La Nuit des masques

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La Nuit des masques
(Halloween)

Description de cette image, également commentée ci-après

Logo du film

Titre original John Carpenter's Halloween
Réalisation John Carpenter
Scénario John Carpenter
Debra Hill
Acteurs principaux
Pays d’origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Genre Horreur
Thriller
Sortie 1978
Durée 91 minutes

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

La Nuit des masques[1] ou Halloween : La Nuit des masques (John Carpenter's Halloween) est un film d'épouvante américain réalisé par John Carpenter, produit par Moustapha Akkad et sorti en 1978.

L'histoire se déroule dans la ville de Haddonfield, dans l'Illinois. Après avoir tué sa sœur, Michael Myers, âgé de six ans, est interné jusqu'à sa majorité pour ensuite être jugé. Cependant, à l'âge de 21 ans, alors qu'il est transféré pour son procès, il réussit à s'échapper, et prend la route de sa ville natale. Se produisent alors une succession de meurtres. Le premier scénario était intitulé The Babysitter Murders. Le film met en scène Donald Pleasence dans le rôle du docteur Loomis et Jamie Lee Curtis dans le rôle de la gardienne d'enfants Laurie Strode (dont la carrière a été lancée grâce à ce film). Halloween est considéré comme un classique du cinéma d'horreur, et comme l'un des films les plus influents de son époque, ce qui, en 2006, lui a valu d'être retenu par le National Film Registry comme un film « culturel, historique ou esthétiquement important ».

Halloween est devenu l'un des films indépendants les plus rentables de l'histoire[2], avec un box-office de 47 000 000 $. Beaucoup de critiques ont rapproché le film de celui d'Alfred Hitchcock, Psychose (1960) car il ne contenait que peu d'images violentes ou gores[3],[4]. Certains d'entre eux, pourtant, ont suggéré que Halloween encourageait le sadisme et la misogynie. D'autres y ont vu une critique sociale de l'immoralité des jeunes dans l'Amérique des années 1970. Ces analyses ont toujours été rejetées par Carpenter.

Un remake est sorti en 2007 avec en supplément la jeunesse de Michael Myers.

Synopsis[modifier | modifier le code]

Dans la nuit du 31 octobre 1963 à Haddonfield, le jeune Michael Myers assassine sa sœur aînée en la poignardant avec un couteau de cuisine. Après cet acte, il est interné dans un hôpital psychiatrique et soigné par le docteur Sam Loomis à qui il ne dit pas un seul mot. Quinze ans plus tard, il s'échappe de l'hôpital et retourne dans sa ville natale.

Sunset Boulevard, où a été tournée la fin du film

Le 31 octobre 1963, à Haddonfield, petite ville de l'Illinois, pendant la nuit d'Halloween, le jeune Michael Myers alors âgé de 6 ans assassine sa sœur de 16 ans, Judith, à coups de couteau de cuisine. Reconnu dément, il est interné durant quinze années en hôpital psychiatrique jusqu'à sa majorité, il devra alors être jugé pour son crime. Le 30 octobre 1978, alors qu'on vient de le transférer en vue de son procès, il parvient à s'évader et retourne dans les lieux de son enfance. En route, il tue un dépanneur et lui vole sa combinaison de travail et ses chaussures.

Son psychiatre, le docteur Samuel Loomis, tente désespérément de faire entendre à ses chefs à quel point Myers est dangereux, mais en vain. Seul, il se lance à la poursuite du criminel évadé jusqu'à Haddonfield.

Toute la journée, Myers suit un groupe de trois lycéennes, Lynda Van Der Klok, la pom-pom girl exubérante, Annie Brackett, la sarcastique, et Laurie Strode, la bonne élève. Il portera une grande attention à cette dernière. Laurie est la seule à le remarquer, même de loin, mais ses amies pensent qu'elle n'a plus les idées claires.

Le soir même, Annie et Laurie vont faire du baby-sitting dans deux maisons voisines. Pendant qu'elles s'y rendent, elles croisent le shérif Brackett, le père d'Annie, sur les lieux d'un cambriolage : dans un magasin, quelqu'un a volé une corde, des couteaux de cuisine ainsi qu'un masque. À ce moment, le docteur Loomis arrive et informe le shérif de la situation, mais il se montre un peu trop exalté pour être pris au sérieux.

Dans la soirée, après avoir confié la petite Lindsay Wallace à Laurie qui garde le jeune Tommy Doyle, Annie part chercher en voiture son petit copain Paul. Elle est alors égorgée par Myers qui s'était caché sur la banquette arrière. Peu après, Lynda et son copain Bob arrivent à leur tour chez les Wallace et profitent qu'ils sont seuls pour faire l'amour. Parti chercher de la bière, Bob est étranglé puis poignardé contre un mur et Lynda est étranglée avec le fil du téléphone alors qu'elle essaie de joindre Laurie.

Laurie, croyant à une mauvaise farce, se rend chez les Wallace et découvre les corps de ses trois amis, exposés dans une macabre mise en scène. Épouvantée, elle est blessée au bras par Myers et tombe dans les escaliers, se faisant mal à la cheville. Elle réussit néanmoins à s'échapper puis, revenue chez les Doyle, est attaquée à deux reprises par le tueur masqué qu'elle parvient à blesser à chaque fois. Mais l'homme semble invincible et se relève toujours.

Finalement, le docteur Loomis, alerté par les hurlements de Tommy et Lindsay, arrive sur les lieux alors que Laurie est en train de se faire étrangler par Myers. Elle parvient à lui retirer son masque ce qui semble le déstabiliser pendant quelques secondes. Loomis profite de l'instant pour tirer six coups de feu sur son patient, le faisant tomber par l'une des fenêtres du premier étage. Mais quand il ressort pour voir le corps de l'assassin, ce dernier a disparu.

Personnages principaux[modifier | modifier le code]

Michael Myers

Michael Myers naît le 31 octobre 1957 dans la petite ville Haddonfield. Il commet son premier meurtre à l’âge de six ans sur sa propre sœur Judith. Il est alors enfermé au Smith’s Grove, où il est placé sous la surveillance du docteur Sam Loomis. Durant son séjour, aucun son ne sort de sa bouche… jusqu’à son évasion lors d’une nuit d’orage de 1978. Michael rejoint alors sa ville natale, bien décidé, pour une mystérieuse raison, à tuer la jeune Laurie Strode. La nuit du , il s’en prend à ses amis.

Laura « Laurie » Strode

Laurie est une jeune fille de 17 ans qui a été adoptée par la famille Strode. Elle fréquente l'école secondaire Haddonfield High School. Elle passe son temps libre à faire du baby-siiting. Elle a deux amies de son âge : Annie Brackett, fille du shérif, et Lynda Van Der Klok. Toutes les trois résident dans la banlieue de Haddonfield, dans l'Illinois.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Version française réalisée par Lingua Synchrone ; direction artistique : Richard Heinz
Sources : Version française (VF) sur AlloDoublage[7]

Production[modifier | modifier le code]

Genèse[modifier | modifier le code]

Jamie Lee Curtis, interprète de Laurie Strode

Après avoir visionné Assaut (1976) de John Carpenter au Festival du Film de Milan, les producteurs de films indépendants Irwin Yablans et Moustapha Akkad ont sollicité le réalisateur pour tourner un film à propos d'un tueur psychotique qui s'en prend à des gardiennes d'enfants[8]. Dans une interview Yablans a déclaré : « je voulais faire un film d'horreur qui ait le même impact que L'Exorciste »[9]. John Carpenter et sa petite amie d'alors Debra Hill commencent à écrire le synopsis du film provisoirement intitulé The Babysitter Murders, mais Carpenter affirme à Entertainment Weekly qu'il changera alors le titre en Halloween pour correspondre à la date où se déroulait l'histoire[10].

Akkad avança 325 000 dollars US pour la production du film, montant considéré comme faible à l'époque (même si Assaut avait été produit avec seulement 100 000 dollars US)[8],[11]. Akkad était inquiet pour la réussite du film, au petit budget, réalisé par un cinéaste encore sans expérience. Pourtant il déclare : « Carpenter a écrit une histoire excellente pleine de suspense. Il avait confiance dans le projet, cela m'a suffi. » Carpenter a reçu 10 000 dollars US pour diriger, écrire et composer la musique, avec en prime 10 % de bénéfices sur les recettes du film[12].

Halloween a été tourné en 21 jours au printemps 1978 dans le sud de Pasadena et la Sierra Madre en Californie. Une maison abandonnée appartenant à une église a été choisie pour figurer la maison de Michael Myers. Deux maisons sur Orange Grove Avenue (près de Sunset Boulevard) à Hollywood ont été utilisées pour le point culminant du film[13]. L'équipe a eu du mal à trouver des citrouilles au printemps.

Élaboration du scénario[modifier | modifier le code]

Psychose, Hôtel des Bates : lieu de tournage de la scène principale

L'historien Nicholas Rogers relève que les critiques affirment que la réalisation de John Carpenter a fait d'Halloween un succès retentissant[14].

Roger Ebert remarque : « il est facile de créer la violence au cinéma, mais c'est dur de bien le faire. Carpenter est très habile, par exemple, à l'utilisation de premiers plans qui comme chacun le sait : Les premiers plans sont des plans qui sont cruciaux »[15].

Le Jack-o'-lantern, placé sur un fond noir durant le générique de début, établit l'état d'esprit qui perdurera durant le film entier. La caméra se déplace lentement sur les yeux d'un Jack-o'-lantern tandis que les noms défilent[16].

Yablans déclare que « le public ne devrait pas voir quoi que ce soit. Ils ont vu ce qui leur fait peur »[17]. Carpenter a apparemment suivi les conseils de Yablans sur de nombreux tournages. Le réalisateur n'est pas le premier à utiliser cette technique. Dans Psychose, la première scène fait du spectateur un voyeur. « Nous sommes forcés de rentrer au plus profond de l'action » dira Tellotte[18], un autre historien.

Yablans et d'Akkad ont laissé Carpenter et Hill tranquilles lorsqu'ils écrivaient le scénario, terminé en trois semaines. Mais Yablans fit quelques suggestions. Dans un premier temps, il voulait que le script soit écrit comme une émission radiophonique[17].

Hill a écrit la plupart des dialogues entre filles, alors que Carpenter s'occupait du docteur Loomis et de Michael Myers. De nombreux détails du script ont été tirés de l'adolescence et du début de carrière du couple. La ville fictive de Haddonfield, dans l'Illinois fait référence au New Jersey (Haddonfield, New Jersey) où Hill a grandi, et la plupart des noms des rues ont été empruntés par Carpenter à sa ville natale de Bowling Green, Kentucky. Laurie Strode est le nom d'une vieille amie du réalisateur et Michael Myers était le nom d'un producteur anglais[8]. Avec Halloween, Carpenter rend hommage à Alfred Hitchcock avec deux personnages qui apparaissent dans ses films : Tommy Doyle est le nom du Détective joué par Wendell Corey dans Fenêtre sur cour (1954) avec James Stewart et Grace Kelly, et le docteur Loomis le nom du personnage joué par John Gavin, le petit ami de Marion Crane (interprété par Janet Leigh qui est également la mère de Jamie Lee Curtis) dans Psychose.

Distribution[modifier | modifier le code]

Christopher Lee avait refusé le rôle du docteur Loomis. Il regrettera par la suite sa décision.

En raison de son maigre budget, Halloween ne pouvait pas engager de star. Seul Donald Pleasence avait une certaine notoriété. Il avait déjà interprété l'ennemi implacable de James Bond, Ernst Stavro Blofeld, dans On ne vit que deux fois (1967)[19]. Le rôle du docteur Sam Loomis a d'abord été proposé à Peter Cushing et Christopher Lee, qui l'ont tous deux refusé en raison du maigre salaire. Plus tard, Lee regrettra sa décision et dira que ce fut la « plus grande erreur de toute sa carrière »[20]. Donald Pleasence — troisième choix de Carpenter — accepta tout de suite sur le vif conseil de sa propre fille qui avait beaucoup aimé Assaut lors de sa diffusion en Grande-Bretagne.

Pour le rôle de Laurie Strode, Carpenter choisit une quasi inconnue, Jamie Lee Curtis, fille de Tony Curtis et Janet Leigh, qu'il avait remarquée dans un épisode de la série Operation Petticoat, pour son physique « androgyne »[21]. Dans une interview, Carpenter admet que « Jamie Lee n'était pas le premier choix pour Laurie. Je ne savais pas qui elle était ». Le réalisateur voulait Anne Lockhart, la fille de June Lockhart. Cependant, l'actrice avait d'autres projets et ne pouvait pas participer au tournage[10]. Debra Hill suggéra Jamie Lee car elle était la fille de la star Janet Leigh, « je savais que Jamie Lee Curtis attirerait le public parce que sa mère est l'héroïne de Psychose. »[17]. Halloween lança ainsi la carrière de la jeune actrice, qui tournait ici son premier film. Lors d'une interview, elle déclarera que c'était le film dans lequel elle avait le plus crié.[réf. nécessaire]

Une autre actrice relativement inconnue, Nancy Kyes (créditée dans le film comme Nancy Loomis) a été choisie pour interpréter l'amie de Laurie, la fille du shérif d'Haddonfield interprétée par Charles Cyphers. Kyes avait joué dans Assaut [22]. L'autre amie de Laurie, Lynda, fut interprétée par P. J. Soles, déjà vue dans Carrie au bal du diable (1976) de Brian De Palma.

Pour le rôle de Michael Myers, trois acteurs se sont partagé le rôle : Nick Castle, Tony Moran et Will Sandin.

Pleasence a reçu le salaire le plus élevé soit 20 000 $ et Jamie Lee Curtis 8 000 $. Quant à Nick Castle il a touché 25 $ par jour[8].

La musique[modifier | modifier le code]

Le groupe de rock Blue Öyster Cult

Une autre raison majeure du succès d'Halloween est sa musique[23]. N'ayant pas une bande son symphonique, le film est composé au piano en signature rythmique par le réalisateur John Carpenter. Carpenter a déclaré dans une interview, « je peux jouer sur n'importe quel clavier, mais je ne peux pas lire ou écrire une seule note. »[10]. Le réalisateur affirma qu'il avait composé lui-même la musique mais qu'il avait reçu l'aide du compositeur Dan Wyman, un professeur à l'Université d'État de San José[8],[24].

Certaines chansons peuvent être entendues dans le film, l'une étant interprétée par Carpenter et ses amis qui ont formé un groupe appelé The Coupe DeVilles. La chanson est entendue quand Laurie et Annie sont dans la voiture[8]. Une autre chanson, (Don't Fear) The Reaper interprétée par le groupe de classic rock Blue Öyster Cult est entendue dans le film[25].

Les différentes versions[modifier | modifier le code]

La maison utilisée dans le film à Mission Street (Pasadena)

Il existe plusieurs versions de La Nuit des masques aujourd'hui. L'originale, d'une durée de 91 minutes, est la plus largement connue. La version remastérisée pour la télévision, sortie en 1980 et qui fut diffusée sur la chaîne NBC, dure 101 minutes. Les scènes coupées de l'original furent incluses dans cette version. Elle est sortie en DVD sous le titre Halloween - Version longue en 2001. En 1998, pour le 20e anniversaire du film, la version sonore a été modifiée, avec l'approbation de John Carpenter. La version existe en VHS et DVD.

La chaîne NBC a déboursé 4 000 000 de dollars US pour diffuser le film à la télévision. Après une discussion entre John Carpenter, Debra Hill et NBC, certaines scènes ont été censurées lors de sa première diffusion sur le petit écran[17]. Pour remplir les deux heures entières, Carpenter filma douze minutes supplémentaires avec des scènes comprenant le docteur Loomis dans un hôpital examinant Michael Myers, lui disant, : « vous les avez dupés Michael, n'est-ce pas ? Mais pas moi. » Une autre scène supplémentaire avec Loomis et Michael fut tournée dans une cellule sur la porte de laquelle le mot Sister est rayé.

Jamie Lee Curtis tourna une scène avec les cheveux cachés sous un foulard. L'actrice avait en effet les cheveux longs dans le film, alors qu'au moment du nouveau tournage, elle les avait plus courts. Les nouvelles séquences furent tournées pendant le tournage d'Halloween 2. Cette nouvelle version distribuée par Anchor Bay Entertainment est sortie en 2001 sous le titre Halloween : Extended Version (Version Longue)[26]

Approximations[modifier | modifier le code]

Les deux premiers longs métrages de John Carpenter, Dark Star (1974) et Assaut (1976) n'étaient pas exempts de défauts dans la réalisation. Avec un budget de 325 000 $[5] et une durée de tournage de vingt-deux jours[27], Carpenter et son équipe n'ont pas pu éviter des imperfections dans les prises de vues ou les raccords de La Nuit des masques. Le film en contient plusieurs liées au décor (il n'y a qu'une entrée dans le salon dans le côté gauche de la maison des Wallace mais les gens y entrent par la droite), au cadrage (à plusieurs reprises le reflet ou l'ombre d'un technicien est visible) ou encore au script (quand Michael porte Annie dans ses bras, la tête est initialement en haut mais dans le plan suivant, les pieds sont en haut ; quand Michael observe Annie à travers une vitre, il fait tomber un pot qui se casse, mais quand Laurie arrive devant la fenêtre le pot est toujours accroché). À la fin du premier opus, on voit le Dr Loomis tirer à 6 reprises sur Michael. Mais au début du deuxième film, lors de la même scène, on entend très bien 7 détonations. Un comble pour un pistolet à 6 coups.

Accueil[modifier | modifier le code]

La première d'Halloween s'est tenue le à Kansas City, Missouri, et quelques jours plus tard, à Chicago, Los Angeles et New York[28]. Même si le film enregistre de bons résultats au box-office[29] avec peu de publicité – principalement grâce au bouche à oreille – de nombreux critiques ont mal accueilli le film cependant que Tom Allen, du The Village Voice, le défendait. Il saluait le travail de Carpenter et faisait remarquer les similitudes avec les films Psychose et La Nuit des morts-vivants de George Andrew Romero[30].

Le film engrange 47 000 000 $ aux États-Unis[2] plus 8 000 000 $ supplémentaires pour les recettes internationales. Le film totalise ainsi 55 000 000 $, soit plus de 176 000 000 $ d'aujourd'hui[8]. En France, le film totalise 283 934 entrées[31].

Halloween a été nommé par l'Académie des films de science-fiction, fantastique et horreur pour un Saturn Award du meilleur film d'horreur en 1979, mais a perdu face à The Wicker Man (1973)[32]. Le film a reçu diverses récompenses depuis sa sortie en salles. En 2001, l'American Film Institute a classé Halloween 68e dans sa liste AFI's 100 Years...100 Thrills.

Critiques[modifier | modifier le code]

Depuis sa sortie, le film a reçu le plus souvent des critiques positives, et en 2008 il a été noté 90 % par le site Rotten Tomatoes[33]. Cependant, Pauline Kael, critique cinglante du New Yorker, affirmait en 1978 que « Carpenter n'a pas de vie en dehors des films : on retrouve à l'écran les mêmes idées que les réalisateurs Alfred Hitchcock et Brian De Palma »[34]. Tom Allen écrivait en 1979 : « Halloween est dans la même lignée que La Nuit des morts-vivants de George Andrew Romero et de Psychose […] Halloween est le meilleur thriller de l'année »[35]. Beaucoup ont rapproché ce film de ceux d'Alfred Hitchcock, bien que TV Guide qualifie ces rapprochements – à Psychose en particulier – « stupides et sans fondement »[36].

Nicholas Rogers qualifie le film « d'encouragement au sadisme et à la misogynie »[37]. Et il ajoute que certaines critiques féministes « ont vu les films slasher comme Halloween dégrader les femmes d'une manière décisive comme pornographiques »[37]. Le critique John Kenneth Muir souligne que ce n'est que par simple chance que Laurie Strode réussit à repousser le tueur plusieurs fois, et si elle est sauvée dans Halloween et Halloween 2[38].

Box-office[modifier | modifier le code]

Pays Box-office
Drapeau des États-Unis États-Unis 47 000 000 $
Drapeau de l'Australie Australie 900 000 AUD
Drapeau de l'Allemagne Allemagne 782 277 $
Pays Box-office
Hong Kong Hong Kong 450 139 HKD
Drapeau de la Suède Suède 2 298 579 SEK
Alt=Image de la Terre Mondial 60 000 000 $

Distinctions[modifier | modifier le code]

Récompenses[modifier | modifier le code]

Nominations[modifier | modifier le code]

Influence[modifier | modifier le code]

Halloween a eu un impact considérable sur le cinéma à la hauteur de son succès commercial. Il a influencé de nombreux autres films, en particulier ceux relevant du genre de l'horreur. Bien que le film d'horreur canadien réalisé en 1974 par Bob Clark intitulé Black Christmas ait anticipé les techniques stylistiques rendues célèbres par Halloween, celui-ci est généralement considéré par les critiques comme le premier film de « slasher »[39]. Des films comme Vendredi 13 ou Les Griffes de la nuit doivent leur succès à l'exploitation des thèmes et techniques mis à l'honneur dans Halloween[40],[41].

Suites et remakes[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Halloween (films).

La saga Halloween est composé de huit films et de deux remakes[42].

  • Après la réussite de La Nuit des masques, fut envisagé de tourner une suite. Halloween 2 sort ainsi trois ans après le premier en 1981. L'histoire débute à la fin du premier. Michael Myers, échappé de l'hôpital psychiatrique, poursuit sa demi-sœur, Laurie Strode, hospitalisée. John Carpenter refusa de signer la réalisation de cette suite, qui fut finalement confiée à Rick Rosenthal[43]. Mais Carpenter, toutefois producteur et scénariste (avec Debra Hill), déçu du résultat, retourna de nouvelles scènes et remania le montage[44].
  • Un an après Halloween 2, John Carpenter initia un troisième volet intitulé Halloween 3 : Le Sang du sorcier. Le réalisateur et Debra Hill décidèrent d'abandonner le personnage de Michael Myers. Le but étant de faire de la série des histoires toutes différentes ayant comme seule point commun la fête d'Halloween. Le résultat au box-office (seulement 12 827 446 dollars US) [45] décidera du retour de Michael Myers.
  • En 1988 sort Halloween 4 : Le Retour de Michael Myers réalisé par Dwight H. Little. Le metteur en scène doit faire face au refus de Jamie Lee Curtis de reprendre son rôle de Laurie Strode. L'actrice refuse depuis le deuxième volet de tourner un seul film d'horreur. Little appelle en renfort Donald Pleasence pour le rôle du docteur Sam Loomis. Le film totalise 17 768 757 dollars US au box-office[46].
  • Malgré ce score, c’est sans perdre de temps que le producteur Moustapha Akkad lance la mise en chantier de Halloween 5 : La Revanche de Michael Myers. L’intrigue est la suite directe des événements du quatrième volet. Réalisé par le français Dominique Othenin Girard, ce cinquième Halloween n'a pas le succès escompté (seulement 11 642 254 dollars US[47]). Le film est globalement décevant pour les fans car il ne tient pas compte de la fin du film précédent.
  • Six ans plus tard, Moustapha Akkad confie à Joe Chappelle la réalisation d'Halloween 6 : La Malédiction de Michael Myers. Tout comme les précédents, ce film n'est pas un succès (15 116 634 dollars US au box-office[48]).
  • En 1998, c'est d'après l'idée de Jamie Lee Curtis que naît Halloween 20 ans après. L'actrice accepte de reprendre pour la troisième fois son rôle de Laurie Strode, devenue adulte et mère de famille, affrontant de nouveau son dangereux et increvable demi-frère. Halloween 20 ans après, considéré comme la suite directe d'Halloween 2 est un carton avec 55 004 135 dollar US[49], Le film est un succès.
  • Le succès aidant, un huitième volet est tourné en 2002 intitulé Halloween : Résurrection. Curtis reprend une dernière fois son rôle. Malgré une baisse au box-office, par rapport à Halloween 20 ans après, le film est un succès avec 30 259 652 dollar US[50].
  • Dans un premier temps, le studio Dimension Films envisage un nouveau film ayant pour trame une confrontation entre Michael Myers et Pinhead, le boogeyman de Hellraiser, dans un film reprenant le concept de Freddy contre Jason. Suite aux plaintes des fans, le studio a abandonné cette idée et s'est concentré sur l'idée d'un remake de La Nuit des masques. Oliver Stone s'y intéresse mais finalement s'attelle à la réalisation de World Trade Center. Le réalisateur de La Maison des 1 000 morts et de The Devil's Rejects, Rob Zombie se charge de prendre le relais[51]. Il déclare: « Je pense que des histoires comme celle-ci peuvent être racontées à nouveau. Peu importe la qualité de l'original. Je pense qu'il y avait de nouvelles choses à faire avec celle-ci. » Le remake Halloween sort en 2007. Après sept suites, on aurait pu croire le filon épuisé. Or, ce film a été un gros succès en totalisant 58 272 029 dollar US[52].
  • Rob Zombie réalise une suite en 2009, Halloween 2, avec dans l'idée cette fois de ne pas faire un simple remake d'Halloween 2 mais de réinventer la franchise.

Autres adaptations[modifier | modifier le code]

Peu de temps après la sortie d'Halloween en salles, le film a fait l'objet d'une novélisation par Curtis Richards (publié par Bantam Books en 1979 et réédité en 1982). Ce livre est actuellement épuisé. Le roman se concentre sur les origines du mal de Michael Myers. Le livre commence par : « L'horreur a commencé à la veille de Samhain, dans une vallée de brouillard dans le nord de l'Irlande, à l'aube de la race celtique… »[53]

En 1983, Halloween est l'adaptation en jeu vidéo du film sur Atari 2600. Dans ce jeu, aucun des personnages du film n'apparaît étant donné que les créateurs n'en avaient pas obtenu les droits. Le joueur prend le rôle d'une jeune gardienne d'enfants. Le jeu n'a eu aucun succès[54],[55].

Plusieurs comics sont sortis aux États-Unis chez Devil's Due Publishing comme :

  • Halloween: 30 Years of Terror (2008) (Stefan Hutchinson, Danijel Zezelj, Jim Daly, Tim Seeley, Jeff Zornow, Brett Weldele, Tom Mandrake)
  • Halloween: The First Death of Laurie Strode (2008) (Stef Hutchinson et Jeff Zornow)
  • Halloween: Nightdance (2007) #1-4 vol. (Stefan Hutchinson, Greg Capullo et Tim Seeley)

Sorties vidéo[modifier | modifier le code]

  • Halloween, Universal Pictures. Suppléments : chapitrage des scènes, filmographies, bande-annonce, notes de production, documentaire, making of.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Linda Badley, Film, Horror, and the Body Fantastic, Greenwood Press, Westport, 1995 (ISBN 0-313-27523-8).
  • (en) Robert Baird, « The Startle Effect: Implications for Spectator Cognition and Media Theory » dans Film Quarterly 53 (n°3), printemps 2000, p. 12–24.
  • (en) Scott Brown, « Encore: The Fright Stuff » dans Entertainment Weekly (USA), vol. 1, n°623, 2 novembre 2001, p. 82.
  • (en) Noël Carroll, « The Nature of Horror » dans Journal of Aesthetics and Art Criticism 46 (n°1), automne 1987, p. 51–59.
  • (en) Robert C. Cumbow, Order in the Universe: The Films of John Carpenter, Scarcrow Press, Lanham, 2000, 2e éd. (ISBN 0-8108-3719-6).
  • (en) Kenneth Johnson, « The Point of View of the Wandering Caméra » dans Cinema Journal 32 (n°2), hiver 1993, p. 49–56.
  • (en) Stephen King, Danse Macabre, Berkley Books, New York, 1981 (ISBN 0-425-10433-8).
  • (en) Danny Peary, Cult Movies: A Hundred Ways to Find the Reel Thing, Vermilion, Londres, 1982.
  • (en) Danny Peary, Cult Movies: The Classics, the Sleepers, the Weird and the Wonderful, Dell Publishing Company, New York, 1981.
  • (en) Stephen Prince (dir.), The Horror Film, Rutgers University Press, New Brunswick, 2004 (ISBN 0-8135-3363-5).
  • (en) Curtis Richards, « Halloween » dans Kurt Wimmer (New York, New York), Random House, 1er septembre 1982, p. 166, (ISBN 0553262963).
  • (en) Steven Jay Schneider (dir.), Horror Film and Psychoanalysis: Freud's Worst Nightmare, Cambridge University Press, Cambridge, 2004 (ISBN 0-521-82521-0).
  • (en) Tony Williams, Hearths of Darkness: The Family in the American Horror Film, Fairleigh Dickinson University Press, Rutherford, 1996 (ISBN 0-8386-3564-4).

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Titre de première exploitation en salles dans les pays francophones, le mot Halloween ayant été ajouté par la suite pour l'exploitation vidéo, et lors de sa ressortie en 1998, afin de rappeler la parenté du premier opus avec ses suites réalisées entre temps.
  2. a et b (en) Halloween sur Box Office Mojo
  3. (en) James Berardinelli, « Review of Halloween » sur ReelViews.com;
  4. (en) Adam Rockoff, Going to Pieces: The Rise and Fall of the Slasher Film (1978–1986), chap. 3, McFarland & Company, New York, 2002 (ISBN 0-7864-1227-5).
  5. a et b (en) « Box office/business for Halloween (1978) » sur IMDb.
  6. (en) « Release dates for Halloween » sur IMDb.
  7. Fiche de doublage français du film sur AlloDoublage, consulté le 1er novembre 2012
  8. a, b, c, d, e, f et g (en) « Behind the Scenes » sur HalloweenMovies.com.
  9. (en) Irwin Yablans, « Fangoria interview » sur HalloweenMovies.com.
  10. a, b et c (en) John Carpenter, Entertainment Weekly Interview sur HalloweenMovies.com.
  11. (en) « Assaut business statistics » sur IMDb.
  12. (en) Moustapha Akkad, « Fangoria Interview » sur HalloweenMovies.com.
  13. (en) Halloween Filming Locations.
  14. (en) Nicholas Rogers, Halloween: From Pagan Ritual to Party Night, Oxford University Press, 2002, p. 111 (ISBN 0-19-516896-8).
  15. Roger Ebert, Interview, Chicago Sun-Times, .
  16. (en) J.P. Telotte, « Through a Pumpkin's Eye: The Reflexive Nature of Horror » dans Gregory Waller, American Horrors: Essays on the Modern American Horror Film, University of Illinois Press, 1992, p. 116 (ISBN 0-252-01448-0).
  17. a, b, c et d (en) Debra Hill, « Fangoria Interview » sur HalloweenMovies.com.
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