave qui élit le pape François.

Le 9 septembre 2014 il est nommé par le pape François : Père synodal pour la troisième assemblée générale extraordinaire du synode des évêques sur la famille se déroulant du 5 au 19 octobre en qualité de président de la congrégation pour les évêques[21].

Devise et blason[modifier | modifier le code]

La devise du cardinal Ouellet est Ut unum sint qui signifie « Qu'ils soient un » et qui est tirée de l'Évangile selon Jean[5].

Blason Blasonnement :
D’azur à la croix ancrée d’or sur une montagne de trois coupeaux d’argent accostées d’une fleur de lys d’or à dextre et d’une fleur de lys d’argent à senestre[6].

Publications[modifier | modifier le code]

  • Marc Ouellet (Auteur), Geoffroy de la Tousche (Interviewer), Actualité et avenir du concile œcuménique Vatican II, L'échelle de Jacob, coll. « Visages »,‎ juin 2012, 245 pages p. (ISBN 978-2359680300)
  • Marc Ouellet, Dieu plus merveilleux que les rêves, Éditions Anne Sigier,‎ 24 février 2004, 304 pages p. (ISBN 978-2891294478)
  • Marc Ouellet, Divine ressemblance, Anne Sigier,‎ 2006 (ISBN 9782891295079)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Dans le village du papabile Marc Ouellet
  2. Du Perche au Vatican : généalogie du papabile le cardinal Marc Ouellet, ses origines françaises
  3. Pour visualiser leur acte de mariage qui se trouve dans le registre paroissial de l'église Notre-Dame de Québec, voir http://www.frontenac-ameriques.org/notre-association/breve/un-quebecois-proche-du-trone-de
  4. a et b Généalogie complète du Cardinal Marc Ouellet
  5. a, b et c Biographie de Monsieur le Cardinal Marc Ouellet, p.s.s. sur le site de la Compagnie des prêtres de Saint-Sulpice, page consultée le 12 février 2012
  6. a, b, c, d, e, f, g, h et i Monsieur le cardinal Marc Ouellet sur le site de l'Archidiocèse de Québec, page consultée le 12 février 2013
  7. Cardinal Marc Ouellet sur le site de l'Église catholique de Québec, page consultée le 12 février 2013
  8. Consécration de l'Archidiocèse de Québec par son Éminence le Cardinal Ouellet sur le site du Michael Journal, page consultée le 12 février 2013
  9. Frédéric Boily, Le Conservatisme Au Québec : Retour Sur une Tradition Oubliée, éd. Presses Universitaires de Laval, 2010, p. 120-121
  10. (it) Salle de presse du Saint-Siège, « Rinunce e nomine », sur press.vatican.va,‎ 8 février 2008 (consulté le 7 septembre 2014)
  11. Marc-André Séguin, L'Église catholique est « persécutée » au Québec, Agence QMI/Canoe, 12/04/2009, article en ligne
  12. Allocution du Primat de l'Église canadienne aux médecins catholiques sur le site La vie est belle !, page consultée le 12 février 2013
  13. Charles Thériault, Témoignage bruyant de «l'amour de la vie», La Presse canadienne, 14 mai 2010, page consultée le 12 février 2013
  14. Frédéric Denoncourt, L'avortement injustifié même en cas de viol, selon le cardinal Ouellet, Le Soleil, 16 mai 2010, page consultée le 12 février 2013
  15. Tommy Chouinard et Nathaëlle Morissette, Josée Verner condamne les propos du cardinal Marc Ouellet, La Presse, 17 mai 2010, page consultée le 12 février 2013
  16. Les propos de Marc Ouellet sur l'avortement: rétrogrades et insultants pour les femmes, CNW Telbec, 17 mai 2010, page consultée le 12 février 2013
  17. a et b Marc-André Gagnon, Le cardinal Ouellet fait ses adieux, Agence QMI, 18 août 2010, page consultée le 12 février 2013
  18. Le Pape Benoît XVI consacre ses vacances à l’écriture, H2O News, 9 juillet 2010, page consultée le 12 février 2012
  19. Le cardinal Ouellet fait son entrée à la Congrégation pour la doctrine de la foi, Agence QMI, 25 octobre 2010, page consultée le 12 février 2013
  20. Anne Hurian (trad.), Le card. Ouellet demande pardon aux victimes d'abus, Innovative Media, 13 juin 2012, page consultée le 12 février 2013
  21. « Liste des participants au Synode sur la famille », sur la-croix.com,‎ 9 septembre 2014 (consulté le 10 septembre 2014)

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]