Pierre Lagrange

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Pierre Lagrange (né à Auch (Gers) en 1963) est un sociologue des sciences français, enseignant à l'École d'Art d'Avignon et chercheur associé au Laboratoire d'anthropologie et d'histoire de l'institution de la culture[1].

Sommaire

Biographie [modifier]

Formation [modifier]

Après avoir entamé des études de psychologie à l'Université Paris-5 René Descartes, Pierre Lagrange rejoint en 1986 le Centre de Sociologie de l'Innovation (CSI) à l'Ecole des Mines de Paris, dans le cadre d'un service civil effectué au sein de l'association Pandore (créée par Bruno Latour qui édite le bulletin du même nom et qui a publié trois volumes de textes de sociologie des sciences de langue anglaise[2]). Il obtient en 1990 le diplôme de l'EHESS puis, en 1991, le DEA (Diplôme d'Etudes approfondies) sous la direction de Luc Boltanski au sein du Groupe de Sociologie Politique et Morale à l'Ecole des Hautes Etudes en Sciences sociales en 1990 et 1991. En 1992, il entame une thèse sur la sociologie des parasciences sous la direction de Bruno Latour à l'EHESS. Il la soutient dans le cadre d'un doctorat en anthropologie sociale à l'École des hautes études en sciences sociales (EHESS) en 2009 sous la direction de Daniel Fabre[3].

Parcours professionnel [modifier]

En 1990, Pierre Lagrange fait paraître deux articles dans les revues d'anthropologie Terrain et Communications. Entre 1990 et 1992, il réalise sous la direction de Bruno Latour, une étude sociologique sur les parasciences dans le cadre d'un contrat passé entre le Ministère de la Recherche et l'Ecole des Mines (Armines). En 1993, il dirige un numéro de la revue Ethnologie française sur le thème "sciences-parasciences: preuves et épreuves" dans lequel on retrouve des articles de Simon Shaffer, Bertrand Méheust, Michel Pierssens, Geneviève Delbos, Trevor Pinch et Harry Collins, Francis Chateauraynaud et Christian Bessy, Isabelle Stengers. Fin 1996, il publie un premier livre, La Rumeur de Roswell, aux éditions La Découverte. Au début de 1997, après avoir quitté le CSI, Lagrange travaille pour Canal+ comme consultant dans le cadre de la préparation d'un programme consacré aux ovnis (la Nuit extraterrestre, diffusée en juin 1997). Au cours des années qui suivent, il alterne la publication d'articles dans la presse scientifique et généraliste, l'organisation de séminaires ou de conférences dans diverses universités (notamment Genève et Lausanne) et des travaux dans le cadre de contrats. En 2001, il organise pour l'Université de Genève un colloque sur les parasciences dans le cadre du Festival Science et Cité. Il devient chercheur associé au sein du LAHIC[4]. En 2003, il publie un guide touristique de la planète Mars ainsi qu'un ouvrage sur Nostradamus en compagnie de l'historien Hervé Drévillon. En 2005, il publie chez Robert Laffont, La Guerre des mondes a-t-elle eu lieu?, un livre consacré à l'analyse de la prétendue panique déclenchée par l'émission d'Orson Welles annonçant une invasion martienne le 30 octobre 1938. En 2006, Pierre Lagrange devient membre du Comité d'experts du GEIPAN (Groupe d'Etudes et d'Informations sur les Phénomènes aérospatiaux non identifiés) du CNES (Centre National d'Etudes spatiales). Attaché temporaire d'enseignement et de recherche (ATER) de 2008 à 2010 à l'Université d'Avignon. Chargé de cours à l'Université d'Avignon en 2009-2012 (il est alors également membre du Centre Norbert Elias). Depuis 2011, il enseigne l'anthropologie sociale à l'Ecole d'Art d'Avignon.

Thèmes de recherche [modifier]

Formé dans le domaine des science studies[5], Pierre Lagrange s'est spécialisé dans la distinction entre pensée scientifique et pensée magique, que Bruno Latour qualifie de grand partage[6]. Son approche consiste à étudier des controverses scientifiques sur des objets au statut marginal, comme les ovnis, les phénomènes parapsychologiques, les animaux mystérieux, ou plus généralement certaines controverses technologiques actuelles (par exemple sur certains effets difficiles à évaluer, effets des lignes à haute tension, des portables etc).

S'inspirant des travaux d'ethnologues comme Jack Goody (auteur de La Raison graphique[7]), Jeanne Favret-Saada[8], ou des travaux de Bruno Latour sur la production des faits scientifiques[9], Lagrange s'est penché sur ce qu'il nomme "croyances scientifiques" et qui tend à expliquer certains phénomènes en termes d'influence du contexte (la guerre froide aurait provoqué la "rumeur visionnaire des soucoupes). Ainsi, dans son livre consacré à "la rumeur de Roswell", il cherche à démontrer que si la thèse de la chute d'une soucoupe en 1947 à Roswell peut légitimement susciter quelques doutes, rien ne permet de qualifier ceux qui croient à cette thèse d'irrationalité, leur raisonnement reposant selon lui sur les mêmes bases que celui qui ne croit pas à cette thèse.

Dans un livre consacré à l'émission d'Orson Welles sur l'invasion de la Terre par les martiens diffusée en octobre 1938, Lagrange considère que la vraie question n'est pas de savoir pourquoi les gens ont cru à l'émission mais comment cette émission et les réactions qu'elle a suscitées ont été mobilisées pour renforcer et diffuser largement l'image d'un public naïf et crédule.

La questions des « pseudosciences » présente pour lui un autre intérêt lié à la multiplication, depuis quelques décennies, des débats publics sur certaines questions scientifiques ou techniques (par exemple les effets des lignes à haute tension, les conséquences de certains rayonnements, etc). Ces phénomènes présentent en effet des caractéristiques assez proches des phénomènes paranormaux : difficulté à établir la preuve, confrontation plus ou moins brutale entre l'expertise scientifique et les témoignages de « victimes », etc.

Selon lui, la discussion a longtemps été réduite à une opposition entre la pensée scientifique et la pensée magique. Et la solution proposée a souvent consisté à demander aux sociologues d'expliquer « pourquoi les gens croient à des choses qui n'existent pas ». Si cette approche pouvait sembler justifiée dans le cas de l'étude des seuls phénomènes paranormaux, en oubliant les arguments scientifiques qui leur sont opposés, Lagrange en voit les limites lorsqu'on réintroduit dans la description du débat l'ensemble des acteurs et des arguments ("croyants" et "sceptiques"), ou lorsqu'il s'agit de rendre compte des débats qui se multiplient aujourd'hui à propos des risques technologiques. On assiste en effet de plus en plus à une remise en cause des experts et à la multiplication d'acteurs nouveaux : associations de malades, lanceurs d'alerte, etc.[10]. Les critères de ces experts ne peuvent donc être utilisés pour rendre compte de la controverse, ils doivent au contraire être décrits et expliqués tout autant que les prises de position des non experts.

Lagrange conclut alors que les pseudosciences n'existent pas et que l'irrationnel est une invention, car « pour qu'il y ait des parasciences, il faudrait qu'il y ait des sciences telles qu'on en décrit dans les livres d'épistémologie et les dictionnaires rationalistes. Des sciences dures, rationnelles, insensibles aux modes et aux tendances de la société, à la pensée droite et sans bavure. Or ces sciences, c'est désormais certain, n'existent pas »[11] ».

Il propose donc, comme cela est fait habituellement dans l'analyse des débats scientifiques (ondes gravitationnelles, neutrinos, etc[12]), de faire évoluer les principes d'analyse de ces sujets aux marges des sciences et techniques. Lagrange s'est interrogé sur les conséquences de cette évolution dans le chapitre méthodologique de sa thèse de doctorat[13]. Conséquences doubles. D'une part, il semble que l'idée d'étudier dans les mêmes termes, dans le même cadre d'analyse, les propos des acteurs scientifiques et non scientifiques soit pour beaucoup de sociologues une véritable tâche aveugle. Plongés eux-mêmes dans un univers de références scientifiques, ils n'imaginent même pas qu'il soit possible d'adopter une quelconque distance méthodologique avec cet univers. Pourtant, des "croyances" comme les ovnis ou le paranormal présentent un intérêt tout particulier, celui d'obliger le chercheur à élaborer un langage qui soit capable de traiter à la fois ce qu'on qualifie de savoir et ce qu'on qualifie de croyances (deux sujets renvoyés traditionnellement à deux types différents de spécialistes, les épistémologues et les sociologues de la croyance, qui ont recours à deux types d'explications diamétralement opposées, internalistes pour les sciences, externalistes pour les croyances). Jusqu'ici la plupart des chercheurs en sciences sociales se sont intéressés à des croyances sans rapport avec les sciences, croyances au sein de cultures non occidentales, croyances religieuses, etc. Du coup, la comparaison avec les savoirs scientifiques pouvaient être ignorée. En choisissant d'étudier des "croyances" actuelles, mêlées de controverses scientifiques, les sciences ne peuvent être laissées de côté. De nouvelles contraintes apparaissent, liées au type d'explication à fournir. Cette démarche a une deuxième conséquence, celle de ne plus mettre le chercheur à l'abri des acteurs qu'il étudie. Lagrange constate qu'un ethnologue qui étudiait autrefois les « primitifs » courait rarement le risque d'être contredit par ces derniers. Dans les années 1970 encore, lorsque Jeanne Favret-Saada étudiait la sorcellerie en France, elle ne risquait guère d'être confrontée aux paysans victimes de sorts lorsqu'elle donnait ses cours en amphi[8]. Aujourd'hui, il constate que les sociologues doivent souvent répondre aux questions que les acteurs leurs retournent à propos de leurs analyses. C'est non seulement vrai dans le cas des débats sur les risques technologiques, ça l'est également dans le cas des controverses sur les ovnis ou les phénomènes paranormaux. Peut-être est-ce pour cela que la plupart des sociologues rajoutent une couche d'explication sociologique, comme pour maintenir les croyants à distance. Mais cette attitude est-elle la plus pertinente? Ne convient-il pas plutôt de s'interroger sur le fait que, jusqu'ici, le sociologue maintenait toujours les "croyances" qu'il étudiait à bonne distance, en les choisissant dans d'autres cultures éloignées dans l'espace ou dans le temps[14].

Lagrange défend l'idée que les sociologues doivent accepter de débattre avec les acteurs dont ils décrivent le travail.

Cependant Lagrange distingue son discours sur les ovnis, qui peut être « sceptique » à l'occasion, de son analyse sociologique, qui rejette l'idée de réduire les faits à des phénomènes socio-psychologiques (ce que les ufologues appellent hypothèse socio-psychologique ou Modèle sociopsychologique du phénomène ovni). Son travail est en fait avant tout dirigé contre la tendance, en sociologie, à vouloir subordonner l'analyse sociologique des situations au discours sceptique sur les faits conduisant à vouloir expliquer « pourquoi les gens croient à des choses qui n'existent pas ». Cette dernière position étant intenable, selon lui, car la réalité ou l'irréalité des faits est précisément ce qui est en jeu.

Publications [modifier]

Pierre Lagrange a développé les points qui précèdent dans le cadre de plusieurs livres.

Le premier, intitulé La Rumeur de Roswell (publié en 1996), est l'un des premiers livres consacrés à ce qu'on appelle aujourd'hui "croyance aux théories du complot". L'ouvrage développe deux types d'analyses. D'une part, il retrace l'histoire des débats à propos de soucoupes volantes écrasées et récupérées en secret par l'armée américaine, une thèse qui a fait l'objet de controverses médiatiques depuis le début des années 1950 et qui s'est installée dans la mémoire collective à la suite de la formidable publicité faite à l'affaire de Roswell au milieu des années 1990 (il est important de rappeler qu'il n'existe pas d'"affaire de Roswell" avant la publication du premier livre sur ce cas en 1980 et surtout avant le débat généré par le premier rapport de l'armée de l'air américaine en 1994; le nom même de Roswell est inconnu des publications ufologiques avant ces dates). L'auteur discute deux points. Premier point: la thèse du crash d'une soucoupe a peu de chances de correspondre à la réalité (il replace pour cela l'histoire telle qu'elle s'est déroulée en 1947 dans son contexte, celui de la surveillance des Soviétiques par les Américains, un contexte très différent de celui qui a présidé à la redécouverte de cette histoire dans les années 1980 et 1990 et à sa transformation en "affaire de Roswell". Mais, deuxième point, Lagrange refuse de subordonner son analyse sociologique du cas au point de vue qu'il adopte sur la réalité des événements (la plupart des sociologues basent leurs analyses sociologiques des "croyances scientifiques" sur la réalité ou l'irréalité des faits[15]. Refusant cette sociologie de l'erreur, il montre dans la dernière partie de son livre qu'on ne peut opposer les ufologues pro-Roswell aux ufologues anti-Roswell en opposant ce qui serait l'irrationnalité des uns à la rationalité des autres. Tous se comportent de façon aussi rationnelle. Il n'y a donc pas de raison pour lui d'avoir recours à des explications différentes selon qu'il est question des premiers ou des seconds.

Dans un autre livre, intitulé La guerre des mondes a-t-elle eu lieu? (2005), il revient sur l'histoire de la panique provoquée par l'émission d'Orson Welles annonçant le 30 octobre 1938, une invasion venue de Mars (inspirée de la Guerre des mondes de HG Wells). Il déconstruit l'argument de la panique provoquée par l'émission en faisant l'historique des textes qui lui ont été consacrés pour montrer que cet argument résulte d'une accumulation de faits mal vérifiés. Il n'y a pas eu de panique, du moins certainement pas de l'ampleur décrite par tous les auteurs qui se sont succédé depuis 1938. Le livre développe même en creux le contre-argument selon quoi la seule "panique" rencontrée est celle des élites qui depuis la fin du 19e siècle ne cessent de craindre des débordements de foules incontrôlables et qui ont donné lieu à la production de toute une gamme d'explications des comportements collectifs. Ce livre s'intéresse donc, à l'instar de travaux publiés aux Etats-Unis sur ces sujets, à la sociologie des comportements collectifs.

Le livre intitulé Ovnis: ce qu'ils ne veulent pas que vous sachiez (ce titre reprend, avec une volonté de second degré, les titres d'ouvrages consacrés aux "conspirations pour cacher la vérité sur les ovnis"), est consacré également au développement, en France, de discours sur les complots destinés à cacher les faits au public. Dans ce livre, Lagrange montre d'une part que ces théories ne sont pas limitées à des groupes d'ufologues "marginaux". Elles sont développées par des ingénieurs, des militaires qui n'ont rien de marginaux (en fait, surtout dont la marginalité peut varier grandement, rien n'étant jamais acquis dans ce domaine). Par ailleurs, l'auteur défend l'idée que, pour comprendre la croyance aux complots, il faut aussi comprendre la théorie du complot développée par les rationalistes à propos d'un complot contre la raison. Jusqu'ici, la majorité des sociologues et politologues se sont concentrés sur les aspects les plus marginaux, pour ne pas dire caricaturaux, de la théorie du complot (Roswell, reptiliens etc), en oubliant d'une part que la formule "croyance aux théories du complots" est d'invention récente, qu'auparavant certaines notions classées aujourd'hui comme théories du complot étaient assez largement partagées au sein des élites (voir les articles consacrés à l'assassinat de Kennedy dans des revues intellectuelles des années 1960 comme Les Temps modernes ou Esprit). Et en oubliant d'autre part que ceux qui combattent des croyances comme celles de Roswell sont bien souvent les adeptes d'une théorie d'un complot contre la Raison, contre le savoir[16]. Ils réactualisent alors la vieille théorie du complot de l'Eglise contre Galilée qui aurait visé à empêcher la diffusion du savoir scientifique.

Lagrange a également dirigé la publication de plusieurs livres écrits par d'autres auteurs. Tout d'abord deux ouvrages considérés comme des classiques de la littérature ufologique: le livre de Gray Barker sur les Men in Black, They Knew Too Much About Flying Saucers, publié aux Etats-Unis en 1956, et le livre de John Keel, The Mothman Prophecies, consacré à une série d'apparitions étranges en Virginie occidentale au milieu des années 1960, qui illustre un des courants ufologiques qui s'est développé au cours de cette période (et qui a été porté à l'écran par Mark Pellington en 2004). En publiant ces deux livres, et en les accompagnant d'un important appareil de notes, de bibliographies et d'une introduction détaillée, le but de Lagrange est simplement de faire pour cette littérature "paranormale" ce que d'autres chercheurs font pour d'autres domaines littéraires: offrir des éditions ou rééditions d'ouvrages devenus classiques en les replaçant dans leur contexte. Lagrange a également publié deux autres ouvrages, Science-fiction et soucoupes volantes de Bertrand Méheust, publié en 1978 au Mercure de France, et qui constitue sans doute la première étude culturaliste des ovnis. L'auteur y met les ovnis en perspective par rapport à la littérature populaire de science-fiction en montrant que ces deux univers puisent dans un fonds d'imaginaire technologique commun, sans pour autant tomber dans le réductionnisme qu'on pourrait attendre (du genre: les témoins d'ovnis ont lu trop de SF). L'ouvrage a été republié avec une longue introduction de Bertrand Méheust qui revient sur les circonstances de sa découverte et sur les réflexions que ce thème lui inspire aujourd'hui, ainsi qu'avec une iconographie renouvelée qui propose de nombreux documents difficiles d'accès en 1978, et enfin avec une annexe qui reprend les principaux articles consacrés au livre lors de sa première publication. Pierre Lagrange a également publié en français l'enquête réalisée par un ufologue américain, Karl Pflock, sur l'affaire de Roswell, l'un des chercheurs à l'origine de l'enquête réalisée par le Congrès (c'est en effet lui qui a alerté le représentant Steven Schiff sur la nécessité d'obtenir des clarifications de l'armée de l'air sur ce cas, ce qui a eu pour conséquence une enquête du GAO, General Accouting Office) la branche investigatrice du Congrès et deux rapports de l'Air Force, en 1994 et 1997). L'intérêt de ce livre est, entre autres, de montrer que l'ufologie ne se réduit pas à des "croyants" sans nuances, mais qu'il s'agit d'un univers parcouru par des controverses et que le débat sur Roswell ne se limite pas à d'un côté des ufologues pro-théories du complot et de l'autre à des militaires qui font tout pour minimiser les faits. Dans la réalité, ce sont les ufologues qui ont tout à la fois, développé les différentes thèses qui ont cours sur cette affaire, et qui ont obtenu une enquête officielle sur ce cas (des nuances importantes malheureusement trop souvent oubliées dans les analyses sociologiques sur la "croyance aux théories du complot").

Pierre Lagrange est aussi l'auteur d'un certain nombre d'articles: dans le cadre de revues académiques (Terrain, Communications, Prétentaine, etc [17]), dans des ouvrages collectifs universitaires[18] et dans la presse générale (Libération, Le Figaro, Science et Avenir, Pour la Science, etc.[19]) il a aussi publié des articles dans certains magazines publiés par des acteurs des parasciences (Ovni-Présence, le bulletin de l'Association d'études des soucoupes volantes (AESV), Anomalies, Cahiers de l'AFIS, Inforespace, la revue de la SOBEPS, un important groupe ufologue belge, International UFO Reporter, publié par le Center for UFO Studies, etc [20]).

Livres publiés [modifier]

Auteur ou coauteur [modifier]

  • La Rumeur de Roswell, Paris, Éditions la Découverte, 1996.
  • avec Clarisse Le Friant et Guillaume Godard, Sont-ils parmi nous ? La nuit extraterrestre, préface de Michel Royer, Paris, Gallimard, 1997.
  • avec Hervé Drévillon, Nostradamus. L'éternel retour, Paris, Gallimard, « Découvertes », 2003.
  • (dir.), Noirs complots, Les Belles Lettres, 2003. (Anthologie de nouvelles de fantastique et de SF consacrée aux complots).
  • La guerre des mondes a-t-elle eu lieu ?, Paris, Robert Laffont, 2005.
  • Ovnis. Ce qu'ILS ne veulent pas que vous sachiez, Paris, Presses du Chatelet, 2007.

Autre [modifier]

  • texte présenté et annoté: Gray Barker, Ils en savaient trop sur les soucoupes volantes, traduit de l'anglais, États-Unis, par Vincent Carénini (They Knew Too Much About Flying Saucers), Paris, Presses du Châtelet, 2002.
  • texte revu présenté et annoté: John A. Keel, La Prophétie des ombres, traduit de l'anglais, États-Unis, par Benjamin Legrand (The Mothman Prophecies), Paris, Presses du Châtelet, 2002.
Introduction
  • à Karl Pflock, Roswell. L'Ultime Enquête, Éditions Terre de Brume, 2007.

Principaux textes dans des revues/livres à comité de lecture [modifier]

  • « L'affaire Kenneth Arnold. Note sur l'art de construire et de déconstruire quelques soucoupes volantes », Communications n° 52, novembre 1990, pp. 283-309.
  • « Enquêtes sur les soucoupes volantes. La construction d’un fait aux États-Unis (1947) et en France (1951-54) », Terrain, Carnets du Patrimoine Ethnologique n° 14, mars 1990, pp. 92-112.
  • « Une collection inqualifiable. La controverse sur l'authenticité de Glozel », Ethnologie française vol. 23, n° 3, septembre, p. 399-426 (en collaboration avec Christian Bessy et Francis Chateauraynaud).
  • « Les extraterrestres rêvent-ils de preuves scientifiques ? », Ethnologie française vol. 23, n° 3, septembre, p. 428-458.
  • « Définitions occultes », in Bernadette Bensaude-Vincent et Christine Blondel (ed), Les Savants et l'occulte, Paris, La Découverte (en collaboration avec Patrizia D'Andrea)
  • « Diplomats Without Portfolios. The Question of Contact with Extraterrestrial Civilizations », in Bruno Latour et Peter Weibel (ed.), Making Things Public, MIT Press, 2005, p. 90-97.
  • « Close Encounters of the French Kind: The Saucerian Construction of “Contacts” and the Controversy over Its Reality in France », in Diana G. Tuminia, Alien Worlds : The Social and Religious Dimensions of UFO Phenomena (Syracuse, NY, Syracuse University Press, 2007, p. 153-190.)
  • « Les controverses sur l’Atlantide », in Claudie Voisenat (dir.), Imaginaires archéologiques, Paris, Editions de la Maison des Sciences de l’Homme, 2008, p. 209-235.
  • « Propositions pour repenser la sociologie de la croyance. L’analyse des débats sur les ovnis et sur le programme Seti », Prétentaine n° 25/26, juin 2009, p. 272-317.
  • « The Ghost in the Machine. How Sociology Tried to Explain (Away) American Flying Saucers and European Ghost Rockets, 1946-1947 », in Alexander Geppert (ed.), Imagining Outer Space, European Astroculture in the Twentieth Century, New York, Macmillan, 2012, p. 224-244.
  • « Pourquoi les croyances n’intéressent-elles les anthropologues qu’au-delà de deux cents kilomètres ? », Politix vol. 25, n° 100, 2012, p. 201-220.

Autres textes [modifier]

  • « Arnold, Kenneth », in James Lewis (ed.), UFOs and Popular Culture: An Encyclopedia of Contemporary Myth, Santa Barbara, ABC Clio, 2001, p. 31-36.
  • « The Sociology of Ufology », in James Lewis (ed.), UFOs and Popular Culture: An Encyclopedia of Contemporary Myth, Santa Barbara, ABC Clio, 2001, p. 272-275.
  • « Atlantide », « Cœlacanthe », « Extraterrestres », « Fort, Charles », « New Age », « Ovni », « Parapsychologie », « Parasciences », « Seti », « Triangle des Bermudes », « Welles », « Wells », « X-Files », Entrées pour Nicolas Witkowski (éd.), Dictionnaire culturel des sciences, Le Seuil-Editions du Regard, 2001.
  • « Pierre Guérin, porte parole des soucoupes », Science Frontières n° 71, janvier 2002, p. 16-21.
  • « Flammarion » in Patrick Sbalchiero (dir.), Dictionnaire de l'extraordinaire chrétien, Paris, Fayard, 2002, p. 298-300.
  • « Union rationaliste » in Patrick Sbalchiero (dir.), Dictionnaire de l'extraordinaire chrétien, Paris, Fayard, 2002, p. 828-830.
  • « Quels arguments opposer aux amateurs de conspirations ? », Mouvements n° 24, novembre-décembre 2002, p. 113-119.
  • « “Les soucoupes volantes existent-elles ?” Comment la science se sépare de l’opinion. », in Gérard Azoulay (éd.), L’Espace habité, Paris, CNES/Observatoire de l’Espace, 2008, p. 25-30.
  • « Les extraterrestres et la fin de la croyance populaire », in Patrick Gyger et Roland Lehoucq (ed), Sciences et science-fiction, Paris, Universcience Editions/Editions de la Martinière, p. 135-143.

Principaux articles parus dans des magazines scientifiques ou dans la presse généraliste [modifier]

  • “ Les derniers monstres ”, dossier in A Suivre n° 139, août 1989, p. 53-82.
  • “ Terres creuses et autres lunes ”, Cahiers de Science & Vie n° 2, avril 1991, pp. 92-96.
  • “ Le Grand Partage ”, Science et Avenir hors série Parasciences n° 101, juin-juillet 1995.
  • “ L'invention des ovnis ”, Science et Avenir hors série Parasciences n° 101, juin-juillet 1995.
  • “ Quand l'armée US dégonfle ses ovnis ”, Libération, août 1995, p. (en collaboration avec Fabrice Nodé-Langlois).
  • « Le physicien supersonique » [article consacré au physicien Jean-Pierre Petit], Science et Avenir, octobre 1995, p. 34-35.
  • “Les tribulations de la pieuvre géante”, Science et Avenir n°587, janvier 1996, p. 44-45.
  • « Soucoupes volantes : la première fois » [article coécrit avec Kim L. Arnold], Science & Vie Edition spéciale 50 ans d'ovnis, juin 1997, p. 16-21 [encadré : entretien avec Bill Bequette p. 19].
  • « Mystère à Valensole », Science & Vie Edition spéciale 50 ans d'ovnis, juin 1997, p. 54-59.
  • « A quoi croient les chasseurs d'ovnis ?  », Science & Vie Edition spéciale 50 ans d'ovnis, juin 1997, p. 82-87.
  • « Birthplace of the UFO Era », The East Oregonian, 24 juin 1997, p. 1, 5 (en collaboration avec la rédaction de l'East Oregonian).
  • « E[ast] O[regonian] Journalist Broke First 'Flying Saucer' Story » [interview de Bill Bequette], The East Oregonian, 24 juin 1997, p. 1, 5.
  • « Le jour où les soucoupes volantes ont débarqué », Science & Vie Junior n° 94, juillet 1997, p. 36-39.
  • « Pourquoi ils ne s'approchent pas trop près », L'Evénement du Jeudi n° 717, 30 juillet-5 août 1998, p.19-21.
  • « Le yeti existe, la science l'a rencontré… », Le Point n° 1377, 6 février 1999, p. 182-183.
  • « Ovni soit qui mal y pense », Libération, mercredi 21 juillet 1999, p. 5.
  • « Ces Martiens que nous avons tant aimés », Science et Vie Junior Hors Série "Mars", 2000, p.
  • « Chasseurs de monstres », Science et Vie Junior Hors Série "Les Monstres", 2000, p. 74-85.
  • « La lune, artefact extraterrestre ? », [poisson d’avril coécrit avec l’astrophysicien Roland Lehoucq], Pour la Science n° 270, avril 2000, p. 16.
  • « Nouvelle mission lunaire » [poisson d’avril], Science et Vie Junior avril 2000, p. 82-83.
  • « ET at Home », Libération, lundi 19 mars 2001 p. 14.
  • « La cryptozoologie a perdu son père », Le Figaro, mardi 28 août 2001, p. 10.
  • « Nostradamus n’amasse pas mousse », Le Figaro Littéraire, 1er juillet 2004, p 17-18.
  • « La mort de Robert L. Morris, l’un des pères fondateurs de la parapsychologie », Le Figaro, jeudi 19 août 2004 (Article consacré à la mort de Robert L. Morris, titulaire de la chaire Kostler de parapsychologie à l'université d'Edimburgh repris sur le site de l'Institut Métapsychique International (IMI): [1].
  • « Les Yéti ont commencé petit », Libération, jeudi 4 novembre 2004.
  • « Des savants, du public et des soucoupes volantes » Le Monde diplomatique, décembre 2004, p. 26-27.
  • « Flores, Yéti, y es-tu ? », Science et Avenir n° 694, décembre 2004, p. 12, 14.
  • « La cité des sciences », in Jules Verne, 1905-2005. L’incroyable voyage, Le Figaro hors série, mars 2005.
  • « Chasse au yéti sur Florès ? », Pour la Science n° 329, mars 2005, p. 38-39.
  • « Piano Man est un extraterrestre » Libération 4-5 juin 2005, p. 49.
  • « Les extraterrestres sont-ils seuls dans l’univers ? », Ciel et Espace, novembre 2005, p. 44-45.
  • « Les petits hommes verts débarquent ! », L’Histoire n° 304, décembre 2005, p. 26-27.
  • « Sciences d’élites, croyances populaires », Science et Vie Hors Série « Les Miracles », n° 236, septembre 2006, p. 6-17.
  • « L’étrange histoire des OVNI », Science et Avenir, n° 714, août 2006 [poster] présentant une chronologie raisonnée de l’histoire des ovnis]
  • « La météorite du 25 janvier pourrait être tombée près d’Albi », Le Figaro, jeudi 31 janvier 2008, p. 11.
  • « Des apparences parfois trompeuses » [à propos de la météorite du 25 janvier 2008], Ciel et Espace n° 454, mars 2008, p. 10-11.
  • « Ovnis et théories du complot », Le Monde Diplomatique n° 664, juillet 2009, p. 12-13.
  • « La guerre des mondes n’a pas eu lieu », Le Monde Diplomatique n° 664, juillet 2009, p. 13.
  • « Les soucoupes volantes sont-elles un sous-produit de la guerre froide ? », article publié sur le site du Monde Diplomatique: [2].

Entretiens parus dans la presse [modifier]

  • Hal McCune, “ Frenchman Studies Origins of UFO Sightings ”, The East Oregonian (Pendleton, Oregon), 26 juillet 1988, p. 3.
  • Hervé Ponchelet, « Ovnis : nouvelle vague », Le Point n° 919, 30 avril 1992, p. 92.
  • « Yéti, y es-tu ? », entretien avec Vincent Tardieu, Libération, 23 septembre 1992, p. 29.
  • “ Le sociologue et les ovnis ”, entretien avec Marc Traverson, Le Point n°1087, 17 juillet 1993, p. VIII.
  • “ Les parasciences, parias de la science ? ”, entretien avec Anne Taverne, Libération, 16 mai 1995, p. VII.
  • “ Les parascientifiques veulent parler scientifiquement ”, entretien avec Sophie Laurant, La Croix, 18-19 février 1996, p. 6.
  • “ L'invention des soucoupes ”, entretien avec Jean-Philippe Pisanias, Télérama n° 2473, 4 juin 1997, p. 74-76.
  • “ Soucoupes, Almasti, ovnis et oralité… Entretien avec Pierre Lagrange » propos recueillis par Frédéric Dumerchat, La Mandragore n° 3, 1998, p. 69-77.
  • « Les soucoupes volantes ont rendu service à la science », Entretien avec Nicolas Dufour, Le Temps (Genève), supplément Science et Multimédia, mardi 29 mai 2001, p. 3.
  • « Pierre Lagrange: Les astronomes sont timides », Entretien avec Cyrille Vanlerberghe, Le Figaro samedi 28-dimanche 29 juillet 2001 p. 10.
  • « La même rhétorique que le négationnisme », entretien avec Béatrice Valleys, Libération 30 mars 2002, p. 6.
  • « Tout le monde peut voir des soucoupes volantes », Entretien avec Anne Jouan, Le Figaro Etudiant, 29 mai 2002.
  • « Etes-vous sûr que le ciel est bleu ? », Entretien avec Michel de Pracontal, Le Nouvel Observateur11-17 juillet 2002, p. 70-71.
  • « Ce qui est bizarre, c'est de nier l'existence des soucoupes volantes », Entretien avec Olivier Delcroix in Le Figaro Magazine, 12 octobre 2002, p. 69-70.
  • « Mars est la plus populaire », Entretien avec Olivier Delcroix in Le Figaro Magazine, 16 août 2003, p. 18-19.
  • « La soucoupe volante est née le 25 juin 1947 », Entretien avec Aline Kiner, Science et Avenir, n° 714, août 2006, p. 44-48.

Notes et références [modifier]

  1. L'équipe fait partie de l'Institut interdisciplinaire d'anthropologie contemporaine (IIAC, UMR8177, CNRS/EHESS.
  2. Notamment: Michel Callon et Bruno Latour (eds.), La science telle qu’elle se fait, Paris, Pandore, 1982.
  3. Une Ethnographie de l'ufologie. Thèse soutenue à l'EHESS en 2009 sous la présidence du Professeur Francesco Panese et avec les professeurs Bernadette Bensaude-Vincent et Bruno Latour comme rapporteurs.
  4. Cf. bibliographie comme membre associé sur le site du LAHIC. L'équipe fait partie de l'Institut interdisciplinaire d'anthropologie contemporaine (IIAC, UMR8177, CNRS/EHESS.
  5. L'expression science studies désigne ce qu'on appelle en France sociologie des sciences ou anthropologie des sciences. L'expression anglo-américaine est souvent utilisée parce que ce domaine d'étude est né dans les pays de langue anglaise. La principale revue actuelle dans ce domaine, Social Studies of Science, s'appelait initialement Science Studies.
  6. Bruno Latour, « Comment redistribuer le Grand Partage ? », Revue de Synthèse IIIe série, n° 110, avril-juin 1983, p. 203-236.
  7. Jack Goody, La Raison graphique, Paris, Minuit, 1980, coll. "Le Sens commun".
  8. a et b Jeanne Favret-Saada, Les Mots, la mort, les sorts, Paris, Gallimard, 1977.
  9. Bruno Latour, La Science en action, Paris, La Découverte/Poche, 2005; id, Changer de société-Refaire de la sociologie, Paris, La Découverte, 2006.
  10. Voir l'introduction rédigée pour le numéro de la revue Ethnologie Française qu'il a dirigé sur le thème « Sciences et parasciences : preuves et épreuves » et qui a été publié en septembre 1993.
  11. « Comment tordre le cou à quelques idées reçues à propos des soucoupes volantes », dans BIFROST, n°19, juillet 2000, disponible en ligne.
  12. Voir Michel Callon et Bruno Latour (eds.), La science telle qu’elle se fait, Paris, La Découverte, 1990.
  13. Une Ethnographie de l'ufologie. Thèse soutenue à l'EHESS en 2009.
  14. Les publications de Lagrange ont suscité (de façon prévisible) des critiques de la part d'acteurs des « parasciences », qui ont tenté (parfois de façon quasi obsessionnelle et souvent aussi en dehors de tout respect des règles de débat courtois) de réduire les prises de position de l'auteur à leurs propres préoccupations (les faits existent-ils ou pas?), là où les questions qu'il pose portent sur les critères mobilisés pour définir l'existence, les preuves, etc. « Reprendre à zéro. Pour une sociologie irréductionniste des OVNIs », voir le débat suscité par l'article paru dans Inforespace (revue trimestrielle de la SOBEPS), n°100, juin 2000. Le physicien et ufologue Jean-Pierre Petit a mis en cause ses déclarations (« Pierre Lagrange, sociologue », site officiel de Jean-Pierre Petit, 8 avril 2006). L'ufologue Gildas Bourdais l'a accusé d'avoir la haute main sur les journalistes lorsqu'ils écrivent sur les ovnis (G. Bourdais, « L'influence de Pierre Lagrange dans les médias »). Une partie de ces mises en cause proviennent de certains "sceptiques" incapables de prendre du recul par rapport à une science qu'ils ne pratiquent pas mais dans laquelle ils "croient" (la plupart des sceptiques sont des amateurs qui ne pratiquent pas le métier de chercheur et qui ont souvent une vision très idéalisée de la science comme "discours vrai sur la réalité extérieure"). Certains « sceptiques » ont fait courir le bruit selon lequel il reprenait le service d'étude des phénomènes aérospatiaux non identifiés (le GEIPAN) du Centre national d'études spatiales (CNES) (AFIS (Association française pour l'information scientifique) « Le sociologue Pierre Lagrange reprend le service d'ufologie du CNES », dans Ciel et espace de juillet 2005, en ligne sur le site de l'AFIS). D'autres rumeurs circulent sur les liens privilégiés qui le lieraient au Pentagone, voire à la CIA, en raison de ses prises de positions « sceptiques » sur l'affaire de Roswell (Notamment dans son livre La Rumeur de Roswell (Paris, La Découverte, 1996)). Comme ces arguments sont inaccessibles au débat — comment répondre à quelqu'un qui affirme que son opposant participe à une conspiration, donc que ses arguments sont foncièrement malhonnêtes? —, la seule position qui puisse être adoptée face à ces mises en cause consiste à ne pas répondre. Lagrange a systématiquement fait le choix de refuser le débat avec ceux qui lui refusaient le statut de débatteur normal. Mais ce refus n'implique pas de refuser de discuter avec les acteurs des "parasciences". Au contraire, il estime que le sociologue ne peut pas refuser le débat avec ces acteurs.
  15. Ce problème concerne la question classique de la "sociologie de l'erreur" (dont on peut dire qu'elle est au fondement des sciences sociales, avec la volonté de rendre compte des "croyances populaires", des "folklores"). Le sociologue doit-il rendre compte de l'ensemble des faits, qu'ils soient considérés comme vrais ou faux, ou bien doit-il seulement rendre compte des erreurs, des croyances, des mythes? Pour un exemple d'analyse d'anthropologie historique subordonnée à la question de la réalité (et surtout de l'irréalité) des faits, voir l'étude classique de l'historien Jacques Le Goff sur les dragons médiévaux publiée in Jacques Le Goff, Pour un autre Moyen Age. Temps, travail et culture en Occident : 18 essais, Paris, Gallimard, 1977. Pour une prise de position en faveur d'une sociologie "symétrique" (qui propose d'étudier erreur et vérité dans les mêmes termes), voir l'ouvrage également classique de David Bloor, Sociologie de la logique, Paris, Pandore, 1983. On trouvera une autre discussion critique de la volonté de réduire les "croyances populaires" à des erreurs (inspirée par le travail de Michel Foucault sur l'histoire de la psychiatrie) dans l'ouvrage classique de Jeanne Favret-Saada, Les Mots, la mort, les sorts, Paris, Gallimard, 1977 et plus particulièrement dans son annexe IV intitulée "A l'aune de la vérité" dédié à une vive critique des prises de position des psychiatres sur le "délire de sorcellerie" ou des folkloristes sur la "mentalité pré-logique" des paysans.
  16. L'auteur qui a le plus clairement discuté cette thèse d'un complot obscurantiste contre la Raison, en montrant son caractère infondé, est le philosophe autrichien Karl Popper dans son ouvrage classique sur La Connaissance objective (Paris, Payot).
  17. « L'affaire Kenneth Arnold. Note sur l'art de construire et de déconstruire quelques soucoupes volantes », Communications n° 52, novembre 1990, pp. 283-309; « Enquêtes sur les soucoupes volantes. La construction d’un fait aux États-Unis (1947) et en France (1951-54) », Terrain, Carnets du Patrimoine Ethnologique n° 14, mars 1990, pp. 92-112; « Une collection inqualifiable. La controverse sur l'authenticité de Glozel », Ethnologie française vol. 23, n° 3, septembre, p. 399-426 (en collaboration avec Christian Bessy et Francis Chateauraynaud); « Les extraterrestres rêvent-ils de preuves scientifiques ? », Ethnologie française vol. 23, n° 3, septembre, p. 428-458; « Propositions pour repenser la sociologie de la croyance. L’analyse des débats sur les ovnis et sur le programme Seti », Prétentaine n° 25-26, juin 2009, p. 272-317.
  18. « Définitions occultes », in Bernadette Bensaude-Vincent et Christine Blondel (ed), Les Savants et l'occulte, Paris, La Découverte (en collaboration avec Patrizia D'Andrea); « Diplomats Without Portfolios. The Question of Contact with Extraterrestrial Civilizations », in Bruno Latour et Peter Weibel (ed.), Making Things Public, MIT Press, 2005, p. 90-97; « Les controverses sur l’Atlantide », in Claudie Voisenat (dir.), Imaginaires archéologiques, Paris, Éditions de la Maison des Sciences de l’Homme, 2008, p. 209-235; « The Ghost in the Machine. How Sociology Tried to Explain (Away) American Flying Saucers and European Ghost Rockets, 1946-1947 », in Alexander Geppert (ed.), Imagining Outer Space, European Astroculture in the Twentieth Century, New York, Macmillan, p. 224-244.
  19. Pierre Lagrange, « Ovni soit qui mal y pense », Libération, mercredi 21 juillet, p. 5 ; « Quand la Terre était creuse », Science & Vie junior, n° 135, décembre 2000, p. 84-89 ; « La cryptozoologie a perdu son père », Le Figaro, mardi 28 août 2001, p. 10 ; « Nostradamus n’amasse pas mousse », Le Figaro Littéraire, 1er juillet 2004 ; « La mort de Robert L. Morris, l’un des pères fondateurs de la parapsychologie », Le Figaro, jeudi 19 août 2004; « Des savants, du public et des soucoupes volantes », Le Monde diplomatique, décembre 2004, p. 26-27 ; « Flores, Yéti, y es-tu ? », Science et Avenir, n° 694, décembre 2004, p. 12, 14 ; « Les extraterrestres sont-ils seuls dans l’univers ?, Ciel et Espace, novembre 2005 ; « Les petits hommes verts débarquent ! », L’Histoire, n° 304, décembre 2005, p. 26-27.
  20. Pierre Lagrange, « Quand l'US Air Force croyait aux soucoupes volantes », Anomalies n° 1, octobre 1996, p.24-33 ; « 1947, la saga des soucoupes. Comment tout a commencé », dossier in Anomalies n° 3, 2e trimestre 1998, p. 26-39 ; « A Moment in History: An Interview with Bill Bequette », International UFO Reporter, Vol. 23, n° 4, Winter 1998, p. 15, 20; « Reprendre à zéro. Pour une sociologie irréductionniste des ovnis », Inforespace, n° 100, juin 2000, p. 60-75.

Voir aussi [modifier]

Articles connexes [modifier]

Liens externes [modifier]

  • Pulp Science, blog consacré à ses thèmes de recherches, sur le site Culture Visuelle [3].
  • « 3 questions à Pierre Lagrange », dans Le Journal du CNRS, propos recueillis par Léa Monteverdi, 2007.
  • Compte-rendu d'une intervention de Pierre Lagrange dans le cadre d'un séminaire de l'Institut d'Astrophysique de Paris: [4].
  • « Pierre Lagrange et les extraterrestres », interview à la Cite des sciences
  • Interview dans le cadre de l'émission H2O animée par Philippe Clair: [5].
  • Entretien publié par le quotidien suisse Le Temps: [6].
  • Présentation sur le site du festival Etonnants Voyageurs: [7].
  • Notice biographique non officielle
  • « Reprendre à zéro. Pour une sociologie irréductionniste des OVNIs », article paru dans Inforespace (revue trimestrielle de la Société Belge d'Étude des Phénomènes Spatiaux), n°100, juin 2000.