Clara Zetkin

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Clara Zetkin
Clara Zetkin (à gauche) et Rosa Luxemburg.
Clara Zetkin (à gauche) et Rosa Luxemburg.
Fonctions
Députée de la République de Weimar
6 juin 192020 juin 1933
Législature Ier à IXe législatures
Biographie
Nom de naissance Clara Eissner
Date de naissance 5 juillet 1857
Lieu de naissance Wiederau, Saxe, Confédération germanique
Date de décès 20 juin 1933 (à 75 ans)
Lieu de décès Arkhangelskoïe, près de Moscou
Nationalité Allemande
Parti politique SPD, USPD, Ligue spartakiste, KPD
Enfant(s) Époux : Friedrich Zundel (1899 - 1928)
Profession Enseignante
Journaliste
Femme politique marxiste

Clara Zetkin

Clara Zetkin née Clara Eissner le 5 juillet 1857 à Wiederau, en Saxe et morte à Arkhangelskoïe, près de Moscou, le 20 juin 1933 est une enseignante, journaliste et femme politique marxiste allemande, figure historique du féminisme.

Après avoir été membre jusqu'en 1917 de l'aile gauche du SPD, elle rejoint l'USPD (pacifistes) pour se retrouver dans le courant révolutionnaire que constitue la Ligue spartakiste. Ce courant donne naissance pendant la révolution allemande au Parti communiste d'Allemagne (KPD), dont Clara Zetkin est députée au Reichstag durant la République de Weimar, de 1920 à 1933.

Biographie[modifier | modifier le code]

Premiers engagements politiques[modifier | modifier le code]

Fille d'un instituteur, Clara Eissner se destine elle-même à l'enseignement. Dès le milieu des années 1870, elle fréquente les mouvements féministes, participant aux discussions des Allgemeinen Deutschen Frauenvereins (Association générale des femmes allemandes) et commence à adhérer à la mouvance socialiste.

Exil[modifier | modifier le code]

En 1878, elle rompt avec sa famille et adhère au SAP, parti socialiste ancêtre du SPD, interdit par le chancelier impérial Otto von Bismarck la même année. Elle s'exile alors à Zurich, où elle rencontre le révolutionnaire russe Ossip Zetkin (de), puis à Paris en 1882. Bien qu'ils ne soient pas mariés, elle prend le nom de son compagnon dont elle aura deux enfants. Ossip Zetkin décède en 1889. Clara se marie en 1899 avec le peintre Friedrich Zundel, avec lequel elle restera jusqu'en 1928, tout en conservant le nom de Zetkin.

À Paris, elle participe activement à la fondation de la Deuxième Internationale où elle réclame l'égalité complète des droits professionnels et sociaux de la femme ainsi que sa participation active à la lutte des classes.

L'ascension politique[modifier | modifier le code]

La défense des droits des femmes[modifier | modifier le code]

Copenhague, 1910, VIIIe Congrès de l'Internationale Socialiste, au centre Clara Zetkin avec Alexandra Kollontaï.

De retour en Allemagne après l'abrogation des lois anti-socialistes, Clara Zetkin développe le mouvement féminin socialiste, fonde en 1891 la revue des femmes socialistes, Die Gleichheit (L'égalité), qu'elle publie jusqu'en 1917, et milite sans relâche pour les droit des femmes.

En 1907, lors de la première conférence de l'Internationale socialiste des femmes à Stuttgart, Clara Zetkin est désignée à la présidence du secrétariat de l'International socialiste des femmes.

En août 1910, lors de la deuxième conférence internationale des femmes socialistes à Copenhague, elle propose la création de la « Journée internationale des femmes », une journée de manifestation annuelle afin de militer pour le droit de vote, l'égalité entre les sexes, et le socialisme. Cette initiative est à l'origine de la journée internationale des droits des femmes, manifestation qui se déroule tous les ans le 8 mars.

Elle participe à l'aile gauche du SPD, et devient très proche de Rosa Luxemburg. Opposante à la Première Guerre mondiale, elle participe avec Rosa Luxemburg et Karl Liebknecht à la création en 1915 de la ligue spartakiste et mène de nombreuses actions pacifistes, organisant notamment une conférence internationale pacifiste des femmes socialistes en 1915 à Berlin, ce qui lui vaut d’être arrêtée à plusieurs reprises, et emprisonnée.

La députée[modifier | modifier le code]

Buste de Clara Zetkin.

La révolution allemande de novembre 1918 permet au mouvement féministe d'obtenir le droit pour les femmes de voter et d'être élues. Clara Zetkin adhère au Parti communiste d'Allemagne (KPD), créé en décembre 1918 autour de la Ligue spartakiste. Elle est ensuite députée du KPD de 1920 à 1933.

Elle participe au congrès de Tours, le 18e congrès de la SFIO, qui voit sa scission avec une branche dite communiste qui adhère à la IIIe Internationale et donne naissance au SFIC (Section française de l'Internationale communiste, futur PCF). Son arrivée n'était pas prévue, au même titre que celle d'autres délégués étrangers ; sa présence est toutefois en partie décisive sur l'issue du congrès[1]. Ce ne sont pas tant ses discours qui eurent de l'effet mais son action en sous-main, alors qu'elle organise des réunions secrètes. Elle est envoyée par l'Internationale avec Alexandre E. Abramovitch et Stoïan Minev et doit favoriser son implantation dans le parti (le premier est cependant arrêté peu après et elle conserve l'essentiel de l'influence de la délégation). Les réunions sont organisées le 27 décembre au soir et lendemain matin et on s'entretient sur le statut de la dissolution ou non de la IIIe Internationale, les noms des dirigeants du parti qui va naître et son exclusion du trop modéré Jean Longuet[2]. Son action porte ses fruits.

Proche d'Alexandra Kollontaï au sein de l'Internationale, Clara Zetkin se retrouve néanmoins au cours des années 1920 très isolée politiquement, en particulier après l’exclusion de Paul Levi. Elle reste néanmoins présente dans les instances du KPD, membre du bureau central jusqu'en 1924 puis membre du comité central de 1927 à 1929. Elle est également membre de la direction du Comintern de 1921 à 1933. En août 1932, présidant le Reichstag en tant que doyenne, elle appelle à combattre le nazisme.

Nouvel exil et décès[modifier | modifier le code]

Contrainte de fuir l'Allemagne après l'arrivée des nazis au pouvoir et l'interdiction du KPD, Clara Zetkin meurt quelques semaines plus tard en exil à Moscou à 75 ans. Son opposition à Staline a suscité des doutes quant au caractère naturel de son décès. La tombe de Clara Zetkin se trouve le long des murs du Kremlin, sur la place Rouge.

Elle est récipiendaire de l'ordre de Lénine (1932) et de l'ordre du Drapeau rouge (1927).

Postérité[modifier | modifier le code]

Les principaux combats de Clara Zetkin ont été la lutte pour la suppression du capitalisme et l'instauration du socialisme, pour le droit de vote des femmes, le droit au divorce et à l'union libre, l'égalité entre les sexes.

Elle est évoquée par Louis Aragon dans les derniers chapitres de son roman Les Cloches de Bâle.

La RDA a rendu hommage à Clara Zetkin en faisant figurer son portrait sur les billets de 10 marks et en créant une médaille à son nom.

Clara Zetkin sur le billet de 10 marks de la RDA.

À Berlin, actuellement, seules une petite rue et une place excentrées (quartier de Marzahn-Hellersdorf) portent le nom de Clara Zetkin. Deux députées des Grünen (Verts), Lisa Paus et Anja Kofbinger, ont demandé que la Dorotheenstraße, qui mène au Reichstag, soit renommée Clara-Zetkin-Straße, nom que la partie orientale de cette rue avait d'ailleurs porté de 1951 à 1995[3]. En outre, à Leipzig se trouve le Clara Zetkin Park.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Autorité[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Magazine L'Histoire, no 359, décembre 2010, page 48.
  2. Magazine L'Histoire, no 359, décembre 2010, page 49.
  3. Voir dans le Tageszeitung du 7 mars 2011.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]