Veille médiatique

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La veille médiatique consiste en une surveillance d'un sujet donné sur les médias et leurs productions liées à l'actualité.
Elle peut être le cas échéant rétrospective pour augmenter la profondeur de vue et décrypter un événement médiatisé.

Elle peut être orientée voire mixée avec d'autres veilles (comme la veille concurrentielle qui pourra déborder sur une veille "média" de la concurrence et être incorporée dans la veille concurrentielle par exemple dans une logique de benchmarking).

Dans les pays anglo-saxons, on traduit ce terme par "media monitoring".

Le marché de la veille médiatique[modifier | modifier le code]

Offre

Au-delà d'une veille personnelle que peut mettre en place tout citoyen par le biais d'instruments devenus grand public (alerte automatique générée par des moteurs de recherche, fil "RSS" ), cette veille peut être professionnalisée et réalisée par certaines sociétés spécialisées (Agences de presse, sociétés de radio, de télévision, lobbyists, etc.) Elles proposent, pour ce faire, à leur client des services forfaitaires ou sur mesure alertes en continu et synthèses ponctuelles suivant un champ médiatique, linguistique, géographique et sémantique prédéfinis.
Dans ce marché très concurrentiel de l'e-réputation et de l'image de marque, la veille médiatique prend également le chemin de la gratuité avec de nouvelles applications.

Cette veille peut être également institutionnalisée par les pouvoirs publics ou être mise en réseau gratuitement avec le concours du tissu associatif pour comprendre un phénomène social.

Demande

La demande de veille médiatique est définie par le souhait que peut avoir une personne physique de disposer des éléments pour mesure son audience dans les médias. Elle est particulièrement recherchée des hommes publics (Homme politique, "business man", "show business", monde de la mode du design, professionnels des médias, etc.) dans la mouvance dite "people".

A une autre échelle, cette demande peut émaner également de toute personne morale, un État, une collectivité, une entreprise ou une ONG (association, syndicat) dont les dirigeants souhaitent connaître l'écho médiatique, la réputation voire le succès d'un produit, d'un service, d'une action ou d'un événement dont ils sont à l'origine ou qu'ils subissent.

D'une manière plus défensive mais tout aussi active et préventive, cette demande vise à de veiller aux rumeurs voire aux crise(s) qui peuvent en découler. Cette veille s'avère efficace car elle permet en temps de crise de répondre de la manière la plus appropriée en faisant gagner un temps précieux, source de marges de manœuvre indispensables à la prise de décision. Cette veille est aussi appelée dans le monde des entreprises la Veille Corporate.

Champs médiatiques soumis à la veille[modifier | modifier le code]

La veille médiatique ou veille des "médias" dépasse désormais la seule veille presse qui a longtemps prévalu. La revue de presse était la production principale de cette veille presse qui s'est désormais considérablement enrichie et a gagné en temps de réaction entre événement et médiatisation.

Elle est désormais à l'écoute de tous les canaux médiatiques en place avec ou sans support matérialisé ("e" pour électronique) :

  • Presse et ses expressions internet (e-presse)
  • Radio (+ e-radio ou radios sur le web)
  • Télévision (+ e-television et autres podcast(s))
  • Internet (sites Internet publics des sources visées, sites Internet privés publicisés blogs ou blogue en français, wiki ou lettres ou sites collaboratifs).
  • et depuis ces dernières années, les médias sociaux (Youtube, Facebook, Twitter) généré par le réseautage social en ligne dont l'importance croît de jour en jour.

Elle utilise de plus en plus la technologie sous toutes ses formes (agents électroniques intelligents comme les agrégateurs de presse développés par la plupart des agences de presse, mode push) pour balayer automatiquement ces champs, établir la pertinence des informations et synthétiser les résultats sous les formes les plus appropriées pour comprendre l'événement ciblé.

Les outils sont de plus en plus sophistiqués au fur et à mesure que le web devient le support universel de l'univers informationnel (intégration du miccro-blogging, des archives radiophoniques, télévisuelles, etc.). La cartographie interactive, les systèmes d'intelligence incorporent cette veille avec des capacités d'analyse et d'exploration de plus en plus fines et poussées qui utilisent les techniques de Traitement automatique des langues TAL de la visualisation graphique notamment de graphes sociaux et des technologies encore balbutiantes d'annotations sémantiques.

En termes de renseignements, cette veille n'utilise que l'information blanche parfaitement accessible à tous publics. Elle peut également se nourrir de quelques informations grises au travers de lettres plus confidentielles sur abonnement qu'elle cible.

Vision critique[modifier | modifier le code]

L'augmentation explosive des médias et des sources personnalisables comme la blogosphère (Un blogue créé par seconde dans le monde...) dans les pays développés invite le veilleur à une sélection qualitative drastique de ses sources pour éviter d'être assommé par le bruit médiatique et perdre in fine en qualité d'analyse.

À l'échelle européenne, l'exemple de l'agrégateur Eufeeds révèle rien que pour la presse papier et web près de 1000 journaux...
À l'échelle mondiale, des agrégateurs de presse mulitlangues se font jour comme Press Display

Indéniablement comme l'indique un livre blanc en France mis en ligne par la société "Argus de la presse" en juillet 2006 intitulé "Veille et étude médias : au cœur des stratégies de communication", la veille des médias constitue un instrument puissant de l'intelligence économique.

Rien qu'en France, aux 100 000 publications en tout genre s'ajoutent 130 canaux de radio-télévision selon L'Argus de la Presse, ce qui fait de la veille médiatique, la "mère de toutes les veilles" car pourvoyeuse de "matière première", l'information :

"Les différentes formes de veille exercées par les entreprises et les institutions puisent leur matière première dans la veille et l'étude des médias, qu'il s'agisse de la veille stratégique, concurrentielle, technologique, sectorielle, commerciale, juridique, réglementaire" (cf. p. 23).


Articles connexes[modifier | modifier le code]