Juste de Cantorbéry

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Juste de Cantorbéry
Image illustrative de l'article Juste de Cantorbéry
Statue de Juste de Cantorbéry dans la cathédrale de Rochester (Angleterre)
Évêque de Rochester (604)
Archevêque de Cantorbéry (624)
Décès 10 novembre entre 627 et 631 
Cantorbéry[1] (Kent, Angleterre)
Vénéré par les catholiques, les orthodoxes et les anglicans
Fête 10 novembre
Attributs Archevêque portant une croix primatiale[2]
Saint patron Volterra (Italie)[2]

Juste de Cantorbéry, ou Justus of Canterbury (mort un 10 novembre entre 627 et 631), est le quatrième archevêque de Cantorbéry, en Angleterre. Missionnaire envoyé pour convertir les Anglo-Saxons, il devint le premier évêque de Rochester en 604, mais fut forcé de fuir en Gaule en 616 après la mort du roi Æthelberht de Kent. Il fut réintégré dans son diocèse l'année suivante et devint archevêque de Cantorbéry en 624. À la fin de son office, il supervisa l'envoi de missionnaires en Northumbrie.

Biographie[modifier | modifier le code]

Juste était italien de naissance et membre de la mission grégorienne envoyé en Angleterre par le pape Grégoire Ier. Il arriva probablement en Angleterre avec le second groupe de missionnaires, envoyé sur demande d'Augustin de Cantorbéry en 601[3],[4], bien qu'il ait été, d'après certaines sources, membre du premier groupe de missionnaires, arrivé en Angleterre en 597[5].

En 604, Augustin consacra Juste évêque d'une province incluant la cité de Rochester, dans le Kent[6]. Le clergé de sa cathédrale semble avoir été composé de membres du clergé séculier plutôt que de moines ; Juste lui-même n'était pas moine, contrairement à la majorité de ses compagnons de mission[7]. Il existe une charte d'Æthelbert de Kent qui témoigne du don de terres à Juste à Rochester, mais son authenticité est douteuse[3].

Alors qu'il était évêque, Juste cosigna avec Mellitus, autre missionnaire et évêque de Londres, une lettre écrite par l'archevêque Laurent de Cantorbéry destinée aux évêques irlandais, exhortant l'Église irlandaise à adopter la méthode romaine pour calculer la date de Pâques[8]. En 614, Juste participa au concile de Paris organisé par Clotaire II[9]. Le retour en force du paganisme qui suivit la mort d'Æthelberht, en 616, le força à fuir en Gaule avec Mellitus. Toutefois, Juste put se réinstaller dans son évêché dès 617[3]. Mellitus, quant à lui, retourna également en Angleterre, mais l'ambiance païenne dominante l'empêcha de regagner Londres et après le décès de Laurent, Mellitus devint archevêque de Cantorbéry[10].

Juste succéda à Mellitus comme archevêque de Cantorbéry en 624[11], et reçut son pallium, symbole de la juridiction confiée aux archevêques par le Saint-Siège, du pape Boniface V. Il consacra alors son successeur Romain à l'évêché de Rochester[3]. Dans une lettre reproduite par Bède le Vénérable dans son Histoire ecclésiastique du peuple anglais[12], Boniface félicita Juste pour la conversion du roi « Aduluald » (probablement Eadbald de Kent). Pour l'historien David Peter Kirby, cette référence à Eadbald suggère que ce fut Juste qui convertit le roi, et non pas son prédécesseur à Cantorbéry, Laurent, comme le rapporte Bède[13]. D'autres historiens, dont Barbara Yorke et Henry Mayr-Harting, concluent, quant à eux, que le compte-rendu de Bède est exact et qu'Eadbald fut converti par Laurent[14]. Yorke ajoute qu'il y aurait eu en fait deux rois du Kent pendant le règne d'Eadbald, Eadbald et un certain Æthelwald, ce dernier étant l'« Aduluald » mentionné par Boniface[15].

Juste consacra Paulin premier évêque d'York avant que celui-ci n'accompagne Æthelburg de Kent en Northumbrie pour son mariage avec le roi Edwin[3]. Il mourut un 10 novembre, entre 627 et 631[11], et est considéré comme un saint, fêté le 10 novembre[16]. Dans les années 1090, ses restes furent translatées dans un sanctuaire à côté du maître-autel de l'abbaye Saint-Augustin de Cantorbéry. Vers la même période, il fut l'objet d'une biographie de Jocelyn de Saint-Bertin et d'un poème de Reginald de Cantorbéry[1]. D'autres documents des chroniqueurs médiévaux Thomas d'Elmham, Gervais de Cantorbéry ou Guillaume de Malmesbury existent, mais n'ajoutent que peu d'éléments au récit de Bède[3].

Annexes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b P. A. Hayward, in Lapidge et al., The Blackwell Encyclopaedia of Anglo-Saxon England « Justus », pp. 267-268
  2. a et b (en) « St. Justus of Canterbury », sur http://www.catholic-forum.com/ (consulté le 2 septembre 2009)
  3. a, b, c, d, e et f (en) William Hunt, Oxford Dictionary of National Biography,‎ 2004 (lire en ligne), « Justus [St Justus] (d. 627x31) »
  4. F.M. Stenton, Anglo-Saxon England p. 109
  5. G. Hindley, A Brief History of the Anglo-Saxons: The Beginnings of the English Nation p. 65
  6. N. Brooks, The Early History of the Church of Canterbury p. 221
  7. (en) R. A. L. Smith, « The Early Community of St. Andrew at Rochester, 604-c. 1080 », The English Historical Review, vol. 60, no 238,‎ 1945, p. 289–299 (DOI 10.1093/ehr/LX.CCXXXVIII.289)
  8. F.M. Stenton, Anglo-Saxon England p. 112
  9. (en) I. Wood, « The Mission of Augustine of Canterbury to the English », Speculum, vol. 69, no 1,‎ janvier 1994, p. 1-17 (DOI 10.2307/2864782, lire en ligne)
  10. M. Lapidge, in Lapidge et al., The Blackwell Encyclopaedia of Anglo-Saxon England « Mellitus », p. 305-306
  11. a et b E.B. Fryde et al., Handbook of British Chronology p. 213
  12. D.P. Kirby, The Earliest English Kings p. 31-32
  13. D.P. Kirby, The Earliest English Kings p. 33
  14. H. Mayr-Harting, The Coming of Christianity to Anglo-Saxon England p. 75-76
  15. B. Yorke, Kings and Kingdoms of Early Anglo-Saxon England p. 32
  16. J.P. Delaney, Dictionary of Saints p. 354-355

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Nicholas Brooks, The Early History of the Church of Canterbury: Christ Church from 597 to 1066, Londres, Leicester University Press,‎ 1984 (ISBN 0-7185-0041-5)
  • (en) John P. Delaney, Dictionary of Saints, Garden City, N.Y, Doubleday,‎ 1980, 2e éd. (ISBN 0-385-13594-7)
  • (en) E. B. Fryde, D. E. Greenway, S. Porter et I. Roy, Handbook of British Chronology, Cambridge, Cambridge University Press,‎ 1996, 3e éd. (ISBN 0-521-56350-X)
  • (en) Geoffrey Hindley, A Brief History of the Anglo-Saxons: The Beginnings of the English Nation, New York, Carroll & Graf Publishers,‎ 2006 (ISBN 978-0-78671-738-5)
  • (en) David Peter Kirby, The Earliest English Kings, New York, Routledge,‎ 2000 (ISBN 0-415-24211-8)
  • (en) M. Lapidge, J. Blair, S. Keynes et D. Scragg, The Blackwell Encyclopaedia of Anglo-Saxon England, Malden (Massachusetts), Blackwell Publishing,‎ 2001 (ISBN 978-0-631-22492-1)
  • (en) Henry Mayr-Harting, The Coming of Christianity to Anglo-Saxon England, University Park, Pennsylvanie, Pennsylvania State University Press,‎ 1991 (ISBN 0-271-00769-9)
  • (en) F. M. Stenton, Anglo-Saxon England, Oxford, Oxford University Press,‎ 1971, 3e éd. (ISBN 978-0-19-280139-5)
  • (en) Barbara Yorke, Kings and Kingdoms of Early Anglo-Saxon England, New York, Routledge,‎ 1997 (ISBN 0-415-16639-X)

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]