Planète interdite

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Planète interdite

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Titre original Forbidden Planet
Réalisation Fred M. Wilcox
Scénario Cyril Hume (adaptation)
d'après une histoire de
Irving Block
Allen Adler
Acteurs principaux
Sociétés de production MGM
Pays d’origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Genre science-fiction
Sortie 1956
Durée 98 min.

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Une image du film

Planète interdite (Forbidden Planet) est un film de science-fiction américain réalisé par Fred McLeod Wilcox et sorti sur les écrans en 1956.

Synopsis[modifier | modifier le code]

En 2257, le croiseur spatial C-57-D du commandant Adams se pose sur la planète Altaïr 4 pour secourir le Bellérophon, un vaisseau d'exploration dont l'équipage n'a plus donné signe de vie depuis 19 ans. Sur place, l'équipage ne découvre que deux survivants : le docteur Morbius et sa fille Altaïra, assistés de Robby le robot. Ceux-ci lui apprennent qu'une mystérieuse force invisible a tué un à un tous les membres de l'expédition et que la planète recèle les derniers vestiges d’une civilisation hautement évoluée et disparue, les Krells.

Commentaires[modifier | modifier le code]

Planète interdite est l'un des premiers films de science-fiction ayant bénéficié de la couleur et du format cinémascope. Avec 2001, l'Odyssée de l'espace, il est également l'un des deux films de science-fiction qui ont durablement marqué le genre et leur époque[1].

Le scénario est inspiré de La Tempête de William Shakespeare, dont il constitue une transposition dans le genre du space opera[1]. Il intègre aussi, avec beaucoup d'intelligence, des thèmes comme le mythe de la licorne ou le double maléfique (La part d'ombre).

On trouve dans le nom même du vaisseau de la première expédition, le Bellérophon, comme dans celui du générateur souterrain d'énergie, la Gorgone, des allusions à la mythologie grecque. Le scénario semble avoir multiplié à plaisir les pistes vers des œuvres classiques et des mythes antiques sans en être la transposition exacte.

La part d'ombre est incarnée par le monstre invisible issu des pulsions destructrices de l'inconscient du professeur Morbius. Cette utilisation de la part d'ombre dans cette œuvre n'est pas sans faire allusion aux travaux de Carl Gustav Jung sur un des principaux archétypes, décrits par le fondateur d'un des courants de la psychanalyse : la psychologie analytique.

Au sujet de Planète interdite, un critique dira même : « Quelles que soient les intentions des hommes, il existe toujours en chacun une part d’ombre, un consentement au Mal ; sans cesse à débusquer, selon les termes de la psychanalyse qui s’affirme alors, jusque dans l’inconscient de chaque être. »[2]

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Musique[modifier | modifier le code]

La musique du film et les effets sonores, créés par les époux Louis et Bebe Barron, forment ce que l'on considère comme étant la première bande originale de film n'utilisant que des sources électroniques[3].

En s'inspirant de procédés décrits dans le livre Cybernetics: Or, Control and Communication in the Animal and the Machine de Norbert Wiener (1948), Louis Barron a construit des appareils électroniques produisant les sons étranges entendus dans le film[4]. La plupart des sons du film ont été réalisées avec un ring Modulator, auxquels d'autres effets (réverbération, delay...) sont ajoutés. Certains sons sont parfois ralentis ou accélérés, ou passés à l'envers.

Le film permit à la musique électronique de toucher le grand public et l'impact sur le développement de cette musique aux États-Unis fut important.

Autour du film[modifier | modifier le code]

  • Dans la version française, les prénoms des principaux membres d'équipage du croiseur C57-D sont francisés. John J. Adams devient Jean-Jacques Adams, Jerry devient André, Joe devient Georges et Quinn devient Yves. Cette pratique relativement rare tourne au contresens en ce qui concerne le personnage de Steve, qui occupe le rang de bosco, c'est-à-dire maître d'équipage. Le terme anglais « bosun » n'est pas ici traduit par « bosco » comme ce devrait être le cas, mais par le prénom « Bertrand ».
  • Planète interdite a fortement influencé la série télévisée Perdus dans l'espace (Lost in space). Les personnages sont différents car la série présente une sorte de famille Robinson suisse, naufragée sur une planète. Mais le véritable vecteur de la série est le robot, une copie quasi conforme de celui du film. Il faut dire que les deux robots ont été créés par le même homme, Robert Kinoshita. Ils se rencontrent d'ailleurs dans l'épisode 60 de Perdus dans l'espace, intitulé Les condamnés de l'espace (Condemned of Space) (cf.[1]). La série a elle-même engendré, en 1998, le film Perdus dans l'espace (Lost in space).
  • Le film est aussi l'ancêtre conceptuel de la série télévisée Star Trek. On retrouve d'ailleurs la même toile de fond : un vaisseau spatial militaire capable de se déplacer à une vitesse supérieure à celle de la lumière. Il y a la même curiosité de faire des découvertes, d'enquêter et, au besoin, de risquer sa vie. On y retrouve également la même complicité dans l'équipage — particulièrement dans la relation entre le capitaine et le médecin de bord. En fait, les deux capitaines et médecins de bord sont interchangeables, et ils auraient été à l'aise dans les deux vaisseaux[réf. nécessaire].
  • L'accès à un pouvoir fantastique qui ne peut être contrôlé du fait de la part d'ombre propre à chaque être humain est aussi la base de la trame d'un livre de Michael Crichton, Sphère, et de son adaptation cinématographique.
  • Le même thème des pouvoirs psychiques humains qui se retournent contre eux dans une optique de meurtre avait été évoquée deux avant auparavant dans la nouvelle de Robert Sheckley intitulée Fantôme V (1954).

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Emmanuel Denis, « Fiche de Planète interdite », sur devildead.com (consulté le 23 février 2014).
  2. «Le passé du futur», analyse du film par Philippe Rocher sur Critikat.com, 26 septembre 2006
  3. Bernard Herrmann avait déjà utilisé un appareil électronique, le thérémine sur la bande-son de Le Jour où la Terre s'arrêta (The Day the Earth Stood Still, 1951), mais il y avait adjoint les instruments d'un orchestre classique. Le travail de Louis et Bebe Barron sur ce film précède l'invention des synthétiseur Moog.
  4. (en) « fiche de Planète Interdite », sur moviediva.com,‎ 2001 (consulté le 21 novembre 2013).

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Frederick S. Clarke et Steve Rubin, Making Forbidden Planet, in Cinefantastique, 1979, vol. 8, n°2&3, p. 4-67 : la gènese du film.