Conseil mondial de la paix

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Conseil mondial de la paix
Création 1949
Siège Athènes

Le Conseil mondial de la paix est l'organisation internationale qui a pour objectif la lutte pour la paix, le désarmement général et les droits fondamentaux contre l'impérialisme. Le Conseil, qui fut longtemps sous obédience communiste, est l'émanation des directions nationales des mouvements de la paix de tous les pays.

Historique[modifier | modifier le code]

Le Congrès mondial des intellectuels pour la paix de Wroclaw (25 au 28 août 1948)[modifier | modifier le code]

Commandé par la peur grandissante de l’arme atomique et par la radicalisation du contexte de guerre froide entre les deux ex-alliés, ce rassemblement avait pour ambition de réunir les intellectuels des deux blocs dans la lutte contre les forces bellicistes.

L’initiative semble un succès quand se présente un nombre impressionnant de personnalités et d’intellectuels de tous horizons. Cependant, la virulence et l’intransigeance des communistes soviétiques imposent un recentrage vers les thèses de Moscou. Les attaques de l’écrivain Alexandre Fadeïev, chef de la délégation soviétique, contre ses confrères occidentaux sont violentes ; Jean-Paul Sartre est traité de « hyène dactylographe » [1],[2]. Un manifeste est adopté en fin de congrès qui dénonce la responsabilité belliciste des puissances occidentales.

À l’été 1948, se trouve donc désormais en place le comité de liaison des intellectuels, issu du congrès de Wroclaw, avec une orientation internationale et résultant déjà directement de l’action du Kominform.

Le Congrès mondial des partisans de la paix de Paris (1949)[modifier | modifier le code]

Début 1949, le bureau politique du Parti communiste de l'Union soviétique adopte une directive prévoyant l’organisation d’un congrès[réf. nécessaire], afin de mobiliser les opinions sur la lutte pour la paix. Cet événement se tint à Paris et à Prague (problèmes de visas pour des membres soviétiques)[réf. nécessaire] du 20 au 25 avril 1949 et marque en quelque sorte la véritable naissance du Conseil mondial de la paix (CMP).

Popularisé par la « colombe de Picasso », le Conseil désigne le physicien communiste français Frédéric Joliot-Curie pour en exercer la présidence. Le CMP est soutenu par de nombreuses autres organisations d’obédience communiste, comme la Fédération syndicale mondiale, la Fédération démocratique internationale des femmes (d’Eugénie Cotton) ou la Fédération mondiale de la jeunesse démocratique.

L'appel de Stockholm[modifier | modifier le code]

Le 18 mars 1950, le Conseil mondial de la paix lance « l’appel de Stockholm » qui exige notamment « l’interdiction absolue de l’arme atomique ». Cette initiative est commandée par la peur de la guerre atomique, dans un contexte de guerre froide. La campagne remporte un franc succès populaire, recueillant vraisemblablement une dizaine de millions de signatures en France (dont celle du jeune Jacques Chirac), tandis que le Kominform annonce le chiffre (rocambolesque) de 560 millions de signatures en Europe. Le nombre disproportionné de signataires venait de pays socialistes.

Le Congrès mondial des peuples pour la paix à Vienne (1952)[modifier | modifier le code]

Organisé du 12 au 19 décembre 1952 par le CMP à Vienne, le IIIe Congrès des peuples pour la paix reflète la réorientation stratégique (voulue par Staline) de la coexistence pacifique, en proposant un congrès plus œcuménique, où sont invitées de nouvelles personnalités comme Sartre, Hervé Bazin...

De 1956 à nos jours[modifier | modifier le code]

1956 marque le début de la déstalinisation et d'une nouvelle ère pour le Conseil mondial de la paix, qui s'efface peu à peu. Devenant plus autonome et moins politisé, le CMP engage ponctuellement des actions selon les événements internationaux : en faveur de la décolonisation, contre la guerre du Viêt Nam, pour le désarmement généralisé...

Liste des Congrès mondiaux de la paix[modifier | modifier le code]

Conseil mondial de la paix session extraordinaire, à Berlin, en 1954
  • Congrès mondial des intellectuels pour la paix, à Wroclaw, en 1948
  • Congrès mondial des partisans de la paix, à Paris, en 1949
  • Congrès mondial des partisans de la paix, à Londres et Varsovie, en 1950
  • Congrès des peuples pour la paix, à Vienne, en 1952
  • Congrès mondial pour le désarmement et la coopération internationale, à Stockholm, en 1958
  • Congrès mondial pour le désarmement général et la paix, à Moscou, en 1962
  • Congrès mondial pour la paix, l'indépendance nationale et le désarmement général, à Helsinki, en 1965
  • Congrès mondial des forces pacifiques, à Moscou, en 1973
  • Congrès mondial pour la paix, à Copenhague, en 1986

Présidents[modifier | modifier le code]

Fonctionnement actuel[modifier | modifier le code]

Après avoir longtemps siégé à Helsinki, le Conseil mondial de la paix dispose depuis 2000 d'un nouveau siège à Athènes et collabore souvent avec l'ONU. Entre 1996 et 2000 lorsque le Mouvement de la Paix français assumait le secrétariat exécutif, le siège a été transféré quelques années à Paris. Ses actions les plus récentes ont concerné la guerre en Yougoslavie (années 1990) et la guerre en Irak.

Le CMP a créé des prix internationaux de la paix, décernés depuis 1950 pour les meilleures productions artistiques concourant à consolider la paix entre les peuples.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Éluard, Picasso et la peinture : 1936-1952, Jean-Charles Gateau, Droz, 1983
  2. Jean Kanapa, 1921-1978 : une singulière histoire du PCF, Gérard Streiff, L'Harmattan, 2001

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]