Herman Gorter

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Portrait d'Herman Gorter.

Herman Gorter est un poète et militant communiste néerlandais, né à Wormerveer en 1864 et mort à Bruxelles en 1927. Il joua un rôle dans les premières années du mouvement communiste aux Pays-Bas et en Allemagne, s'illustrant ensuite dans la mouvance de la gauche communiste, opposée aux conceptions léninistes.

Militant de l'aile gauche de la Deuxième Internationale. En 1914, opposant résolu à la guerre mondiale, il est expulsé de Hollande et part vivre et militer en Allemagne, où il est proche du spartakisme, adhère au Parti Communiste d'Allemagne (KPD), puis à sa scission, le KAPD (Parti communiste ouvrier d'Allemagne).

Prophétique quant à l'évolution de l'Internationale communiste, il écrit dans son texte « Lettre ouverte au camarade Lénine », en 1921 : "l'opportunisme n'a pas été tué ; pas même chez nous. C'est ce que nous constatons déjà dans tous les partis communistes, dans tous les pays" ; « L'usage s'établira à nouveau de mauvais compromis parlementaires avec les social-patriotes et les bourgeois » ; « La liberté de parole sera supprimée et de bons communistes seront exclus ». Ces prédictions seront en effet largement vérifiées.

Anticipant l'éventualité de l'exclusion de l'aile gauche dont il fait partie, et le triomphe de la droite opportuniste, il écrit : "Lorsque l'opportunisme s'introduit de nouveau avec ses suites désastreuses pour la conscience et la force du prolétariat, c'est là un danger mille fois pire que lorsque la gauche se montre trop radicale. La gauche, même quand elle va trop loin pour une fois, reste toujours révolutionnaire" ; « La droite opportuniste est vouée à devenir de plus en plus opportuniste, à s'enfoncer de plus en plus dans le marais, et à causer toujours davantage la perte des ouvriers. L'opportunisme est la perte du mouvement ouvrier, la mort de la révolution. C'est à cause de l'opportunisme qu'est survenu tout le mal : le réformisme, la guerre, la défaite et la mort de la révolution en Hongrie et en Allemagne. L'opportunisme est la cause de notre anéantissement. Et il est présent dans la troisième Internationale... » Cette vision, qui semble très pessimiste en 1921, prend tout son sens au regard de l'émergence du stalinisme, qui débuta son histoire sanglante peu après.

Enfin, face à la résolution prise par le IIe congrès de l'Internationale, qui exige « une discipline de fer confinant à la discipline militaire », Gorter rejette « la discipline de fer, l'obéissance militaire, la servitude de cadavre dont nous ne voulons pas ». Par rapport au syndicalisme, il précise : "Comme la "gauche" veut en premier lieu la libération des esprits, et qu'elle croit à l'unité des bourgeois, elle reconnait que les syndicats doivent être détruits et que le prolétariat a besoin de meilleures armes". En 1921 il est parmi les fondateurs du Parti communiste ouvrier d'Allemagne : KAPD, puis il rejoint sa Fraction d'Essen et devient un des leaders de l'Internationale Communiste ouvrière (KAI). Sa "Réponse à Lénine" sera publiée en France en 1930 par les Groupes ouvriers communistes.

Le KAPD sera exclu peu après de l'Internationale.

Gorter est aujourd'hui une référence du communisme de conseils.

Œuvres[modifier | modifier le code]

H. Gorter, L'internationale Ouvrière Communiste, (1923) in Invariance, année VII, série II, no 5

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