Hypothèse du zoo

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L'hypothèse du zoo (en anglais : zoo hypothesis) est une hypothèse avancée en 1973 par l'astronome John A. Ball dans la revue Icarus[1] en réponse au paradoxe de Fermi au sujet de l'apparente absence de preuves de l'existence d'une vie extraterrestre. Selon cette hypothèse, les extra-terrestres existeraient et seraient assez avancés technologiquement pour pouvoir communiquer avec les terriens. Ils observeraient la Terre et l'humanité à distance, sans essayer d'interagir, à la façon de chercheurs qui observeraient des animaux primitifs à distance, évitant d'entrer en contact afin de ne pas les perturber. Un développement de cette hypothèse est celle de la quarantaine galactique, où les civilisations extraterrestres attendraient avant de contacter l'humanité qu'elle atteigne un certain niveau technologique ou évite l'auto-destruction.

Précurseurs[modifier | modifier le code]

Constantin Tsiolkovski, père de l'astronautique moderne, avait déjà évoqué l'hypothèse de la quarantaine galactique.

Pour Michael Michaud, le Russe Constantin Tsiolkovski, père et théoricien de l'astronautique moderne, s'est posé la question de la présence des extraterrestres, et de l'absence de preuves de leur existence, avant Fermi. Il suggère en 1934, dans son essai « There are also Planets Around Other Suns », que des civilisations extraterrestres plus sages et plus anciennes que la nôtre existent certainement, mais qu'elles refusent d'interférer avec notre histoire pour ne pas nous pousser à la destruction. Une rencontre pourrait alors avoir lieu lorsque l'humanité sera plus avancée technologiquement et spirituellement[2].

Développements[modifier | modifier le code]

L'impact catastrophique d'une civilisation évoluée technologiquement sur une civilisation moins évoluée est un des arguments des scientifiques qui soutiennent l'hypothèse du Zoo (Siège de Tenochtitlan vu par les Aztèques, 1521).

Pour l'astrophysicien Peter Ulmschneider, cette hypothèse est logique quand on voit dans l'histoire humaine l'impact catastrophique d'une civilisation évoluée technologiquement sur une civilisation moins évoluée, comme ce fut le cas pour les Amérindiens à la suite de l'arrivée de Christophe Colomb ou de Hernán Cortés. Pour lui, une civilisation extra-terrestre bien plus évoluée et ancienne que la nôtre ne prendrait pas un tel risque et resterait à l'écart, permettant à l'humanité de poursuivre un développement original, sans influence culturelles ou technologique étrangère[3].

Quarantaine galactique[modifier | modifier le code]

Une hypothèse parallèle développée par l'astronome Michael Papagiannis est celle de la quarantaine galactique : plutôt que de considérer l'humanité comme un zoo, la ou les civilisations extraterrestres attendraient avant de la contacter qu'elle atteigne un certain niveau technologique ou évite l'auto-destruction[4]. Pour Papagiannis, seul le passage de ce test hypothétique, c'est-à-dire éviter une disparition due à une guerre nucléaire, à la surpopulation ou à une catastrophe environnementale, permettrait que les civilisations extra-terrestre prennent contact avec l'humanité. Pour lui, résoudre les problèmes de l'humanité serait un moyen plus sûr d'entrer en contact qu'une recherche active comme avec le SETI[5].

Théorie en ufologie[modifier | modifier le code]

Pour Budd Hopkins, ufologue américain qui a particulièrement travaillé sur les enlèvements par les extraterrestres, l'hypothèse du zoo implique une surveillance par des extraterrestres vivant au sein de l'humanité[6] :

« En 1973, John A. Ball, proposa l'"hypothèse du zoo" dans la revue Icarus, une revue internationale sur les études du système solaire. En tant que radioastronome affecté au Harvard-Smithsonian Center for Astrophysics, il avança très sérieusement l'idée que la Terre était un zoo et que des extraterrestres étaient chez nous, déjà occupés à nous observer. Ball ajouta aussi : "Dans le zoo parfait — zone sauvage ou sanctuaire — la faune qui s'y trouve ne doit pas avoir de liens directs avec les gardiens du zoo, ni avoir conscience de leur existence". Ball fut tourné en dérision par de nombreux scientifiques pour sa théorie, parce qu'elle impliquait l'existence d'extraterrestres vivant parmi nous. »

Débat[modifier | modifier le code]

Ball précise lui-même que sa théorie n'est pas démontrable ni vérifiable « parce qu'ils (les extra-terrestres) ne veulent pas être découverts et qu'ils ont la capacité technologique de s'en assurer »[5]. En cela, on peut la rapprocher de l'exemple de la théière de Russel.

Pour le cosmologue John D Barrow et le physicien Frank Tipler, l'hypothèse du zoo est peu probable. Même s'ils proposent, pour vérifier l'hypothèse, de détecter les émissions radio éventuelles entre les veilleurs extra-terrestres présents dans notre système solaire et leur étoile d'origine comme envisagé par les scientifiques Kuiper et Morris, ou de détecter le rayonnement infrarouge de la construction de sondes auto-réplicantes comme imaginé par Freeman Dyson d'après les travaux de John von Neumann, ils pensent que s'il existait de nombreuses civilisations extraterrestres avancées et capables d'entrer en contact avec l'humanité comme l'équation de Drake pourrait le faire croire, il n'est pas certain que toutes respecteraient à la lettre cette règle de non-ingérence. De plus, même si cette règle était respectée à l'échelle d'une civilisation, la possibilité existerait qu'un individu ou un groupe d'individus extraterrestres la transgresse sciemment ou accidentellement. Pour Barrow et Tipler, aucun système policier avancé extra-terrestre ne pourrait empêcher absolument tout contact[7].

Théorie en fiction[modifier | modifier le code]

  • Dans l'univers de Star Trek la quarantaine galactique est désignée sous le nom de Directive Première par la Fédération des planètes unies.
  • Dans la série animée Il était une fois... l'Espace, la quarantaine galactique est également appliquée aux nouvelles civilisations par la confédération d'Oméga qui regroupe terriens et extraterrestres. Lors de la fin de la série, Oméga et les autres civilisations apprennent qu'ils font eux-mêmes l'objet d'une quarantaine galactique de la part d'espèces super-évoluées.
  • Bien que ne l'exprimant pas explicitement (l'hypothèse ne sera formulée que 5 ans plus tard) 2001, l'Odyssée de l'espace présente les prémices de la théorie de John A. Ball. Malgré une différence notable, un contact ayant lieu dans la préhistoire pour faire évoluer l'humanité, le rôle du second monolithe est de prévenir les civilisations extra-terrestres que l'homme a acquis un niveau technologique suffisant pour atteindre la lune et donc devenir une civilisation spatiale.
  • (aussi dans Battlestar Galactica)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) John A. Ball, « The Zoo Hypothesis », Icarus, vol. 19, no 3,‎ juillet 1973, p. 347–349 (ISSN 0019-1035 et 1090-2643, DOI 10.1016/0019-1035(73)90111-5).
  2. (en) V. Lytkin, B. Finney et L. Alepko, « Tsiolkovsky - Russian Cosmism and Extraterrestrial Intelligence », Quarterly Journal, vol. 36, no 4,‎ décembre 1995 (lire en ligne).
  3. (en) Intelligent life in the universe: principles and requirements behind its emergence, Peter Ulmschneider, partie 10.8, p. 276.
  4. (en) An infrared search in our solar system as part of a more flexible search strategy, Papagiannis, M. D., in The search for extraterrestrial life: Recent developments, Proceedings of the Symposium, Boston, MA, June 18-21, 1984 (A86-38126 17-88). Dordrecht, D. Reidel Publishing Co., 1985, pp. 505-511.
  5. a et b The Search for Extra Terrestrial Intelligence:A Philosophical Inquiry, David Lamb, Routledge, 2001, p. 171.
  6. (en) Budd Hopkins et Carol Rainey, Sight Unseen : Science, UFO Invisibility and Transgenic Beings, New York, Atria Books,‎ 2003, 406 p. (ISBN 0-7434-1218-4), p. 139 et 230, cité dans Jean Sider, « La femme au sang bleu : Des êtres humains inconnus de notre espèce vivent-ils parmi nous ? », sur lejdu.com, juin 2005 (version enregistrée par Internet Archive le 13 octobre 2007).
  7. (en) The anthropic cosmological principle, John D. Barrow & Frank J. Tipler, Oxford University Press, 1988, p. 597.