Église Saint-Jacques-du-Haut-Pas

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour l’article homonyme, voir Église Saint-Jacques
Église Saint - Jacques - du - Haut - Pas
Image illustrative de l'article Église Saint-Jacques-du-Haut-Pas
Présentation
Culte Catholique romain
Type Église paroissiale
Rattachement Archidiocèse de Paris
Début de la construction XVIe siècle
Fin des travaux XVIIe siècle
Style dominant ???
Protection  Inscrit MH (1957)
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Île-de-France
Département Paris
Commune Paris
Coordonnées 48° 50′ 37″ N 2° 20′ 29″ E / 48.84361, 2.3413948° 50′ 37″ Nord 2° 20′ 29″ Est / 48.84361, 2.34139  

Géolocalisation sur la carte : Paris

(Voir situation sur carte : Paris)
Église  Saint - Jacques -         du - Haut - Pas

L'église Saint-Jacques-du-Haut-Pas est un édifice religieux parisien situé dans le 5e arrondissement au 252 rue Saint-Jacques et à l'angle de la rue de l'Abbé de l'Épée.

Cette église fait l’objet d’une inscription au titre des monuments historiques depuis le 4 juin 1957[1].

Origines[modifier | modifier le code]

Le terrain sur lequel est bâtie l'église appartient depuis 1180 à des frères hospitaliers originaires d'Altopascio près de Lucques (Italie). L'origine du nom de l'église: du-Haut-Pas provient du nom du village d'Altopascio. Malgré la suppression de leur ordre, par le pape Pie II en 1459, certains frères décident de rester sur place. Il n'y a alors alentour que des champs et des prairies et quelques maisons basses de paysans, ainsi que des établissements religieux.

Catherine de Médicis décide en 1572 d'installer sur place les bénédictins expulsés de leur abbaye Saint-Magloire (située à l'emplacement du 82, rue Saint-Denis). Les reliques de saint Magloire et de ses disciples sont alors transférés dans l'hôpital qui devient un couvent. Saint Magloire, plus connu sous le nom de saint Magloire de Dol, est un religieux gallois, devenu évêque de Dol-de-Bretagne en Bretagne, et qui finit sa vie dans l'île de Sercq où il meurt. Ses reliques ont été transportées par Hugues Capet à Paris en 956-966 lorsque les Normands ont attaqué la Bretagne. Les reliques seront enterrées secrètement sous la révolution, et ne seront retrouvées qu'en 1835, lors de la pose d'un nouveau maître-autel.

En 1620, le séminaire des Oratoriens du Père de Bérulle, premier séminaire de France, remplace les Bénédictins. Il sera connu sous le nom de séminaire Saint-Magloire. Jean de La Fontaine y séjournera comme novice.

Histoire[modifier | modifier le code]

Construction de l'église[modifier | modifier le code]

Première église[modifier | modifier le code]

Intérieur de l'église.

La population environnante augmente, et les fidèles ont l'habitude de venir prier dans la chapelle des Bénédictins, qui s'en trouvent incommodés et exigent leur départ. L'évêque donne alors l'autorisation de construire une église accolée au couvent de Saint-Magloire. Une petite église est donc construite en 1584, succursale des paroisses Saint-Hippolyte, Saint-Benoît et Saint-Médard. Celle-ci a le chœur orienté vers l'Est, c'est-à-dire vers la rue Saint-Jacques (à l'opposé de l'église actuelle). On pénètre dans l'église en passant par le cimetière du couvent.

Seconde église[modifier | modifier le code]

L'église est rapidement trop petite, et en 1630, Gaston d'Orléans, frère de Louis XIII, décide de faire exécuter d'importants travaux. Le mur du fond de l'église est démoli, son orientation est inversée et l'entrée se fait dorénavant par la rue Saint-Jacques. Les travaux vont être très lents par manque d'argent, dû à la pauvreté des paroissiens. La voûte de style gothique initialement prévue ne sera pas réalisée. Les maîtres carriers offriront gracieusement le pavé du chœur, et les ouvriers des différents corps de métier viendront travailler un jour par semaine sans solde.

Le 9 avril 1633, le Parlement, par arrêt, érige l'église en paroisse. Comme il existe déjà une église dédiée à Saint-Jacques le Majeur (de Compostelle), l'église Saint-Jacques-de-la-Boucherie, dont il ne reste plus que le clocher: la "Tour Saint-Jacques", il est décidé de dédier cette nouvelle église à Saint-Jacques le Mineur et à Saint-Philippe. Ce sont toujours les deux patrons de l'Église Saint-Jacques-du-Haut-Pas.

L'église et Port-Royal[modifier | modifier le code]

Angélique Arnaud, abbesse de Port-Royal, foyer du mouvement janséniste, décide en 1625, d'installer rue du Faubourg-Saint-Jacques, une annexe du monastère de Port-Royal des Champs. Des liens très étroits se nouent avec la paroisse de Saint-Jacques-du-Haut-Pas qui jouera un rôle important dans la diffusion du jansénisme. Jean Duvergier de Hauranne, abbé de Saint-Cyran (1581-1643), y a été inhumé et son tombeau devient rapidement un lieu de pèlerinage important.

La duchesse de Longueville (1619-1679), Anne Geneviève de Bourbon-Condé, sœur du Grand-Condé et protectrice de Port-Royal offre des dons substantiels pour l'édification du bâtiment. Après sa mort, ses restes seront inhumés à Port-Royal des Champs, et quand l'abbaye sera détruite, son cœur sera déposé dans la chapelle de Saint-Jacques-du-Haut-Pas.

Les travaux peuvent donc reprendre en 1675 grâce à elle. L'architecte sélectionné Daniel Gittard, qui a entre autres déjà construit le chœur de l'église Saint-Sulpice, exécute des plans de la façade. Mais celle-ci ne sera pas exécutée selon ses plans. Des deux tours prévues par Gittard, une seule sera finalement construite, mais de hauteur double par rapport aux plans initiaux.

Le 6 mai 1685, les travaux principaux sont achevés. Une importante cérémonie de dédicace a lieu où prêcheront Fénelon et Fléchier.

La chapelle de la Vierge ne sera construite que quelques années plus tard suivant les plans de l'architecte Libéral Bruant, à qui l'on doit l'Hôtel des Invalides et l'Hôpital de la Salpêtrière.

Jean-Denis Cochin[modifier | modifier le code]

Jean-Denis Cochin (1726-1783) est curé de la paroisse de 1756 à 1780. Il va contribuer à renouveler la liturgie de la paroisse, mais sa principale occupation, sera l'aide aux personnes défavorisées. Il fonde un hospice destiné à recevoir les malades indigents, dont il pose la première pierre le 25 septembre 1780, dans le faubourg Saint-Jacques. Il nomme cet hospice, du nom des patrons de la paroisse, Hôpital Saint-Jacques-Saint-Philippe-du-Haut-Pas. Cet hôpital prendra le nom d'Hôpital du Sud sous la Révolution et plus tard recevra le nom de son fondateur Hôpital Cochin.

La Révolution[modifier | modifier le code]

L'église est pillée en 1793, comme de nombreuses autres églises. En 1793, l'église fait partie des quinze églises mises à la disposition des catholiques parisiens par la Convention nationale suite à la reconnaissance de la liberté des cultes. Le curé Vincent Duval est élu curé de la paroisse par les habitants du quartier.

En 1797, la loi impose l'égal accès des édifices religieux à tous les cultes qui le demandent. Les théophilantropes demandent à pouvoir bénéficier de l'église comme lieu de réunion. L'église prend alors le nom de Temple de la Bienfaisance. Le chœur est réservé aux théophilantropes et la nef reste à la disposition des catholiques.

En 1801, suite au Concordat, sous Napoléon Ier, la paroisse reprend la totalité du bâtiment.

Statue de la Vierge à l'enfant, écrasant le serpent

XIXe et XXe siècle[modifier | modifier le code]

Au XIXe siècle, principalement sous la Monarchie de Juillet et sous le Second Empire, le bâtiment sobre et peu décoré dû à l'influence janséniste, va être considérablement embelli.

La Ville de Paris offre à l'église le buffet d'orgue et la chaire provenant de la chapelle Saint-Benoît-le-Bétourné, rasée en 1854 pour faire place à la nouvelle Sorbonne.

La décoration de la chapelle de la Vierge est confiée en 1868 à Auguste-Barthélemy Glaize, élève d'Achille et d'Eugène Devéria.

De nombreux tableaux et vitraux sont offerts par des familles fortunées comme la famille de Baudicour qui offre en 1835 le maître-autel qui se trouve dans le bas-côté nord et l'ensemble de la décoration de la chapelle Saint-Pierre.

On y trouve par ailleurs les tombeaux de l'astronome Jean-Dominique Cassini (1625-1712) et du mathématicien Philippe de La Hire (1640-1718).

Description[modifier | modifier le code]

L'orgue de tribune

L'orgue de chœur est un instrument réalisé par Cavaillé-Coll en 1866 ; il comprend deux claviers de 56 notes et un pédalier de 30 notes. Les transmissions sont mécaniques et il possède 14 jeux.

L'orgue de chœur

Référence[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Galerie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  1. « Église Saint-Jacques-du-Haut-Pas », base Mérimée, ministère français de la Culture