Bob Lazar

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Bob Lazar

Nom de naissance Robert Scott Lazar
Naissance
Coral Gables, Floride, États-Unis
Nationalité Drapeau des États-Unis Américaine
Profession Ancien développeur photo

Robert Scott Lazar, ou Bob Lazar, né le 26 janvier 1959, est un individu se prétendant ingénieur et scientifique. Il affirme avoir travaillé entre 1988 et 1989 en tant que physicien au S4 près de la Zone 51, une base militaire secrète située dans le désert du Nevada. D'après Lazar, le Secteur 4 a été créé pour l'étude sur la rétro-ingénierie d'engins extraterrestres récupérés par l’armée américaine après la Seconde Guerre mondiale. Cependant, la véracité de ses propos a été attaquée après que « les écoles dans lesquelles il affirme avoir fait ses études reconnaissent n'avoir aucune trace de lui, et que personne de la communauté scientifique n'a souvenir de lui »[1]. Lazar s'est défendu en affirmant que le gouvernement a cherché à effacer son existence après sa démission, donnant lieu à diverses théories conspirationnistes.

Études[modifier | modifier le code]

Lazar affirme avoir passé des diplômes au California Institute of Technology ainsi qu'au MIT. En 1993, une enquête du Los Angeles Times montre qu'il n'y a aucune preuve de son passage[2]. L'ufologue Stanton Friedman a seulement trouvé des preuves de sa participation à des cours d'électronique à la fin des années 1970[3]. Selon Lazar, les traces de ses études ont été supprimées par le gouvernement[4].

Déclarations à propos de la Zone 51[modifier | modifier le code]

Lazar apparaît sur le devant de la scène pour la première fois en 1982, dans le Los Alamos Monitor. L'article, intitulé « Un scientifique de Los Alamos rejoint la jet-set - à 300 km/h », traite d'un dragster sur lequel Lazar affirme avoir travaillé avec l'aide d'un chercheur de la NASA. Le bolide était construit à partir d'un moteur de jet modifié et placé dans une voiture classique. Le journal présente alors Bob Lazar comme « un physicien travaillant au complexe de Los Alamos Meson »[5].

En novembre 1989, Lazar est interviewé à Las Vegas par le reporter George Knapp pour la télévision locale KLAS-TV. Dans cette interview, Lazar révèle avoir travaillé au Secteur 4, un lieu proche de la Zone 51, ou Groom Lake, dans le comté de Lincoln au Nevada (à environ 160 km au nord-ouest de Las Vegas). La Zone 51 est connue pour avoir été utilisée pour des essais d'armes secrètes après la Seconde Guerre mondiale.

Lazar fut amené à travailler - avec d'autres scientifiques - sur la propulsion d'un nouveau genre d'appareils militaires ressemblant à de vulgaires soucoupes volantes. Il pensa alors que les observations d'OVNIs étaient en réalité les vols d'essai de ces engin appartenant à l' U.S. Air Force. Mais au fur et à mesure de ses recherches et de la lecture de plusieurs documents, il parvient à la conclusion que les neufs engins entreposés à S4 étaient d'origine extraterrestre. Dans son témoignage, il explique s'en être rendu compte lorsqu'il monta à bord de l'un de ces appareils pour en examiner l'intérieur. Il eut la sensation que cet engin était construit pour une personne d'une autre morphologie que celle d'un pilote humain[6].

Ces extraterrestres proviendraient du système solaire Zeta Reticuli située dans la constellation du Réticule à 39 années-lumière de notre planète[7]. La relation entre Zeta Reticuli et une hypothétique civilisation extraterrestre fut déjà mentionnée dans un cas célèbre d'enlèvement en 1961.

Lazar explique que le carburant des soucoupes était l'élément atomique 115 (l'ununpentium). Selon lui, l'élément est une source d'énergie qui permet l'antigravité lorsqu'il est bombardé de protons et produit de l'énergie par antimatière. Lorsque l'intense champ d'interaction forte de l'ununpentium est correctement amplifié, l'effet antigravitationnel produit à grande échelle permet de créer une distorsion du continuum espace-temps qui permet de raccourcir les distance et le temps de voyage pour une destination voulue[8].

Soupçonné par la sécurité d'emmener des amis près de la base chaque semaine pour observer les tests à basse altitude d'engins top-secrets, Robert Lazar est démis de ses fonctions en 1989. Il affirme depuis que le gouvernement américain, où une « autorité plus haut placée », a cherché à le démolir et à effacer les traces de son existence. C'est pour se protéger - par sa visibilité - que Lazar aurait donné cette interview en novembre 89.

Critiques[modifier | modifier le code]

Ces histoires lui ont attiré une importante attention auprès des médias et des ufologues. Quelques-uns y ont cru, mais la majorité est resté sceptique. Parmi ces derniers, David L. Morgan, docteur en physique, a analysé les propos de Lazar et a contredit la majorité des affirmations scientifiques qu'ils contenaient, en particulier l'utilisation de l'ununpentium comme carburant. Morgan écrit : « après avoir lu les dires de Bob Lazar sur les aspects « physiques » du système de propulsion de son ovni de la zone 51, ma conclusion est la suivante : M. Lazar présente un scénario qui, s'il était correct, violerait tout un ensemble de théories communément admises. Cela ne veut pas forcément dire que c'est impossible. Mais la façon dont Lazar présente ces points est troublante d'un point de vue scientifique : il démontre à plusieurs reprises un manque évident de compréhension de la physique. »[9]

Desert Blast[modifier | modifier le code]

Bob Lazar et son ami de longue date Gene Huff organisent le Desert Blast, un festival annuel pour les mordus d'explosions, dans le désert du Nevada. Créé en 1987, ce festival présente des explosifs artisanaux, des fusées, des véhicules propulsés par des moteurs d'avions, et autres effets pyrotechniques, dans l'intention de mettre en avant l'aspect amusant de la physique[10],[11].

United Nuclear[modifier | modifier le code]

En 2000, Bob Lazar crée United Nuclear, une société de fournitures scientifiques pour amateurs, basée au Nouveau-Mexique et récemment déplacée dans le Michigan. Elle fournit par exemple du minerai radioactif, de puissants aimants, ou des curiosités scientifiques comme l'aérogel, ainsi que divers éléments chimiques. United Nuclear affirme avoir « plus de 300 000 clients satisfaits », parmi lesquels on trouve des organismes chargé de l'application de la loi, des écoles et des scientifiques amateurs[12].

Démêlés avec la justice[modifier | modifier le code]

Le journal Los Angeles Times découvre qu'en 1990, Lazar a plaidé coupable dans une affaire de proxénétisme, avant de faire faillite et de devenir développeur de photos à son compte[2]. À la suite d'une enquête fédérale commencée en 2003, Lazar et sa femme Joy White sont accusés en 2006 d'avoir violé une loi fédérale sur les substances dangereuses, en livrant des substances chimiques à travers le pays. Ce délit peut être puni de 270 jours de prison et d'une amende de 15 000 dollars[13]. Lazar se défend en disant qu'il avait pensé à tort pouvoir vendre ce genre de matériau après avoir trouvé des informations incorrectes sur internet[14].

En 2007, il est condamné à payer 7 500 dollars pour avoir vendu des matériaux chimiques destinés à fabriquer des feux d'artifices illégaux[15]. Lazar « plaide coupable des trois chefs d'accusation concernant l'introduction sur le territoire de produits dangereux interdits »[16]. Il attire à nouveau l'attention en 2006 pour avoir vendu de petites quantité de polonium, le même élément radioactif qui a empoisonné mortellement l'agent secret soviétique Alexander Litvinenko[17].

Annexes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Gregory Crosby, « Tales of Vegas Past: The truth was out there », Las Vegas Mercury,‎ 12 juin 2003 (lire en ligne)
  2. a et b (en) Roy Rivenberg, « Unusually Fanatical Observers Ike Struck Deal With Aliens! », Los Angeles Times,‎ 6 mai 1993 (lire en ligne)
  3. (en) Stanton Friedman, « The Bob Lazar Fraud »,‎ décembre 1997 (consulté le 23 septembre 2011)
  4. (en) Shannon Sands, « Believers Are Not Alone Outer space: A Nevada military base lures the Faithful », Los Angeles Times,‎ 20 mars 1991 (lire en ligne)
  5. (en) Terry England, « LA MAN JOINS THE JET SET - AT 200 MILES AN HOUR », Los Alamos Monitor,‎ 27 juin 1982, A1 - A8 (lire en ligne)
  6. (en) George Knapp, « Dreamland (aka Area 51) », KLAS-TV,‎ 13 novembre 1989 (consulté le 23 septembre 2011)
  7. (en) « The Beings », www.boblazar.com,‎ 2009 (consulté le 23 septembre 2011)
  8. (en) « Maximum Distortion », www.boblazar.com,‎ 2009 (consulté le 23 septembre 2011)
  9. (en) Dr David L. Morgan, « Lazar Critique »,‎ 26 août 1996 (consulté le 23 septembre 2011)
  10. (en) Stuart F. Brown, « Desert Blast », Popular Science Magazine, vol. 248,‎ avril 1996, p. 76-79 (lire en ligne)
  11. (en) « Ka-Booom!! », Wired magazine,‎ décembre 1994 (lire en ligne)
  12. (en) « United Nuclear's Official Website », United Nuclear (consulté le 23 septembre 2011)
  13. (en) « Don't Try This at Home », Wired magazine,‎ juin 2006 (lire en ligne)
  14. (en) « Albuquerque firm feuds with feds over sale of fireworks parts », Albuquerque Tribune,‎ 24 juillet 2007
  15. (en) « NM: Company fined in fireworks case », ABC News,‎ 20 juillet 2007 (lire en ligne)
  16. (en) « New Mexico Company Fined, Ordered To Stop Selling Illegal Fireworks Components », Consumer Product Safety Commission,‎ 20 juillet 2007 (lire en ligne)
  17. (en) « Peddling Poison - How Scary Are Online Polonium Sales? », Newsweek,‎ 20 novembre 2006 (lire en ligne)

Liens externes[modifier | modifier le code]

Apparition dans des documentaires et dans les médias[modifier | modifier le code]

Autres liens externes[modifier | modifier le code]