Projet Grudge

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Le Projet Grudge (rancune en français) était une étude de l'US Air Force, chargée d'étudier le phénomène OVNI entre 1949 et 1952. Elle succède au projet Sign, qui avait le même but. Ce projet était dirigé par le général Charles Cabell. Le projet était de tendance sceptique, mais on peut légitimement lui reprocher son manque d'enquêtes sur le terrain, contrairement au projet Blue Book.

Historique[modifier | modifier le code]

Suite à la recrudescence de témoignages d'ovnis en 1947, l'US Air Force lance sous l'impulsion du général Twining un programme d'études des OVNI, le projet Sign. Le projet fut dissous en 1949 et remplacé par le Projet Grudge en février 1949.

Le Projet Grudge fut la seconde étude officielle de l'US Air Force chargée d'étudier le phénomène OVNI entre 1949 et 1952. Le Projet, dirigé par le général Charles Cabell, fut controversé en raison d'un certain nombre de "démystifications" . Certains y virent une tentative de démystification (voire de désinformation) de l'US Air Force en réponse aux conclusions du projet Sign. Comme Sign, Grudge avait établi que la majorité des cas d'OVNI étaient dus à des méprises. Mais là où les enquêteurs du projet Sign admirent l'existence de cas mystérieux, les enquêteurs du projet Grudge affirmèrent que tous les cas non-identifiés étaient probablement causés par des phénomènes connus et des fabulations.

Le Projet Grudge fut mis en sommeil puis réactivé le 12 septembre 1951, et le capitaine Edward J. Ruppelt en prit la direction. Le projet Grudge devint le projet Blue Book l'année suivante, et Ruppelt lui donna la rigueur scientifique qui manquait à Grudge.

Le Rapport Grudge[modifier | modifier le code]

En août 1949, le personnel de Grudge rendit son rapport, dans lequel il fut inscrit :

Toutes les analyses indiquent que les observations d'OVNI résultent :
1. D'une méprise avec des objets conventionnels
2. D'une forme d'hystérie collective et de nervosité
3. D'individus qui inventent ces observations pour faire des canulars ou se rendre intéressants
4. De personnes atteintes de troubles psychiatriques

Les conclusions du projet Grudge rejoignent ainsi les grandes lignes du modèle sociopsychologique du phénomène ovni.

Controverses[modifier | modifier le code]

Comme le soulignera en 1956 le futur chef du projet Blue Book, Ruppelt (dans son livre intitulé The Report on Unidentified Flying Objects), à propos du projet Grudge (ex-projet Sign) :

« Avec le changement de nom et de personnel, vint le changement d'objectif, clairement affiché, qui était de se débarrasser des ovnis. Ce ne fut jamais écrit nulle part, mais il ne fallait guère d'efforts pour voir qu'il s'agissait là du véritable objectif du Projet Grudge. Ce but inavoué transparaissait dans chaque mémorandum, rapport ou directive. »

L'astronome américain J. Allen Hynek, devenu partisan de l'hypothèse extraterrestre, critiqua Grudge pour les mêmes raisons. Ce dernier expliqua une partie des OVNI par des confusions avec des étoiles ou des planètes. Néanmoins, certains y voient un moyen pour lui de rendre responsable sa hiérarchie des erreurs qu'il a pu commettre dans ses enquêtes.

C'est pour cela que le projet Grudge est généralement perçu par les ufologues défendant l'hypothèse extraterrestre comme une opération de démystification.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens internes[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

  • Jerome Clark; The UFO Book: Encyclopedia of the Extraterrestrial; Visible Ink, 1998; ISBN 1578590299
  • David Michael Jacobs; The UFO Controversy In America; Indiana University Press, 1975; ISBN 0253190061
  • Edward J. Ruppelt, The Report on Unidentified Flying Objects
  • Michael D. Swords, "UFOs, the Military, and the Early Cold War" (pp. 82-122 in UFOs and Abductions: Challenging the Borders of Knowledge, David M. Jacobs, editor; University Press of Kansas, 2000; ISBN)

Notes et références[modifier | modifier le code]