Boniface de Savoie (évêque)

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Boniface de Savoie
Évêque de Belley et Archevêque de Canterbury
Naissance 1207
Décès   (63 ans)
Sainte-Hélène des Millières
Autres noms Absalom[1]
Béatification 23 février 1839
par Grégoire XVI
Vénéré par l'Église catholique romaine
Fête 14 juillet

Boniface de Canterbury ou Boniface de Savoie, est un noble et religieux médiéval, né en 1207 et mort le . Évêque de Belley de 1232 à 1241 et archevêque de Canterbury de 1241 à 1270. Il est le fils de Thomas Ier, comte de Savoie, d'Aoste et de Maurienne, et Marguerite (ou Béatrice) de Genève. Considéré pour sa beauté, elle lui vaut le surnom d'Absalom[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Origine[modifier | modifier le code]

Boniface de Savoie est soit le neuvième enfant et le septième fils du comte Thomas Ier de Savoie et de son épouse Marguerite de Genève[2],[3], le sixième pour les historiens Prieur et Vulliez[4] ou encore le douzième enfant et fils selon la généalogie proposée par le site Sabaudia.org[5]. Sa date de naissance étant inconnue cela peut expliquer les difficultés à le placer dans la fratrie des quatorze enfants[2],[4]. Il appartient, par son père à la Maison de Savoie et descend par sa mère des comtes de Genevois.

Il est destiné comme ses frères aînés Thomas, Guillaume et Pierre, de par leur rang, à l'état ecclésiastique, sans avoir été ordonné prêtre.

Début de sa carrière ecclésiastique[modifier | modifier le code]

Arrivée d'Henri III d'Angleterre en Aquitaine. Boniface était l'oncle par alliance du roi.

Il débute sa carrière ecclésiastique auprès de l'ordre chartreux, dans le monastère fondateur de la Grande Chartreuse[4].

Il est nommé prieur, contre son gré, de Nantua, mais démissionne pour revenir dans son monastère de Chartreuse[4]. En 1232, alors qu'il n'est pas encore fait sous-diacre, il est choisi pour devenir évêque de Belley[4].

En 1239, il reçoit l'administration de l'évêché de Valence, à la suite de la mort de son frère Guillaume, évêque de Valence[4].

En tant que fils du comte de Savoie, il reçoit en apanage à la mort de son père, en 1233, les terres de Rossillon, de Virieu-le-Grand en Bugey, et, puis plus tard le fief d'Ugine en Savoie Propre. À Ugine, il exerça ses fonctions seigneuriales en faveur de la population et contribua à la construction de murailles et de forteresses afin de défendre la cité des invasions guerrières.

À l'origine, plus enclin à une vie spirituelle, il avait renoncé à ses possessions terrestres pour courir après celles du ciel[6], et se consacra à la pauvreté et la rigueur dans l'Ordre des Chartreux. Il devra malgré lui se soustraire à cette vie monastique pour rejoindre Belley où il est nommé évêque en 1232. Il augmente les revenus de l'abbaye, la défend contre les seigneurs voisins et la place sous la protection du Saint-Siège.

Archevêque en Angleterre[modifier | modifier le code]

Son frère Guillaume, prépare le mariage de leur nièce, Éléonore de Provence avec le roi d’Angleterre, Henri de Plantagenet[7],[8]. Le contrat de mariage est signé en 1235 et Éléonore se rend, accompagné de nobles dont les deux frères Pierre et Boniface représentants la maison de Savoie, en Angleterre pour rencontrer son futur époux[9]. Le mariage est célébré dans la cathédrale de Cantorbéry en janvier 1236[10]. Boniface sait se faire apprécier de son neveu Henri III Plantagenêt.

En 1241, le pape Célestin IV le nomme administrateur du diocèse de Valence en Dauphiné, mais est rapidement sollicité par Henri III pour prendre la suite de Saint Edmond sur le siège archiépiscopal de Canterbury l'année suivante[4]. Il arrive dans son nouveau diocèse en 1244[4]. En 1245, il se trouve à Lyon pour le sacre d'Innocent IV[11]. Boniface est néanmoins retenu par le nouveau pape Innocent IV pour d'importantes affaires. Il participe notamment au traité de mariage entre Charles d'Anjou (1227-1285), frère du roi Louis IX et Béatrice de Provence, une autre de ses nièces.

Ce n'est qu'en 1249 que le pape l'autorise enfin à rejoindre Canterbury « où il fut reçu avec toutes les démonstrations dues à sa naissance et à sa dignité » le 1er novembre.

En 1259, il occupe la régence du royaume en l'absence d'Henri III[11].

Boniface est rapidement rappelé à Rome par le pape, où il demeurera quelques années pendant lesquelles il peut se rendre en Savoie. Il retourne à nouveau en Angleterre et siège alors au Conseil des Quinze. Organisateur du concile de Lambeth en 1261, pour établir en règlement qui garantit la liberté de l'église contre les entreprises du roi et des juges séculiers[12], Boniface s'oppose alors à Henri III. Il se ralliera au roi lors de la Seconde Guerre des barons en 1262.

Fin de vie et béatification[modifier | modifier le code]

Boniface rentre en Savoie en 1267, et manifeste une maladie de gravelle deux ans après. Il meurt le 14 juillet 1270 au château de Saint Hélène des Millières.

Son corps est transporté dans la nécropole de la Maison de Savoie à l'abbaye d'Hautecombe. Sa tombe en bronze a été l'objet de nombreux cultes jusqu'à sa destruction par les troupes révolutionnaires en 1792. Elle a été reconstruite en 1826 par le roi Charles-Félix de Savoie.

Le bienheureux Boniface de Savoie est béatifié par le Pape Grégoire XVI en 1839. Il est célébré le 14 juillet.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Mugnier 1890, p. 34.
  2. a et b Germain 2007, p. 509.
  3. Demotz 2000, p. 467-469.
  4. a, b, c, d, e, f, g et h Prieur Vulliez 1999, p. 85.
  5. APG, p. Thomas Ier.
  6. Jean Irénée Depéry, Histoire hagiologique de Belley, ou Recueil des vies des saints et des bienheureux nés dans ce diocèse, P.-F. Bottier,‎ , p. 100-101.
  7. Demotz 2000, p. 230-231.
  8. Margaret Howell, Eleanor of Provence: Queenship in Thirteenth-Century England, Oxford, Blackwell Publishers,‎ (ISBN 978-0-631-22739-7), p. 1-2.
  9. Margaret Howell, Eleanor of Provence : Queenship in Thirteenth-Century England, Oxford, Blackwell Publishers,‎ (ISBN 978-0-631-22739-7), p. 14.
  10. Margaret Howell, Eleanor of Provence: Queenship in Thirteenth-Century England, Oxford, Blackwell Publishers,‎ (ISBN 978-0-631-22739-7), p. 15-17.
  11. a et b Prieur Vulliez 1999, p. 86.
  12. Pons-Augustin Alletz, Dictionnaire portatif des conciles: contenant une somme de tous les Conciles généraux, nationaux, provinciaux & particuliers,‎ , 578 p., p. 263