Karl Liebknecht

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Karl Liebknecht
Image illustrative de l'article Karl Liebknecht
Fonctions
Député SPD au Reichstag
Groupe politique Social-démocrate
Fondateur du Parti communiste d'Allemagne
Biographie
Date de naissance 13 août 1871
Lieu de naissance Leipzig (Drapeau du Land de Saxe Saxe)
Date de décès 15 janvier 1919 (à 47 ans)
Nationalité Drapeau d'Allemagne Allemand
Parti politique SPD
Profession Avocat

Karl Liebknecht (13 août 1871, Leipzig ; 15 janvier 1919, Berlin) est un homme politique allemand.

Membre du Parti social-démocrate d'Allemagne (SPD) comme son père Wilhelm Liebknecht, il s'engagea pour le droit d'organisation des jeunes dans des organisations politiques et surtout contre le militarisme. Son livre Militarisme et anti-militarisme entraîna un procès et une peine de prison de 18 mois, durant laquelle il fut élu député au Reichstag.

En raison de son opposition à la Première Guerre mondiale, il fut emprisonné et exclu du SPD. Il a cofondé avec Rosa Luxemburg la Ligue spartakiste, puis le Parti communiste d'Allemagne (KPD). Deux semaines après la formation de ce dernier parti, il fut assassiné avec Rosa Luxembourg lors de la répression de l'insurrection de Berlin.

Biographie[modifier | modifier le code]

Karl Liebknecht est le fils de Wilhelm Liebknecht, militant marxiste et cofondateur du SPD. Karl Liebknecht suit des études de droit, et obtient son doctorat en 1897. Il ouvre un cabinet d'avocat avec son frère Theodor.

Il devient militant du SPD, et est élu président de la Fédération internationale de la jeunesse socialiste. Il est député SPD à partir de 1912.

A la veille de la Première Guerre mondiale, il participe à un rassemblement contre la guerre, organisé avec des représentants des partis socialistes belge, français et allemand à Condé-sur-l'Escaut.

En août 1914, il s'oppose au vote des crédits de guerre, mais vote pour par discipline de parti. En décembre 1914 il est le premier député du Reichstag à voter contre ces crédits de guerre, passant outre la consigne de son groupe parlementaire. L'année suivante il entraîne dans le refus le député Otto Rühle, puis plus tard une vingtaine de députés socialistes.

Au début de l'année 1915 il fonde, avec Rosa Luxemburg, le mouvement spartakiste, qui est alors une tendance autonome de l'USPD. Il milite tout au long de la Première Guerre mondiale en expliquant qu'il ne faut pas combattre les prolétaires d'autres pays, mais les bourgeois de son propre pays. Forcé au service militaire, il refuse de se servir d'une arme. Lors du rassemblement du 1er mai 1916, appelé par les spartakistes, il prononce à nouveau un discours contre la guerre[1], est arrêté, accusé de haute trahison et emprisonné.

Libéré par la Révolution allemande de novembre 1918, le 9 novembre 1918 à 16 heures, il proclame la « République socialiste libre d'Allemagne », d'un balcon du château de Berlin (conservé depuis et incorporé à la façade du Staatsratsgebäude) ; il est cependant pris de vitesse par le SPD Philipp Scheidemann, qui proclame la République allemande (future « République de Weimar ») deux heures plus tôt. La Ligue spartakiste, conduite notamment par Liebknecht et Rosa Luxemburg, réclame un régime où le pouvoir serait détenu par les conseils ouvriers. Mais les spartakistes sont désavoués par ceux-là même à qui ils veulent donner le pouvoir : le 16 décembre, le Congrès national des Conseils d'ouvriers et de soldats, seul pouvoir légitime aux yeux des spartakistes, se réunit et décide qu'il ne lui appartient pas de décider du sort de l'Allemagne, et que cette tâche devra être confiée à une assemblée constituante élue au suffrage universel. Dans la nuit du 31 décembre 1918 au 1er janvier 1919, la Ligue spartakiste, qui s'est séparée peu avant du SPD, se réunit avec d'autres groupes  : les révolutionnaires se constituent Parti communiste d'Allemagne (KPD), qui entend boycotter les élections et faire de l'Allemagne une « République des conseils »[2].

Dans les premiers jours de janvier, le limogeage du préfet de police de Berlin Emil Eichhorn, membre de l'aile gauche de l'USPD, provoque une manifestation massive de l'USPD et du KPD. Des manifestants en arme occupent les locaux de plusieurs journaux, et le bruit court que des régiments berlinois et des garnisons extérieures se sont soulevées. L'information est fausse mais elle plonge Karl Liebknecht dans un état d'euphorie révolutionnaire ; il appelle à l'insurrection pour maintenir l'occupation des journaux, inciter les ouvriers berlinois à la grève et faire tomber le gouvernement. Malgré les protestations de plusieurs membres du comité central du KPD et notamment Rosa Luxemburg qui juge l'action dangereuse, l'option de Liebknecht est approuvée, déclenchant la « révolte spartakiste  »[3]. L'insurrection, lancée sans plan précis, échoue totalement ; Gustav Noske, un des dirigeants du SPD, reçoit les pleins pouvoirs du Président Ebert pour guider la répression, et s'appuie pour cela sur les Corps Francs. Liebknecht et Rosa Luxemburg sont tous deux arrêtés, puis assassinés par des militaires le 15 janvier 1919.

Karl Liebknecht est enterré au cimetière central de Friedrichsfelde de Berlin.

Principales œuvres[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Rosa Luxemburg, Karl Liebknecht, À bas la guerre ! À bas le gouvernement ! Le procès Liebknecht, Éditions de l'Épervier, 2010.
  2. Serge Berstein, Pierre Milza, L'Allemagne de 1870 à nos jours, Armand Colin, 2010, pages 70-71
  3. Heinrich August Winkler, Histoire de l'Allemagne, XIXe-XXe siècle, Fayard, 2005, pages 328-329

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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