Médias sociaux

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Médias sociaux

Appellation
Médias Sociaux
Secteur d'activité

L’expression « médias sociaux » est de plus en plus utilisée et tend à remplacer le terme de Web 2.0 et recouvre les différentes activités qui intègrent la technologie, l’interaction sociale, et la création de contenu. Les médias sociaux utilisent l’intelligence collective dans un esprit de collaboration en ligne. Par le biais de ces moyens de communication sociale, des individus ou des groupes d’individus qui collaborent créent ensemble du contenu Web, organisent le contenu, l’indexent, le modifient ou font des commentaires, le combinent avec des créations personnelles. Les deux termes de Web 2.0 et de médias sociaux demeurent assez proches et concernent une grande variété de sites différents : les blogs, les wikis, et les réseaux sociaux numériques de tout type. Les médias sociaux utilisent beaucoup de techniques, telles que les flux RSS et autres flux de syndication Web, les blogues, les wikis, le partage de photos (Flickr), le vidéo-partage (YouTube), des podcasts, les réseaux sociaux (Facebook), le bookmarking collaboratif, les mashups, les mondes virtuels ou les microblogues (Twitter).

Diagramme décrivant différents types de medias sociaux

Historique[modifier | modifier le code]

Contrairement aux idées reçues, Facebook n’est pas le tout premier média social sur la toile. L’histoire et le développement des réseaux sociaux remonte à la fin des années 1970. En effet, c’est en 1978 que deux passionnés d’informatique décident de créer le Computerized Bulletin Board System. Ce site devance les sites actuels d’une vingtaine d’années. En effet, il s’agit du premier site ayant permis aux internautes d’échanger des informations (notes, réunions…) par voie informatique. Par la suite, des étudiants de l’Illinois ont conçu Mosaic, le tout premier navigateur Web permettant d’afficher le World Wide Web tel qu’on le conçoit aujourd’hui.

Distinction entre médias sociaux et réseaux sociaux numériques (RSN)[modifier | modifier le code]

Médias Sociaux

Réseaux Sociaux numériques

Réseaux sociaux numériques de contact et de contenu

Les réseaux sociaux numériques ne sont qu’une autre sous-partie des médias sociaux. Parmi les média sociaux, il faut distinguer les outils de publication et de discussion des réseaux sociaux numériques que l’on peut diviser en deux types :

  • les RSN de contact pour lesquels les fonctionnalités de mise en relation sont principales.
  • les RSN de contenu pour lesquels les fonctionnalités de réseau sont secondaire et sont basés sur une activité particulière.

En 2007, Boyd et Ellison préfèrent parler de “sites de réseaux sociaux” et les définissent comme une plate-forme de communication basée sur le Web qui permet aux individus de :

  • disposer de profils associés à une identification unique qui sont créés par une combinaison de contenus fournis par l’utilisateur, de contenus fournis par des « amis » et des données système - exposer publiquement des relations susceptibles d’être visualisées et consultées par d’autres
  • accéder à des flux de contenus incluant des contenus générés par l’utilisateur (notamment des combinaisons de textes, photos, vidéos, mises à jour de lieux et/ou liens) fournis par leurs contacts sur le site.

Un réseau social permet donc aux utilisateurs d’articuler et de rendre visibles leur réseau social que ce soit pour établir de nouvelles connexions ou maintenir des liens existants hors ligne (latents).

En 2009, Thelwall catégorise les réseaux sociaux numériques selon leur trois objectifs : la socialisation, le réseautage et la navigation (sociale).

Médias Sociaux Outils de discussion Forums de discussion : PhpBB
messageries instantannées : Skype
Réseaux Sociaux Numériques Outils de publication Wikis : Wikipédia
Blogs : Blogger, Skyblog
Sites de Réseaux Sociaux Réseaux sociaux numériques de contact Réseaux sociaux généralistes : Facebook, MySpace, Twitter
Réseaux sociaux professionnels : LinkedIn, Viadeo
Univers virtuels : SecondLife, World of Warcraft
Réseaux sociaux numériques de contenu Micro-publication : Twitter, Pownce
Partage de vidéos : YouTube, DailyMotion Vimeo
Partage de photos : Flickr, Instagram
Partage de liens : Delicious StumbleUpon
Partage de musique : Deezer
Livecasting : Justin.tv, Twitch.tv

Bien sûr, certains sites peuvent évoluer et recouvrir plusieurs objectifs. Par exemple, bien que Facebook soit utilisé initialement pour ses fonctionnalités de mise en relation, les membres partagent également de nombreux contenus. Par ailleurs, Twitter, bien qu’originalement défini comme un réseau social numérique de contenu est de plus en plus considéré comme un réseau social numérique de contact, les fonctionnalités de réseaux prenant une place grandissante dans les usages (contact interpersonnels, conversations).

Description (Différents médias sociaux)[modifier | modifier le code]

Outils de discussion[modifier | modifier le code]

Les outils de discussion peuvent se présenter sous différentes formes : les forums, les systèmes de messagerie instantanée et les systèmes de VoIP. Ce sont des outils de conversation en ligne. Ils sont utilisés pour discuter à distance à la fois dans le cadre de la vie privée tout comme dans celui de la vie professionnelle et permettent d'harmoniser et de synchroniser le travail.

Le leader mondial en matière d’outil de discussion est le logiciel Skype. En effet, la popularité de ce logiciel n’a cessée de croître depuis son lancement en 2003 et il a fini par supplanter Windows Live Messenger en matière d’outil de discussion qui était le leader incontesté avant l’arrivée de Skype. Ce qui a conduit au rachat de Skype par Microsoft en 2011 et contribué à l’expansion du logiciel.

Les MMO (Massive Multiplayer Online Game) peuvent également être considéré comme des outils de discussion bien que ce ne soit pas la principale caractéristique de ce genre de logiciels.

Outils de publication[modifier | modifier le code]

Il existe différents types d’outils de publication sur le web, ils peuvent se présenter sous la forme de plateformes de blog, plateformes de wikis et les portails de journalisme citoyen. Les blogs ont connu un réel succès au début des années 2000 avant d’être relégués au second plan avec l’arrivée du Web 2.0.

Le site Wikipédia est l’outil de publication de plus visité chaque mois avec plus de 20 millions de visiteurs uniques mensuels (VUM). Le site Twitter était à son lancement considéré comme un outil de micro-publication du au faible nombre de caractères autorisés dans un tweet (140). Cependant, Twitter est actuellement considéré comme un réseau social numérique de contact.

Réseau social numérique de contact[modifier | modifier le code]

On distingue deux types de RSN de contact :

  • Généraliste : Ils correspondent aux sites comme Facebook où les utilisateurs entretiennent des contacts avec d’autres utilisateurs afin de partager des expériences et de garder contact dans le temps.
  • Professionnel : Les sites tels que Linkedin ou Viadeo offrent plutôt aux utilisateurs la possibilité de se créer un réseau de contact professionnel et permettent d’entretenir une e-réputation sur le web susceptible d’être consulté par de futurs recruteurs ou partenaires.

Réseau social numérique de contenu[modifier | modifier le code]

On parle de RSN de contenu car ceux-ci offrent la possibilité aux utilisateurs de partager et de consulter des contenus vidéos (YouTube), musiques (Deezer), photos (Flickr), et autre avec d’autres utilisateurs.

Les métiers des médias sociaux[modifier | modifier le code]

Si la plupart des médias classiques se sont progressivement dotés de fonctions traitant et gérant les activités dites "2.0" et de réseaux sociaux en ligne, le secteur des médias sociaux a développé de véritables nouveaux métiers, répondant à de nouvelles missions. La plupart du temps, ils reformulent cependant des fonctions pré-existantes dans les médias classiques, les entreprises et connues dans le premier internet (1995-2000).

Le métier le plus symbolique de ce mouvement est le "community manager" (ou responsable de communautés) : qui est par exemple le prolongement naturel du modérateur du début des années 2000, sur les forums en ligne notamment. Le "social media editor" (ou éditeur de médias sociaux), peut aussi s'apparenter à des fonctions de patrons ou éditeurs de presse dans le cadre de projet d'entreprise indépendant. Mais il peut aussi correspondre à des fonctions de directeur éditorial (ou directeur de rédaction) dans des groupes médias déjà installés, plus globaux et pluridisciplinaires.

Dans les rédactions de presse, le "journaliste-développeur" s'est aussi imposé non comme poste explicite, mais comme une tendance de profils en recrutement. Elle répond à plusieurs besoins mêlés : de la rédaction de contenus et production multimédia (photo, audio, vidéo) en ligne et pour les médias sociaux; de la manipulation régulière d'outils et interfaces web 2.0; de la manipulation de code HTML notamment.

La notion de "journaliste-entrepreneur" est aussi apparue dans la foulée : elle témoigne d'un fait de l'époque où de nombreux journalistes perdant leur poste en rédaction, se reconvertissent professionnellement. Ils œuvrent ainsi comme consultants et/ou enseignants/formateurs en internet et médias sociaux, et développent des projets d'entreprises dédiés à leurs activités et autres.

Les avantages et les limites des médias sociaux dans l’e-recrutement[modifier | modifier le code]

Côté employeur[modifier | modifier le code]

Les médias sociaux représentent un défi pour la marque employeur des entreprises. En effet, avec le développement des médias sociaux, les internautes, et à fortiori les candidats, ne sont plus de simples spectateurs, mais sont devenus de véritables acteurs. Beaucoup n’hésitent pas à exprimer leurs opinions en ligne et remettre en question les émetteurs traditionnels d’information.

Selon RegionsJob (2011), plus de 88% des candidats interrogés indiquent se renseigner en ligne avant de postuler. Et plus de la moitié a déjà abandonné l’idée de postuler suite aux informations trouvées. Une autre étude révèle que 74% des salariés pensent qu’il est facile d’endommager la réputation d’une entreprise sur les médias sociaux. Ainsi, tout internaute peut potentiellement affecter la marque et la réputation d’un employeur sur des plateformes échappant à leur contrôle. Ces discussions existent déjà “hors ligne”, mais les médias sociaux permettent de toucher une audience bien plus large, augmentant ainsi les conséquences pour la marque employeur.

Inversement, les médias sociaux peuvent offrir l’opportunité de développer et diffuser davantage la marque employeur et également de surveiller la réputation. Selon Martin et al. (2009), les médias sociaux, notamment via le développement de la marque employeur, peuvent permettre aux professionnels RH de contribuer à la stratégie et à la réputation de l’entreprise.

À noter qu’une marque employeur peut être forte mais avoir une mauvaise image. Cela peut être le cas lors de crises comme des licenciements médiatisés. Ce fut par exemple le cas pour Danone lors de licenciement dans la branche Lu.

Côté candidat[modifier | modifier le code]

Si les candidats ont accès à plus d’informations sur les employeurs potentiels, les recruteurs ont eux aussi accès à davantage de renseignements sur ces derniers. La CNIL rappelle ainsi aux internautes qu’ “ une grande vigilance s'impose concernant la nature des données mises en ligne et le choix des personnes qui pourront y accéder. En effet, la réputation de l'internaute peut être mise en cause, dans sa sphère privée ou professionnelle “ (CNIL, 2008).

D’après une étude de RegionsJob (2011), 43% des recruteurs avouent recourir à des recherches de type nom/prénom sur les candidats qui postulent chez eux et 8% des recruteurs interrogés déclarent avoir écarté un candidat à cause de traces jugées négatives trouvées en ligne. Les candidats doivent ainsi faire attention à leur identité numérique et réputation numérique (e-reputation).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

  • Aurélie Girard, 2012, thèse L’intégration des médias sociaux dans les stratégies d’e-GRH : le cas du recrutement
  • Aurélie Girard, Bernard Fallery, Réseaux Sociaux Numériques : revue de littérature et perspectives de recherche.
  • Gillmor, Dan .We the Fichier: Grassroots Journalism By The People, For the People (en)
  • Kaplan Andreas M., 2012, If you love something, let it go mobile: Mobile marketing and mobile social media 4x4, Business Horizons, 55(2), p. 129-139. (en)
  • Surowiecki, James (2005). The Wisdom of Crowds. New York: Anchor Books (en)
  • Scoble, Robert, Israël, Shel (2006). Naked Conversations: How Blogs are Changing the Way Businesses Talk with Customers. New York: Wiley & Sons
  • McConnell, Ben et Jackie Huba. Citizen Marketers: When People Are the Message
  • Gillin, Paul. The New Influencers: A Marketer’s Guide to the New Social Media
  • Weber, Larry. Marketing to the Social Web: How Digital Customer Communities Build Your Business
  • Sernovitz, Andy (auteur), postface Guy Kawasaki. Word of Mouth Marketing: How Smart Companies Get People Talking ;
  • Rose, Emanuel. The Anatomy of Buzz: How to Create Word-Of-Mouth Marketing.
  • Kaplan Andreas M., Haenlein Michael, (2010), Users of the world, unite! The challenges and opportunities of social media, Business Horizons, Vol. 53, Issue 1