Stigand

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Stigand
Image illustrative de l'article Stigand
Stigand représenté sur la tapisserie de Bayeux.
Biographie
Décès
Winchester
Évêque de l’Église catholique
Archevêque de Cantorbéry
10521070
Précédent Robert de Jumièges Lanfranc Suivant
Évêque de Winchester
10471070
Précédent Ælfwine Vauquelin Suivant
Évêque d'Elmham
10431052 ?
Précédent Ælfric III Æthelmær Suivant
(en) Notice sur www.catholic-hierarchy.org

Stigand (mort le 22 février 1072) est un ecclésiastique anglo-saxon, archevêque de Cantorbéry de 1052 à 1070.

Issu d'une famille anglo-scandinave, Stigand sert le roi Cnut le Grand comme chapelain de la fondation royale d'Ashingdon en 1020, puis en tant que conseiller, un rôle qu'il continue à exercer auprès des fils et successeurs de Cnut. Sous le règne d'Édouard le Confesseur, Stigand devient probablement le principal administrateur de l'Angleterre. Il est nommé évêque d'Elmham en 1043, puis évêque de Winchester quatre ans plus tard et enfin archevêque de Cantorbéry en 1052. Il continue à occuper ces deux charges simultanément, ce qui entraîne son excommunication par cinq papes successifs.

En 1066, la fortune personnelle de Stigand n'est dépassée que par celles du roi et du comte Harold Godwinson. Il est présent auprès du roi Édouard sur son lit de mort, ainsi qu'au couronnement d'Harold Godwinson comme roi d'Angleterre. Après la mort d'Harold, Stigand se soumet à Guillaume le Conquérant. Le jour de Noël 1066, Guillaume est couronné par l'archevêque d'York Aldred : Stigand, excommunié, ne peut qu'assister à la cérémonie.

En dépit de pressions croissantes, Stigand continue à apparaître à la cour et continue à consacrer des évêques jusqu'en 1070. Cette année-là, il est déposé par des légats papaux et emprisonné à Winchester. Les Normands utilisent son intransigeance à l'égard de la papauté pour justifier la nécessité de réformer le clergé anglais.

Origines[modifier | modifier le code]

Monnaie de Cnut le Grand.

On ignore la date de naissance de Stigand[1], mais on sait qu'il est originaire d'Est-Anglie, peut-être de Norwich[2]. Il est issu d'une famille d'ascendance anglo-scandinave mixte, comme en témoigne l'onomastique : son nom est d'origine norroise, mais celui de son frère Æthelmær est anglo-saxon[3]. Cet Æthelmær fait lui aussi carrière dans les ordres, et succède à Stigand comme évêque d'Elmham en 1047[4]. La fratrie comprend également une sœur qui possède des terres à Norwich, mais son nom est inconnu[5],[6].

Stigand est mentionné pour la première fois en 1020 comme chapelain du roi d'Angleterre Cnut le Grand, en charge de l'église royale d'Ashingdon[3],[7]. Sous le règne de Cnut, Stigand apparaît comme témoin sur quelques chartes, ce qui implique qu'il bénéficiait d'une position à la cour, mais on ne sait pas grand-chose de lui durant cette période[6]. Après la mort de Cnut, en 1035, Stigand reste au service de ses deux fils et successeurs, Harold Pied-de-Lièvre, puis Harthacnut[2]. Ce dernier meurt en 1042, et son demi-frère Édouard le Confesseur lui succède. Stigand entre alors au service de la reine Emma de Normandie, veuve de Cnut et mère de Harthacnut et d'Édouard[2]. Il devient son conseiller, et peut-être également son chapelain[8]. Il est possible qu'il ait déjà été le conseiller d'Emma du vivant de Cnut, et qu'il ait été nommé à Ashingdon grâce au soutien de la reine, mais la biographie de Stigand est si mal connue avant 1043 qu'il est difficile de déterminer à qui il devait cette position[6].

Évêque[modifier | modifier le code]

Emma de Normandie dans l'Encomium Emmae.

En 1043, peu après le couronnement d'Édouard le Confesseur, Stigand est nommé évêque d'Elmham, probablement sur la recommandation d'Emma[9]. Il est le premier évêque nommé sous le règne d'Édouard[10]. Le diocèse d'Elmham, qui recouvre l'ancien royaume d'Est-Anglie, est à l'époque l'un des sièges les plus pauvres d'Angleterre[6]. Édouard dépose Stigand avant la fin de l'année et lui confisque ses biens, pour des raisons inconnues mais vraisemblablement liées à la chute d'Emma de Normandie[11],[12]. Selon certaines sources, Emma aurait invité le roi Magnus de Norvège, prétendant au trône d'Angleterre, à envahir le royaume, et lui aurait promis une aide financière puisée dans sa fortune personnelle[13]. Il est possible que ce soit Stigand qui ait conseillé à Emma d'offrir son soutien à Magnus, d'où sa déposition[14].

Édouard rétablit Stigand à Elmham en 1044, et Stigand apparaît de nouveau comme témoin sur les chartes du roi en 1046, signe de son retour en faveur[15]. En 1047, il est transféré au diocèse de Winchester, mais semble être resté en poste à Elmham jusqu'en 1052[16]. Cette promotion est peut-être due au soutien du comte Godwin de Wessex, le beau-père du roi Édouard[17], mais cette hypothèse ne fait pas l'unanimité chez les historiens[18]. Emma, qui s'est retirée à Winchester après avoir retrouvé les bonnes grâces de son fils, a également pu jouer un rôle dans l'affaire. Après son arrivée à Winchester, Stigand témoigne sur toutes les chartes d'Édouard connues pour la période 1047-1052[15].

Le comportement de Stigand durant le conflit qui oppose le roi au comte Godwin en 1051-1052 est inconnu : pour certains historiens, comme Frank Barlow et Emma Mason, il soutient le comte[19],[20] ; pour d'autres, comme Ian Walker, il reste neutre[21]. S'il a soutenu Godwin, il ne l'a en tout cas pas accompagné en exil en septembre 1051[22]. Selon certains auteurs médiévaux, Stigand participe aux négociations entre Édouard et Godwin qui aboutissent à leur réconciliation[23], et le récit qu'en fait le manuscrit F de la Chronique anglo-saxonne qualifie Stigand de chapelain et conseiller du roi[24].

Archevêque[modifier | modifier le code]

Une nomination contestée[modifier | modifier le code]

Le conflit entre Édouard et Godwin s'étend également à l'archevêché de Cantorbéry[25]. À la mort de l'archevêque Edsige, en 1050, le siège de Cantorbéry reste vacant pendant cinq mois avant que les moines du chapitre de la cathédrale de Cantorbéry n'élisent pour lui succéder un certain Æthelric, parent du comte Godwin[26]. Le roi s'oppose à cette élection et nomme archevêque le Normand Robert de Jumièges, qui est déjà évêque de Londres depuis 1044. Ce refus du candidat élu prouve que le roi ne souhaite pas entièrement se soumettre aux projets de réforme ecclésiastique soutenus par le pape Léon IX, qui cherche à lutter contre la simonie. Léon IX avait déclaré en 1049 qu'il s'intéresserait de près aux affaires ecclésiastiques anglaises, et notamment aux antécédents des candidats épiscopaux[27].

Lorsque Robert de Jumièges revient de Rome, où il est allé recevoir confirmation de sa nomination par le pape, il s'oppose au candidat choisi par Édouard pour le remplacer comme évêque de Londres, Spearhafoc. Par la suite, Robert tente également de recouvrer des biens ecclésiastiques confisqués par Godwin de Wessex, ce qui contribue à la querelle entre le comte et le roi. Lorsque Godwin rentre d'exil, en 1052, Robert est banni du royaume à son tour[27], et le roi nomme Stigand pour le remplacer. Cette nomination est une récompense venant soit de Godwin (pour le soutien de Stigand durant son conflit avec Édouard), soit d'Édouard (pour son rôle dans les négociations ayant mis un terme au conflit[21]). Stigand est le premier archevêque anglais qui ne soit pas moine depuis Dunstan, mort en 988[28],[29]

La papauté refuse de reconnaître Stigand archevêque, puisque Robert de Jumièges est toujours vivant et n'a pas été déchu par le pape[25]. Robert fait appel au pape Léon IX, qui convoque Stigand à Rome et, celui-ci ne répondant pas, l'excommunie[30]. L'historien Nicholas Brooks suggère cependant que Stigand n'a pas été excommunié à ce moment-là : en effet, en 1062, il participe à un conseil avec des légats pontificaux envoyés en Angleterre par Alexandre II, lesquels le traitent comme archevêque de plein droit, ce qu'ils n'auraient sans doute pas fait s'il avait été excommunié[31],[32]. Néanmoins, Léon IX et ses successeurs Victor II et Étienne IX considèrent l'élection de Stigand comme invalide[33].

Stigand ne se rend pas à Rome pour y recevoir le pallium, une coutume suivie par plusieurs de ses prédécesseurs[34]. On ignore même s'il en a fait la demande au pape après sa nomination[35] : il savait probablement qu'elle ne serait pas acceptée[25] Selon certains auteurs médiévaux, il utilise le pallium de Robert de Jumièges à la place[1]. En 1058, l'antipape Benoît X, opposé au mouvement réformateur, lui en remet un[29]. On ignore si ce don vient de Benoît X ou d'une demande de Stigand[35]. En tout état de cause, Benoît X est déposé au début de l'année suivante et tous ses actes annulés, dont cet envoi de pallium[36].

Après son arrivée à Cantorbéry, Stigand laisse le siège d'Elmham à son frère Æthelmær, mais conserve celui de Winchester. Cantorbéry et Winchester sont les deux diocèses les plus riches d'Angleterre[37],[38], et s'il existe des précédents d'évêques détenant un siège riche en plus d'un autre pauvre, détenir en même temps deux sièges riches ne s'est jamais vu à l'époque[39]. Il détient également l'abbaye de Gloucester et celle d'Ely, et peut-être encore d'autres abbayes[40]. Qu'il conserve Winchester par avarice ou parce que son emprise sur Cantorbéry est mal assurée[41], Stigand fait preuve de pluralisme, une pratique que le mouvement réformateur de l'Église cherche à éliminer[42]. Stigand est ainsi excommunié par cinq papes successifs[40]. L'historienne Emma Mason estime qu'Édouard refuse de chasser Stigand parce que cela entamerait la prérogative royale qui consiste à choisir évêques et archevêques sans passer par le pape[43]. En 1061, le pape Nicolas II aggrave encore la situation de Stigand en décrétant le pluralisme non canonique, sauf s'il est approuvé par le pape[42].

Affaires ecclésiastiques[modifier | modifier le code]

L'archevêché d'York profite des difficultés de Stigand pour accroître son influence au détriment de celle de Cantorbéry, notamment en affirmant son autorité sur les sièges de Lichfield et de Dorchester, outre celui de Worcester dont le détenteur est souvent l'archevêque d'York lui-même[44]. En outre, de nombreux évêques anglais refusent d'être sacrés par Stigand[45] : en 1061, Gisa de Wells et Walter de Hereford se rendent jusqu'à Rome pour y être sacrés par le pape lui-même[46]. En revanche, Stigand sacre les évêques Æthelric de Selsey et Siward de Rochester[47], ainsi que les abbés de plusieurs monastères, par exemple Æthelsige à Cantorbéry, Baudouin à Bury St Edmunds et Thurstan à Ely[31]. Après la conquête normande, Stigand est accusé d'avoir vendu des charges d'abbé, mais dans la mesure où aucun abbé n'a été forcé d'abdiquer pour simonie, cette accusation reste douteuse[48].

Stigand effectue d'abondantes donations à diverses institutions ecclésiastiques, en terres comme en objets précieux[49]. Il offre de grands crucifix en or et en argent aux abbayes d'Ely, de Cantorbéry et de Bury St Edmunds, ainsi qu'à sa cathédrale de Winchester[50], et offre également à Ely des calices en or et en argent et une chasuble brodée d'or[51]. Une hagiographie du XIIe siècle mentionne ses nombreux dons (objets précieux et reliques) à l'abbaye d'Echternach, ce qui impliquerait que Stigand est parti en pèlerinage à un moment donné de son existence[52].

Le conseiller du roi[modifier | modifier le code]

Monnaie d'Édouard le Confesseur.

Stigand est un conseiller influent sous le règne d'Édouard le Confesseur, et il est peut-être également en charge de l'administration royale[43]. Il se sert de sa position pour accroître sa fortune ainsi que celle de sa famille et de ses amis. Il détient des terres dans dix comtés différents, et dans certains de ces comtés, elles sont plus vastes que celles du roi[53]. À la mort d'Édouard, seuls les domaines royaux et ceux du comte Harold sont plus étendus et riches que ceux de Stigand[54]. D'après le Domesday Book, il tire un bénéfice de 2 500 livres par an de ses terres au moment de la mort d'Édouard[1]. Cependant, il ne semble pas avoir mis ses richesses à profit pour enrichir Cantorbéry ou Winchester[1],[55]. Ses proches bénéficient également de promotions : c'est le cas de Siward à Rochester et d'Æthelric à Selsey, tous deux nommés par Stigand en 1058[17]. Les deux sièges qu'il détient et ceux qu'il offre à des proches font de Stigand un personnage-clef dans la défense du Sud-Est de l'Angleterre contre une possible invasion[56].

Il est possible que Stigand soit derrière les tentatives visant à retrouver l'ætheling Édouard, fils du roi Edmond Côte-de-Fer et neveu d'Édouard le Confesseur[57]. Celui-ci, réalisant vers 1052-1053 qu'il n'aura pas d'enfant, commence à se chercher des héritiers possibles[58]. Les sources normandes prétendent qu'Édouard aurait promis le trône d'Angleterre au duc Guillaume de Normandie, mais elles sont quasiment les seules à le faire, ce qui rend ce scénario douteux[59]. Édouard réside alors en Hongrie, et l'évêque de Worcester Ealdred se charge des négociations avec l'empereur Henri III pour son retour en Angleterre ; Ian Walker estime cependant que l'affaire était entièrement dirigée par Stigand[57]. Finalement, Édouard rentre en Angleterre en 1057, mais meurt peu après en laissant un fils en bas âge, Edgar[60].

La chute[modifier | modifier le code]

La conquête normande[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Conquête normande de l'Angleterre.
Le couronnement de Harold sur la tapisserie de Bayeux.

Édouard le Confesseur meurt le 5 janvier 1066, avec Stigand auprès de lui[61]. Sur son lit de mort, le roi choisit comme successeur son beau-frère Harold, le fils de Godwin de Wessex[60]. Stigand se charge du service funèbre pour le roi défunt[62]. D'après les auteurs normands, c'est lui qui couronne Harold en janvier 1066[63], mais il s'agit probablement d'une invention visant à dénier toute légitimité à Harold, pour justifier par contrecoup l'invasion de Guillaume[64]. Sur la tapisserie de Bayeux, Stigand apparaît lors du couronnement de Harold, mais il ne place pas la couronne sur sa tête[65]. C'est l'archevêque d'York Ealdred qui couronne Harold selon les sources anglaises[47], et la plupart des historiens actuels s'accordent à penser que Harold a été couronné par Ealdred en raison de la légitimité douteuse de Stigand[36],[45],[47]. Cependant, Pauline Stafford propose que les deux archevêques aient pu officier ensemble[66], et Frank Barlow estime que le silence de certaines sources anglaises à ce sujet est un argument en faveur de Stigand[67].

Après la mort de Harold à la bataille d'Hastings, un groupe comprenant Stigand, les comtes Edwin de Mercie et Morcar de Northumbrie et l'archevêque Ealdred envisage de placer Edgar Ætheling sur le trône, mais l'opposition des nobles du nord du pays et de certains évêques entraîne l'abandon du projet[68],[69]. Stigand se soumet à Guillaume le Conquérant à Wallingford au début du mois de décembre[70],[71], et assiste à son couronnement à l'abbaye de Westminster le jour de Noël, mais il n'y officie pas : c'est Ealdred qui pose la couronne sur la tête de Guillaume[72].

En 1067, Guillaume retourne en Normandie et emmène Stigand avec lui[73]. Selon Guillaume de Poitiers, le nouveau roi n'a pas confiance en l'archevêque, une justification possible, mais incertaine[74]. Stigand assiste au couronnement de Mathilde de Flandre, l'épouse de Guillaume, en 1068, mais encore une fois, c'est Ealdred qui officie[75].

Déposition[modifier | modifier le code]

Monnaie de Guillaume le Conquérant.

Les premières révoltes qui éclatent à la fin de l'année 1067 incitent Guillaume à se montrer conciliant avec l'Église. Il offre à Stigand une place à la cour et des rôles importants dans l'administration à l'archevêque Ealdred et à l'abbé Æthelwig d'Evesham[76]. Stigand sacre ainsi Rémi de Fécamp évêque de Dorchester en 1067[1] et apparaît sur plusieurs chartes royales en 1069[77]. Cependant, une fois le risque de révolte passé, Guillaume n'a plus besoin de lui[78]

Le 11 avril 1070, Stigand est déposé par le légat du pape, l'évêque de Sion Ermenfroi[79], et emprisonné à Winchester. Plusieurs évêques doivent également abandonner leurs sièges en raison de leurs liens avec Stigand : son frère Æthelmær, l'évêque de Selsey Æthelric et l'évêque de Lichfield Léofwine[4],[80]. Trois raisons sont données à l'éviction de Stigand : son occupation simultanée des sièges de Winchester et de Cantorbéry ; son appropriation du pallium de Robert de Jumièges après la fuite de ce dernier ; enfin, le fait qu'il ait reçu son propre pallium de l'antipape Benoît X[1],[81]. Guillaume confisque les biens de Stigand après sa déposition, bien que ce dernier ait pris soin au printemps de les mettre en sûreté à l'abbaye d'Ely[5],[82]. Pour le remplacer, le roi nomme archevêque Lanfranc, un abbé normand d'origine italienne[83].

Guillaume semble avoir laissé l'initiative de la déposition de Stigand à la papauté : il n'entrave en rien l'autorité de Stigand jusqu'à l'arrivée des légats pontificaux en Angleterre. Ainsi, non seulement l'archevêque témoigne sur des chartes et sacre Rémi de Fécamp évêque, mais il semble également avoir fait partie du conseil royal, et été totalement libre de ses mouvements dans le pays. Cependant, après l'arrivée des légats, Guillaume ne fait rien pour protéger Stigand[84]. Après sa déposition, son archiépiscopat est ignoré autant que possible, d'une manière qui rappelle la négation du règne de Harold dans le Domesday Book[85].

Mort et postérité[modifier | modifier le code]

Reconstitution fantaisiste des armoiries de Stigand sur un vitrail de l'époque victorienne du château de Winchester.

Stigand meurt captif en 1072[86]. Il est inhumé dans l'église d'Old Minster, à Winchester, et sa mort est commémorée le 21 ou le 22 février.

Les écrivains médiévaux lui reprochent son avarice et son pluralisme[1]. Cependant, il semble avoir acquis la majeure partie de ses biens de manière légitime, par héritage ou par faveur royale, et ne semble pas s'être enrichi en détournant les revenus de ses sièges épiscopaux, bien que ses relations avec les établissements monastiques soient plus troubles[87]. Après la conquête normande, Stigand est accusé de nombreux crimes (parjure, homicide…) par les chroniqueurs monastiques, mais ces derniers n'apportent aucune preuve de leurs dires[88],[89]. Sa vie privée n'est pas évoquée dans les sources contemporaines, et les accusations de simonie et d'illettrisme qui lui sont portées n'apparaissent qu'au XIIe siècle[90].

Les historiens modernes considèrent généralement Stigand comme un homme politique retors et un évêque peu préoccupé par les choses religieuses : pour Frank Stenton, « sa carrière montre qu'il était avant tout un politicien[91] », et pour Nick Higham, il est « un politicien aguerri, qui a fait carrière grâce à sa lecture fine de l'équilibre des puissances[92] ». Eric John estime que Stigand « pourrait bien être le pire évêque de toute la Chrétienté[93] », mais selon Frank Barlow, « c'était un homme cultivé, un mécène qui faisait preuve de générosité à l'égard de ses monastères[38] ».

Références[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

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Ælfric
Évêque d'Elmham
1043
Grimketel
Grimketel
Évêque d'Elmham
1044-1047
Æthelmær
Ælfwine
Évêque de Winchester
1047-1070
Vauquelin
Robert de Jumièges
Archevêque de Cantorbéry
1052-1070
Lanfranc