Pietro Parolin

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Pietro Parolin
Image illustrative de l'article Pietro Parolin
Pietro Parolin en 2006.
Biographie
Naissance 17 janvier 1955 (59 ans)
Schiavon (Italie)
Ordination sacerdotale 27 avril 1980
par Mgr Arnoldo Onisto
Cardinal de l’Église catholique
Créé
cardinal
22 février 2014
par le pape François
Titre cardinalice Cardinal-prêtre de Santi Simone e Giuda Taddeo
a Torre Angela
Évêque de l’Église catholique
Consécration épiscopale 12 septembre 2009
par le pape Benoît XVI
Cardinal secrétaire d'État
Depuis le 15 octobre 2013
Précédent Tarcisio Bertone
Archevêque titulaire d'Acquapendente
17 août 200922 février 2014
Nonce apostolique au Venezuela
17 août 200915 octobre 2013
Précédent Giacinto Berloco Aldo Giordano Suivant
Autres fonctions
Fonction religieuse
Membre du conseil des 9 cardinaux (depuis 2014)

Blason
« Quis nos separabit a caritate Christi? » (Rm 8,35)
(« Qui nous séparera de l’amour de Christ ? »)
(en) Notice sur www.catholic-hierarchy.org
(en) Articles sur www.cardinalrating.com

Pietro Parolin (/ˈpjetro paroˈliŋ/), né le 17 janvier 1955 à Schiavon dans la province de Vicence en Vénétie, est un cardinal italien, secrétaire d'État du Vatican depuis le 15 octobre 2013.

Biographie[modifier | modifier le code]

Pietro Parolin est né à Schiavon (province de Vicence), c'est le fils d'un gérant de magasin de matériel et d'une professeur d'école élémentaire; il a un frère et une sœur, son père meurt quand il a 10 ans[1].

Il effectue ses études au séminaire diocésain de Vicence et est ordonné prêtre le 27 avril 1980 pour le diocèse de Vicence.

Diplômé en droit canon à l'université pontificale grégorienne, il rejoint, le 1er juillet 1986, les services diplomatiques du Saint-Siège, ce qui le mène successivement au Nigeria de 1986 à 1989 puis au Mexique jusqu'en 1992. Il y est secrétaire de la délégation apostolique et artisan des négociations pour la reconnaissance officielle de l’Église catholique dans le pays et l’établissement de relations diplomatiques avec le Saint-Siège[2]. Il réintègre ensuite les services des relations avec les États au Vatican. Il y est alors responsable des relations avec l'Espagne, Andorre, l'Italie et Saint-Marin.

Sous-secrétaire pour les relations avec les états[modifier | modifier le code]

Le 30 novembre 2002, il est nommé sous-secrétaire de la section pour les relations avec les états de la secrétairerie d'État.

Pietro Parolin est alors la cheville ouvrière des efforts du Saint-Siège pour obtenir l’approbation et la mise en œuvre du traité de non-prolifération nucléaire. Lors d'une allocution à Vienne, au siège de l'Agence internationale de l'énergie atomique le 18 septembre 2006, il indique que le traité constituait « la base pour poursuivre le désarmement nucléaire et un élément important pour le développement d'applications de l'énergie nucléaire à des fins pacifiques ». Et il ajoute « Ce traité constituant le seul instrument légal multilatéral disponible visant à favoriser un monde sans arme nucléaire, il ne doit pas être permis de l'affaiblir. L'humanité n'attend rien de moins que la pleine coopération de tous les états dans ce domaine crucial ».

En 2005, Mgr Parolin est fait chevalier grand-croix de l'Ordre du Mérite de la République italienne[3].

Concernant les négociations internationales sur le programme nucléaire de l'Iran, il réaffirme « que les difficultés actuelles peuvent et doivent être surmontées par la voie diplomatique, en utilisant tous les moyens que la diplomatie a, à sa disposition » et il estime nécessaire d'« éliminer tous les éléments qui peuvent objectivement entraver la confiance mutuelle ».

Parolin représente ensuite le Saint-Siège dans plusieurs missions sensibles, notamment des voyages en Corée du Nord et au Vietnam ainsi qu'en 2007 à la Conférence d'Annapolis sur le Moyen-Orient convoquée par l'administration Bush[4].

Comme « ministre adjoint des Affaires étrangères » du Saint-Siège, il traite de nombreux dossiers sensibles. Il est l'un des artisans de l'établissement des relations diplomatiques entre le Vietnam et le Saint-Siège. Il participe aussi aux discussions, toujours en cours, entre le Vatican et Israël. C'est également au début du pontificat de Benoît XVI que le contact direct est rétabli avec la Chine. C'est dans ce contexte que Benoît XVI envoie en 2007 une lettre aux catholiques chinois[1].

Nonce apostolique au Venezuela[modifier | modifier le code]

Le 17 août 2009, Benoît XVI le nomme archevêque titulaire d'Acquapendente et nonce apostolique au Venezuela[5]. Il reçoit la consécration épiscopale des mains du souverain pontife le 12 septembre suivant, assisté des cardinaux Tarcisio Bertone et William Levada en même temps que les nonces Gabriele Giordano Caccia et Franco Coppola[6]. Cette nomination intervient dans un contexte difficile étant donné la hausse des conflits entre l’État et l’Église du fait que son président Hugo Chávez tente de faire avancer la révolution socialiste dans le pays.

Secrétaire d’État[modifier | modifier le code]

Le 31 août 2013, la salle de presse du Saint-Siège annonce sa nomination par le pape François au poste de secrétaire d'État en remplacement du cardinal Tarcisio Bertone qui à l'âge de 78 ans se retire. Cette nomination prend effet le 15 octobre suivant[7], mais il est absent lors de la cérémonie de son installation et des remerciements au cardinal Tarcisio Bertone en raison d'une opération chirurgicale[8]. Il devient ainsi à l'âge de 58 ans le plus jeune secrétaire d'État depuis 1929 quand le cardinal Eugenio Pacelli futur pape Pie XII fut nommé secrétaire d'État à l'âge de 53 ans. Sa création comme cardinal lors du prochain consistoire par cette nomination devient plus que probable car la constitution apostolique Pastor Bonus indiquant dans son article 40 que la secrétairerie d'État est présidée par le cardinal secrétaire d'État[9].

Le 13 décembre 2013, il reçoit pour la première fois l'ensemble du corps diplomatique accrédité auprès du Saint-Siège pour une audience, au cours de laquelle il définit les priorités dans les relations bilatérales du Saint-Siège, priorités basées sur l'esprit de la première exhortation apostolique du pape François, Evangelii gaudium[10].

Le 16 décembre 2013, il est nommé par le pape François, membre de la Congrégation pour les évêques[11].

Le dimanche 12 janvier 2014, le pape François annonce au cours de l’Angélus, sa création comme cardinal qui aura lieu le 22 février 2014 en même temps que celle de 18[Note 1] autres prélats[12].

Rapidement il s'exprime sur ce que doit être pour lui les relations diplomatiques, elles doivent être vécues comme une diplomatie de l'Amour[13]. Dans une interview le 17 janvier 2014 pour le Centre de télévision du Vatican, il explique sa volonté commune avec le pape de transformer des relations de l'Église il le formule lui-même par « un renouvellement, une conversion qui doit concerner toutes les structures de l’Eglise, y compris la curie romaine et la diplomatie ecclésiastique, qui sont les deux domaines principaux dans laquelle se déroule l’activité du secrétaire d’Etat »[14]. Il explique aussi que le rôle de la diplomatie du Vatican doit être centrée sur l'Homme avec une attention pour les faibles et les pauvres. Il a aussi fixé deux autres points d'attention pour le Sud du monde et aussi pour l'Europe avec pour celle-ci une contribution du Saint-Siège à « la construction de la maison européenne ».

Le 24 janvier 2014, lors de la visite du président de la république française François Hollande au Saint-Siège, il a invité celui-ci à davantage « écouter et dialoguer avec les catholiques », qui s'estiment malmenés par divers projets ou décisions du gouvernement français[15]. Il est nommé membre de la congrégation pour les Églises orientales le 19 février 2014[16].

Il est créé cardinal par le pape François le 22 février 2014 comme annoncé, et reçoit la paroisse Santi Simone e Giuda Taddeo a Torre Angela comme titre cardinalice[17]. C'est lui qui s'adresse au Pape au nom des autres nouveaux cardinaux pour l'introduction de la cérémonie.

Le jeudi 22 mai 2014, il est confirmé comme cardinal membre de la Congrégation pour les évêques, mais aussi comme membre de la congrégation pour les églises orientales et aussi de la congrégation pour l'évangélisation des peuples[18]. Et le mercredi 28 mai 2014 il est nommé membre de la Congrégation pour la doctrine de la foi[19].

Après sa participation à la 3e réunion du conseil des 8 cardinaux, il est depuis le 1er juillet 2014 membre permanent du conseil, qui devient ainsi le Conseil des 9 cardinaux[20].

Le 14 juillet 2014 il participe à un « Colloque entre le Mexique et le Saint-Siège sur la mobilité et sur le développement » organisé par le ministre des affaires étrangères du Mexique, où il se voit décerner le ruban de l'Ordre de l'Aigle aztèque marquant ainsi la longue relation que le cardinal a pu entretenir avec ce pays. Parolin a profité de ce moment pour souligner que la réforme migratoire établie en 2011 au Mexique était un point positif pour le droit du migrant[21],[22].

Le 9 septembre 2014 il est nommé par le pape François « père synodal » pour la troisième assemblée générale extraordinaire du synode des évêques sur la famille se déroulant du 5 au 19 octobre, en qualité de cardinal secrétaire d'État[23].

Le 29 septembre 2014, il intervient devant l'assemblée générale de l'ONU pour rappeler les problèmes de répartition de la richesse et de la situation des chrétiens d'Orient face à la montée du terrorisme[24].

Distinctions[modifier | modifier le code]

Pietro Parolin le jour de sa création comme cardinal

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. dont trois ne seront pas cardinaux électeurs du fait de leur âge

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (en) gianni valente, « The talents of the priest and diplomat Fr. Pietro Parolin », sur vaticaninsider.lastampa.it,‎ 30 août 2013 (consulté le 20 mars 2014)
  2. L'Osservatore Romano, « Le cardinal Parolin au colloque Mexique - Saint-Siège-Migrations et développement », sur news.va,‎ 14 juillet 2014 (consulté le 15 juillet 2014)
  3. a et b (it) République italienne, « Cavaliere di Gran Croce Ordine al Merito della Repubblica Italiana », sur quirinale.it,‎ 24 juin 2005 (consulté le 10 mars 2014)
  4. (en) John L. Allen Jr., « Francis reboots Vatican system with new Secretary of State », sur ncronline.org,‎ 31 août 2013 (consulté le 19 juillet 2014)
  5. (it) Salle de presse du Saint-Siège, « Rinunce e nomine », sur press.vatican.va,‎ 17 août 2009 (consulté le 18 juillet 2014)
  6. (it) Salle de presse du Saint-Siège et Benoît XVI, « Cappella papale per l'ordinazione episcopale di cinque exx.mi pesuli », sur press.vatican.va,‎ 12 septembre 2009 (consulté le 18 juillet 2014)
  7. « Mgr Pietro Parolin, nouveau secrétaire d'Etat », sur News.va,‎ 31 août 2013
  8. AFP, Le Point, « Le Vatican a un nouveau secrétaire d'Etat, Pietro Parolin », sur lepoint.fr,‎ 15 octobre 2013 (consulté le 23 février 2014)
  9. (it)Titre II de Pastor Bonus: Secretaria di Stato, sur le site du Vatican
  10. Pietro Parolin, « Discours de SE Mgr Parolin, Secrétaire d'État, au corps diplomatique accrédité près le Saint-Siège », sur vatican.va,‎ 13 décembre 2013 (consulté le 23 juillet 2014)
  11. (it) Salle de presse du Saint-Siège, « Rinuce e nomine », sur press.vatican.va,‎ 16 décembre 2013 (consulté le 16 décembre 2013)
  12. News.va, « Le Pape rend public les noms des 16 prochains nouveaux cardinaux », sur news.va,‎ 12 janvier 2014 (consulté le 12 janvier 2014)
  13. L'Osservatore Romano, « Vatican – Le secrétaire d’Etat à Ctv: La diplomatie de l’amour », sur news.va,‎ 17 janvier 2014 (consulté le 18 janvier 2014)
  14. Radio Vatican, « La priorité, une transformation missionnaire de l’Église », sur news.va,‎ 17 janvier 2014 (consulté le 18 janvier 2014)
  15. Stéphanie Le Bars et David Revault d'Allonnes, « François Hollande affiche sa volonté d'apaisement au Vatican  », sur lemonde.fr,,‎ 25 janvier 2014 (consulté le 25 janvier 2014)
  16. (it) Vatican, « Renoncements et nominations du 19 février 2014 », sur press.vatican.va,‎ 19 février 2014 (consulté le 23 février 2014)
  17. (it) Vatican, « Consistoro ordinario pubblico per la creazione dei nuovi cardinali : assegnazione dei titoli o delle diaconie ai nuovi porporati », sur press.vatican.va,‎ 22 février 2014 (consulté le 23 février 2014)
  18. (it) Salle de presse du Saint-Siège, « Rinunce e nomine », sur press.vatican.va,‎ 22 mai 2014 (consulté le 23 mai 2014)
  19. (it) Salle de presse du Saint-Siège, « Rinunce et nomine », sur press.vatican.va,‎ 28 mai 2014 (consulté le 28 mai 2014)
  20. Radio Vatican, « Le C8, devenu le C9, poursuit ses travaux pour une réforme de la Curie », sur press.vatican.va,‎ 2 juillet 2014 (consulté le 2 juillet 2014)
  21. a et b (es) Présidence du Mexique, « Recibe el Presidente Enrique Peña Nieto al Secretario de Estado de la Santa Sede, Pietro Parolin », sur presidencia.gob.mx,‎ 14 juillet 2014 (consulté le 15 juillet 2014)
  22. Le cardinal Parolin au colloque Mexique - Saint-Siège-Migrations et développement, News.va, 14 juillet 2014
  23. « Liste des participants au Synode sur la famille », sur la-croix.com,‎ 9 septembre 2014 (consulté le 10 septembre 2014)
  24. Assemblée générale des Nations-Unies, « Son Éminence le Cardinal Pietro Parolin, Secrétaire d'État », Réunions, sur un.org,‎ 29 septembre 2014 (consulté le 30 septembre 2014)
  25. (de) Ambassade d'Allemagne près le Saint-Siège, « Erzbischof Pietro Parolin wird neuer Kardinalstaatssekretär », sur vatikan.diplo.de (consulté le 20 juillet 2014) : « In 2008 erhielt Parolin das Große Bundesverdienstkreuz. »
  26. (pl) Ambassade de Pologne près le Saint-Siège, « Gratulacje polskich władz dla nowego Premiera Watykanu », sur stolicaapostolska.msz.gov.pl,‎ 8 octobre 2013 (consulté le 19 juillet 2014)
  27. (it) « Acquapendente: cittadinanza onoraria al Cardinale Pietro Parolin », sur ontuscia.it,‎ 5 mars 2014 (consulté le 21 juillet 2014)