Liste de canulars d'ovnis

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Plusieurs apparitions d'ovni se sont en fait révélées être des canulars. L'article qui suit en dresse la liste.

Canulars antérieurs aux ovnis[modifier | modifier le code]

  • Le 1er avril 1897, deux habitants d'Omaha (Nebraska) lancèrent un ballon d'hélium avec une nacelle enflammée[1].
  • Le 17 avril 1897, le Dallas Morning News rapporte que l'après-midi précédent trois hommes avaient fabriqué un « mystérieux dirigeable  » en trempant une boulette de coton dans le kérosène et en l'attachant à la patte d'un vautour. Quand ils lâchèrent le vautour, les témoins des lumières crièrent : « Regarde, c'est le dirigeable fantôme! ». Le canular fut démasqué quand l'oiseau atterrit sur le toit du lycée local et que la boulette de coton mit le feu à l'école[2].
  • Le 17 avril 1897, le journal de la ville d'Aurora (Texas) annonça qu'un dirigeable fantôme s'était écrasé sur le moulin à vent du juge Proctor et qu'un cadavre d'extraterrestre avait été inhumé dans le cimetière de la ville. Des proches des instigateurs de ce canular donnèrent une interview au Time pour expliquer les raisons de cette blague, à savoir la volonté d'attirer l'attention sur la ville, qui était en déclin et menaçait de disparaître à cause de l'abandon d'un projet de voie ferrée[3].
Article détaillé : Incident d'Aurora.

Canulars avérés[modifier | modifier le code]

L'affaire de l'engin détecteur de pétrole (1950)[modifier | modifier le code]

En 1950, Frank Scully écrit un ouvrage à sensation Behind the Flying Saucers[4], dans lequel il affirme que d'après d'éminents scientifiques, qu'il ne nomme pas, des soucoupes volantes se sont écrasées au sol[5]. Le journaliste Donald Keyhoe analyse cette affaire et conclut au canular. Après enquête fouillée, J. P. Kahn révèle que les deux fameux scientifiques étaient en réalité deux escrocs notoires, déjà condamnés, Newton et Gebauer[6]. Ces deux escrocs racontent l'histoire d'une soucoupe prétendument écrasée près d'Aztec au Nouveau-Mexique en mars 1948. Les seize « extraterrestres » retrouvés morts auraient été récupérés puis transportés ailleurs par l'U.S. Air Force. Et leur technologie aurait permis la fabrication d'un engin « détecteur de pétrole »[7].

L'affaire de Belesta (1954)[modifier | modifier le code]

Cette affaire, survenue le 16 octobre 1954 à Bélesta durant la vague d'observation d'automne 1954, était considéré comme un « classique de l'ufologie », jusqu'à ce que les auteurs, 55 ans après les faits, avouent la supercherie. La Dépêche du Midi y avait consacré un long article qui parlait « de boules lumineuses évoluant durant une demi-heure en une ronde magique »[8]. Des dizaines de témoins tombèrent dans le panneau. « J'ai pensé qu'après 55 ans, il y avait prescription, que le temps était venu de dire haut et clair la vérité », dira l'un des auteurs du canular. « Cette affaire, c'est un amusement de jeunes. Avec tous mes copains de Bélesta, nous étions une demi-douzaine, on s'ennuyait ferme ce samedi soir-là. Dans les journaux, à la radio, on ne parlait que d'Ovni. Alors on s'est dit : ils en veulent, on va leur en offrir ! », explique René Lagarde. Cinquante-cinq ans plus tard, les auteurs (Jean et André Sibra, René Lagarde, Gérard Pibouleau, Gérard Coléra) en rient encore. Le faux engin a été fabriqué à partir d'une fourche de vélo, un guidon, une roue et des lampes électriques puissantes fixées sur la structure[9].

L'affaire de Socorro (1964)[modifier | modifier le code]

La fameuse observation de Socorro faite par le lieutenant de police Lonnie Zamora a été récemment dévoilée comme canular et cela au bout de 45 ans. Le récent aveu d'un ancien président de faculté montre que la prétendue observation n'était qu'une blague de potaches assez élaborée[10].

L'affaire de San José de Valderas (1967)[modifier | modifier le code]

Le 1er juin 1967, trois témoins déclarent avoir vu un vaisseau dans le ciel à San José de Valderas (Espagne). Ils resteront anonymes, mais seront interviewés par José Luis Jordán Peña. Un témoin photographia l'objet. Trois analyses indépendantes (Claude Poher du CNES, une équipe américaine et une équipe espagnole) considèrent que les 7 photos provenant de deux pellicules différentes sont truquées[11].

L'affaire de Beert (1975)[modifier | modifier le code]

En novembre 1975, à Beert, cinq personnes déposèrent à la rédaction d'un journal belge néerlandophone une photographie de ce qu'ils appelèrent l'affaire du siècle. Le journal publia la photo avec un article demandant s'il y avait des témoins. La rédaction fut assaillie de coups de fils de personnes qui jurèrent avoir vu exactement le même objet. Ce fut une mini-vague d'ovnis. Au bout de quelques jours, les cinq personnes reconnurent que le cliché était un faux. L'expérience montre qu'à partir d'un faux cas (ici un canular), on peut engendrer d'autres témoignages tout aussi faux par la simple contagion psychologique[12]. Les croyants crièrent au scandale[13] mais sans pouvoir invalider la justesse de la démonstration.

L'affaire de Cergy-Pontoise (1979)[modifier | modifier le code]

Trois jeunes Français prétendirent avoir été enlevés par des extraterrestres. Trois ans plus tard, un des trois jeunes, Jean-Pierre Prévost, déclara[14] :

« J'affirme que l'affaire de Cergy-Pontoise est bidon du début à la fin. J'en suis le seul responsable. C'est moi qui ai tout organisé, tout monté. Je peux le prouver. Franck Fontaine a passé les 8 jours de sa disparition dans l'appartement d'un ami, à Pontoise ; c'est moi qui l'y ai conduit, et c'est moi qui l'ai ramené. Comment peut-on imaginer des extraterrestres venant enlever un guignol. »

La photographie de la lande d'Ilkley (1987)[modifier | modifier le code]

Il s'agit d'une photo d'humanoïde censée être prise en Angleterre le 1er décembre 1987 sur la lande d'Ilkley (Ilkley Moor} dans le Yorkshire de l'Ouest. Cette photo fut à l'origine d'une enquête du NUFON et du MUFORA avant d'être publiée dans la revue britannique Magonia. Ce fut le quotidien britannique The Daily Star qui, dans son édition du 2 juillet 1989, révéla le pot-aux-roses : l'humanoïde était en fait un agent d'assurances photographié à son insu, alors qu'il rendait visite à des clients isolés et devait pour ce faire traverser la lande[15].

Des enquêteurs belges ayant repris l'affaire, la commentent ainsi : « mais comment imaginer que des enquêteurs expérimentés aient pu se laisser prendre à un aussi banal canular ou méprise ? »[16].

La photo de Petit-Rechain (1990)[modifier | modifier le code]

La photo de Petit-Rechain est probablement la fausse photo d'ovni la plus célèbre. Elle engendra des débats passionnés. Quelques experts ne tombèrent pas dans le panneau et envisagèrent un faux. L'histoire, racontée par un photographe professionnel, d'un témoin qui prend une photo au téléobjectif en pose B[17] et assure n'avoir pas bougé, présente de nombreuses incohérences[18]. On peut croire que le photographe se moque des « experts » à qui il remet la photo. L'ufologue Amanda Nuwanda écrit : « tout sent le faux dans ce cliché. Un témoin qui prend deux photos et s'empresse de jeter la deuxième, comme si cette deuxième photo pouvait révéler des traces de trucage »[19]. Le 27 juillet 2011, le photographe ayant saisi le cliché admet avoir fait un faux[20]. Selon Patrick Ferryn, président du COBEPS, la non authenticité de l'affaire de Petit-Rechain ne remet pas en cause l'authenticité des autres éléments concernant la « vague belge »[21].

Les photographies de Penthouse (1996)[modifier | modifier le code]

En septembre 1996 le magazine Penthouse publie trois photographies d'un extraterrestre supposé. Peu après la publication, Paul Davids, producteur du téléfilm Roswell, déclare que l'extraterrestre de Penthouse est un mannequin exposé au Musée international des ovnis de Roswell[22].

L'affaire de Morristown (2009)[modifier | modifier le code]

L'affaire de Morristown

L'affaire de Morristown, connue sous le nom de « grand canular ovni de 2009 »[23],[24], fut, à l'origine, un événement aérien non identifié qui se produisit le lundi 5 janvier 2009 entre 20 h 15 et 21 h. Cinq lumières, attachées à des ballons d'hélium lâchés par Joe Rudy et Chris Russo, furent aperçues dans le ciel au-dessus du Morris County dans le New Jersey, principalement dans les villes de Hanovre, Morristown, Morris Plains, Madison et Florham Park. L'événement était en fait un canular, dévoilé par ses auteurs dans un article intitulé « Comment nous avons monté le canular ovni de Morristown »[25].

Le faux extraterrestre de Roswell[modifier | modifier le code]

Canulars possibles[modifier | modifier le code]

La photo de l'île de la Trinité (1958)[modifier | modifier le code]

Il s'agit d'une photographie prise par un expert en trucages photographiques au large de l'île de la Trinité dans les Antilles. Le photographe, Almiro Baraúna, est connu pour ses récits humoristiques comme cet article publié dans un magazine sous le titre « Une soucoupe volante m'a pourchassé chez moi » et agrémenté de faux documents[26],[27].

L'affaire de Trans-en-Provence (1981)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Affaire de Trans-en-Provence.

Michel Figuet évoque ouvertement le canular pour cette affaire[28]. Le rapport du GEPAN conclut[29] qu'« Il a été toutefois possible de montrer qualitativement l'occurrence d'un événement de grande ampleur ayant entraîné des déformations mécaniques, un échauffement, et peut-être certains apports de matériaux en trace ».Par contre, au plan biochimique, il ne se prononce pas sur l'origine des forts traumatismes que ces végétaux ont subi.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Brenda Denzler, The Lure of the edge: scientific passions, religious beliefs, and the pursuit of UFOs, University of California Press, 2001, (ISBN 0-520-23905-9), pages 5-6.
  2. (en) Gregory L. Reece, UFO Religion: Inside Flying Saucer Cults and Culture, I. B. Tauris,‎ August 21, 2007 (ISBN 1-84511-451-5, lire en ligne), p. 13.
  3. (en) « Close Encounters of a Kind », Time,‎ 1979-03-12 (consulté le 2007-04-12)
  4. Gebauer est aussi appelé Dr Gee dans cet ouvrage
  5. Pierre Lagrange, Roswell : la chronologie, Anomalies, no 1, 1996.
  6. True, septembre 1952.
  7. Ancêtre des « avions renifleurs ».
  8. Des boules lumineuses évoluant durant une demi-heure en une ronde magique, La Dépêche du midi, 19 octobre 1954.
  9. Ovni à Bélesta en 1954 : c'était une blague !, ladepeche.fr, 22/05/2009.
  10. (en) Anthony Bragalia, THE SOCORRO UFO HOAX EXPOSED! (Famous 1964 sighting was a college prank), sur le site The UFO Iconoclast(s), September 23, 2009.
  11. Les photos de San José de Valderas.
  12. Marc Hallet, Les sciences parallèles ou la sagesse des fous, Espace de Libertés, 1992.
  13. Inforespace no 13, pp. 28-29.
  14. L'enlèvement imaginaire de Cergy-Pontoise, in Les trois plus gros canulars de l'histoire, 11:09/2009.
  15. Massimo Polidoro, Cette photographie fait partie des 10 meilleures ou pires photos d'aliens, Notes on a Strange World, Volume 36.5, September/October 2012.
  16. Patrick Vidal, L'humanoïde d'Ilkley Moor, un agent d'assurance ?, Sobeps, flash n°1, février 1990, p. 8.
  17. Vague d'ovnis sur la Belgique, tomes 1 et 2, éditions Sobeps.
  18. Pierre Magain et Marc Remy, Les OVNI : un sujet de recherche ?, Physicalia Magazine, vol. 15, n° 4, pp. 311-318.
  19. « La photo truquee de Petit-Rechain par Ananda Nuwanda » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?). Consulté le 2013-04-14.
  20. L'OVNI de Petit-Rechain aussi faux que celui de Roswell, rtl.be, 28 juillet 2011.
  21. Le faux OVNI "ne remet pas les autres en cause", rtl.be, 26 juillet 2011.
  22. L'Alien de Penthouse, sur le site rr0.org.
  23. (en) Sharon Begley, The Great UFO Hoax of 2009, The Daily Beast, April 1, 2009.
  24. (en) « How We Staged the Morristown UFO Hoax », eSkeptic, Skeptics Society,‎ 2009-04-01 (consulté le 2009-04-16)
  25. (en) Joe Rudy et Chris Russo, "How We Staged the Morristown UFO Hoax", skeptic.com, 1er avril 2009.
  26. L'observation de l'île de la Trinité
  27. OVNIS en vrac, 25/09/2010.
  28. Michel Figuet, L’affaire de Trans-en-Provence, Dompierre-les-Ormes, SERPAN, 1995.
  29. CNES, GEPAN, Enquête 81/01, Analyse d'une trace, Note technique n°16, Synthèse et conclusions

Liens externes[modifier | modifier le code]

  1. Canulars ufologiques
  2. (en) Site de la CIA