Didier Malherbe

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Malherbe.

Didier Malherbe

alt=Description de cette image, également commentée ci-après

Didier Malherbe et ses Instruments 2012

Informations générales
Nom de naissance Didier Malherbe
Naissance 22 janvier 1943 (71 ans)
Activité principale saxophoniste, flûtiste
Genre musical jazz, rock progressif, rock psychédélique, jazz fusion, world music
Instruments saxophones, flûtes, duduk, clarinette, ocarina, bawu autres instruments à vent
Années actives Depuis 1960
Labels naive, Virgin
Site officiel didiermalherbe.com

Didier Malherbe[1], né à Paris le 22 janvier 1943[2], est un musicien de jazz, de rock, de world music, et aussi un poète.

Son premier instrument est le saxophone, il joue également des flûtes, de la clarinette alto, de l'ocarina, du khen laotien et de nombreux autres instruments à vent. Depuis 1995, le duduk est son instrument favori.

Avant Gong (1960-69)[modifier | modifier le code]

Didier Malherbe commence à jouer du saxophone à l’âge de 13 ans après avoir entendu le thème de Charlie Parker, “Bloomdido”, titre qu’il adoptera plus tard comme surnom. Après deux ans de formation académique à l'instrument auprès de Jacques Desloges, il commence à participer aux jam sessions des clubs de jazz parisiens (notamment le Chat qui Pêche et le Caveau de la Montagne), et côtoie Aldo Romano, Alby Cullaz, Eddy Louiss, Jacques Thollot ou Jean-François Jenny-Clark. Il se détourne ensuite du jazz. "Je m’étais lassé du bebop car je trouvais qu’il y avait trop de règles. Puis le free jazz est arrivé, qui supprimait toutes les règles... J’ai préféré aller voir ailleurs”[3].

En 1961, après avoir entendu le premier disque de Ravi Shankar, il met le cap sur l’Asie, séjournant trois mois en Inde. Il y pratique la bansuri, flûte en bambou de l’Inde du sud[4]. De retour à Paris, il prend des cours de flûte classique avec René Le Roy, tout en suivant parallèlement des études de langues anciennes à la Sorbonne. Puis en 1964-65, il séjourne dans une communauté de "freaks" à Marrakech, où il côtoie notamment Davey Graham[5].

En 1966, il participe à la musique du film Chappaqua, signée par Ravi Shankar, et s’essaie pour la première fois au rock, électrifiant son sax lorsqu’il participe, au sein d’un orchestre baptisé Les Rollsticks, à la comédie-rock à succès de Marc'O, Les Idoles. Au Bilboquet puis à Bobino, celle-ci connaît un fort retentissement, et sera même adaptée en film en 1968.

À l’été 68, Malherbe part pour Majorque, dans les Baléares, où il trouve refuge dans la propriété de l’écrivain Robert Graves. Il y travaille la flûte, et y côtoie Kevin Ayers et Daevid Allen[5], ex-membres de Soft Machine, dont il évoquera plus tard le concert à La Fenêtre Rose, fin 1967, comme un “déclencheur”[6].

En 1969, de retour à Paris, il intègre un trio de raga-blues-folk, Morning Calm, et fait du free-jazz avec le pianiste américain Burton Greene, participant à son disque enregistré pour le label BYG. C’est sur ce même label que sortira Magick Brother (1969), premier disque de Gong, auquel il participe au milieu de musiciens d’horizons divers, de pop comme de jazz.

Les Années Gong (1969-77)[modifier | modifier le code]

Gong devient un vrai groupe à l'occasion du festival d’Amougies en octobre 1969. Malherbe reçoit de Daevid Allen le surnom de Bloomdido Bad De Grasse, combinaison du titre du fameux standard de Charlie Parker et d’une traduction anglaise approximative de son nom de famille.

Les albums Camembert électrique (1971) et Continental Circus (1972, b.o. du film éponyme de Jérôme Laperrousaz) feront de Gong, aux côtés notamment de Magma, l’un des groupes phares de la scène underground française de la période, inaugurant le circuit des MJC. Fidèle lieutenant d’Allen, Bloomdido traversera stoïquement les incessants remaniements du groupe, et survivra même au départ du guide et fondateur en 1975, au lendemain de la trilogie Radio Gnome Invisible, publiée sur le tout jeune label Virgin : Flying Teapot et Angel's Egg (1973), puis You (1974). Il peaufine un son original en électrifiant son instrument, et apporte au groupe de nombreuses idées mélodiques, "que j’ai données comme ça, dans une atmosphère communautaire. C’est un des traits de mon caractère et de ma musique : je suis un spontané, un improvisateur”[7].

Après les départs en 1975 d’Allen puis de Steve Hillage, Gong se dirige vers une musique plus jazz-fusion, influencée par Weather Report, à laquelle Malherbe apporte une couleur plus world-music, perceptible dans “Bambooji”, sur l'album Shamal (1976), qui annonce la suite de sa carrière. Une ultime formule avec section de percussions et Allan Holdsworth à la guitare enregistrera ensuite Gazeuse! (1977), où l’influence de Malherbe est en retrait face à l’ascendant croissant du batteur Pierre Moerlen.

« Il a toujours été et reste le meilleur musicien de Gong. Il est vraiment virtuose – mais il l’est tellement qu’il ne le montre jamais »

— Daevid Allen (1977)[7]

.

Bloom (1977-81) et Faton Bloom (1982-87)[modifier | modifier le code]

En 1977, Didier Malherbe constitue successivement un trio d’improvisateurs avec le percussionniste Sam Gopal et le claviériste Patrice Lemoine, avec lequel il participe au grand concert de l'Hippodrome de Pantin, puis le Trinidad Steel Gong, dans une veine “world-funk-salsa”, le temps d'une tournée d'été avec Magma, Léo Ferré et Bernard Lavilliers. Puis, avec Yan Emeric Vagh (guitares), Mico Nissim (claviers), Jano Padovani (batterie) et Peter Kimberley (ex-Bachdenkel) (basse, chant), il forme Bloom, dans un esprit “jazz-rock, mais joué de façon personnelle, avec des mesures composées, des trucs un peu funky, et des textes déliros” [8], qu'il dévoile en novembre 1977 lors de la Fête du P.S.

En 1979, Bloom, renforcé du bassiste Winston Berkeley, enregistre son unique album au Studio Miraval, publié l'année suivante chez Sonopresse suite à la faillite du label qui l'avait financé (Tapioca). La revue Best évoque un “malicieux lutin saxophonifère, foisonnant d'idées neuves, qui a su recevoir beaucoup d'influences diverses et forger sa propre musique, ou plutôt ses propres musiques, car Malherbe n'est jamais prisonnier d'un style”[9]. Une seconde formule de Bloom tournera en 1980-81, constituée de Malherbe, Berkeley, du claviériste Jean-Philippe Rykiel et du batteur africain Aggyamang, mais cessera ses activités faute de contrat discographique. Des formules plus légères, Duo Du Bas avec Yan Emeric Vagh, et Duo Ad Lib avec Rykiel, lui succèdent.

En 1982, Malherbe débute une collaboration avec Faton Cahen, l’ancien pianiste de Magma et Zao, qu'ils baptisent logiquement Faton Bloom. À leurs côtés, Rémy Sarrazin (basse) et Pierre Moerlen puis Éric Bedoucha (batterie), et Roger Raspail (percussions). Un album éponyme paraîtra en 1986, décrit par Rock & Folk comme “un cocktail-fusion où tous les styles - jazz, rock, samba, funk, beguine… - sont abordés avec bonheur, pour se fondre en une seule et unique musique inétiquetable”[10].

Parallèlement, il rejoint l’orchestre du chanteur Jacques Higelin, participant au live Casino de Paris (1984) puis à l’album (1985). Il figure également sur le premier album de l'Equip'Out de l'ex-batteur de Gong, Pip Pyle, et retrouve Daevid Allen dans un revival de Gong, qui aboutira en 1992 à l’album Shapeshifter.

En solo (1989-98)[modifier | modifier le code]

En 1990, Didier Malherbe publie son premier véritable album solo, Fetish, entouré d’un casting pléthorique, et qu'il qualifiera de “très éparpillé”[8]. Il s'y essaie notamment au synthétiseur à vent Yamaha WX7.

Il signe ensuite sur le label Tangram, et publie fin 1992 Zeff marqué par “un plus grand souci d’unité” et par une "spontanéité totale"[8]. Le succès sera au rendez-vous, grâce à une chronique dithyrambique de Télérama, qui le distinguera de 4 clés[11].

Le son très particulier du Zeff, tuyau harmonique recourbé en PVC, inventé par Denis Sapin, connaîtra les honneurs de la bande originale du film 1492 : Christophe Colomb de Ridley Scott, pour laquelle Vangelis fera appel aux services de Didier Malherbe, ainsi que de France 3, qui l’utilisera pour l’habillage sonore de la chaîne (journaux d’information, annonces…).

Suivront Fluvius (1994), en quartet avec Loy Ehrlich, Henri Agniel et Shyamal Maïtra, dont la structure cyclique évoque le cours d'un fleuve, puis un album en duo avec Loy Ehrlich, Hadouk (1996), ainsi baptisé en référence à leurs instruments de prédilection respectifs, le Guembri (basse des Gnaouas du Maroc) et le duduk (flûte arménienne à anche double). Une musique qui "ne répond ni à une mode, ni à une opération de marketing, mais à l'interpellation d'un futur mondialisé"[12], écrit Jazzman.

Parallèlement, Malherbe participe tout au long des années 1990 aux tournées Classic Gong, en Europe et aux États-Unis. Il quitte le groupe en 1999, mais le retrouvera régulièrement en "guest-star", sur scène (le DVD Subterranea) et sur disque (les albums Zero To Infinity et 2032). Il tourne également en duo avec le guitariste Pierre Bensusan (le CD Live at the New Morning en 1997).

Hadouk Trio (1999-2012)[modifier | modifier le code]

En 1999, le duo Malherbe/Ehrlich s'enrichit du percussionniste américain Steve Shehan et publie l'album Shamanimal sous le nom de Hadouk Trio. Fort d'un excellent accueil critique, le trio se produit notamment à l'affiche du festival Nancy Jazz Pulsations. Parallèlement, sa maîtrise du duduk vaut à Didier Malherbe d'être invité en 2001 par Djivan Gasparyan au Festival international du doudouk en Arménie, puis à Moscou et St Pétersbourg.

La même année, Malherbe publie un livre de sonnets sur l'anche et le roseau, L'Anche des Métamorphoses, réédité début 2013 aux éditions Buissonnières. L'ouvrage donnera lieu à un spectacle en solo, mêlant lectures et interludes musicaux. Malherbe se produit également avec un second trio, inédit sur disque, avec le guitariste Patrice Meyer et le percussionniste Philippe Foch.

En 2003 sort enfin le deuxième CD d'Hadouk Trio, Now. Le trio participe au festival de San Sebastian, à Jazz sous les pommiers, et publie deux témoignages captés en concert, le double-CD Live à FIP (2004) et le DVD Live au Satellit Café (2005), qui inaugure une collaboration durable avec le label Naïve.

La sortie du troisième CD studio Utopies (2006) coïncide avec la participation d'Hadouk Trio à la Gong Unconvention d'Amsterdam, festival qui culmine avec les retrouvailles du Gong des années 1970. Deux concerts dans le cadre du Cabaret Sauvage en mai 2007 donnent lieu au CD et DVD live Baldamore. Quelques jours plus tard, Hadouk Trio se voit décerner lors des Victoires du jazz le trophée de "meilleure formation de l'année".

Le dernier opus en date du trio, Air Hadouk est sorti en 2010. Il est suivi de tournées en Grande-Bretagne et en Inde, et d'une apparition au Paris Jazz Festival. En 2013, Naïve a réédité les 4 premiers CD d'Hadouk Trio sous la forme d'un coffret, dont la sortie coïncide avec son concert à la Salle Gaveau le 2 février.

En 2010, Malherbe forme un duo avec le guitariste Éric Löhrer, publiant l'année suivante le double-CD Nuit d'Ombrelle, constitué pour moitié de relectures de standards de jazz (Thelonious Monk, Duke Ellington...), et pour moitié de pièces improvisées agencées en une suite.

Depuis 2012, Didier Malherbe a participé à plusieurs rencontres musicales animées par Jean-François Zygel ainsi qu'à son émission télévisée La Boîte à Musique.

Hadouk Quartet (2013-)[modifier | modifier le code]

En mai 2013, Malherbe et Loy Ehrlich inaugurent à l'occasion d'une résidence au Triton un nouveau chapitre de l'aventure Hadouk, cette fois en quartet avec Éric Löhrer à la guitare et Jean-Luc Di Fraya aux percussions et au chant. Le quartet publie fin 2013 un premier CD, Hadoukly Yours, toujours sur le label Naïve.

Discographie[modifier | modifier le code]

Avec Gong[modifier | modifier le code]

Sous son nom[modifier | modifier le code]

  • 1980 : Bloom (EMI-Sonopresse, rééd. Voiceprint)
  • 1986 : Faton Bloom (avec Faton Cahen) (Cryonic, rééd. Mantra)
  • 1987 : Saxo Folies (avec Armand Frydman) (Koka Media)
  • 1990 : Fetish (Mantra)
  • 1992 : Zeff (Tangram)
  • 1994 : Fluvius (Tangram)
  • 1996 : Hadouk (avec Loy Ehrlich) (Tangram)
  • 1997 : Live at New Morning (avec Pierre Bensusan) (Acoustic Music)
  • 2003 : Windprints / L'Empreinte du Vent (Cezame)
  • 2008 : Carnets d'Asie et d'Ailleurs (avec Loy Ehrlich) (Vox Terrae[13])
  • 2011 : Nuit d'Ombrelle (avec Éric Löhrer) (Naïve)

Avec Hadouk Trio (Didier Malherbe / Loy Ehrlich / Steve Shehan)[modifier | modifier le code]

  • 1999 : Shamanimal (Mélodie rééd. Naïve)
  • 2002 : Now (Mélodie, rééd. Naïve)
  • 2004 : Hadouk Trio Live à FIP (Mélodie/Abeille Musique)
  • 2006 : Utopies (Naïve)
  • 2007 : Baldamore (CD+DVD Live au Cabaret Sauvage) (Naïve)
  • 2010 : Air Hadouk (Naïve)
  • 2013 : Coffret Intégrale Hadouk Trio (Naïve)

Avec Hadouk Quartet (Didier Malherbe / Loy Ehrlich / Eric Löhrer / Jean-Luc Di Faya)[modifier | modifier le code]

  • 2013 : Hadoukly Yours (Naïve)

Autres participations[modifier | modifier le code]

Filmographie[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Dit, parfois, « Bloomdido » ou « Bloomdido bad de Grass ».
  2. Notice d'autorité personne du catalogue général de la BNF.
  3. Allan Jones, “The Gong method of sax life in rock”, Melody Maker (25 septembre 1976), p. 33.
  4. Entretien avec Stéphane Fougère, Tangentes no 3, mars 1995 & Michel Bourre, “Le Souffleur”, Rock & Folk (avril 1976), p. 86-9 & 139-42.
  5. a et b Michel Bourre, “Le Souffleur”, Rock & Folk (avril 1976), p. 86-9 & 139-42.
  6. B. Filip, “Clonage en cours”, Blah-Blah, 1992)
  7. a et b Michel Lousquet, “Pour qui sonne le Gong ?”, Best, décembre 1977, p. 60-63..
  8. a, b et c Entretien avec Stéphane Fougère, Tangentes no 3, mars 1995.
  9. Michel Lousquet, Best, novembre 1979.
  10. KK, Rock & Folk, décembre 1986.
  11. “Une merveille de bout en bout ! Une world music comme on aimerait en entendre plus souvent : très aérée, en ponctuation de silence, en sons étranges, nouveaux, très beaux”Éliane Azoulay, Télérama, 11 novembre 1992, no 2235, p. 68.
  12. Francisco Cruz, Jazzman, février 1996.
  13. Vox Terrae est le label musical de Nature et Découvertes.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]