Ulrich von Hassell

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Ulrich von Hassell

Ulrich von Hassell ( à Anklam - à la Prison de Plötzensee) était un diplomate allemand et un résistant au Troisième Reich.

Membre du complot ayant planifié et organisé l'attentat du 20 juillet 1944 contre Adolf Hitler, il fut arrêté et exécuté.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jusqu'en 1932[modifier | modifier le code]

Issu d'une famille noble d'Allemagne du Nord (père officier dans l'armée impériale), il cottoie les plus grandes familles. Il bénéfice d'une très haute éducation de niveau international (université de Lausanne, Berlin, Tübingen). Après des études de droit, il voyage en Chine (Tsingtao) et en Angleterre (Londres). Il est polyglotte : français, anglais, italien etc... et c'est fort logiquement qu'en 1909, il rentre dans le corps diplomatique. En 1911, il se marie avec Ilse von Tirpitz, la fille du grand-amiral (dont il écrit d'ailleurs une biographie après 1930). La même année, il est nommé vice-consul à Gênes (Italie). En 1914, il rentre dans l'armée pour servir son pays. Il est blessé par une balle dans la poitrine, le 8 septembre 1914 (dans la Marne). Inapte au combat, il rejoint l'arrière à Stettin où il travaille dans le conseil communal. Puis, en 1917, il est promu directeur de l'Association des districts administratifs de Prusse à Berlin. Cette même année, il participe à la fondation avec son beau-père et Ludwig von Kapp du parti de la Mère-Patrie (Vaterlands Partei). A la dissolution de ce dernier avec la paix de 1918, il rejoint les rangs du parti conservateur DNVP qui prend position contre le traité de Versailles. Il y occupe d'importantes fonctions. Rejoignant le corps diplomatique, il est en poste à Barcelone (1921-1926), à Copenhague (1926-1930), puis à Belgrade (1930-1932).

1932-1938, ambassadeur à Rome[modifier | modifier le code]

En 1932, il est nommé ambassadeur à Rome, c'est l'apogée de sa carrière. Malheureusement pour lui, ça ne va pas durer longtemps, car, un an plus tard en 1933, Hitler et le parti nazi arrivent au pouvoir. Pour lui, c'est le début d'une lutte sans fin pour modérer les volontés hitlériennes et éviter à l'Allemagne la pire catastrophe de son histoire (une deuxième guerre mondiale). Pour éviter d'être démis de ses fonctions, et de peur qu'un fanatique lui succède à l'ambassade de Rome, il adhère au parti nazi (ceux qui ne le font pas sont automatiquement démis de leurs fonctions). Jusqu'en 1938, il s'efforce d'empêcher Hitler de briser l'équilibre européen. Mais, Hassel ne peut pas grand-chose depuis Rome... et les Nazis l'ont déjà catalogué comme un membre tiède... et les fascistes à Rome se plaignent de cet Allemand qui n'est pas un vrai nazi... Bien que le chef de la diplomatie italienne (Ciano) demande fréquemment son remplacement, il arrive à se maintenir, grâce au soutien en Allemagne du corps diplomatique (notamment Neurath). Il essaye d'empêcher la signature du pacte anti-Komintern de 1937 entre l'Italie et l'Allemagne ; car il redoute que ce pacte dirigé contre l'URSS ne précipite la guerre. Avec la réoccupation de la Sarre, la remilitarisation de la Rhénanie et le réarmement allemand, Hassel sent la catastrophe se précisait jour après jour ; et en 1938, année de l'Anschluss puis des Sudètes, il ne peut rien contre son limogeage...

1938-1944 opposition aux Nazis[modifier | modifier le code]

Il retourne alors en Allemagne, où les Nazis le bannissent de l'administration. Son étiquetage en tant qu'ennemi du régime lui rend difficile de trouver un emploi. Ce n'est qu'en rentrant en contact avec d'autres opposants aux Nazis qu'il arrive à intégrer une entreprise. Dès lors, il est surveillé par le SD et la Gestapo et reçoit de nombreux avertissements, même de la part de ses amis. Bien qu'ancien ambassadeur, on lui refuse toujours ses visas pour la Suisse (où il voudrait rentrer en contact avec les Alliés, et où plus tard il aurait aimé fuir). Il continue à fréquenter la haute société noble allemande, qui n'est pas toujours pro-hitlérienne. Il se lie d'amitié avec Goerdeler et d'autres opposants. Il se lamente tous les jours de l'inaction et de la servilité de l'armée allemande.

L'attentat du 20 juillet 1944 et ses conséquences[modifier | modifier le code]

Le 20 juillet 1944, le jour de l'attentat manqué contre Hitler, son nom est sur la liste noire. Il est arrêté, torturé (il ne dira mot), emprisonné. Son procès a lieu en septembre 1944 ; le tribunal est un simulacre de justice, et l'accusé est condamné d'avance. Malgré cela, il arrive, par son superbe verbe et sa grande connaissance des lois allemandes, à impressionner la foule, et même certains magistrats. Mais le 8 septembre, c'est sans surprise que le juge nazi Roland Freisler le condamne à mort ; et il est exécuté le jour même. Sa famille eut à pâtir également des répercussions de l'attentat manqué. Sa femme et sa fille aînée (Almuth) seront emprisonnées, avant que le fils, Hans Dieter (qui avait combattu sur le front russe, et occupait un poste important en France) réussit à faire commuer leur détention en assignation à résidence ; mais lui-même fut emprisonné à la forteresse de Küstrin (Brandebourg) jusqu'à la fin de la guerre. La plus jeune des filles, Fey von Hassel, n'eut pas autant de chance. Elle, qui n'avait jamais quitté l'Italie et s'était marié à un noble italien entré dans la résistance (Detalmo Pirzio-Biroli), fut arrêtée (avec ses 2 fils) et envoyée en camps de concentration (elle a raconté son calvaire dans Les jours sombres). Tous finiront par sortir de la guerre sains et saufs.

Œuvre posthume[modifier | modifier le code]

  • Journal d'un conjuré 1938-1944, Paris, 1996. Papiers et notes rassemblés et publiés par le fils, Hans Dieter, après 1945.