Inselberg

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Spitzkoppe, Namibie : inselberg et pédiment
Kopje de la province de Masvingo (Fort Victoria), Zimbabwe
Baie de Rio de Janeiro, au Brésil, et son ensemble de « pains de sucre », vus depuis la statue du Christ Rédempteur
Collines montérégiennes, Québec (image satellitale NASA, 2007)
Pic Boby (2 658 m) ensemble granitique du parc national d’Andringitra, Madagascar.

Un inselberg ou monadnock est un relief (colline ou un petit massif) isolé qui domine significativement une plaine ou un plateau subhorizontal (cf. pédiment). Selon le Dictionnaire de la géographie de Pierre George (1970), il s'agit brièvement, d'un relief résiduel rocheux, escarpé ; P. Birot[1] les décrira ensuite comme des montagnes miniatures créées par l'érosion.

Origine du terme et synonymes[modifier | modifier le code]

Le terme inselberg provient de l'allemand berg et insel signifiant « montagne-île ». Il peut s'écrire inselbergs, inselberge ou inselgebirge au pluriel.

Le terme a été conçu par W. Bornhardt en 1898 comme relief montrant des flancs abrupts, isolé et entouré par un pédiment (glacis d’érosion constitué sur des roches dures, au pied d’un inselberg) et sa définition a donné lieu dès le tout début du XXe siècle à une très abondante littérature scientifique. Cependant, les confusions persistent dans beaucoup d'ouvrages de vulgarisation.

Les formations de ce type sont abondantes dans le Sud de l'Afrique[2],[3]. En Afrique de l'Est et du Sud, le terme kopje est également utilisé. Aux États-Unis, le terme monadnock est privilégié et dérive d'un mot amérindien de la langue Abenaki. D'autres synonymes sont employés en géologie comme montinsule[4].

Géomorphologie[modifier | modifier le code]

Inselbergs et bornhardts représentent des formes ubiquistes présentes des savanes tropicales jusqu’aux socles englacés des hautes latitudes. Ces reliefs (souvent granitiques) dominent le paysage, une pédiplaine (surface sensiblement horizontale, constituée par un ensemble de pédiments) : lorsque la roche moins résistante de la plaine ou du plateau est érodée, les matériaux plus durs de l'inselberg forme une « montagne » isolée, résiduelle.

Éléments géomorphologiques associées[modifier | modifier le code]

  • pédiment correspond au glacis d’érosion constitué sur des roches dures au pied de l'inselberg.
  • pédiplaine correspond à un ensemble de pédiments, très légèrement incliné ou presque à l'horizontale.
  • knick correspond à la rupture de pente établissant le raccord entre inselberg et pédiment.
  • tor est un relief résiduel, constitué par des éléments de roches non altérées dans un contexte de matériau météorisé souvent au sommet d'un inselberg ou d'un pédiment (voir chaos de boules ou de blocs des paysages granitiques).
  • monolithe naturel
  • tepuy
  • dyke
  • mogote
  • klippe
  • butte-témoin

Inselbergs emblématiques ou remarquables et formes semblables[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Liste d'inselbergs.

La plupart sont considérés comme des géotopes et classés au patrimoine mondial de l'UNESCO :

Les inselbergs du Québec et Terre-Neuve-Labrador :

Les monadnocks des États-Unis :

En Australie, plusieurs ensembles d'inselbergs sont répartis sur le bouclier :

  • Uluru (Ayers Rock), Mont Augustus et Kata Tjuta (Monts Olga),
  • Mount Connor, Attila ou Artilla (859 m), dans les Territoires du Nord (sommet plat et en forme de fer-à-cheval)
  • Mount Cooroy (408 m) dans le Sud-Est du Queensland,
  • Murphy's Haystacks dans la plaine de Nullabor, péninsule de Eyre : deux ensembles de granite rose Hiltaba de 1 590 millions d'années noyé dans les dunes quaternaires de 34 000 ans)[5],
  • Wave Rock - Hyden Rock, Australie occidentale (2,63 milliards d'années, partie du craton d'Ylgarn).

Parmi les sites naturels protégés de Guyane :

  • Savane roche Malmaison ;
  • Massif des Tumac-Humac (savanes-roches et inselbergs) ;
  • Mont Chauve (265 m) ;
  • Piton d’Armontabo (382 m) ;
  • Pic du Grand Croissant à la crique Nousirri (324 m) ;
  • Pic Machéo (600 m).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Grand géomorphologue français du XXe siècle
  2. Y. Lageat, « La surface de piémont de Namibie », Géomorphologie : relief, processus, environnement, 1, 2000, p. 3-12.
  3. Y. Lageat, Y. Gunnell, « Landscape development in tropical shield environment », in A. Godard, J.-J. Lagasquie, Y. Lageat (Eds), Basement regions, Springer, Berlin, Heidelberg, New York, 2001, p. 173-197
  4. J.-J. Lagasquie, Y. Lageat, J.-P. Peulvast, A. Godard, Y. Gunnell, « Morphostructural units, multi-storeyed scenery and the origin of escarpments in basement terrains », in A. Godard, J.-J. Lagasquie, Y. Lageat (Eds), Basement regions, Springer, Berlin, Heidelberg, New York, 2001, p. 35-63
  5. Les formations rocheuses de Murphys Haystacks

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • C.R. Twidale, A. Godard, I. Vincent, « Les inselbergs à gradins et leur signification : l'exemple de l'Australie », Annales de Géographie, 91, 508, 1982, pages 657-678.
  • Roger Brunet (dir.), Les mots de la géographie, Paris, Reclus-La Documentation française, 1993, (ISBN 2-11-003036-4, article « monadnock », page 335[à vérifier : isbn invalide])