Gouvernement de Flensbourg

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Gouvernement provisoire du Reich
Geschäftsführende Reichsregierung (de)

1945 – 1945

Drapeau
Drapeau
Blason
Armoiries

Devise : Ein Volk, ein Reich, ein Führer.
(« Un Peuple, un Empire, un Guide. »)

Hymne : Das Lied der Deutschen
Horst-Wessel-Lied

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Carte des Gaue du Troisième Reich en 1943.

Informations générales
Statut Dictature[1], gouvernement en exil
Capitale Berlin (de jure) ;
Flensbourg (de facto)
Langue Allemand
Monnaie Reichsmark
Histoire et événements
2 mai 1945 Création
8 mai 1945 Capitulation du Reich
23 mai 1945 Fin du Gouvernement et du Troisième Reich
Président du Reich
30 avril - 23 mai 1945 Karl Dönitz

Entités précédentes :

Entités suivantes :

  • -
Adolf Hitler et Karl Dönitz ; il remettra à celui-ci par testament les pouvoirs de président du Reich (1945).

Le gouvernement provisoire du Reich (Geschäftsführende Reichsregierung), appelé aussi gouvernement de Flensbourg, est l’éphémère administration qui tenta de gouverner l’Allemagne du 2 au 23 mai 1945, après les suicides d’Adolf Hitler et de Joseph Goebbels, durant la chute de Berlin.

Le grand-amiral Karl Dönitz, successeur désigné de Hitler, est président du Reich ; Joseph Goebbels est chancelier du Reich (cabinet Goebbels) puis, après son suicide, Lutz Schwerin von Krosigk est désigné à son poste mais en tant que « chef de gouvernement provisoire du Reich ». Cette administration doit son surnom à la ville de Flensbourg, proche de la frontière avec le Danemark, où se situait le quartier général de Dönitz à ce moment-là ; le territoire que contrôlait ce gouvernement était limité au voisinage de la ville en raison de l’avance des armées alliées. Il essaya de traiter une paix séparée avec ces derniers.

Contexte[modifier | modifier le code]

Le 23 avril 1945, après réception d'un télégramme en forme d’ultimatum du ministre de l'Air, Herman Göring, réfugié en Bavière, Adolf Hitler condamne ce dernier et Heinrich Himmler comme traîtres[2] et les exclut tous deux du parti nazi. Göring se trouve à Berchtesgaden et Himmler auprès de Dönitz, mais sans que ce dernier soit informé de la condamnation par le Führer (titre qu'Hitler s'était octroyé en fusionnant les postes de chef d'État et de gouvernement). En avril, Himmler a en effet décidé d'entrevoir un après-Hitler. Conséquemment à un entretien avec Lutz Schwerin von Krosigk (à l'époque ministre des Finances), il décide unilatéralement (avec cependant le soutien du responsable des services de contre-espionnage, Walter Schellenberg, qui s'entretenait avec le ministre du Travail, Franz Seldte) de traiter avec les Alliés afin de laisser entrevoir un avenir politique après la défaite. Le vice-président de la Croix-Rouge suédoise, le comte Folke Bernadotte essaya ainsi de négocier un armistice entre l'Allemagne et les Alliés. À la toute fin de la guerre, il reçoit l'offre faite par Himmler d'une paix séparée du IIIe Reich vis-à-vis de la Grande-Bretagne et des États-Unis, à la condition que celui-ci soit autorisée à poursuivre la résistance contre l'Union soviétique. Il aurait alors annoncé par les médias qu'Hitler, très malade, n'était plus à même d'assurer ses fonctions[3]. Le parti national-socialiste aurait néanmoins dû être dissous. Cette offre fut transmise au Premier ministre britannique Winston Churchill, au président américain Harry S. Truman et au commandant des troupes Alliées Dwight Eisenhower. Il souhaite d'ailleurs rencontrer ce dernier. Himmler comptait (contre l'avis de Bernadotte, qu'il rencontre le 21 avril près de Berlin) obtenir alors un poste dans le futur gouvernement de transition. Le problème ne se posera pourtant pas, car dès le 22 avril, le président des États-Unis déclare exclure toute paix séparée avec l'Allemagne[3].

Le 30 avril, Hitler se suicide dans le Fuhrerbunker (le Bunker de la Nouvelle Chancellerie de Berlin). Dans son testament politique, il sépara de nouveau les fonctions de chef d'État de celles de chef de gouvernement, qu’il avait fait réunir à son profit en 1934. Il désigna Dönitz comme président du Reich (Reichspräsident), et le ministre du Reich à la Propagande, Joseph Goebbels, comme chancelier du Reich (Reichskanzler). Cependant, ce dernier se suicide le lendemain, 1er mai.

Cadre Juridique du gouvernement du Reich après le suicide de Hitler[modifier | modifier le code]

Le régime mis en place en 1933-1934 reste en place à la suite du suicide de Hitler. Dönitz se voit disposer de fait des pleins pouvoirs à la réception du télégramme de Bormann lui annonçant que le testament de Hitler était entré en vigueur, le 1er mai dans la matinée[4]. Nommé Président du Reich par testament, Dönitz doit cependant compter avec le mépris de certains commandants d'unités, notamment des SS qui ne s'estiment pas liés par serment à la personne du nouveau président du Reich[4].

Le régime continue de fonctionner comme dans les semaines précédentes : le NSDAP reste le parti unique d'un Reich en déconfiture[5], les cours martiales volantes, instituées en 1944, sont encore actives[5], tandis que l'objectif de Dönitz et de son administration semble de perpétuer le Reich dans sa forme de 1933-1934[5]. Les organes de commandement du Reich continuent d'émettre des ordres, de remettre des décorations (Jodl décoré des feuilles de chênes le 11 mai), de défendre le port de ces dernières[6].

Création et initiatives du gouvernement[modifier | modifier le code]

Trois membres du gouvernement de Flensbourg. De gauche à droite, le général Alfred Jodl (chef d'état-major des armées), Albert Speer (ministre de l'Économie) et le grand amiral Karl Dönitz (président du Reich), après leur arrestation par les Alliés.

Ainsi, le 1er mai 1945, Karl Dönitz devint le seul représentant du Reich vacillant lorsqu’il apprit que Goebbels s’était également suicidé. Il demanda alors le jour même à Lutz Schwerin von Krosigk d’endosser la charge de chancelier du Reich. Dans un premier temps, refusant formellement de prendre le titre de chancelier, ce dernier décline l’offre. Tous deux s'accordent finalement sur la dénomination de « chef du gouvernement provisoire du Reich ». Dans la journée, Dönitz s'entretient aussi avec Himmler, auquel il apprend le suicide de Hitler[7].

Par delà les querelles de personnes, le nouveau gouvernement rencontre beaucoup de difficultés à asseoir son pouvoir : en effet, avec les faibles moyens à sa disposition (une structure de commandement de plus en plus réduite, des résidus de ministères, un réseau de renseignement militaire de moins en moins important au fil des jours), il doit compter avec le mépris de certains commandants de troupes, comme Felix Steiner[4].

Le 2 mai, conformément à ses objectifs, négocier une série de redditions partielles avec les alliés occidentaux, et poursuivre le combat à l'Est[8], pour ramener le maximum d'unités de la Wehrmacht vers l'Ouest[9], Dönitz rencontre le général britannique Bernard Montgomery[10]. Le surlendemain, Dönitz donne l'ordre par un radiotélégrammme non codé à tous les sous-marins (Unterseeboot) de se rendre aux Alliés, sans se saborder[11]. Les navires envoient des messages (codés) demandant confirmation, ayant peine à croire que le nouveau chef de l'État puisse prendre une telle décision, en raison de sa carrière passée dans la marine. Certains se sont alors dirigés vers le Royaume-Uni, la Norvège, voire l'Argentine (comme le U-977 du commandant Heinz Schäffer), d'autres enfin rentrèrent dans les ports allemands ou se sabordèrent.

Le cabinet, qui comprenait notamment le feldmarechal Wilhelm Keitel, le général Alfred Jodl et Albert Speer, tient sa première réunion à Flensburg le 5 mai. Heinrich Himmler et Alfred Rosenberg sont tous deux démis de leurs fonctions le lendemain. Certains récits rapportent que ces démissions auraient été imposées en vue de rendre le gouvernement plus acceptable aux yeux des Alliés, d’autres parce que Himmler et Rosenberg interféraient avec le fonctionnement du nouveau régime.

Au cours de la courte période durant laquelle il est chargé des affaires, Dönitz consacre la majeure partie de ses efforts à s’assurer de la loyauté des forces allemandes et à faire en sorte qu’elles se rendent aux Britanniques ou aux Américains plutôt qu’à l'Armée rouge soviétique dont il craint, à juste titre, des représailles. Il pense en outre que le communisme pourrait être un ennemi commun, les Alliés occidentaux et l'Allemagne ayant au moins comme point commun de reposer sur un système capitaliste.

À partir du 3 mai, Dönitz tente de mettre en place un certain nombre de mesures symboliques pour rompre avec le national-socialisme: les actions du Werwolf sont jugées par le gouvernement contraires aux lois de la guerre et donc interdites, le salut nazi est interdit dans la Wehrmacht et le portrait de Hitler retiré des bâtiments publics. Le 6 mai, Dönitz ordonne de ne pas mettre en application la politique de terre brûlée, édictée dans les ordonnances de mars[12].

Dans les jours qui suivent, Dönitz doit affronter les conséquences d'une désintégration toujours plus avancée de la Wehrmacht et des groupes d'armées qui la composent: les unités engagées contre l'Armée Rouge ne semblaient pas disposées à accepter la défaite, comme l'atteste le télégramme envoyé par le commandant de la poche de Courlande, demandant à Dönitz l'autorisation de changer le statut de son groupe d'armées en corps franc, si les collaborateurs lettons proclamaient l'indépendance du pays[13]; de son côté, Lothar Rendulic mène une négociation avec les alliés occidentaux, qui opposent une fin de non recevoir, pour organiser la reddition du groupe d'armées Sud ; face à ce refus, Rendulic capitule unilatéralement le 7 mai[14].

Le 7 mai 1945, Dönitz autorise le général Alfred Jodl, chef d’état-major des forces armées allemandes à signer la reddition inconditionnelle des forces allemandes à Reims. Le lendemain, le feldmarechal Wilhelm Keitel signe la capitulation du Troisième Reich à Berlin.
À l'annonce de la nouvelle, Paul Giesler, alors ministre de l'Intérieur du Reich, se suicide en compagnie de son épouse.

Composition du gouvernement[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Cabinet Schwerin von Krosigk.

Il est composé de huit membres se répartissant les douze ministères : von Krosigk, outre la présidence du gouvernement, prit également les Affaires étrangères et les Finances sous sa responsabilité. Dönitz, le président du Reich, cumula aussi le ministère de la Guerre. Alfred Jodl et Wilhelm Keitel, en firent plus ou moins partie en tant que représentants de Dönitz dans les négociations avec les Alliés : les occidentaux du front Ouest (américains, britanniques et français) pour le premier, et les Soviétiques sur le front Est pour le second.

Rapidement, Dönitz s'affranchit des consignes laissées par Hitler dans son testament[15]: par exemple, il négocie avec Himmler le maintien de ce dernier dans ses fonctions de ministre de l'intérieur, et ce dernier n'abandonne aucun des pouvoirs dont il disposait en tant que Reichsführer SS[7]; le 6 mai, Himmler est démis de ses fonctions et invité à se tenir à l'écart[7]. Par ailleurs, certaines personnalités choisies par Hitler se sont suicidées (Bormann, Goebbels), d'autres sont engagées dans des négociations parallèles avec les alliés (Seyss-Inquart)[15], d'autres, commeKonstantin Von Neurath, pressenti au ministère des affaires étrangères, injoignables[8]... Néanmoins, la continuité caractérise le cabinet formé par Dönitz et son chef du gouvernement[15] : en son sein on compte plusieurs officiers supérieurs SS et un Gauleiter[16]. Herbert Backe, responsable de la politique de famine menée dans les territoires occupés d'URSS, Otto Ohlendorf, ancien commandant de l'Einstazgruppe D, comptent parmi les membres de ce gouvernement[16] et Heinrich Himmler, ministre de l'intérieur jusqu'à son renvoi le 6 mai[7]. Des ministres techniciens, comme Julius Dorpmüller aux transports, sont confirmés dans leur poste, tandis qu'Albert Speer se voit confier la reconstruction[8].

Une tentative de gouverner réaliste ?[modifier | modifier le code]

Le maintien du cadre institutionnel mis en place en 1933[modifier | modifier le code]

D'un strict point de vue juridique, les membres du gouvernement s'accrochent à l'idée de la permanence du Reich, défendu par le nouveau ministre de l'intérieur, Wilhelm Stuckart, dans un mémorandum insistant sur la permanence juridique entre le Reich tel qu'il a été réorganisé en 1933-1934 et le Reich dans sa forme de mai 1945: à ses yeux, la capitulation des forces armées ne remet nullement en cause la forme légale de l'État allemand[6]. De plus, certains membres de l'entourage de Dönitz défendent le caractère dictatorial du régime politique mis en place à partir de 1933 dans le Reich[6] : Dönitz lui-même s'oppose à la restauration du jeu politique tel qu'il existait avant 1933[17].

Fidèles à l'idée de maintien du Reich, Dönitz et ses ministres s’efforcent de gérer ce qui reste de l’Allemagne. Ils communiquent les instructions du gouvernement par le truchement du Reichssender Flensburg, seule station de radio locale encore entre leurs mains. Ces efforts se révèlent infructueux. Tous les matins à 10 heures, une réunion du cabinet se tient dans une salle de classe transformée en salle du conseil des ministres ; durant ces réunions, sont débattues les problèmes posés par l'absence de ministre des cultes, l'opportunité de laisser ou non des portraits de Hitler dans les salles de classe, ou lors de rencontres avec des représentants des Alliés, ou encore de changer de drapeau[17]. Dans le même ordre d'idées, le 16 mai, Otto Ohlendorf, secrétaire d’état adjoint au ministère de l'économie du Reich, propose à Dönitz de mettre les forces de sécurité au service des alliés occidentaux[16].

Albert Speer suggère néanmoins qu’après la capitulation, le gouvernement du Reich replié à Flensbourg devrait soit prononcer sa propre dissolution soit démissionner, pour permettre l'émergence de ministres non compromis avec le régime mis en place en 1933[6]. Dönitz et ses ministres choisissent de continuer de faire partie d'un gouvernement privé de pouvoirs réels, dans l’espoir de pouvoir gouverner l’Allemagne d’après-guerre en tant que gouvernement provisoire. Toutefois, les Alliés ne veulent pas moins que la reddition inconditionnelle de l’État allemand, de son gouvernement et de ses forces armées. Une fois l’acte de capitulation formellement signé, ce n’était plus qu’une question de temps avant que les occupants ne tiennent le gouvernement allemand responsable de la Seconde Guerre mondiale. Les tentatives du gouvernement de Flensburg pour travailler en coopération avec les forces d’occupation sont ignorées par le général Dwight Eisenhower, commandant suprême des Alliés en Europe, ou par les autorités soviétiques.

Mode de fonctionnement du gouvernement[modifier | modifier le code]

Le gouvernement tente de maintenir une activité ministérielle durant tout le temps de son existence. Ainsi, tous les matins, à 10h, le cabinet se réunit dans une salle de classe d'une école réquisitionnée. Lors de ces conseils des ministres sont abordés tous les sujets de nature à aider l'Allemagne à se relever[18]. Tous les matins, Dönitz, pourtant logé à 500 mètres du lieu de réunion du gouvernement, s'y rend dans une limousine ayant appartenu à Hitler[17]. Cependant, les ministres doivent suppléer aux défaillances de l'intendance, devant fournir des ustensiles de table[précision nécessaire], par exemple[17].

Les tentatives de collaboration avec les Alliés[modifier | modifier le code]

Sous une forme ou sous une autre, la coopération avec les Alliés est sérieusement envisagée par les membres du gouvernement : Ribbentrop, pourtant exclu du gouvernement, en trace les contours dans une lettre qui n'a jamais été envoyée à Dönitz, mais dont les termes reprennent le programme politique des ministres nouvellement nommés[18] : le maintien d'une souveraineté allemande sur les régions non occupées du Reich en échange de l'évacuation de la Scandinavie et une mutation progressive du régime[18]. Ribbentrop développe également dans ce courrier sa vision de l'avenir de l'Allemagne, selon deux options, avec ou sans le gouvernement organisé autour de Dönitz, ce qui lui semble possible si ce dernier coopère pleinement avec les alliés[18].

Dans les jours qui suivent la capitulation, deux ministres, Herbert Backe et Julius Dorpmüller, sont envoyés en mission au Quartier Général de Eisenhower pour amorcer les bases d'une collaboration, prélude à la reconstruction du Reich[17].

Le 20 mai, le gouvernement soviétique fait clairement savoir ce qu’il pensait du gouvernement de Flensburg. Il s’en prend à l'administration dirigée par Dönitz désigné comme le « gang Dönitz ». La Pravda écrit : « Les discussions relatives au gang fasciste entourant Dönitz se poursuivent. Plusieurs cercles alliés éminents considèrent qu’il est nécessaire d’utiliser les services de Dönitz et de ses collaborateurs. Au Parlement britannique, ce gang a été désigné sous le terme "administration Dönitz"… Un reporter de la presse réactionnaire, Hearst, a déclaré l’enrôlement de Dönitz comme un acte de sagacité politique. Il faut donc en conclure qu’un scribouillard fasciste a trouvé opportun de faire cause commune avec un camarade de maraude de Hitler. Au même moment, la presse fasciste des deux bords de l’Atlantique a évoqué les conditions qui régnaient en 1918 en Allemagne, lorsque les extrémistes de droite allemands répandirent les mêmes sornettes concernant l’imminence d’un chaos. À l’époque, les unités allemandes intactes furent utilisées pour de nouvelles aventures à l’Est immédiatement après la capitulation. La présente campagne a des objectifs similaires. De nombreux cercles réactionnaires du camp alliés sont opposés à la création d’une nouvelle Europe sur les bases formulées lors de la conférence de Crimée. Ces cercles considèrent que la préservation des États fascistes et de leurs viviers comme un moyen de contrecarrer les aspirations de toutes les nations qui aspirent à la paix ».

La fin du gouvernement de Flensbourg[modifier | modifier le code]

Le 23 mai 1945, un officier de liaison britannique se rend au quartier général de Dönitz et demanda à parler à tous les membres du gouvernement. Il lit alors un ordre émanant du général Eisenhower qui prononçait la dissolution du dernier gouvernement du Reich et, conformément à cet ordre, procède à l’arrestation de tous les membres de ce gouvernement.

La dissolution du Gouvernement de Flensbourg met un point final à l'existence du IIIe Reich, ainsi qu'aux derniers espoirs de certains dignitaires du régime nazi qui voyaient jusque là favorablement sa collaboration avec les alliés occidentaux. L'Allemagne (comme l'Autriche) est alors placée sous le régime de l'occupation militaire, avec à sa tête un Conseil de contrôle allié (installé le 5 juin 1945) qui assure les fonctions gouvernementales.

Le pays ne devait renaître en tant qu'État (divisé) qu'en 1949.

Le destin de ses anciens membres[modifier | modifier le code]

À la suite de ces arrestations, plusieurs anciens ministres nazis préfèrent alors mettre fin à leurs jours, d'autant plus que la plupart se sont rendus coupables de crimes de guerre et crimes contre l'humanité, et donc étaient susceptibles d'être poursuivis. En effet, ce 23 mai, Himmler se suicide en avalant une capsule de cyanure, tout comme l'amiral Hans-Georg von Friedeburg, dernier commandant en chef de la Kriegsmarine.

De tous les membres du gouvernement de Flensbourg, seul Julius Dorpmüller n'a pas été inquiété pour ses activités politiques antérieures. Les autorités d'occupation lui proposent même de jouer un rôle dans la future restructuration des transports allemands, mais il meurt quelques semaines après son arrestation.

Les autres sont appelés à répondre de leurs actes devant les tribunaux (soit au Procès de Nuremberg, soit au Procès des ministères), mais trois d'entre eux meurent avant de comparaître : Herbert Backe et Otto Georg Thierack se suicident, tandis que Franz Seldte succombe dans un hôpital militaire américain.

Des six survivants, seuls Alfred Jodl et Wilhelm Keitel sont condamnés à mort et, à ce titre, exécutés par pendaison. Karl Dönitz est condamné à une peine d'emprisonnement de dix ans, peine purgée à la Prison de Spandau, tandis que Albert Speer est condamné à vingt années de réclusion. Lutz Schwerin von Krosigk a été interné durant six ans, alors que Wilhelm Stuckart ne l'a été que pendant quatre années.

Références[modifier | modifier le code]

  1. République de jure car la constitution de Weimar n'est pas abrogée, bien qu'elle devienne caduque de facto et qu'Adolf Hitler utilise le titre de Führer et non plus de Président du Reich.
  2. Cf. Joachim C. Fest, Der Untergang. Hitler und das Ende des Dritten Reiches, Rowohlt (réimpr. Reinbek 2004), p. 101–103.
  3. a et b http://www.histoquiz-contemporain.com/Histoquiz/Lesdossiers/seconde/odyssee/Dossiers.htm
  4. a, b et c Ian Kershaw, La Fin, p. 449.
  5. a, b et c Ian Kershaw, La Fin, p. 460.
  6. a, b, c et d Ian Kershaw, La Fin, p. 480.
  7. a, b, c et d Peter Longerich, Himmler, p. 706
  8. a, b et c Ian Kershaw, La Fin, p. 461.
  9. Ian Kershaw, La Fin, p. 476.
  10. http://www.aquadesign.be/actu/article-10478.php
  11. http://souvenirs-de-mer.blogdns.net/spip.php?article57
  12. Ian Kershaw, La Fin, p. 468.
  13. Ian Kershaw, La Fin, p. 469.
  14. Ian Kershaw, La Fin, p. 469-470.
  15. a, b et c Ian Kershaw, La Fin, p. 457.
  16. a, b et c Ian Kershaw, La Fin, p. 458.
  17. a, b, c, d et e Ian Kershaw, La Fin, p. 479.
  18. a, b, c et d Ian Kershaw, La Fin, p. 479.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Peter Longerich, Himmler : L'éclosion quotidienne d'un monstre ordinaire [« Heinrich Himmler. Biographie »], Paris, éditions Héloise d'Ormesson,‎ 2010, 917 p. (ISBN 978-2-35087-137-0) Document utilisé pour la rédaction de l’article

Articles connexes[modifier | modifier le code]