Traboule

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La Tour Rose dans le Vieux-Lyon
Une traboule typique
Une traboule à Saint-Paul

Les traboules sont des passages à travers des cours d'immeuble qui permettent de se rendre d'une rue à une autre. On les trouve à Lyon, Villefranche-sur-Saône, Mâcon, Chambéry, Saint-Étienne, Louhans, Chalon-sur-Saône et une à Vienne.

Il en existe de plusieurs types :

  • traboule directe : on voit la sortie dès l'entrée ;
  • traboule en angle : traversant deux ou plusieurs bâtiments à l'angle de deux rues ;
  • traboule rayonnante : une cour au cœur d'un îlot d'habitations comportant plusieurs accès ;
  • traboules à détours.

Certaines comportent des escaliers car elles relient des rues ayant un fort dénivelé, d'autres cumulent ces différentes caractéristiques.

Étymologie[modifier | modifier le code]

D'après l'historien Amable Audin, le mot traboule vient du latin transambulare via le latin vulgaire trabulare « traverser », désignant un passage à travers des cours d'immeuble qui permet de se rendre d'une rue à une autre rue parallèle de la manière la plus directe qu'il soit.

Traboule est une expression lyonnaise et stéphanoise. On utilise également le verbe « trabouler » pour signifier se déplacer dans un dédale.

On dit aussi « allée qui traboule » ou « allée » tout court. Des passages similaires existent aussi à Chambéry, où ils peuvent également être dénommés passages ou allées, même si le terme traboule reste sans doute le plus utilisé de façon populaire.

Localisation[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Liste des traboules de Lyon.

À Lyon, on dénombre environ 500 traboules. Elles se situent majoritairement dans les quartiers du Vieux Lyon (215 cours et traboules recensées), de la Croix-Rousse (163 cours et traboules recensées sur les pentes) et de la Presqu'île (130 cours et traboules)[1].

À Saint-Étienne le réseau - probablement plus restreint qu’à Lyon - a été largement détérioré par l'aménagement des espaces privés. Aujourd'hui deux quartiers historiques, Saint Jacques et le Crêt de Roc, possèdent leurs traboules. Le modèle fut repris jusqu'au XIXe siècle lors de l'aménagement des immeubles à cour (recettes) du centre-ville afin d'assurer la circulation entre les îlots.

Vieux Lyon (Saint-Jean)[modifier | modifier le code]

Les traboules de ce quartier datent de la Renaissance. Elles ont été construites suivant le modèle du patio romain, avec ses galeries et le puits dans la cour.

Croix-Rousse[modifier | modifier le code]

À la Croix-Rousse, les traboules sont plus récentes puisque issues de la construction des immeubles des ouvriers de la soie (les canuts). Ces chemins permettaient aux ouvriers et artisans de transporter les draps et autres pièces de textile (principalement de la soie) à travers la ville en restant à l'abri en cas de précipitations. [réf. nécessaire] Ils permettent également, depuis les "pentes", de gagner rapidement la Presqu'île en ligne droite, via des raccourcis. Ainsi, un grand nombre de traboules permettent d'accéder à la montée de la Grande Côte.

C'est dans ce quartier que se trouve une des plus célèbres traboules, la Cour des Voraces, considérée comme lieu de mémoire (révolte des Canuts, Résistance, etc.). Mais également le remarquable Passage Thiaffait, devenu une vitrine commerciale du savoir-faire lyonnais en matière de création.

Utilité[modifier | modifier le code]

On pense que les premières traboules ont été construites au IVe siècle. Les habitants de Lugdunum manquant d'eau, ils se sont installés au bord de la Saône (dans la « ville basse », au pied de la colline de Fourvière). Les traboules servaient alors à rejoindre rapidement la Saône. En outre, les traboules servaient aussi aux canuts, installés sur la colline de la Croix-Rousse à rejoindre rapidement les marchands de tissus installés au bas de la colline.

Rôles historiques[modifier | modifier le code]

Ces chemins de traverse sont l'outil idéal pour se déplacer dans la ville à l'abri des autorités, souvent ignorantes de leur configuration exacte. Jusqu'à l'invention du digicode, elles ont servi d'abri et de chemin pour les mouvements populaires, par exemple :

Anecdotes[modifier | modifier le code]

  • Pour les habitants, être un « vrai Lyonnais » implique la connaissance des traboules.
  • De nos jours, les traboules se visitent, une quarantaine étant gratuitement ouvertes au public dans le cadre d'accords passés entre la commune et les particuliers. La ville de Lyon participe aux charges d'entretien, de nettoyage d'éclairage et à hauteur de 70 % aux travaux de restauration soumis par les propriétaires en échange d'une servitude de passage car ces lieux, la plupart du temps, demeurent privés.

Photographies (traboules lyonnaises)[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • René Dejean, Traboules de Lyon, histoire secrète d'une ville, édition des Traboules, 2000, (ISBN 2-9111491-10-6[à vérifier : isbn invalide])
  • Gérald Gambier, Cours et traboules de Lyon, éditions La Taillanderie, 2005, (ISBN 2-87629-261-0)
  • Collectif, les lieux secrets de la résistance, Lyon 1940-1944, éditions Xavier Lejeune, 2003, 304 p., (ISBN 2-907608-41-1[à vérifier : isbn invalide])

Liens externes[modifier | modifier le code]