Walter von Reichenau

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Walter von Reichenau
Portrait de Walter von Reichenau en 1934.
Portrait de Walter von Reichenau en 1934.

Naissance 8 octobre 1884
Karlsruhe,
Allemagne
Décès 17 janvier 1942 (à 57 ans)
Poltava,
Union soviétique
Allégeance Flag of the German Empire.svg Empire allemand
Flag of Germany.svg République de Weimar
Flag of German Reich (1935–1945).svg Troisième Reich
Arme Flag of Weimar Republic (war).svg Reichswehr
Balkenkreuz.svg Wehrmacht, Heer
Grade Generalfeldmarschall
Années de service 19021942
Conflits Première Guerre mondiale,
Seconde Guerre mondiale
Commandement 10earmée allemande
6e armée allemande
Faits d'armes Campagne de Pologne
Bataille de France
Opération Barbarossa
Bataille de Karkov
Première bataille de Kiev
Distinctions Croix de fer
Walter von Reichenau (au centre) et son état-major en septembre 1939.

Walter von Reichenau (8 octobre 1884, 17 janvier 1942) est un militaire allemand. Il fut maréchal pendant la Seconde Guerre mondiale.

Jeunesse et Première Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Fils d'un général prussien, il s'engage dans l'armée en 1902. En 1904, il devient un officier dans le premier régiment d'artillerie. En mai 1914, il entre à l'académie de guerre à Berlin où il suit un entraînement d'état-major général. Pendant la Première Guerre mondiale, il sert sur le front Ouest. Il gagne la Croix de fer et devient capitaine en 1918.

Entre-deux-guerres[modifier | modifier le code]

Après la guerre, von Reichenau est officier d'état-major sous la république de Weimar. Il sert en tant que commandant de la 8e compagnie de mitrailleuses. Il est promu major en 1923. À partir de 1931, il est chef d'état-major au service de l'inspecteur des transmissions dans la Reichswehr et, plus tard, sert en Prusse-Orientale avec le général Werner von Blomberg. Son oncle, Friedrich von Reichenau, un ardent nazi, le présente à Adolf Hitler en 1932 et se joint au Parti nazi peu de temps après. En février de la même année, Reichenau est nommé chef d'état-major de Wehrkries, en Prusse-Orientale, où il a servi sous le général Werner.

Lorsque Hitler prend le pouvoir en janvier 1933, Blomberg devient ministre de la Guerre et von Reichenau est placé à la tête du bureau ministériel, agissant comme officier de liaison entre l'armée et le Parti nazi. Il joue un rôle de premier plan en persuadant les dirigeants nazis, dont Hermann Göring et Heinrich Himmler, d'écarter Ernst Röhm et la SA du pouvoir pour que l'armée appuie le régime nazi. La nuit des Longs Couteaux, en juillet 1934, est le résultat de cette action[réf. nécessaire].

En 1935, von Reichenau est promu au grade de général de corps d'armée et nommé commandant du Wehrkreiss VII à Munich. En 1938, alors qu'on oblige Blomberg à quitter le commandement de l'armée, von Reichenau est le premier choix d'Hitler pour le remplacer, mais de vieux leaders, dont Gerd von Rundstedt et Ludwig Beck, refusent de servir sous ses ordres, obligeant Hitler à revenir sur sa décision. L'enthousiasme de von Reichenau pour le nazisme déplait foncièrement à de nombreux généraux qui, tout en ne s'opposant pas à Hitler, veulent ignorer l'idéologie nazie.

Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

En septembre 1939, von Reichenau, secondé par son chef d'état-major le Generalmajor Friedrich Paulus, remporte de vifs succès à la tête de la 10e armée pendant l'invasion de la Pologne. En 1940, il dirige la 6e armée avec la même réussite pendant l'invasion de la Belgique et de la France, ces succès lui valent d'être promu par Hitler en juillet au grade de Generalfeldmarschall.

Reichenau participe également à l'opération Barbarossa au cours de l'été 1941. Encore une fois, à la tête de la 6e armée, ses troupes réussissent à capturer Kiev, Belgorod et Kharkov. Au cours de l'offensive, Reichenau inspecte les chars soviétiques, mesurant à l'aide d'une règle l'épaisseur du blindage. Après avoir examiné un char T-34, von Reichenau déclare à ses officiers : « Si les Russes parviennent à le fabriquer en série, nous avons perdu la guerre. »

Von Reichenau, qui avait désapprouvé publiquement la politique d'Hitler vis-à-vis des juifs, notamment en ce qui concernait les anciens combattants juifs, appuie désormais ouvertement la politique hitlérienne et encourage les soldats de la Wehrmacht à commettre des atrocités contre les juifs dans les territoires occupés :

« Nous devons exiger une sévère mais juste rétribution de la race inférieure juive. »

« … à l'Est, le soldat n'est pas seulement un homme qui combat selon les règles de l'art de la guerre… Pour cette raison, le soldat doit apprécier pleinement la nécessité d'infliger un châtiment à l'espèce moins qu'humaine de la Juiverie… »

— 10 octobre 1941.

Quelques rares historiens, dont Walter Görlitz, ont tenté de défendre von Reichenau, en résumant son « ordre de Reichenau » d'octobre 1941 comme « demandant que les troupes gardent leur distance vis-à-vis de la population civile russe ». En réalité, l'ordre comprend des directives de lutte contre les partisans telles que tuer tout civil russe voyageant sans permis loin de son village.

En novembre 1941, Hitler décida de remplacer le maréchal Walther von Brauchitsch comme commandant en chef de l'armée. Ce poste fut ouvertement convoité par von Reichenau depuis des années. Reichenau fut suggéré, mais Hitler refusa en disant qu'il était « trop politique ».

L'opération Barbarossa fut interrompue pendant l'hiver 1941. Le commandant du groupe d'armées Sud demanda la permission de se retirer de la rivière Mious. Quand Hitler rejeta l'idée, Gerd von Rundstedt démissionna. Le 10 novembre, Hitler le remplaça par von Reichenau. Le lendemain, Reichenau ordonna un retrait de la rivière Mious, puis rendit compte à Hitler ce qu'il avait fait.

Son décès[modifier | modifier le code]

Le 12 janvier 1942, von Reichenau alla courir comme il en avait l'habitude, par −20 °C. À son retour, il se sentit mal et en milieu de journée il eut une hémorragie cérébrale qui le plongea dans le coma. Cinq jours plus tard, il fut acheminé par avion pour une opération de la dernière chance vers Leipzig, mais l'appareil qui le transportait rata un atterrissage intermédiaire. Von Reichenau fut, cette fois, mortellement blessé. L'historien Walter Görlitz écrira toutefois que von Reichenau mourut d'une crise cardiaque à cette occasion.

C'est à Berlin que se déroulèrent, le 23 janvier 1942, avec le faste habituel du Troisième Reich, les funérailles du Generalfeldmarschall, au cimetière des Invalides.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

  • (en) William Craig, Enemy at the Gates, Victoria, Penguin, 2000
  • (en) Walter Görlitz, Reichenau, Correlli Barnett
  • (en) Hitler's Generals, New York, Grove Weidenfeld, 1989, pp. 208-218

Annexes[modifier | modifier le code]

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